DE CHALONS A SAINTE-WENEHOULD
A. Par Saint-Hilaire et Suippea.
59 kil. — Chemin de fer. — Trajet en a h. 32 min. et 2 b. 40 min. — cl. 6 fr. 80 c; 2« cl. 5 fr. 10 c; 3e cl. 3 fr. 75 c.
14 kil. de Chàlons -sur -Marne à Saint-Hilaire-au-Temple (R. 136). — Le chemin de fer de Metz, par Sainte- Menehould, se détache, à dr., de la li-
[ROUTE 109] SDIPPES. — VALMY. •
gne de Châlons au camp de Mourmelon et à Reims, pour se porter au N. E. sur Suippcs. A Saint-Hilaire, il franchit la Veslc, puis la Noblette à
20 kil. Cuperly, v. de 370 hab., situé (141 mèt. d'altit.) sur cette rivière, à g. de la voie ferrée. Véglise, dont l'abside date du xn° s., renferme un chœur dans lequel on remarque des chapiteaux à îleurs lancéolées d'un travail très-curieux. La tour (cloche du xvi° s.) remonte au xin- s., et forme une chapelle intéressante, bien que fort dégradée. Cuperly possède une des fermes modèles du camp de Châlons.
La voie ferrée effleure à g. l'angle S. E. du camp de Châlons ; puis, laissant à dr. la Cheppe et le camp d'Attila (R. 110), elle remonte plus directement vers le N.
30 kil. Suippes, cnef-1. de c, de 2200 hab., à g. du chemin de fer, sur la Suippes (filature de laine, teinturerie, fabrique de mérinos, fouleries, tanneries, huileries ; commerce de bestiaux , grains et lainages). Cette petite ville, placée au milieu d'une plaine immense, est fort riche, mais médiocrement bâtie. Elle a été entourée au xvi* s. d'une enceinte et de fossés, dont il reste encore des portions étendues, mais qui disparaissent de jour en jour. L'église, de l'époque de transition du style ogival, a été restaurée en 18C2, grâce aux libéralités de l'Empereur. — Il y a à Suippes une des fermes modèles du camp de Mourmelon. Autour de la ville s'étendent une foule de jardins potagers.
A Suippes, le chemin de fer, formant une courbe, prend la direction de l'E. pour gagner Sainte-Menehould. Il côtoie, à g. , la route de terre de Reims à Sainte-Menehould, en traversant une vaste plaine nue et faiblement ondulée. — On laisse à g. du chemin de fer, dont il est séparé par la route de terre (3 kil. de Suippes), Somme-Suippes, v. de 870 hab., à la source de la Suippes, qui forme une fontaine au pied même de l'église.
Cette église, construite dans de vastes
proportions, appartient à diverses époques (xiii%xiv#,xv et xvi»s.). Elle est surmontée d'une belle tour carrée, percée de quatre fenêtres géminées, décorée d'une corniche et couronnée par une flèche en ardoises avec quatre clochetons. — Il existe à Sommes -Suippes une maison religieuse pour l'éducation des jeunes filles pauvres et orphelines.
40 kil. Somme-Tourbe, v. de 214 hab., à la source de la Tourbe qui sort du pied d'un coteau.
46 kil. Somme- Bionne (halte), v. de 153 hab., à 1 kil. environ, à g. du chemin de fer, entre deux collines et près des sources de la Bionne. Uéglise, sur l'une des collines voisines du village, a conservé des chapiteaux du xm* s. — La maison d'école ren-v ferme une cheminée en pierre du xv« s. — On remarque, dans la côte crayeuse qui domine le village, des cavités anciennes qui paraissent avoir servi de refuge aux habitants aux époques de troubles.
50 kil. Valmy, v. de 444 hab., assez régulièrement construit, est situé à g. du chemin de fer.
La pyramide commémorative du combat de Valmy s'élève (à dr. du chemin de fer) au S. du village, sur les hauteurs d'Orbéval, entre deux collines : le mont d'Orval et le mont d'Yvron. Lors du combat de Valmy (F. p. 588), les troupes de Kellermann avaient pris position sur les hauteurs d'Orval, en couvrant Sainte- Me uehould, un peu en arrière d'Orbéval et en face du coteau dominé par l'auberge de la Lune, que les Prussiens occupaient en se prolongeant vers Hans.
En 1831, le roi Louis-Philippe, accompagné de deux de ses fils, vint visiter le champ de bataille de Valmy, témoin de ses premières armes.
A 4 kil. au N. de Valmy se trouve Hans, v. de 428 hab., sur la Bionne.
Depuis le milieu du xvi* s., il appartenait aux comtes de Darapieire. Le comte Anne-Éléazar de Dampierre, ayant voulu venir rendre, en 1791,
un dernier hommage à Louis XVI, ramené de Varennes, fut massacré par la population, à Orbéval, sous les yeux même du roi. Il ne reste du château des comtes de Dam pierre à Hans qu'une moitié du corps central des bâtiments ; le surplus a été détruit lors de l'invasion des Prussiens en 1792; le parc offre de beaux ombrages, entre autres une avenue qui le traverse dans presque toute sa longueur.
Ce château a servi de quartier général aux Ligueurs en 1591, et au roi de Prusse en 1792. —L'ancienne église de Hans, cachée dans une grange, est encore, quoique fort délabrée , un monument très-intéressant du xiii* s.
On y remarque des chapiteaux curieux, les restes du portail et le caveau des comtes de Dampierre.
On croise la route de Reims à Valmy, et, bientôt après, la route de Châlons, en laissant à dr. Dommartinla- Planchette (F. ci-dessous, B), On longe à dr. l'Auve, que l'on franchit sur un pont d'une seule arche de 20 mèt. d'ouverture, et Ton atteint
59 kil. Sainte-Menehould (F. cidessous, B).
B. Par l'Epine, Court! sol» 6t Orbéval.
43 kil. — Ronte de poste. — Service de voitures publiques pour Metz par Sainte-Menehould, Clermont, Verdun, et Ëtain.
On sort de Châlons par la porte Saint-Jean, & l'E. de la ville. Jusqu'à Sainte-Menehould , la route traverse le plateau monotone de la Champagne, formé d'un tuf de craie, à peine recouvert de 2 à 3 cent, de terre d'une qualité inférieure.#La végétation y est maigre et rare; les villages, d'un aspect misérable, y sont très-éloignés l'un de l'autre.
On laisse d'abord à dr. Saint-Memmie (644 hab.), dont le nom rappelle le premier apôtre de la foi chrétienne parmi les Catalauni : ce village possédait au moyen âge une abbaye, qui fut détruite en 1544, à rapproche de Charles-Quint. L'église actuelle ren-
ferme le tombeau de saint Memmie,
curieuse dalle en relief, du xi* s. Un petit séminaire a été construit dans le village, vers 1835.
Apres avoir longé à dr. le petit bois du Bochet, d'où la vue s'étend au loin , on passe à peu de distance du lieu dit la CroiseVe} emplacement d'un village détruit depuis longtemps, et dont le nom a été illustré par une victoire que les habitants de Châlons y remportèrent en 1439, sur les Anglais et les Bourguignons.
8 kil. Notre-Dame de l'Épine, v.
de 461 hab., composé d'une ligne de maisons en plâtre et en bois s'étendant sur le côté g. de la route. A dr., s'élève Véglise Notre-Dame de l'Épine (mon. hist.), magnifique édifice du style ogival fleuri.
« A deux lieues de Châlons, dit H. Victor Hugo (le Rhin ) , sur la route de Sainte-Menehould, dans un endroit où il n'y a que des plaines, des chaumes à perte de vue et les arbres poudreux de la route, une chose magnifique vous apparaît tout à coup : c'est l'église de Notre-Dame de l'Epine.
« II y a là une vraie flèche du xv# s. , ouvrée comme une dentelle et admirable, quoique accostée d'un télégraphe qu'elle regarde, il est vrai, fort dédaigneusement, en grande dame qu'elle est. C'est une surprise étrange que de voir s'épanouir superbement dans ces champs, qui nourrissent à peine quelques coquelicots étiolés, cette splendide fleur de l'architecture gothique. J'ai passé deux heures dans cette église; j'ai rôdé tout autour par un vent terrible, qui faisait distinctement vaciller les clochetons; je tenais mon chapeau à deux mains et j'admirais avec des tourbillons de poussière dans les yeux ; de temps en temps , une pierre se détachait de la flèche et venait tomber dans le cimetière, à côté de moi. 11 y aurait eu là mille détails à dessiner. Les gargouilles sont particulièrement compliquées et curieuses. Elles se com-