‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 333 sur 489 · SAINTE-MARIE-AUX-MINES · texte numérisé non relu

SAINTE-MARIE-AUX-MINES

droit d'exploitation, en lui concédant an intérêt dans le produit des mines. Cette exploitation donna encore pendant plusieurs années des résultats avantageux.

Mais, en 1765, les mines s'appauvrirent tout à coup, les travaux furent négligés et les associés se refusèrent aux dépenses jugées nécessaires pour reprendre activement l'exploitation, qui fut définitivement abandonnée vers l'époque de la Révolution et qui depuis n'a pas été reprise sérieusement, sans, toutefois, que l'idée de la reprendre un jour ait été rejetée.

Ce fut alors que Sainte-Marie-aux-Mines, en remplacement de l'exploitation minière qui avait fait longtemps sa prospérité, se livra plus complètement aux industries de la draperie, de la bonneterie et de la tannerie. Dès 1755, Jean-Georges Reber, de Mulhouse, vint y fonder une nouvelle industrie qui devait avec le temps faire disparaître toutes les autres et acquérir un grand développement, celle de la teinture et du tissage du coton teint pour la production de tissus dits siamoises et cotonnades; mais cette indus»

trie elle-même était appelée à de nombreuses transformations. Elle embrassa bientôt la fabrication des tissus façonnés, puis celle des tissus d'une grande finesse, imprimés sur chaîne, dits guingamps, des jaconats, des madras, des cravates. Enfin, vers I8'i0, le mélange de la laine et de la soie au coton ouvrit une ère nouvelle de suceès à la fabrication de Saintc-Maricaux-Mines, qui produit aujourd'hui, outre ses anciens articles de coton pur, une immense variété de tissus fantaisie pour robes, jupons, meubles, et qui emploie toutes les matières textiles soit pures, soit mélangées, dans les étoffes du bon marché le plus extrême comme dans les tissus les plus riches. Les genres produits par cette fabrication, qui se fait remarquer, entre toutes ses rivales de la Fiance et de l'étranger, par la vivacité des couleurs qu'elle emploie, varient avec la rapidité que leur donne la mode, passant de l'uni au carreau, à la rayure, à l'impression ou au chiné, aux ramages et aux fleurs brochées à la Jacquard. Ce tissage se fait généralement à bra?, mais quelques industriels y ont appliqué depuis plusieurs années, avec succès, des moteurs et des métiers mécaniques.

Sainte Marie-aux-Mines est devenue un centre très-important des fabrications cotonnière et lainière. Son industrie fournit de l'ouvrage à un grand nombre de villages, à plus de 40 kil. à la ronde; elle

VOSGES

étend même directement son influence sur les villes manufacturières de Saint-Dié et de Ribeauvillé. Enfin , elle emploie 20 000 à 25 000 métiers à tisser et occupe 30 000 & 40 000 ouvriers.

La ville même de Sainte-Marie renferme 36 manufactures de tissus plus ou moins importantes (celle de MM. Blech, la plus importante et la plus ancienne, car elle remonte à J. 0. Reber, occupe, & elle seule, 1800 onvriers), 19 teintureries, 4 établissements d'apprêt et de blanchisserie, 2 filatures de coton, de nombreux négociants et commissionnaires en filés, un gazomètre, une imprimerie, des moulins, des scieries, des brasseries, etc.

La proximité de» Saint-Dié, qui est la tête de ligne de l'embranchement du chemin de fer de Lunéville, permet d'espérer que la percée des Vosges, dont l'étude vient d'être faite, se réalisera enfin, et, eu créant «le nouvelles relations entre la Lorraine et l'Alsace, donnera une importance toute spéciale à Sainte-Marie aux* Mines pour le trafic des grains entre les deux provinces et le commerce des bois, qui y est déjà important.

Sainte -Marie -aux- Mines, dont la route de Saint-Dié traverse la rue principale, ne renferme guère que.

des monuments modernes d'un intérêt secondaire; ce sont : — deux êf /lises catholiques, l'une du xvni* s , l'auhe de construction récente (185jy; — un temple protestant (1844); — un autre temple réformé, du style ogival, datant de 1G34 (belle chaire en bois sculpté); — Yhôtel de ville ( 1 833) , élevé sur l'emplacement de l'ancien chiUeau des dues de Lorraine ; — 1/io.vpice communal ; — Vhospire Chnml, etc. — On y voit, en outre, le chœur de l'église de Sainte-Mai ie-Madeleine, à laquelle la ville doit son origine et son nom, ainsi que quelques maisons du xvi° s., à tourelles.

[A 2 kil. au S. 0. de Sainte-Marieaux-Mines, sur la Lièpvrette, le village A'Échery (830 hab.) s'est formé autour d'un monastère londé au îx* s.

A Échery, la vallée se divise en deux parties. L'une, au S. 0., s'étend, égayée par le long hameau de la Pi lite-Lièprrc, jusqu'au col du Bonhomme, où la Lièpvrette prend sa source; une

DE GOLMAR A MUNSTER. [ROUTE 85

route départementale (R. 71) réunit Sainte-Marie au Bonhomme où elle se raccorde aux routes dcSaint-Dié (àdr.) et de Kaysersberg (à g.). L'autre vallon se dirige, au S. d'Kchery, vers le hameau de Saint-Pierre sur VHdte (357 hab.; vieille église dont le chœur renferme un meuble curieux en pierre sculptée portant des armoiries et encadré de deux colonnes qui représentent des troncs d'arbres dont les branches s'épanouissent et se rejoignent pour former une ogive). Au delà de Saint-Pierre, le*vallon se continue vers le Rauenthal ou Faunoux, où s'exploitaient autrefois des mines trèsremarquables par l'abondance et la variété des métaux qu'elles fournissaient. Outre l'argent, le plomb et le cuivre, on y trouvait du cobalt et de l'arsenic. C'est vers 1 7*20 que s'exploitèrent surtout ces deux métaux, mais l'exploitation de l'arsenic n'a cessé qu'en 1826.

Au Rauenthal, la vallée forme une gorge étroite et sombre qui s'élève jusqifau sommet du Brézouard (3 h.

depuis Sainte-Marie; R. 2, p. 147).

De Sainte -Marie -aux- Mines une route excellente conduit ( 16 à 17 kil., 3 h. de marche environ), à travers une région de l'aspect le plus pittoresque, à Ribeauvillé (R. 2). — On redescend la rue principale de Sainte- Marie-aux-Mines dans la direction du chemin de fer, et, tournant à dr., à peu près à la hauteur de la gare, on franchit la Lièpvrettc, pour prendre (à g.) un chemin qui en longe la rive dr. pendant 600 ou 700 met.

On trouve alors à dr. la route de Ribeauvillé, à l'entrée du hameau de Fertrupt, aujourd'hui simple annexe de Sainte-Marie-aux- Mines , mais qui parait avoir formé , lors de l'exploitation des mines, une localité considérable, possédant, diton, un château, un palais de justice, un hospice, des fonderies et soixantedouze auberges pour les nombreux ouvriers qu'attiraient les travaux.

Fertrupt, maintenant bien déchu, ne

renferme plus qu'une centaine de maisons et une petite église du xvin* s.

Apres avoir traversé l'unique rue du hameau, on commence à gravir la côte, et, à 4 kil. environ de Sainte- Marie, on atteint une hauteur d'où l'on embrasse, dans un panorama pittoresque, la vallée inférieure de la Lièpvrettc et les sommets des montagnes qui la séparent du Val de Villé, sommets que signalent au loin les ruines du Frankenbourg se dessinant à l'horizon. — Quand on a dépassé ïauberge isolée du Sapin, on entre en forêt et l'on jouit du spectacle d'un paysage solitaire et magnifique, qui rappelle les sites alpestres. « A g., des précipices dignes de la Suisse; à dr., des pentes escarpées, couvertes de sapins entremêlés de distance en distance de massifs blocs de grès. >» On parvient ainsi au point culminant (735 mèt. d'altit.) de la route, à peu près à moitié chemin entre Sainte-Marie et Ribeauvillé.

On redescend de là dans la vallée du Strengbach, en longeant constamment ce petit cours d'eau, qui prend sa source vers la partie supérieure de la route. A mesure que l'on gagne le fond du vallon, les rochers se rapprochent et forment de gigantesques amoncellements jusqu'au bord du chemin. A 12 kil. à peu près de Sainte- Marie, on atteint (à dr.) une usine abandonnée dite le Tannenappelsmùhl, et (à g.) le Hirschprung.

4 ou 5 kil. plus loin est Ribeauvillé.

De Sainte-Marie-aux-Mines à Saint-Dié R. 70, À.

DE COLMAR A MUNSTER

20 kil. — Route de voitures. — Service de corresp. du chemin de fer. — Trajet en l h. 50 min. — Prix unique, 1 fr. 50 c. — Chemin de fer vicinal en cours d'exécution.

la route de Colmar à Munster ! croise à niveau le chemin de fer de

[ROUTE 85] WINTZENHEIM. — LE HOHLANDSPERG. 499

Strasbourg à Bâie et traverse la riche plaine de l'Alsace, dominée à PO.

par de pittoresques montagnes. On aperçoit à dr. les trois châteaux de Ribeauvillé et, au delà, le sommet que couronne le Hohenkœnigsbourg; à g., les trois tours d'Éguisheim, dont la silhouette se dessine sur le ciel ; plus pr?-s, du même côté, les ruines du Hohlandsperg et, en face, le débouché de la vallée. A 3 kil. J/2 de Colmar, à un carrefour où s'élève un calvaire, consacré à la mémoire du docteur Mcglin, la route de Munster croise un chemin qui va rejoindre à dr., au Logelbach, le chemin de Colmar à Turckheim, et, à g. (2 kil. 1/2), Weltolsheim, v. de 1552 hab., d'où l'on peut remonter au château du Hohlandsperg, en passant par les ruines du Hagencck.

6 kil. Wintzenheim (hôt. de la Cigogne), ch.-l. de c. de 408G hab.

(filature de coton, tissages, taillanderie et fonderies de fer), situé à 221 mèt. d'altit., à rentrée de la vallée de Munster, au pied de la montagne boisée que couronnent les ruines du Hohlandsperg.

au château de Hohlandsperg.

Une petite rue qui s'ouvre sur la place de Wintzenheim, en face de l'église, conduit au pied de coteaux couverts de vignes. Tournant alors à dr. et longeant la base de la colline sur un espace de 200 à 300 mèt., on trouve à g. le chemin du Hohlandsperg. On le remonte pendant 25 ou 30 min., à travers les vignes. En face d'un petit escarpement qui s'élève à g. , le sentier, tournant à dr., pénètre dans une forêt (beaux châtaigniers à l'entrée). Avant d'aller plus loin, on fera bien de gravir le talus de g., d'où l'on découvre une vue admirable. La Forêt-Noire se présente de là dans les conditions les plus favorables. Si l'on arrive dans l'après-midi et que le temps soit beau, non seulement on embrasse le Kayserstuhl et la chaîne du. Schwarzwald dans tout son dé-

veloppement (F. les Bords du Rhin illustrés, par Ad Joannb), mais on aperçoit encore distinctement les profondes vallées du versant occidental, dont les découpures se manifestent par de grandes lignes nuancées d'un vert plus ou moins sombre, selon le. jeu des rayons solaires. A dr., on a une vue très-nette des trois tours d'Éguisheim ; c'est un des points d'où elles apparaissent sous l'aspect le plus pittoresque. En ne tenant pas compte des détails de construction , on peut même dire qu'elles font moins d'effet vues de près. A g., on découvre la vallée de Munster, les Trois-Epis, les hauts pâturages qui avoisinent les lacs, le Kappolstein et le Hohenkœnigsbourg.

Enfin, à TE., au pied de la montagne, s'étend la plaine du Rhin, où l'on remarque, autour de Colmar, de nombreux villages.

Lorsque l'on a dépassé la châtaigneraie, le sentier, faisant un nouveau détour à g., remonte la montagne à travers un bois d'essences diverses (chênes et hêtres) , en dominant à dr.

la vallée de Munster. On arrive ainsi, après 20 min. de marche, au pied du monticule, couvert de hautes broussailles et d'arbustes, sur lequel est bâti le Hohlandsperg (634 mèt.

d'altit.). Mais le sentier s'effaçant à peu près complètement sur l'herbe, ce n'est pas sans peine que l'on atteint la base et surtout l'entrée du château, tout en apercevant au-dessus de soi ses hautes murailles. La porte principale, ouverte au S. , est aujourd'hui inaccessible : le pont-levis qui la rattachait à la rampe s'élevant en face n'existe plus. 11 ne reste qu'une brèche qui s'ouvre à une grande hauteur au-dessus de l'ancien fossé. Cette porte était défendue à g. par une tour encore assez bien conservée; à dr., les abords en étaient surveillés par une échauguette. Pour pénétrer dans le château, il faut le contourner complètement, a travers des buissons et des pierres éboulées jusqu'au côté N. O. qui donne sur la vallée de Muns*

ter. Là, on entre, par une espèce de poterne, dans une première enceinte et, de celle-ci, dans la grande cour, qu'entouraient probablement les bâtiments d'habitation1.

L'origine du château- de Hohlandsperg est fort obscure, bien que cette résidence féodale ait joué un rôle important dans l'histoire locale de l'Alsace au moyen âge. On croit qu'il fut primitivement un nef de la maison d'Autriche, qui l'aurait inféodé, au commencement du xm* s., à un comte de Ribeaupierre. La première mention un peu précise qui en soit faite remonte à 1281, époque à laquelle il fut pris d'assaut par Othon d'Ochsenstein, landvogt d'Alsace, avec l'assistance des Colmariens. Il appartenait alors à Sigefroi de Gundolsheim, prévôt de Colmar, et passa ensuite dans les mains des comtejs de Lupfen ((435) Ceux-ci le cédèrent, au xvi° s., à Lazare de Schwendi, qui commanda avec honneur les troupes impériales dans les guerres de cette époque et dont on voit le tombeau dans l'église de Kientzheim (p. 136). Occupé, en 1633, par les Suédois, le Hohlandsperg fut remis à la France et démantelé en 1635. Rendu momentanément aux Schwendi, il leur fut enlevé de nouveau, en 1714, et devint par un échange la propriété de la ville de Colmar.

Le château de Hohlandsperg, l'une des plus belles enceintes fortifiées qui soient restées debout en Alsace, forme un parallélogramme assez vaste pour contenir une nombreuse garnison. Des vestiges de salles et d'escaliers, que l'on remarque dans la cour intérieure, du côté de la plaine de Colmar, semblent prouver que là se trouvaient les principaux corps de logis, protégés par une première enceinte. Une assez jolie porte, donnant sur une partie de la montagne que l'on suppose avoir été disposée en jardin, est digne d'être examinée; les ornements en sont de

l. Nous devons protester ici de nouveau contre le mauvais état d'entretien où se trouvent, en général, les chemins' conduisant aux belles ruines qui couronnent les montagnes de l'Alsace et rappeler ce que nous en avons dit p. 124.

bon goût et le style donne à penser, dit M. de Rouvrois (Voyage pittoresque en Alsace) y que les décorations in* térieures ne devaient pas être aussi rustiques que le fait croire l'aspect rude et sans art des murailles crénelées du fort. Nous signalerons également à l'attention des visiteurs plusieurs jolies tourelles ou échauguettes bien conservées, surtout dans la partie inférieure, entre autres la tourelle qui se détache sur la face N. par où l'on aborde le château en venant de Wintzenheim. Les murs, construits avec une extrême solidité, renferment dans leur épaisseur des corps de garde et des galeries. Pour bien juger de leurs dimensions, il faut monter à leur sommet ruiné, mais leur grande élévation sur la vallée en rend l'accès dangereux pour les personnes sujettes au vertige. En pénétrant dans la cour intérieure, on remarque à dr. un monticule formé de décombres et de terres accumulées par le temps et appuyé à une tour.

Du haut de cet observatoire, on découvre une vue magnifique.

Un chemin forestier, qui suit la crête de la montagne, va du Hohlandsperg aux (2 à 3 kil.) trois tours <TÉguisheim, d'où l'on peut redescendre à Éguisheim et regagner la station de ce nom pour rentrer à Colmar (F. R. 2); on peut aussi revenir à Wintzenheim, par Éguisheim et Wettolsheim.

Ati-dessous de la poterne par laquelle on pénètre dans le Hohlandsperg, s'ouvre également une route forestière qui descend vers le man;clon couronné par la tour de Plixbourg (V. ci-dessous), que l'on aperçoit à ses pieds et qui domine l'entrée de la vallée de Munster.

Quand on a dépassé les maisons formant l'extrémité de la rue principale de Wintzenheim, on longe (à g.) un coteau planté de vignes. A un léger détour formé par la route.

* DE COLMAR A MUNSTER

[ROUTE 85] LE HOHLANDSPERG. — PLIXBOURG

on se trouve au hameau de Saint- Gilles (2 kil. 1/2 de Wintzenheim), au milieu d'un charmant paysage :

c'est là que commence véritablement la vallée de Munster, qui forme jusqu'à Munster ou plutôt jusqu'au col de la Schlucht, à la cime des montagnes, une promenade ravissante, riche en sites variés et intéressants.

Du hameau de Saint-Gilles, on aperçoit à dr. Turckheim, Zimmerbach (447 hab.)et Walbach, situés au delà de la Fecht, et dominés par des coteaux couverts en partie de vignobles, en partie de hautes futaies. A g., les montagnes, en avant desquelles se présente la colline qui porte la tour de Plixbourg, sont revêtues de forêts épaisses qui descendent jusqu'à leur pied, où sont disséminées les rares maisons du hameau. Le fond de la vallée, large d'environ 1 kil., est couvert de prairies.

La tour de Plixbourg, de forme cylindrique, très-fortement construite et encore bien conservée , occupe le sommet d'un mamelon conique et s'aperçoit distinctement de la route. La date de sa construction est incertaine, bien que fixée généralement au temps où fut élevé le château de Kaysersberg (xne ou xui' s.). Il est fait mention pour la première fois de Plixbourg dans les Annales des Dominicains de Colmar, à propos d'une comtesse de HattstattJ, qui y mourut en 1276. Ce petit manoir appartint successivement aux Hattstatt, aux Ribeaupierre , aux Hauscn et à quelques autres favoris des empereurs. Il fut abandonné de bonne heure. Le donjon de Plixbourg, iselé, entouré de hautes montagnes , de forêts épaisses, est l'objet d'une lé-: gende que le poète Colmarien Pfeflel a mise en vers. On rapporte qu'autrefois une belle princesse y fut enfermée par une fée, qui la métamorphosa en une sorte de sirène, moitié femme , moitié dragon , en lui annonçant toutefois que le premier chevalier qui oserait l'embras-

ser lui rendrait sa forme primitive.

C'était une promesse ironique. Un prince eut, en effet, la hardiesse de tenter l'aventure; il pénétra dans le château et donna le baiser de délivrance à la prisonnière. Mais celleci, au lieu de reprendre le corps d'une femme, fut complètement changée en dragon. Aujourd'hui encore les habitants des campagnes environnantes prétendent que le Plixbourg est hanté par une dame blanche {Weiss Fraûlein) qui , à l'heure de minuit, descend du château dans la vallée, en chantant d'une façon lamentable.

Les ruines du Hohlandsperg, qui, du côté de la plaine de Colmar, sont à demi cachées par les arbres, offrent , au - dessus du hameau de Saint -Gilles, un aspect bien plus imposant.

En avançant vers Munster, on laisse à dr. Walbach (617 hab.)', village bâti sur les bords de la Fecht (belle usine de M. Jean Kiener fils, avec une petite cité ouvrière), et, 3 à 4 kil.

plus loin (7 kil. de Wintzenheim) Wihrau-Val, v. de 1046 hab., sur la rive dr. de la rivière. Une petite chapelle construite sur une colline (482 met.

d'altit.), à l'O. du village, est le but d'un pèlerinage renomme. A g. de la route s'élève une auberge dite la nouvelle aiiberge, en tête du chemin conduisant à Wihr-au-Val, et à l'entrée même du petit vallon de Soultzbach ou de "Wasserbourg (F.

De ce point, le regard embrasse la vallée supérieure de Munster, terminée par ce grand amphithéâtre de rochers escarpés, dont le Honeck (R. 63) occupe le centre et qui semble former sur ce point une barrière infranchissable, à travers laquelle l'industrie moderne a su néanmoins se frayer un passage. — A 2 kil. de la vallée de Soultzbach et à 3 ou 4 kil. en deçà de Munster, on découvre, à dr. encore, de l'autre côté de la Fecht, Gunsbach, v. do 856 hab. (vaste établisse-

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