ROUTE 131] CHARLE VILLE. — MÉZIÈRES
se groupent autour d'une petite et pittoresque église. 1
Le chemin de la gare à Mézières se dirige en biais vers le S. 0., où il rejoint, à un rond-point (10 min. de marche), l'avenue ouverte dans Taxe de la place Ducale, en prolongement de la grande rue de Charleville et de la rue Napoléon. On traverse alors un pont de 26 arches, long d'environ 250 met., qui se présente dans l'axe même de l'avenue de Charleville. Ce pont a été construit en grande partie au-dessus des prairies, de manière à permettre le passage des eaux à l'époque des fortes crues. Ou franchit une dérivation de la Meuse , et l'on traverse le faubourg d'Arches.
Mézières (hôt. : du Palais-Royal,
d u Cheval-Blanc ; — café Français ;
libraires, Blanchard, Lapie;— poste aux lettres : place de PHôtel-de- Ville; - télégraphe électrique, rue Bayard)' ch.-l. du départ, des Ardennes, place de guerre de 1" cl., ch.-l. de la 3e subdivision de la 4e division militaire, V. de 5818 hab., est située à 171 met.
d'altit. , sur un escarpement qui s'allonge de 1»K. à ro., à l'extrémité orientale de la presqu'île formée par un contour de la Meuse. Cette situation et l'impossibilité, pour la ville, de s'étendre au delà de son enceinte fortifiée, ont rendu forcément les rues étroites et tortueuses ; Mézières compte cependant deux belles places, situées aux extrémités de l'escarpement, l'une en face de l'hôtel de ville (à 1*E.), l'autre devant l'église (à l'O.). On pénètre dans la ville même, en franchissant une seconde fois la Meuse à l'extrémité du faubourg d'Arches, par un pont-levis que dominent à g., en terrasse sur la Meuse, les hôtels et les jardins de la préfecture et du général commandant la subdivision. A l'E. de la place de l'Hôtel-de-Ville s'étend la citadelle.
Mézières, dont la fondation parait remonter an ixé s., ne fot d'abord qu'un château appartenant aux évéques de
Reims et qui devint au x» s. la propriété des comtes de Rethel. Au xnr* s., la ville, qui avait commencé à se former aotour de la forteresse, s'accrut considérablement par l'arrivée d'une colonie de Liégeois fuyant devant les menaces de l'empereur Othon. Peu après, les comtes de Rethel accordèrent à Mézières le titre de ville, le droit d'échevinage et l'autorisation de se clore de murailles (1233). Il s'y forma, pour sa défense, des compagnies bourgeoises. Au xv« s., une nouvelle colonie de Liégeois se dérobant à la colère de Charles le Téméraire, y apporta son commerce et son industrie; Mézières fut alors dans toute sa splendeur. Cette prospérité commença à décroître à l'époque des guerres de religion. La ville se prononça pour la Ligne et refusa jusqu'au dernier moment d'ouvrir ses portes à Henri IV. La fondation de Charleville acheva de ruiner son commerce.
En 1521, Mézières, où Bayard s'était renfermé, soutint un siège célèbre contra les Impériaux commandés par les comtes de Nassau et de Sickingen ; grâce à l'énergie de Bayard, secondé par le courage des habitants, et à une ruse habile qu'il employa, les assiégeants durent renoncer à leur entreprise après 28 jours de siège. Chaque année, les habitants de Mézières célèbrent encore par une féte le jour de leur délivrance (27 septembre 1521).
En 1815, Mézières soutint vaillamment un siège de 42 jours contre 20 000 Prussiens, Wurtembergeois et Hessois; elle ne consentit à capituler qu'après la pacification générale.
En 1750 avait été fondée à Mézières une école militaire du génie, qui servit plus tard de modèle à la création de l'École polytechnique. Carnot est sorti de cette école, qui compta parmi ses professeurs l'abbé Bossut, savant mathématicien, Bezout et Monge. Elle a été supprimée pendant la Révolution et transférée à Metz.
L'industrie de Mézières consiste principalement en ferronnerie, brasserie, tannerie, taillanderie, fonderie, Otc.
Mézières a vu naître le marquis de la Rozière, l'un des officiers d'état-major les plus distingués du xvui» s.; le géographe Lapie, le physicien Félix Savart, et M. Hachette, Je savant professeur de géométrie descriptive, mort en 1834.
I/église paroissiale, située à l'extrémité de la Grande-Rue, sur une
belle place, a été commencée en 1499 ' et terminée seulement en 1556; le portail est -de 1586 et le clocher de 1626. L'édifice comprend cinq nefs, séparées par quatre grandes travées jusqu'au transsept dont la croisée a été coupée pour agrandir le chœur.
Les bas côtés se prolongent en déambulatoire derrière le chœur et le sanctuaire. L'ensemble, trop étroit pour la hauteur des voûtes, est d'un effet peu "agréable ; mais on y remarque des détails élégants. Le transsept est éclairé par deux grandes fenêtres qui en occupent toute la largeur; le chœur est percé de sept fenêtres du style flamboyant, garnies de vitraux peints, de la fin du xva et du commencement du xvia s. Les nervures qui s'élèvent, du fût des colonnes dans la nef et les bas côtés, vont se réunir à la voûte, en formant des pendentifs délicatement sculptés, et en dessinant dans la grande nef de curieuses arabesques en forme de caissons. Sur les bas côtés s'ouvrent quatorze grandes fenêtres ogivales, à triple division et remplies au sommet par une rosace.
On remarque, à l'extrémité des bas côtés de dr., deux inscriptions tracées sur des tables de marbre noir : Tune consacre le souvenir de la levée du siège, en 1521; l'autre rappelle que c'est dans l'église de Mézières que Charles IX épousa, le 27 novembre 1570, la princesse Élisabeth, fille de l'empereur Maximilien II. — Dans la voûte, au-dessus de la fenêtre de la première travée du chœur, on aperçoit une bombe, qui, lancée par les Prussiens, perça le toit de l'église et la voûte, où elle resta encastrée, sans avoir éclaté. « En 1815, dit une inscription, pendant le siège de Mézières par les Prussiens, ce temple, assailli par une grêle de bombes et de boulets, a été à la veille de sa ruine. »
La façade, d'un style assez lourd, présente une tour à trois étages, qui sp termine par un clocher on ardoi- ^3. Les cotés N. et S de l'église
sont ornés de deux portails dans le style le plus élégant de la seconde moitié du xv« s. Celui du côté dr., formant porche , est surtout remarquable par la riche délicatesse de ses sculptures décoratives. Un pilier surmonté d'un dais, finement ouvragé, divise la porte en deux entrées. Malheureusement ^ pour remplacer une statue ancienne qui avait été sans doute brisée, on a posé sur le piédestal une statue de la Vierge du plus mauvais goût. L'entrée latérale du N. est aussi très-intéressante.
Sur la place qui s'étend en face de l'église , s'élève une pyramide commémorative , consacrée au souvenir de M. de Lascours , préfet des Ardennes. De cette place, on peut gagner, par la porte Saint-Julien, à l'O. de la ville, la promen ade de Saint- Julien.
Uhôtel de ville, qui date de 1 732 , renferme quelques tableaux historiques, entre autres ceux du Siège de Mézières, du Mariage de Charles II et un portrait de Bayard.— L'hôtel de la préfecture qui était anciennement occupé par l'école du génie, et Y hôtel du général commandant la subdivision, sur l'un des côtés de la place de l'Hôtel-de-Ville , sont également des constructions du xvtn' s. — En face de l'hôtel de ville, un petit édifice, orné de deux pyramides se terminant par des stalactites, contient un réservoir d'alimentation pour les fontaines de la ville.
A l'angle de la rue d'Arches et de la Grande-Kue, s'élève une tour ou beffroi, qui renferme Vhorloge de la ville. — Dans la rue Bayard, se trouve une belle caserne. — Une autre raseme est située dans le faubourg de Pierre, qui, comme celui d'Arches, s'étend en dehors des fortifications, au S. de Mézières. C'est dans le faubourg de Pierre qu'est établi 1B champ de manœuvres.
Les fortifications, dans lesquelles s'ouvrent les quatre portes de Mézières : la porte d' Arches, la porte