‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 377 sur 489 · CUSTINE · texte numérisé non relu

CUSTINE

du pont de la route de terre (à g.) . On découvre de ce point une vue trèspittoresque sur les hauteurs boisées qui dominent Frouard et Pompey sur les deux rives de la Moselle (R. 1).

Jusqu'à Ars {V. ci-dessous), la voie longe constamment, à dr., et souvent de très-près , la rive g. de "la rivière, dont on aperçoit le confluent avec la Meurthe. Plus loin, du même côté, sur la rive dr., se montre Custine, v. de 713 hab., qui prit dès le commencement du xvni' s., le nom du comte de Custine, gouverneur de Nancy, en faveur duquel il fut érigé en marquisat par le duc Léopold. Ce village formait anciennement, sous le nom de Condé, une châtellenie appartenant aux évôques de Metz, qui la cédèrent aux ducs de Lorraine au xvie s. Condé était alors important par son commerce.

Un château fort construit, dit-on, au xme s., s'élevait sur la colline située au S. £. du village. 11 en reste encore quelques ruines intéressantes : un pan de mur percé de fenêtres, une porte donnant sur un fossé naturel formé par un ressaut de la colline, des traces de tours, une citerne et des souterrains dont l'entrée est aujourd'hui obstruée. Dans Custine même, se trouvait un château dit château d'en bas, transformé maintenant en ferme et dont il reste deux tourelles. Véglise, dont la nef est moderne, a un chœur du xve s. Custine renferme, en outre, quelques vieilles maisons à fenêtres ogivales.

349 kil. (4 kil. de Frouard) Mar~ bache , v. de 707 hab., situé à g. du chemin de fer, à l'entrée d'une gorge pittoresque, resserrée entre des coteaux qui présentent de magnifiques escarpements de roches calcaires surmontés de bois. Ce village exploite des gisements d'un minerai de fer qui alimente les forges de Pont-à- Mousson(F. ci-dessous).— A 1500mèt.

sur la dr., on découvre, sur la rive dr. de la rivière, Miller y y v. de 501 hab., au pied de collines boisées. On passe

DE PARIS A

ensuite entre Autreviïle (à dr.)T v. de 340 hab . sur la rive dr. de la Moselle, et Belleville, v. de 487 hab.

(à g.), dont V église remonte au xv* s. Belleville possédait autrefois un château fort dont il ne reste d'autres traces que la base d'un donjon, remarquable par l'épaisseur de ses murs.

356 kil. (1 1 kil. de Frouard) Dieulouard, v. de 1507 hab., situé au pied d'un coteau abrupt et boisé, qui offre, du côté de la Moselle, de grands escarpements de rochers.

Dieulouard, dont le nom viendrait des mots Dieu le garde (Dieu le ward), se serait élevé, suivant certains historiens, dès la fin du x* s., sur les ruines de la ville de Scarpone (F. cidessous) ; mais l'opinion la plus générale est que ce village s'est formé autour d'un château construit en 1020 par Henri , évêque de Verdun. Il partagea au moyen âge les fortunes diverses de son château fort , qui fut assiégé et pris à diverses reprises, en 1112 et 1122, par les Messins, en 1229 et en 1318, par les comtes de Bar. Ce château fut enfin démantelé dans les dernières années du xviic s., par ordre de Louis XIV.

Dieulouard renfermait aussi , au moyen âge, une collégiale, qui fut supprimée en 1502, et un atelier monétaire où les évêques de Verdun firent frapper monnaie.

Véglise paroissiale est un bel édifice du xv* s., dans lequel on remarque , au-dessus de la boiserie du chœur , d'intéressantes sculptures , entre autres un groupe représentant l'arche sainte et es attributs du culte. Les stalles du choeur et la chaire sont en bois richement travaillé. Sous le chœur s'étend une chapelle souterraine , creusée en partie dans le roc et éclairée par des fenêtres qui semblent dater du xie s.

Le château, dont il subsiste plusieurs parties de diverses époques (xi" au XVIIe s.), s'aperçoit à g. du chemin de fer. C'est un bâtiment flanqué de tours, dont la principale

s'élève encore au niveau de la toiture du corps de logis. Les murs anciens ont presque partout 2 à 3 mèt. d'épaisseur. À l'intérieur, se voient le logement du prévôt, des souterrains et trois citernes. Une source, dont les eaux sont très-abondantes, sort du rocher même sur lequel le château est bâti.

A la sortie de Dieulouard, du côte de Pont-à-Mousson, on voit à g. de la route quelques curieuses demeures creusées dans le rocher, au pied du coteau.

Dans une vaste prairie située à 1*E. de Dieulouard, dont elle est séparée depuis deux siècles par un déplacement du lit de la Moselle, s'élevait une importante cité romaine, Soarpone, qui parait avoir été fondée par les conquérants de la Gaule, à l'origine de leur domination. Cette ville, qui renfermait de vastes monuments, des temples, des bains, des ouvrages de défense considérables, était traversée par plusieurs voies, dont une la reliait directement à Mets (on en retrouve encore le tracé). En 366, les Germains furent battus par Jovinus aux environs de Scarpone. En 451, Attila essaya vainement, dit-on, de s'emparer de cette ville ; mais, en 960, les Huns, plus heureux dans leur seconde invasion, prirent Scarpone et la brûlèrent, à l'exception du fort qui leur résista. La destruction toutefois ne fut point complète, et celte ville était encore, en 984, un des boulevards de la Lorraine. Au xin* s., elle fut de nouveau dévastée par Thibaut II, comte de Bar, et les derniers restes de la cité romaine disparurent. Au xiv* s., fut fondé, sur l'emplacement de Scarpone, un prieuré qui a subsisté jusque vers la fin du xvnr» s. Le dernier prieur et curé, le P. Le Bonnetier, savant archéologue lorrain, trouva encore en 1748, sur les bords de la Moselle, deux énormes masses de maçonnerie appelées la Grande- Roche, et qu'on lui dit provenir d'un obélisque élevé en ce lieu à Constantin. L'église du prieuré et les dernières maisons du village qui l'entourait, ont été détruites en 1834. Aujourd'hui il ne reste d'autre souvenir de l'importante cité gallo-romaine'que le nom de Scarpone donné à une modeste maison bâtie sur cet emplacement. Rien dans la prairie environnante ne révèle l'existence d'une ville; mais les fouilles faites dans ce lieu à diverses re-

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prises y ont amené la découverte de nombreux débris d'antiquités romaines. Aujourd'hui encore, chaque fois que Ton déblaie le sol, même à une faible profondeur, on trouve des fragments antiques dans la prairie de Scarpone et dans un rayon assez étendu, surtout sur le territoire de Dieulouard. Les morceaux d'architecture et de sculpture qui y ont été recueillis appartiennent, à quelques exceptions près, au me s. ou à des temps postérieurs et annoncent la décadence de l'art. Parmi les débris trouvés à Scarpone, nous mentionnerons : les restes d'une salle de bains; les fondations d'un petit temple carré; plusieurs bas-reliefs, un chapiteau, une portion de frise, des statues en pierre; des médailles de diverses époques; des urnes cinéraires, des poteries; des fibules en bronze, une statuette en bronze, etc. Plusieurs notices archéologiques intéressantes ont été publiées sur Scarpone par MM. de Saulcy (Notes sur quelques antiquités trouvées à Dieulouard), Beaulieu {Archéologie de la Lorraine), Dufresne (Notice sur Scarj>one, dans la Reçue a" Australie, janvier 1843), Mansuy (Notice sur Serpanne).

A 2 kil. environ au delà de Dieulouard, on aperçoit, de l'autre côté de la Moselle (1500 mèt. à dr.), Loisy, v. de 3Z2 hab., situé sur le versant 0. de la côte Sainte-Geneviève, et près duquel les Germains avaient leur camp (il en reste encore quelques traces), lorsqu'ils furent défaits par Jovinus.

— On laisse ensuite à g. Blénod (497 hab.), entre le ruisseau d'Ache et la route de terre. S'il faut en croire certains étymologistes, ce village remonterait à l'époque celtique et son nom viendrait de celui du dieu gaulois Belenus, qui y aurait eu un temple. Ce qui est certain c'est la découverte, sur le territoire de la commune, de bas-reliefs en pierre dont les sculptures dorées représentaient, sur un fond bleu d'azur, des animaux fabuleux, le soleil et d'autres figures emblématiques. L'église de Blénod, très-intéressante, offre la réunion du style roman et du style ogival de la première période. La tour du clocher a été construite, dit-on, par les Templiers, ainsi que le château fort, dont

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