‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 458 sur 489 · ROUTE 131] LE CHÂTELET. — RETHEL · texte numérisé non relu

ROUTE 131] LE CHÂTELET. — RETHEL

dorent la charte communale qu'ils obtinrent vers cette dernière époque. Au xiv« s., le comté de Rethel passa dans les mains dn fils du roi Jean, Philippe le Hardi, par son mariage avec Marguerite, fille de Louis de Marie, comte de Rethel. La seigneurie resta dans sa descendance jusqu'à la fin du xve s.; elle appartint alors successivement aux maisons d'Albret et de Clèves. Henriette de Clèves l'apporta en dot à Louis de Gonzague, qui fit ériger Rethel en duchépairie par Henri m. Le dernier représentant de la maison de Gonzague le vendit, en 1659, à Mazarin, qui le donna à son neveu par alliance, Charles de la Meilleraye, avec cette clause que le nom de Mazarin serait substitué à celui de Rethel. Toutefois les habitants, ne voulant point renoncer à leur dénomination primitive, se bornèrent & réunir les deux noms, et, bien que le comte de la Meilleraye eût pris le titre de duc de Mazarin, l'ancien nom de Rethel finit par prévaloir seul. — a l'époque de la Révolution, le comté de Rethel appartenait aux Duras-Durfort, qui le devaient également à un mariage avec une descendante de la maison de la Meilleraye.

En 1650, la ville ayant été prise par Léopold, archiduc d'Autriche, fut reprise par le maréchal du Plessis-Praslin, qui deux jours après défit l'armée espagnole placée sous les ordres de Turenne. Rethel fut occupée de nouveau par les Espagnols, en 1653; mais alors ce fut Turenne, redevenu fidèle à la cause de la France, qui la leur reprit après un siège de quatre jours.

Jean Gerson, recteur de l'Université de Paris, au xiv« s., et qui est considéré par quelques écrivains comme l'auteur de 17mitation de Jésuf-Christ, est né à a kil. de Rethel, au village de Gerson, détruit lors de la prise de Rethel par les Espagnols.

La principale église de Rethel (mon. hist.) offre cette singularité, qu'elle se compose de deux églises soudées latéralement l'une à l'autre. L'église du prieuré et celle de la paroisse étaient originairement contiguës , mais distinctes; plus tard, les deux édifices furent reliés de façon à ne former qu'un seul vaisseau comprenant quatre nefs. La partie la plus ancienne est du xme s. ; les autres datent du xv« et du xvic s. La tour

du clocher, massive et en désaccord avec le style général de l'église, na été élevée qu'en 1650. Bien que l'église, dans son ensemble, soit placée sous l'invocation de saint Nicolas, chacune des nefs a cependant reçu une dédicace particulière ( Saint - Pierre, Saint-Nicolas, Saint-Gorgon, Sainte- Marie). Par suite de l'étrange accouplement des deux églises, les nefs diffèrent entre elles de largeur, de hauteur et de style. On remarque à l'intérieur : un beau vitrail moderne dans le chœur; les confessionnaux ; la chapelle Saint-Gorgon, but de pèlerinage; une crypte ogivale, dite le Sépulcre, sous la chapelle de la Vierge. Le portail latéral (xvi* s.), qui sert d'entrée principale, est orné, dans la voussure, de 16 groupes sculptés reproduisant la légende de saint Nicolas.

La chapelle, récemment restaurée, d'un ancien couvent de Minimes, forme une seconde église paroissiale.

Bethel possède, en outre : un hôtel de ville de 1750; — un hôpital général (vieillards, enfants et malades) ; — un ancien hôtel-Dieu (1690), converti en école communale ; — un collège libre ecclésiastique; — une prison cellulaire modèle. — Un palais de justice est actuellement en construction (1867).

Une salle de spectacle assez mesquine occupe la maison de V Arquebuse, ainsi nommée parce qu'elle avait été donnée par la dernière duchesse de Rethcl-Mazarin à la Société de l'Arquebuse.

Le château fort de Rethel n'existe plus; il nen reste que les communs, construits en 1685 et transformés en habitations particulières. Des jardins qui s'étendent sur l'emplacement du château, on découvre une assez belle vue. — Une tour bâtie sur un monticule, à côté du château, et qui a été attribuée à l'époque gallo-romaine, bien qu'elle ne fût pas, paraît-il , antérieure au xc s., a également disparu

DE PARIS

La promenade des Iles, au N. 0. de la ville, sur la rive dr. de l'Aisne, est fort belle, mais elle n'est guère fréquentée qu'à l'époque où s'y tient la foire renommée de Sainte-Anne.

Rethel, qui possède une chambre consultative des manufactures, est un centre considérable d'industrie pour les tissus. Il s'y fabrique principalement des mérinos. La ville renferme, en outre, d'importantes filatures de laine peignée, des tissages mécaniques et desateliers de construction de machines de toute espèce, pompes à feu, engrenages, etc. Dans les environs existent des briqueteries assez importantes , une carrière de craie blanche et une source d'eau froide, chlorurée, sodique.

[Corresp. pour : — (11 kil.) Novion-J>orcien, ch.-l. de c. de 1203 hab., situé au N. de Rethel sur un affluent de l'Aisne (fabrique de tissus; château moderne) ; — (14 kil.) Mesmont, v. de 346 hab. ; — (19 kil.) Wasigny, v. de 1117 hab. (filature de laine; briqueterie; carrières de craie; cidre estimé). A 7 kil. à l'O. de Wasigny (21 kil. de Rethel) se trouve Chaumont-Porcien , ch.-l. de c. de41104 hab. , qui possédait autrefois un château fort et une abbaye de Prémontrés supprimée en 1623; — (12 kil.) Château-Porcien , ch.-l. de c. de 1964 hab. (filatures importantes), sur la rive dr. de l'Aisne et près du canal des Ardennes , à l'O. de Rethel. Ce village était le chef-lieu d'un comté qui eut des seigneurs renommés dès le ixe s. Le domaine, acquis par Mazarin , en môme temps que le Rethelois, passa par alliance dans la famille de Richelieu , qui le conserva j usque dans la seconde moitié du xvm° s. Château- Porcien était fortifié et avait un château remarquable, bâti sur un rocher escarpé, avec double enceinte, fossés, souterrains et plusieurs tours dont la plus grosse était surmontée d'une flèche en partie dorée. 11 ne reste plus que des vestiges des forti-

fications et du château. L'église paroissiale (xvie s.) est surmontée d'une belle tour.

Parmi les autres localités les plus intéressantes , voisines de Rethel , nous citerons : — à 7 kil. à l'O.

Barby, v. de 472 hab., sur un petit affluent de l'Aisne, au pied d'une hauteur où s'élevait le village de Gerson. On remarque, encastrée dans les murs extérieurs de Yéglise de Barby , une plaque tumulaire en marbre noir, portant une inscription que l'on croit consacrée à la mémoire de la mère de Gerson, le recteur de l'Université de Paris; — 5orfc<m, v.

de 378 hab., à 4 kil. au N. 0. de Rethel , patrie de Robert Sorbon, le savant théologien qui fonda la Sorbonne en 1253; — Thugny, v. de 832 hab. [tumulus ; magnifique château du xvne s. ) , sur le canal des Ardennes, à 6 kil. à TE. de Rethel ; — Novy-les-Moines , v. de 875 hab., à 7 kil. au N. de Rethel, sur la route de Reims à Mézières. Ce village possédait un prieuré conventuel de Bénédictins londé en 1097, et dont IVglise, reconstruite au xvue s., se signale par ses belles proportions, la hardiesse de ses voûtes et la richesse de son architecture].

220 kil. Amagne, v. de 729 hab.

(église du xvie s. ; foins excellents), à 2 kil. à dr. et au S. E. de la station, dans une belle plaine arrosée par un petit affluent de l'Aisne.

[Corresp. pour : (27 kil.) Vouziers (R. 112), par (13 kil.) Àttigny, ch.-l. de c. de 1679 hab., situé entre l'Aisne et le canal des Ardennes (sucrerie, filature, fabrique de chicorée, tanneries, briqueteries; céréales abondantes et. d'excellente qualité). Attigny est un village très-ancien qui tient une place importante dans l'histoire des deux premières races. Clovis II y bâtit, en 647, un palais où résidèrent souvent les rois de la première race; Pépin y tint en 750, comme maire du Palais, une cour

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