OBERNAI
style moderne. — À 1 kil. au S. 0. de Bischoffsheim , sur le Bischerberg, large colline s'étendant vers la rive g. de PEhn jusqu'à Obernai, se trouve un ancien couvent de Franciscains, aujourd'hui occupé par des PP. Rédemptoristes, et dont l'église renferme une Vierge douloureuse, but d'un pèlerinage très-fréquenté.
31 kil. Obernai (hôt. : du Cheminde-Fer } Wagner, des Deux- Clefs, de VOurs), ch.-l. de c, V. de 5185 hab., située a dr. du chemin de fer, sur la petite rivière d'Ehn.
« Obernai doit son existence, dit M. Ristelhuber (Dictionnaire du Haut et du Bas-Rhin), à une ferme royale dont on fait remonter l'origine à la période franque. Des découvertes de sépultures antiques, faites en 1847 et en 1863, prouvent que son territoire fut habité dès les époques celtique et gallo-romaine. Dans le vu* s. de notre ère, sa villa regia servit de résidence aux ducs d'Alsace, ou du moins au plus célèbre d'entre eux, Attic ou Êtichon, père de sainte Odile. Cette dernière naquit, dit-on, dans cette villa, qui devint par la suite un château ducal des Hohenstaufen, et dans lequel résida, à la fin du xi* s., Frédéric le Borgne, duc d'Alsace et de Souabe, père de l'empereur Frédéric Barberousse. Plus tard, le château devint la résidence temporaire de l'empereur Henri VI et de son fils Frédéric II. » On attribue à Frédéric II l'élévation d'Ooernai au rang de ville impériale. Il est au moins certain qu'Obernai était au moyen âge une cité importante, entourée d'une enceinte fortifiée et garnie de tours , dont on voit encore des restes bien conservés. Elle fit partie de la Décapote, et, après avoir résisté avec succès aux Armagnacs, en 1444, elle vit se former dans ses murs une alliance des villes voisines contre ces redoutables envahisseurs. Moins heureuse pendant la guerre de Trente ans, elle fut assiégée et prise trois fois dans un intervalle de seize ans : en 1622, en 1632 et en 1636.
Obernai est la patrie du général Becker, mort en 1840, et qui, après la seconde abdication de Napoléon, en 1815, fut chargé d'accompagner l'Empereur jusqu'à Rochefort.
L'église paroissiale (à côté de rhôtel de ville), ancienne, mais peu
intéressante, appuie son chevet à une haute tour percée à son étage supérieur de fenêtres ogivales trifoliées, d'un dessin élégant. Le haut de cette tour, couronnée par une balustrade qui relie entre elles quatre tourelles d'angles , contraste, par la richesse de sa décoration, avec la partie inférieure, qui n'a d'autre ornement qu'un simple cordon à chaque étage.
A l'intérieur de l'église, sombre , triste et un peu écrasé, on remarque un très-vieux bénitier, taillé dans un bloc de granit , et un autel représentant l'Ensevelissement du Christ et sa Résurrection. — L'ancienne église des Capucins, dont le couvent est occupé aujourd'hui par le collège communal (à l'extrémité N. de la ville), paraît appartenir à la dernière période du style ogival, qui domina longtemps encôre en Alsace, pendant le xvie s.
Le couvent des Capucins occupe, dit-on, l'emplacement de la demeure des premiers ducs d'Alsace à Obernai.
— Non loin de là se trouve une chapelle consacrée à la Vierge, et datant en partie de 1285; selon la tradition, elle aurait remplacé celle que renfermait la résidence du duc Attic.
L'hôtel de ville, comprenant un corps de bâtiment qui date du xvi* s.
(la façade donne sur la Grand' place), "a été reconstruit de 1846 à 1849 avec beaucoup de goût. La salle du conseil contient deux colonnes à fûts contournés, avec des chapiteaux d'un beau travail , des boiseries et des peintures remontant à l'époque de la construction primitive. Les peintures, qui ont subi des retouches fâcheuses, représentent des scènes de l'Ancien Testament.
La halle aux blés, sur la Grand'place, en face de l'hôtel de ville (façade latérale), est une curieuse construction du xvr* s., à laquelle malheureusement des remaniements ont fait perdre une partie de sa décoration, en particulier un escalier qui ornait la façade. — Nous signalerons, enfin, une jolie fontaine, devant l'hôtel de
Tille , et , dans les rues étroites qui avoisinent l'entrée d'Obernai du côté du chemin de fer, quelques vieilles maisons à portes cintrées, surmontées d'écussons.
Pour voir les débris de l'enceinte fortifiée d'Obernai, surtout bien conservés dans la partie E. et S., il faut, avant de pénétrer dans la ville, par la porte à laquelle aboutit la voie d'accès du chemin de fer , tourner à g. et suivre un chemin qui domine l'ancien fossé actuellement occupé par des jardins. On aperçoit alors le mur d'enceinte et plusieurs tours, dont Tune, entre autres, fort belle, montre encore sa couronne de créneaux. On arrive ainsi à une petite promenade en terrasse, d'où l'on a une vue magnifique sur la montagne de Sainte-Odile et jusqu'au château de Landsperg. Le chemin se dirige ensuite (a dr.) à l'O. d'Obernai, franchit l'Khn, et, longeant à g. une colline couverte de vignes, contourne à dr. la ville, du côté du N., où l'on remarque aussi des restes de fortifications. On atteint enfin une avenue qui, passant devant l'église des Capucins, ramène dans l'intérieur d'Obernai, à l'hôtel de ville.
Excursion an oouvent de Sainte-Odile.
— GhapeUea de Sainte -Odile. — Châteaux de Lutzelbourg, de Rathsarohauaen, de Dreyatein.de Hagel achloca, etc. — Mur Payen. — Mennelsteln, etc.
14 kil. — Service de voitures publiques d'Obernai a Sainte -Odile. — Trajet en 2 h. 45 min. — Prix : 3 fr. (voyage simple) ou 5 fr. (aller et retour). — Voitures particulières , à l'hôtel du Chemin-de-Fer et aux principaux hôtels d'Obernai), pour 1 et 2 personnes, 12 fr.; pour 3 et 4 personnes, 15 fr.
C'est Obernai qui forme habituellement le point de départ de l'excursion à Sainte- Odile ou à l'Odilienberg, l'un des lieux de pèlerinage les plus célèbres de l'Alsace et l'un des sites les plus dignes d'être visités, sous tous les rapports. — Toutefois, si l'on fait cette course à pied, Barr
(V. ci-dessous) est, i notre avis, préférable comme point de départ. Le trajet est tout à la fois plus court, plus agréable et plus intéressant.
Deux routes conduisent d'Obernai à Sainte-Odile : l'une (14 kil.), desservie par les voitures publiques, passe par Klingenthal; l'autre (lo kil. environ) remonte plus directement, à travers les bois, par saint-Gorgon. Toutes deux sont fort belles et offrent des sites très-pittoresques.
1° ROUTE DE VOITURES, PAR KLINOENT1IAL.
Sortant d'Obernai à l'O. et passant près de la promenade en terrasse, la route, légèrement ondulée, remonte jusqu'à (3 kil. 1/2) OUrott, c. de 1776 hab., formée eu 1857 par la réunion des deux villages d'Ottrottle-Bas et (YOUrolt-le-Haut y qui se touchent (fabrique de couleurs, usine pour le traitement du cuivre; aiguiserie et quincaillerie dépendant de l'établissement de Molsheim, scierie mécanique, carrières de pierres). A 2 kil. à l'O. d'Oltrott, sur une des collines qui se détachent des montagnes vers la plaine, se trouvent (SOt mèt. d'altit.) les belles ruines des châteaux de Lutzelbourg et de Bathsamhausen, qui, bien que séparés par deux larges fossés, sont néanmoins si rapprochés l'un de l'autre, qu'ils semblent ne former qu'un seul édifice. — Le Lutzelbourg, le plus avancé vers la plaine et qui parait être le plus ancien, est une construction sévère , qui présente peu de traces d'ornementation, sauf une corniche en arcature du style roman. Il en reste un bâtiment carré, formant corps de logis principal, et une forte tour ronde, l'un et l'autre ruinés à leur partie supérieure. On y pénètre par un couloir étroit, aboutissant à une large porte cintrée. Une seconde porte en ogive donne entrée dans l'intérieur du corps de logis. — Le Rathsamhausen, beaucoup plus étendu, est une construction plus grandiose et plus ornementée. « Il peut être compté, dit M. l'abbé Schir, dans