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SAINTE-MENEHOULD

le traité qui suspendit la lutte entre les seigneurs et la royauté. A la suite du siège de 1653, Louis XIV, accompagné d'une cour nombreuse, prit, en personne, possession de Sainte-Menehould. En 1719, elle fut en partie détruite par un incendie à la suite duquel elle fut reconstruite sur le plan régulier qu'elle a aujourd'hui. Les fortifications furent supprimées; l'hôtel de ville et l'hôpital, rebâtis; enfin, la promenade du Jard fut plantée.

C'est en traversant Sainte-Menehould, le 21 juin 1791, pour gagner Montmédy, que Louis XVI fut reconnu par Drouet, fils du maître de poste de Varennes, qui s'empressa de retourner a Varennes pour mettre obstacle au passage du roi.

L'industrie de Sainte-Menehould comprend des fabriques de bonneterie, des tanneries, des briqueteries, des ouvrages au tour et surtout la préparation des fameux pieds de cochon désossés, dont la renommée est européenne. Les principaux objets du commerce sont la charcuterie, le bois de chauffage, les céréales et les légumes. Les asperges de Sainte-Menehould sont très belles et s'exportent en grandes quantités.

Sainte-Menehould se divise en deux parties : le château et la ville basse. Le château représente l'ancienne cite, groupée autour de l'église, entre ses vieux bastions qui existent encore.

La ville basse, incendiée en 1719.

consiste en une longue et large rue, bordée de quelques hôtels en pierre et en briques. A l'entrée se trouve la promenade du Jard, formant une première place dont l'Auve longe un des côtés. Plus loin , vers le milieu de la rue, s'ouvre une deuxième et vaste place, d'aspect monumental et sur laquelle s'élève l'hôtel de ville; au delà se présente enfin le pont sur l'Aisne. La ville est entourée d'une riante ceinture de jardins.

L'église, reconstruite de 1280 à 1350, se compose de cinq nefs, d'un chœur, d'un transsept et de plusieurs chapelles des xive et xv" s. Dans le transsept, on remarque, sous une élégante arcade ogivale trilobée, un beau Trépassement de la Vierge.

La fenestration est très-belle, mais les vitraux de couleur ont disparu.

Les chapiteaux des colonnes qui séparent les travées de la grande nef sont ornés de sculptures variées. La chapelle à dr. du chœur servait autrefois à la corporation des vignerons, qui en avait fait peindre ies voûtes. On y remarque un curieux chapiteau représentant un chêne chargé de glands vers lequel un paysan conduit trois porcs. La chapelle de g., affectée aux autres corporations, renferme un tableau du xvnes.

donnant une vue de la ville de Sainte- Menehould , avec trois figures, dont la principale est celle de la patronne de la ville.

Le grand portail, masqué par un porche moderne , consiste en une arcade formée de trois archivoltes ogivales reposant sur des colonnes engagées avec chapiteaux à crochets.

Au dessus, s'ouvrent trois fenêtres romanes accolées, et plus haut, dans le pignon , un oculus. Devant le por- ' tail , est encastré dans le mur un tombeau du xvc s., décoré d'une, ar»

cature ogivale trilobée.

On remarque dans la ville deux maisons en bois, du xvix» s., c'est-àdire antérieures à l'incendie de 1719.

Les environs de Sainte-Menehould offrent quelques buts d'excursions parmi lesquels nous citerons la Neuville-au-Pont, Vienne-le-Châtcau et le champ de bataille de Valmy (pour cette dernière excursion, V. ci-dessus, A).

La Neuville-au-Pont (6 kil. au N.). — On suit la route de Vouziers et, à 2 kil. de Sainte-Menehould, on traverse le v. de Chaude-Fontaine (459 hab.; caves immenses d'un ancien prieuré et château de Regnipont). Au delà de Chaude-Fontaine, la route longe l'Aisne, et, après environ trois quarts d'heure de marche, on atteiut la Neuville- au- Pont , v. de 1233 hab., agréablement situé sur les bords de l'Aisne, au milieu d'une prairie fertile, entourée de collines garnies de vigiles et de bois. Ce bourg, relie par un pont à la roule, doit son

origine à un oratoire que sainte Menehould avait fait construire et autour duquel vinrent se grouper des habitations. Véglise,de plusieurs époques (portail principal et portail latéral N. du xv° s.; portail S. du xvi- s.; chœur et transsept du xivc s. ; nefs du xve s. ; fonts baptismaux du xvi- s.) est formée de trois nefs à cinq travées, séparées par de grosses colonnes. Une des clefs de voûte des nefs latérales se compose d'un groupe d'anges d'un joli travail. Le portail principal est surmonté d'une rose ; à droite s'élève une tour octogone avec terrasse, terminée par une tourelle ronde. — L'oratoire de sainte Menehould se trouvait au sommet d'un coteau dominant le cours de l'Aisne et nommé la Côte-aux-Viynes ; une chapelle moderne, dédiée à Notre- Dame , et but d'un pèlerinage , y a été érigé. On y arrive par un escalier ' en fonte de 117 marches; sur la face de chacune d'elles est inscrit un des veysets des litanies de la Vierge , en sorte que l'escalier contient les litanies complètes. On a, du haut de ce coteau, une belle vue sur tout le pays environnant et l'on peut s'y reposer dans une grotte où jaillit une fontaine à laquelle se rattache le souvenir de sainte Menehould.

La tradition prétend, en effet, que plusieurs personnes étant montées à cette côte afin de visiter sainte Menehould, la pieuse fille de Sigmar fit jaillir l'eau pour rafraîchir ses visiteurs altérés, en frappant la terre de sa quenouille.

Vienne-le-Château (15 kil. au N.

de Sainte-Menehould). — Un chemin qui traverse des prairies arrosées par TAisne (à g.) et côtoie la forêt (à dr.) conduit, par (6 kil.) Moiremont, v. de 495 hab. (église du xiv" s. et du xv° s.; quatre piliers remontent au xii- s. ; le chœur renferme d'assez belles stalles et des boiseries qui datent, ainsi que les portes de la sacristie et du clocher, du xvn* s.), et par (10 kil.) Vienne-la- Ville, v. de 499 hab.

%jhâteau moderne de la Houe), à Vienne-le-Château, v. de 1720 hab., sur le bord de la Biesme. 11 doit son nom à un château fort bâti sur un rocher escarpé qui domine le bourg.

De ce château, détruit et reconstruit à diverses reprises, il ne reste plus d'autres traces que quelques débris de remparts. L'Oise, datant du xvc s., a un affreux portail du xviii" et renferme une crédence du xve s., d'un joli travail. On remarque, en outre, à Vienne-le-Château, une maison en bois, du xvi- s., aux chevrons sculptés, aux fenêtres garnies de petits carreaux enchâssés dans du plomb, d'un aspect curieux.

Parmi les dépendances de Viennele-Château, nous citerons les lieux dits la Harazée et le Four-de- Paris, sur le bord de la Biesme, qui possèdent des verreries importantes, à la tête desquelles se trouvaient autrefois des gentilshommes verriers. Ce fut Philippe le Bel qui déclara, en 1314, que les gentilshommes de Champagne, travaillant aux verreries, ne dérogeaient pas à la noblesse, et des lettres patentes d'Henri IV confirmèrent ce privilège, en 1603. « Les gentilshommes verriers, disent les Mémoires de la Société d'agriculture du départ, de la Marne, étaient fiers de leur noblesse et ne voulaient point se mésallier. Cependant leur manière de vivre leur enlevait toute considération ; la plupart sans éducation, pauvres et mal vêtus, ils étaient également dédaignés par les autres nobles, par les bourgeois et par les paysans. »

Au lieu de revenir de la Neuville au-Pont à Sainte - Menehould pour reprendre, à son origine, le chemin de Vienne-le-Château, on peut, en réunissant les deux excursions, traverser les prairies afin de rejoindre ce chemin à Moiremont (environ 2 kil. de la Neuville;.

[Service de correspondance pour (10 kil.) les Islettes; — (15 kil.) Clermont; — (41 kil.) Verdun (R. 109); —

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