ROUTE 1 31] RETHEL. — AMAGNE. — ATTIGNY
plénière. Devenu roi, il y convoqua une assemblée générale des chefs de la nation. C'est à Attigny que le chef des Saxons , Witikind , reçut le baptême en présence de Charlemagne (786). Louis le Débonnaire s'y soumit & une pénitence publique dans rassemblée générale des Francs, en 822. Attigny fut encore le lieu de plusieurs réunions considérables et de plusieurs conciles (nous signalerons, entre autres, celui de 870) sous les rois de la seconde race; mais, au moyen âge, sa prospérité alla en décroissant. Pillé et presque détruit au xiv* s. , il eut aussi beaucoup à souffrir des longues guerres des siècles suivants. L'ouverture du canal des Ardennes, il y a une trentaine d'années, a donné à Attigny, une certaine activité commerciale et industrielle, qui tend à se développer de plus eu plus.
« Le palais d' Attigny, dit M. J. Hubert, dans sa Géographie historique du département des Ardennes, était vaste et magnifique; il avait pour dépendances une forteresse, un parc, des jardins, un vivier, des bains et plusieurs maisons de plaisance. Le vivier, dont on reconnaît encore facilement les traces, était alimenté par le petit ruisseau de Sainte- Walburge et entourait les murailles de la forteresse. On pense que c'est au commencement du xvir9 s. que fut détruit tout ce qui restait de l'ancien palais et de la forteresse. »
Véglise paroissiale (mon. hist. ) appartient en grande partie au xnr* s.
Les sculptures extérieures et les vitraux peints sont d'une très-belle exécution. Le portail latéral offre de l'intérêt, mais rentrée principale, de date moderne, est d'un effet fâcheux. L'église s'appuie à une tour romane, qui forme une construction distincte plus ancienne. Le pèlerinage de Saint- Méen ou Saint-Mandé est encore fréquenté pendant le mois de mai.
V hôtel de tille a pour entrée un porche appelé le dôme, unique débris qui rappelle l'ancien palais élevé par
Clovis II. — Vécole dite la Mosquée, est un vieil édifice classé parmi les monuments historiques. — Nous signalerons enfin la halle couverte. — L'emplacement de l'abbaye de Saint- Basle est occupé par des jardins.]
Le paysage entre Amagne et la station suivante est un peu plus accidenté que la contrée que l'on vient île traverser. Cette section du chemin de fer a exigé de grands mouvements de terrain , tranchées et remblais , d'une exécution très-difficile en raison de la nature inconsistante du sol.
Cette région , nommée les Quatre- Vallées, est renommée pour l'abondance et la qualité de ses fruits qui alimentent, non - seulement Rethel, Mézières et Charleville , mais encore les marchés de Reims'et de Paris. — On passe successivement dans les grandes tranchées de Faux, v. de 321 hab.
(à g. de la voie ferrée) , de Sorcy, v. de 540 hab. (à dr.), où se voient les ruines d'un château ; et de Montclin hameau dépendant de
228 kil. Saulces-Montclin ou Saulces-aux-Bois, v. de 1140 hab., situé à 3 kil. environ i g. de la station, sur le ruisseau de Saulces (tuileries).
La môme station dessert Vaux- Montreuil, v. de 641 hab., à 2 kil. & dr. du chemin de fer. Ce village, qui fait partie des Quatre-Vallées, produit en grande quantité des fruits excellents et exploite des carrières de pierres calcaires.
Le chemin de fer décrit deux fortes courbes de 1400 met. et de 1000 met.
de rayon , avant de s'engager dans une tranchée de 16 mèt. de profondeur maximum , pour gagner la vallée de la Vence. Le pays change d'aspect, et, aux riches vergers des Quatre-Vallées, commencent à succéder les forêts de l'Ardenne proprement dite. On laisse à dr. (1 kil. du chemin de fer) Puiseux, v. de 239 hab., autrefois chef-lieu d'une vicomté (restes importants d'un château fort, église renfermant plusieurs pierres tomba-
DE PARIS
A GiVEï. [Route 131]
les, bien conservées, des seigneurs de Puiseux; miel renommé). — A g. se montre Faissault, v. de 532 hab., près duquel on croise la route de terre.
Du même côté, à 1 kil. de la voie, est Vieil-Saint-kemi , v. de 1300 hab.
(église intéressante ; ruines d'un monastère ; vestiges d'une voie romaine).
— Après avoir croisé de nouveau la route de terre, on atteint
236 kil. Launois-sur- Vence, v. de 1210 hab., situé à g. et à 1 kil. environ de la station, entre la route de terre et la Vence, qui prend sa source au N. de ce village et se jette dans la Meuse à Mohon (F. ci- dessous).
Véglisey dont la façade et les tourelles étaient crénelées, date du xv- s. Elle a subi des restaurations successives, qui laissent néanmoins encore apercevoir les traces de l'architecture primitive, dans l'entablement et les chapiteaux des transsepts.
[Corresp. pour: — (7 kil.) Dommery, v. de 482 hab., où, selon la tradition , saint Remi résidait lorsqu'il prépara la conversion de Clovis, qui séjournait à Thin-le-Moûtierf v. de 1525 hab., à 8 kil. environ au N. de Dommery. On voit à Thin les vestiges d'un pavillon et des sculptures qui paraissent avoir appartenu à une construction très-ancienne, et peut-être à la forteresse habitée par Clovis ; — (12 kil.) Signy-V Abbaye, ch.-l. de c, V. de 2962 hab. (usïnes métallurgiques, filatures de laine, fabriques de châles), située sur la Vaux, dont les sources pittoresques se trouvent dans les hauteurs qui dominent Signy au N. — Signy-l'Abbaye, comme l'indique son nom, eut une célèbre et magnifique abbaye fondée, en 1134, sous l'inspiration de saint Bernard et supprimée seulement à la Révolution.
Il ne reste plus de traces des constructions grandioses de ce monastère, dont l'église, commencée en 1236 et terminée en 1300, était un monument du style ogival primitif.
Au S. et à 2 kil. de la ville s'étend la
belle forêt de Signy. — Sur une montagne voisine du bourg, se voit, à la limite des versants des vallées de la Meuse et de l'Aisne, à246 mèt. d'altit., un petit lac d'un hectare de superficie, dont la profondeur exacte est ignorée, et qui s'appelle la Fosse au Mortier. Ce lac n'est alimenté par aucun cours d'eau apparent].
Le chemin de fer suit à dr. la base de coteaux boisés, en longeant, tantôt à g., tantôt à dr., la Vence dont il ne quitte plus la vallée jusqu'à Mohon. La Vence, dont le cours trèssinueux fournit une force hydraulique à de nombreux établissements industriels : hauts fourneaux, forges, fabriques de clous, moulins, est surtout utilisée pour le lavage du minerai , qui donne à ses eaux une couleur jaunâtre formant un contraste désagréable avec la riche verdure des prairies qu'elle arrose. — On laisse à g. (1 kil.) Raillicourt, v. de 349 hab., au delà de la route de terre, sur le versant d'une hauteur qui domine la rive g. de la Vence.
Entre cette rivière et le village, se trouvent les débris d'un château fort que l'on dit être celui de Crêvecœur.
— A Montigny-sur- Vence , v. de 402 hab. (à g.), s'exploitent des carrières de moellons et du minerai de fer. On y voit un ancien château flanqué de tourelles et consacré aujourd'hui à l'exploitation d'une métairie. — Le chemin de fer décrit une courbe vers le N. et croise successivement la Vence et la route de terre .
244 kil. Poix-Terron (hôt. du Car non-d'Or), v. de 990 hab., à dr. «le la voie ferrée, (exploitation de marnes pour l'agriculture et de minerai de fer en grains), entre la route de terre et la rive dr. de la Vence. C'est au N. O. de Poix que commencent les gisements immenses de minerai de fer des Ardennes, qui forment une longue bande oblique s'étendant près que de la limite N. 0. du département jusqu'à sa limite S. E.
[ROUTE 131] LÀUNOÎS-SUR- VENCE. — MQfiON. 655
[Corresp. pour : — (10 kil.) Bouvellemont, v. de 378 hab. (carrières de moellons) ; — (13 kil.) Chagny, v.
de 840 hab. , sur un affluent de la rivière de Bar; — (17 kil.) Louvergny, v. de 340 hab. (extraction de marnes et de moellons de calcaires) ; — (22 kil.) Le Chesne, ch.-l. de c. de 1548 hab., sur le canal des Ardennes, près de l'un des défilés du plateau de l'Argonne, que Dumouriez occupa pendant la campagne de 1792. Une députation des habitants du Chesne assistait autrefois au sacre des rois de France et recevait, à la fin de la cérémonie, le plus beau cheval monté par le roi. Ce privilège avait été, diton, accordé au Chesne, parce que ses habitants avaient retrouvé la sainte ampoule un moment perdue.
Les armes du Chesne représentent une colombe portant la sainte ampoule, avec cette légende : « Ampulla a superis regno data, reddita per nos. » V église du village, anciennement fortifiée, servit souvent de lieu de refuge aux habitants, particulièrement au temps de la Ligue; — (5 kil.) Singly, v. de 293 hab. (ardoisières, minerai de fer) ; — (7 kil.) Villers-le-Tillcul, v. de 357 hab. (minerai de fer, carrières de moellons) ; — (9 kil.) Omont, ch.-l. de c. de 421 hab., qui possédait un château fort dont l'origine remonte, dit-on, au ix* s. et qui aurait été détruit et reconstruit au x° s. On rapporte que Henri JV, étant venu de Sedan pour assiéger Omont , pointa lui-môme un canon avec tant de précision, que, du même coup, il tua le commandant de la place, son lieutenant et un enseigne, ce qui amena la reddition du château, repris du reste la même année par les Ligueurs. Il reste encore des vestiges de cette forteresse féodale; — (14 kil.) Vendressc, v. de 1117 hab., sur le ruisseau du Donjon, affluent de la Bar (église du xive s.; forge avec haut fourneau; minerai de fer; carrières de pierres de taille; marnes; culture du houblon.]
Le chemin de fer longe les versants plus ou moins escarpés de collines rocailleuses et effleure Touligny-la-Basse , hameau dépendant de Touligny, v. de 114 hab. (2 kil. à g.). Sur le territoire de la commune, au lieu dit fois de Hurelaiiterne , se voient les restes d'une construction qui paraît avoir appartenu soit à un monastère, soit à un château.— Après avoir croisé la Vence à deux reprises, on passe entre Yvernaumont (à dr.), v.
de 1 44 hab. , et Guignicourt (à g ) , v. de 353 hab., où l'on remarque des forges importantes et un beau château appartenant à la famille de Wignacourt, qui a fourni deux grands maîtres à Tordre de Malte. — On découvre ensuite à dr. le manoir de Ville-sur- Vence, vieille résidence seigneuriale dont le nom est mentionné dans des chartes du xves.
251 kil. Boulsicourt, v. de 1057 hab., à dr. du chemin de fer, sur la rive dr. de la Vence (filature de laine occupant environ 200 ouvriers ; exploitation de minerai de fer et de marnes ; débris d'un château détruit, dit-on, au temps de la Ligue).
On aperçoit à dr., au sommet d'une colline (236 mèt. d'altit.), le château (xvmc s.) de Saint- Marceau dépendant du village du même nom (353 hab.; fabrique de clous); et bientôt après, du même côté, l'importante poudrerie de Saint-Ponce, dont les ateliers, magasins et bâtiments dotation occupent une superficie de 7 hectares. Cette poudrerie produit par jour, en moyenne, 500 kilog. de poudre de guerre et 900 kilog. de poudre de mine. On croise ensuite la route de terre et la Vence sur un pont biais, à la Franchcville, v. de 466 hab., dont dépend la poudrerie. On traverse des prairies qui s'étendent sur la rive dr. de la rivière, et, dépassant encore quelques usines, on croise la route de Mézières à Neufchâteau.
257 kil. Mohon, v. de 644 hab., situé à g. de la voie ferrée, au confluent de la Vence et de la Meuse, était au-
DE PARIS
trcfois une seigneurie souveraine qui appartint successivement aux maisons de Brandebourg, d'Aprcmont et d'Anglure. En 1613, René d'Anglure la vendit à Louise-Marguerite de Lorraine, princesse de Conti, qui, ellemême, la céda à la France en 1629.
V église paroissiale, que Ton aperçoit à g. du chemin de fer, est un édifice du xvie s., dans lequel l'ogive et le style de la Renaissance sont heureusement combinés. Elle est dédiée à saint Lié, dont les reliques y attirent un grand nombre de pèlerins, le lundi de Pâques et surtout le lundi de la Pentecôte.
La compagnie des chemins de fer de l'Est a établi à Mohon ses ateliers de réparation pour tout le matériel de la ligne des Ardennes. Cette belle installation comprend trois magnifiques rotondes pour les machines, des parcs pour les fers neufs ou vieux, pour le matériel fixe, pour les roues des machines, tenders et voitures ; et des ateliers de forges , d'ajustage et de | montage des locomotives,de chaudronnerie, de scierie, de menuiserie, etc.
De Mohon à Charleville, se succèdent sur un parcours de 3 kil., une suite d'ouvrages d'art très-remarquables. Après avoir dépassé, à la sortie de Mohon, une tranchée de 300 mèt.
de longueur, on franchit une première fois la Meuse sur un pont métallique, composé de deux arches, pour chemins de halage, de 5 mèt.
d'ouverture ; et de trois arches principales, de 22 mèt. de portée. Ce pont, dont les diverses parties sont agencées selon un système extrêmement ingénieux, réunissant la solidité et la légèreté, est devenu le type généralement adopté pour les ponts en fer à grande portée. A g., on aperçoit une partie de Mézières, et à dr., la large vallée de la Meuse. — Aussitôt le pont traversé, on entre dans un (urine/ long de 150 mèt. percé dans la colline de Boiseuval, sous le feu de la citadelle de Mézières, qu'il longe à g.
A I cntrcc et à lu sortie de ce souter-
rain, ont été construits, pour la défense de la place, deux corps de garde en galeries voûtées de 20 mèt. de longueur. Au milieu, existe une autre galerie en pente, avec fourneaux de mine, qui descend jusqu'au fond des fossés. Au débouché du souterrain, on franchit une deuxième fois la Meuse, que l'escarpement rocheux sur lequel s'élève Mézières oblige à décrire un long circuit, en formant une presqu'île dont la citadelle de cette ville commande l'entrée. Les bateaux étaient autrefois forcés de suivre le détour de la Meuse; mais, depuis 1842, un canal ouvert devant la citadelle leur permet de faire en quelques minutes un trajet qui exigeaitdeux heures. Le second pont sur la Meuse (4 arches de 15 mèt. d'ouverture), aboutit à un viaduc de 10 arches de 6 mèt. d'ouverture, destiné à livrer passage aux grandes eaux d'inondation. A l'extrémité de ce viaduc, d'où l'on découvre Charleville et les coteaux qui l'environnent, se trouve la gare de
260 kil. Charleville -Mézières
(omnibus à tous les trains pour Mézières et pour Charleville: 30 c. le jour; 50 c. la nuit; 15 c. par colis).
Deux beaux chemins d'accès conduisent de la gare, l'un (à g.), à l'entrée de Mézières ; l'autre (à dr.), dans la principale rue de
Charleville (hôt. : du Commerce, du Lion -d'Argent, de l'Europe, du Saumon : — cafés : Français, du Commerce ; — libraires : Gustave Lelellier, Eugène Jolly) , ch.-l. de c, siège du tribunal de première instance de l'arrondissement , V. de 1076 hab., située sur la rive g. de la Meuse.
Les rues de Charleville en générai, larges et régulières, sont tracées d'après un plan uniforme. La plus belle de ces rues traverse, sous différents noms, la ville tout entière. Partant du quai delà Madeleine, sur la rive g. de la Meuse, elle se continue vers le S., au delà de la place Ducale, et se prolonge en boulevard jusqu'à Ten-
[ROUTE 131] MOHON. — GHARLEVILLE.
tréc «lu pont de Mézières. Une autre rue, qui croise celle-ci au centre de la place Ducale, conduit dans les principaux quartiers de TE. et de PO., qui sont enveloppés par une ceinture de magnifiques boulevards ornés, sur différents points, de bosquets, de massifs et de pelouses.
Charleville a été fondée, en 1606, sur remplacement d'une maison royale des Mérovingiens, qui parait avoir porté le nom d'Arches (Arcae Remenses). En 894, ce domaine, dont le château avait été ruiné, passa, par donation de Charles le Simple, entre les mains des évêques de Liège. Après eux, il fut possédé successivement par les comtes de Porcien et par ceux de Rethel; puis il tomba, en 1566, dans la maison de Gonzague. En 1571, Louis de Gonzague obtint de Charles IX le titre de prince souverain d'Arches, au lieu de celui de seigneur souverain. La fantaisie magnifique d'un de ses successeurs, Charles de Gonzague, duc de Nevers et de Mantoue, duc et pair de Rethel, prince souverain d'Arches et gouverneur de Champagne, éleva en ce lieu la ville actuelle, qui reçut 1$ nom de son fondateur. Les premières constructions de Charleville datent du 6 mai 1606. Pour hâter le développement de la ville nouvelle, il lui fut accordé des privilèges nombreux par Charles de Gonzague, qui obligea toutes les villes de ses duchés de Nevers, de Rethel et de son gouvernement de Champagne à faire bâtir chacune une maison dans la ville naissante.
Le prince de Gonzague créa une cour souveraine et un hôtel des monnaies à Charleville ; la ville obtint en outre des franchises commerciales, qui l'enrichirent au détriment de Mézières. Depuis cette époque, Charleville est restée le centre industriel et commercial du pays, tandis que Mézières en est le chef-lieu administratif.
A l'extinction de la maison de Gonzague (1708), Charleville passa â la maison de Condé, et la cour souveraine qu'avait créée Charles de Gonzague fut supprimée par arrêt du parlement de Paris. Peu de temps après, la princesse de Condé remit à Louis XIV ses droits de souveraineté sur Charleville, qui fut définitivement incorporée à la France.
Charleville était originairement entourée d'une enceinte fortifiée, qui a compléte.ncnt disparu. Cette ville possédait une
VOSGES
manufacture d'armes, fondée en 1680 et dont les produits avaient une grande réputation ; cet établissement a été supprimé en 1836, comme trop rapproché de la frontière. Aujourd'hui les principales industries de Charleville sont: la clouterie à la main, la clouterie à la mécanique et la ferronnerie; les brasseries, les tanneries, les fabriques d'étaux, de crics, de brosses, de pipes et de briques, une fabrique de papiers peints, une fabrique de sucre indigène, une distillerie, une fonderie de fer, une fonderie de cuivre, une imprimerie typographique, etc.
Les monuments de Charleville , rares d'ailleurs, ne remontent guère au delà du commencement de ce siècle et n'offrent en général , qu'un médiocre intérêt au point de vue artistique. Ceux qui dataient de l'origine de la ville n'existent plus, ou, du moins, il n'en reste que des parties presque insignifiantes; les édifices de la place Ducale ont seuls entièrement conservé leur caractère original.
Véglise paroissiale, inaugurée en 1863, est un bel et vaste édifice, construit dans le style roman de transition, par M. Racine, architecte diocésain.
L'entrée principale, surmontée d'une rose, est encadrée de deux tours à trois étages, terminées chacune par une flèche en ardoises avec clochetons aux angles. Une galerie élégante relie ces tours. L'intérieur de l'église se compose d'une nef et de deux bas côtés, qu'un transsept sépare du chœur et des chapelles collatérales. Le sanctuaire en abside est orné de beaux vitraux de couleur, dusàM. Maréchal, (de Metz). Les travées sont formées par des colonnes monocylindriques d'un dessin extrêmement* pur; des chapiteaux, s'élèvent trois colonnettes accouplées qui se prolongent aux arêtes des voûtes par des nervures délicates dont la réunion indique faiblement la naissance de l'ogive. Audessus des orgues et aux extrémités du transsept, s'ouvrent des roses décorées de verrières peintes. Cet intérieur, conçu dans un goût sévère et
658 DE PARIS
garni d'un riche mobilier offre un aspect très-satisfaisant.
Vhôtel de ville (sur la place Ducale), construit en 1843, présente en façade un pavillon central avec deux ailes en retraite, le tout décoré de pilastres doriques engagés. En arrière s'élève une tour carrée à trois étages, formant beffroi. L'édifice, assez vaste, emprunte un certain air monumental au perron à double rampe qui en forme l'accès.
Le séminaire et le collège, sont deux beaux bâtiments construits sur une grande place qui s'ouvre sur le quai du Sépulcre, le long delà Meuse.
Ils ont une chapelle commune, jolie construction qui date des premiers temps de Charleville.
La sali* de spectacle, bâtie en 1839, est disposée avec goût. On remarque surtout l'ordonnance du premier étage, percé de grandes baies cintrées qui éclairent un magnifique foyer.
Nous mentionnerons encore : le palais de justice; — tomaison d'arrêt; — Yhôtel-Dieu ; — Y école normale départementale , etc.
La place Ducale, qui occupe à peu près le centre de la ville, rappelle complètement, par sa disposition générale, par ses maisons en briques à chaînage en pierre, s'appuyant sur des arcades surbaissées, la place Royale, à Paris, sauf le jardin central qui lui manque. Cette belle place, du milieu de laquelle le regard embrasse la ville dans ses différentes directions, a 126 mèt. de longueur sur 90 mèt. de largeur. A l'extrémité de la rue qui la traverse du S. au N. , se trouve, sur le bord de la Meuse, un pavillon pittoresque conçu dans le meilleur style du commencement du xvne s. et qui appartient aux constructions primitives de Charleville. Il est aujourd'hui occupé par un moulin.
La bibliothèque publique renferme 23000 vol. imprimés et 400 manuscrits du xie au xvi« s. provenant en partie, ainsi que le fonds an-
cien des imprimés, des abbayes de ' Signy, de la Val-Dieu, d'Élan, de Belval et du Mont-Dieu. Cette bibliothèque est ouverte tous les jours au public.
Un haras impérial, établi à Charleville en 1852, a été supprimé en 1863.
Sur la rive g. de la Meuse, s étend un port très-fréquenté , que le canal des Ardennes met en communication facile avec la Seine, l'Oise et l'Aisne.
Parmi les promenades publiques, nous signalerons, out^e la ceinture des boulevards, le petit bois, situé entre la gare et la Meuse. — Au N. de la ville, en face du quai du Sépulcre, se dresse, dans une presqu'île formée par la Meuse, une colline appelée le Mont-Olympe, sur laquelle le duc de Gonzague avait fait bâtir, pour protéger la ville, une forteresse qui fut détruite en 1^86 par ordre de Louis XIV. Il n'en reste que quelques débris de murailles , sur lesquels s'élève un belvédère moderne.
Le Mont-Olympe, qui se relie au quai par un pont suspendu, a été transformé en un vaste jardin dessiné à l'anglaise. C'est une propriété particulière; mais on obtient aisément l'autorisation de la visiter.
[Excursion à Bel -Air (1 h., aller et retour). - Bel-Air est un hameau situé à 240 mèt. d'altit. , sur une colline dominant la vallée de la Meuse, le Mont-Olympe et Charleville, que l'un y embrasse dans un remarquable panorama. Arrivé sur le quai en face du moulin, on tourne à g. en longeant la Meuse à dr., tandis qu'à g. se montrent de belles maisons particulières, dont les jardins en terrasse dominent la route. Au delà de deux hameaux qui sont de véritables faubourgs de Charleville , on entre dans un chemin d'abord encaissé; puis, à une bifurcation signalée par un poteau indiquant les distances jusqu'à Monthermé etGivet, on prend l'embranchement de dr. qui conduit en 5 ou 6 min. à Bel-Air, dont les maisons