ROUTE 105] METZ. — ASPECT GÉNÉRAL
lants ont une prédilection marquée.
Toutefois, les arts et les lettres n'y sont pas négligés, ainsi que le prouvent, outre les noms des artistes et des savants originaires de Metz, son école de peinture, qui s'est produite avec quelque éclat depuis vingt-cinq ans, et à la tôte de laquelle se place un artiste éminent, M. Maréchal; son académie, son école do musique, succursale du Conservatoire de Paris, et ses nombreuses institutions d'enseignement dans tous les genres.
Direction.
En sortant de la gare, on se trouve immédiatement en face de la porte Serpenoise, construite en 1852, lors de l'établissement du chemin de fer, afin d'établir une communication plus directe entre la gare et la ville. Bâtie sur l'emplacement d'une ancienne porte détruite en 1561, elle a reçu cette triple inscription, qui résume l'histoire de la porte Serpenoise :
— au milieu, « détruite en 1561 ; rétablie en 1850; » — à dr., « le 9 avril 1473, à la porte Serpenoise, Metz, surprise par l'ennemi, est sauvée par le boulanger Harelle; »
— à g., « le 28 novembre 1552, près de la porte Serpenoise, la principale attaque de Charles-Quint est repoussée par le duc de Cuise. » Lorsque l'on a dépassé cette I>orte. en traversant un large passage à voûte courbe, de l'exécution la plus hardie et la plus élégante, on atteint une longue et belle avenue, qui longe à dr. quelques cafés et des maisons particulières avec jardins; à g., la magnifique caserne du génie et la pince tioyale. C'est de là que nous ferons partir notre itinéraire comprenant les principaux quartiers de la ville.
Traversant la place Royale, en face de la caserne, on gagne Y lïsplanade (palais de justice, à dr.), d'où l'on ombrasse (à l'extrémité de l'allée principale) un admirable panorama. On tourne à dr., en longeant doux parterres, et l'on redescend la Hampe de /' Esplanade, d'où la vue s'étend sur les vastes constructions de la poudrerie et sur uno digue. Au bas de la rampe, laissant à g. le pont drs Pucelles, récemment reconstruit et dont la partie décorative rappelle l'architecture militaire d» moyen âge, on suit le quai Saint-Louis, jusqu'au pont de la Comédie, que l'on tra* verse, ainsi que la place de la Comédie, et le pont Saint- Marcel, construit dans le
prolongement du premier. La rue qui se présente en face mène au rempart Saint- Vincent, que l'on suit à dr., sous une plantation de beaux arbres, jusqu'à la rue du Pontiflroy (à dr.) et près d'un passage voûté (à g.) conduisant à l'hôpital militaire et à la porte de Thiontille.
A moitié du parcours du rempart Saint- Vincent, on aperçoit (à dr.) le portail moderne de la vieille église Saint- Vincent, à côté de laquelle s'étendent les bâtiments du lycée. Le rempart et le large bastion situe en face de l'église vont être démolis; et la ligne de fortifications sera reportée plus près de la rive de la Moselle. Sur l'emplacement ainsi rendu libre, doivent être élevés les bâtiments de la manufacture des tabacs et un nouveau quartier.
On remonte la me du Pontiffroy, dans laquelle s'ouvre, à g., une large rue, trèscourte, aboutissant à l'une des entrées des vastes casernes occupées par le régiment d'artillerie, entre la rue du Pontillroy et un rempart, dont l'accès est interdit au public. A dr., presque en face de cette rue latérale, on longe l'église Saint-Clément, appartenant à un collège dirigé par des Jésuites. — La rue du Pontiffrojr aboutit au pont Saint - Georges , bordé (à dr.) par un haut trottoir d'où l'on découvre d'un côté les coteaux de Saint- Julien et de l'autre les moulins de la ville, la préfeoture et la place de la Comédie, sous l'aspect le plus pittoresque. Laissau t. ensuite à g. le quai de l'Arttnal et la rue des Juifs, on tourne à dr. dans la rue des Jardins, qui doit son nom à des jardins en terrasse formant la toiture de quelques-unes des maisons (à g.). Cette rue remonte en ligne droite à la place d'Armes, qu'encadrent la cathédrale et la façade de l'hôtel de ville. On traverse la place d'Armes ou place Napoléon, pour redescendre, à g., la rue fourni rue, et, tournant à dr., à son extrémité, on gagne la place Saint-Louis, bordée d'arcades sur l'un de ses côtés et de quelques maisons crénelées du xv* s., autrefois occupées par la corporation des changeurs. Kn face deB arcades s'ouvre immédiatement, vers la milieu de la place Saint-Louis, la petite plare Friedlaud, que l'on traverse, ainsi qu'un pont (en tournant à g.), sur la Seille, et l'on entre dans la rue Alazelle (la première à dr. après le pont), où se trouvent, à g., l'église Saint-Maximin, et, à dr., la place des Charrons (maisons dont quelques parties, à l'intérieur, datent du xv« ou du xvi« s.). La rue Mazelle aboutit à la
place et à la porte Maselle ; mais, avant d'y arriver , on voit à g. une rampe qu'il faut remonter pour suivre le rempart jusqu'à la caserne de la Basse-Seille. On remarque à g. le chevet de Saint- Maximin et, bientôt après, on passe audessus de la porte des Allemands, reste curieux et considérable de 1 architecture militaire du moyen âge. Du haut du rempart qui se continue au delà de cette porte on découvre l'un des côtés les plus remarquables de la ville, au-dessus de laquelle s'élève la tour de la cathédrale.
Le rempart ne tarde pas à être interrompu par le passage de la Seille, que l'on franchit entre le moulin de la Basse- Seille (à dr.) et une caserne (à g.). En longeant la façade de la caserne et, en tournant à g., on atteint un petit pont d'où l'on voit, à dr., la Seille bordée de tanneries, qui offrent de ce côté un aspect bizarre. — Revenant ensuite au moulin de la Basse-Seille, on le contourne à dr., pour suivre le rempart de Chambière, au delà duquel se trouve, à dr , le grand arsenal d'artillerie, et que limitent, à g., une rue basse, l'ancien jardin des Plantes et quelques belles habitations avec jardins. — On remonte à g. la rue des Grands-Carmes ou rue Marchant, à l'entrée de laquelle on remarque, à l'angle du jardin de l'École régimentaire d'artillerie, un débris d'ogive, seul reste de l'ancienne église des grands Carmes. Parvenu à une place ornée d'une jolie fontaine, on aperçoit, en tournant à g., l'église Sainte- Ségolène. Il faut suivre, presque en face, la rue des Trinitaires, où se voient une ancienne maison fortifiée, le temple protestant et le portail d'une église de Jacobins, transformée en magasin particulier.
On traverse alors la place Sainte-Croix, pour prendre à g., en passant devant la rue Jurue (curieuses constructions du moyen âge), la rue de la Fonderie, qui mène à la rue des Murs, établie, d'une façon singulière, en terrasse, sur le sommet des maisons de l'un des côtés de la rue des Tanneurs, que la rue des Murs surplombe (à g.). Parmi les maisons qui s'élèvent à dr. de la rue des Murs, on en remarque deux ou trois d'une assez grande physionomie et datant des xvu« et xviii* s- La rue des Murs rejoint la rue Fournirue, que l'on croise pour entrer dans la rue de la Chèvre, où se montre, à dr., l'église Notre-Dame. On suit, dans le prolongement de la rue de la Chèvre, la rite des Parmentiers (plusieurs beaux hôtels) et l'on atteint la place Saint-Mar-
tin, sur laquelle on tourne à g. On passe devant le côté dr. de l'église Saint-Martin, en face de laquelle s'ouvre (à dr.) la rue des Prisons-Militaires, aboutissant à la rue Chàtillon, et à la place de Sainte- Glossinde ou de rÉviché, dont le palais épiscopal forme l'un des côtés. Si l'on suit à dr., pendant quelques pas, la rue Chàtillon, on regagne l'avenue Serpenoise précisément au point de départ de cette longue course.
Pour visiter le quartier du fort Moselle, qu'occupent presque complètement l'hôpital militaire et des casernes, il faut prendre, au bas de la rampe de l'Esplanade, le pont des Pucelles et suivre en ligne directe la rue du Pont-des- Morts, à l'extrémité de laquelle on laisse à dr. le rempart Saint-Vincent, à g. la porte du Saulcy, conduisant à la poudrerie. Franchissant ensuite une porte intérieure, on suit le pont des Morts; puis, tournant à dr., on passe devant le front des casernes et devant l'hôpital, pour rentrer en ville par le pont du Pontiffroy, parallèle au pont des Morts et par le passage voûté aboutissant à l'entrée de la rue du PontifTroy.
Histoire.
Metz, l'antique Divodurum, la capitale des Mediomatrici, à l'époque gallo-celtique, appartenait, sous la domination romaine, à la 'grande province de Belgique. Les conquérants de la Gaule en avaient fait une ville considérable, décorée de toutes leurs splendeurs monumentales : temples, amphithéâtres, thermes, naumachie, magnifiques établissements qui s'étendaient bien au delà de la ville actuelle jusque sur le vaste territoire occupé par le Sablon et le village de Montigny, entre la Seille et la Moselle. Sur cet emplacement ont été découverts et se découvrent encore des débris de ces grandes constructions. Dévastée lors de l'invasion d'Attila, Metz échut à l'un des fils de Clovis, comme capitale du royaume d'Austrasie, qui, après avoir duré plus d'un siècle et demi, fait prévaloir l'influence germanique sur les Neustriens, et porté au trône la dynastie carlovingienne, fit partie de l'empire de Cbarlemagne. Ce prince et Louis le Débonnaire, son fils, séjournèrent fréquemment à Metz. Louis le Débonnaire y eut son tom« beau dans l'église, depuis longtemps détruite, de la célèbre abbaye de Saint- Arnould. Lors du partage de l'empire