‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 462 sur 489 · ROUTE 131] RUMIGNY. — NOUZON. — BRAUX · texte numérisé non relu

ROUTE 131] RUMIGNY. — NOUZON. — BRAUX

peemont, rt d'Anglure , fut réunie au domaine de la couronne en 1629. — Sur un rocher qui domine l'embouchure du ruisseau de Woiru dans la Meuse, se voient quelques débris de murailles, restes du château des Fées, construit, dit-on, au xvr*s. par François d'Aspremont afin d'enlever toute communication à Mézières par la Meuse. De là, il descendait dans la vallée pour dépouiller impitoyablement les voyageurs. Dès 1629, le château des Fées n'est plus mentionné que comme une forteresse depuis longtemps ruinée. — A dr., on découvre Aiglemont, v. de 721 hab. (clous forgés et ferronnerie), étagé sur un coteau, au sommet duquel a existé, dit-on, un camp romain.

267 kil. Nouzon, v. de 4022 hab., situé à dr. du chemin de fer, dans une position extrêmement pittoresque, près de la Meuse, faisait partie de la principauté de Château -Regnault. II doit sa prospérité au développement que l'industrie métallurgique y a pris depuis trente ans.

Dès le commencement du xvir* s., Nouzon possédait une forge qui fut longtemps exploitée par la manufacture d'armes de Charleville, et qui était entourée d'un mur crénelé, flanqué de tours carrées Cette forge a été cédée à l'industrie particulière lors de la suppression de la manufacture Bientôt d'autres établissements métallurgiques se formèrent à côté de celui-ci , et aujourd'hui Nouzon présente le spectacle d'un remarquable mouvement manufacturier. La ferronnerie, des fabriques de clous à la mécanique, une usine où se construisent des wagons et des machines agricoles y occupent un grand nombre d'ouvriers.

Nouzon est relié par un T>eau pont suspendu à la rive g. de la Meuse, sur laquelle l'on aperçoit plusieurs usines, que surplombe un admirable escarpement rocheux.

A partir de Nouzon, la vallée de la Meuse offre un paysage magnifique ,

le plus remarquable de tous ceux que présente le parcours de la ligne des Ardennes, le seul même d'un caractère véritablement grandiose. Cette vallée profonde, admirablement accidentée, est couverte de forêts coupées de gorges agrestes, pleines de verdures, qui descendent jusqu'aux bords de la rivière. Des masses de magnifiques roches ardoisières, tantôt s'élèvent, du milieu des arbres, sur le flanc de vallons latéraux; tantôt viennent, en certains endroits, serrer le fleuve de si près que c'est à peine si la voie ferrée a pu s'y ouvrir un étroit passage, et par moments elle domine le fleuve comme une galerie. Sauf la différence des altitudes, et l'absence de ces vieilles ruines qui donnent un caractère si intéressant aux montagnes de l'Alsace, cette partie de la vallée de la Meuse peut se comparer aux beaux sites des Vosges. Comme eux, elle est animée, sur tout le parcours du chemin de fer, par de nombreuses usines et par des villages industrieux. Cette région, qui forme PArdenne française proprement dite, est enfermée au N. et à l'O. par les deux grands plateaux des Hautes- Buttes et de Rocroi, élevés de 400 mèt. au-dessus -du niveau de la mer.

Le chemin de fer continue de longer à g. la rive dr. de la Meuse, dont il suit les détours en décrivant de grandes courbes. On laisse à g. Joigny, v. de 653 hab. (exploitation de dalles schisteuses). A dr. on remarque une superbe coupure dans Je rocher.

276 kil. Braux-Levrezy} station desservant les deux localités dont elle porte les noms.

Levrezy, v. de 406 hab., est situé sur la rive dr. de la Meuse, à g. du chemin de fer et un peu au delà de la station.

Braux. v. de 2154 hab., se trouve sur la rive g. du fleuve. On l'aperçoit du chemin de fer (à g.), auquel il se rattache par un pont suspendu (fabrique importante de ferronnerie; exploitation de carrières de grauwacke

DE PARIS

à taches rouges). Braux n'était jadis qu'un site sauvage , couvert de bois et de rochers, lorsque, au ix* s., Hincmar, archevêque de Reims, y fonda, sous le titre d'église collégiale , un chapitre qui acquit promptement des biens considérables. Mais ces richesses tentèrent les comtes de Rethel, qui dépouillèrent le chapitre d'une portion de son domaine; le duc de Guise lui en enleva le reste en 1573. L'église de Braux (mon.

hist.) comprend trois nefs séparées du chœur par un transsept; elle est dominée par une grande tour. Le chœur offrait encore, il y a quelques années, quelques beaux restes de l'époque romane ; mais il est difficile de les reconnaître depuis qu'il a été mal restauré. Des bas-reliefs très -anciens décorent les autels et les fonts baptismaux. Une des cloches porte la date de 1 400.

On dépasse, à g., Château-Regnault, v. de 1213 hab., situé sur la rive dr. de la Meuse. Jadis chef-lieu d'une principauté, ce village possédait un château fort, construit au xm* s. et dont il ne subsiste plus de traces. La principauté de Château-Regnault passa successivement de la maison de Rethel dans celles de Flandre et de Bourgogne, puis aux Guises, et enfin à la maison de Conti, par le mariage de Marguerite de Lorraine avec François de Bourbon, prince de Conti.

Elle fut alors acquise par la France et réunie à la couronne. — On passe dans le tunnel de Château-Regnault.

277 kil. Monthermé, ch.-l. de c, V. de 2550 hab. , située à dr. et à 3 kil. environ de la station, au fond d'une presqu'île formée par la Meuse, en face du vallon de la Semoy, qui se jette dans la Meuse (rive dr.), un peu en amont de Monthermé. Cette petite ville, encaissée entre des hauteurs de 350 à 400 mèt. d'altit., qui y laissent à peine pénétrer le solcil,renferme une église du xv* s. et des établissements métallurgiques considérables.

Elle exploite aussi des carrières d'ar-

doises. — A. 700 ou 800 mèt. au S. E. de Monthermé, en face de l'embouchure de la Semoy, s'élevait autrefois Y abbaye du Val-Dieu, fondée vers le milieu du xn* s., par Witter, comte de Rethel. V église de l'abbaye, reconstruite au xvir9 s., renferme de belles boiseries et des pierres tombales des xvïi' et xvnr s.

Le chemin de fer franchit la Meuse, traverse un second souterrain et longe le fleuve à dr. Au delà d'une forte tranchée, on découvre à dr. le vallon de la Semoy. Sur Pun des versants de ce vallon, on remarque une admirable brèche, veinée par larges places de rouge sombre, de gris blanc, de jaune d'ocre, et s'avançant èn éperon sur la Meuse.

281 kil. Deville, v. de 1101 hab., à g. du chemin de fer, qui le sépare de la Meuse (fonderie, exploitation d'ardoisières).

A la sortie de la station de Deville, l'établissement de la voie ferrée a nécessité à g. une forte coupure dans le coteau, tandis que, à dr., la voie établie sur un fort remblai , domine la Meuse. La vallée ne cesse pas d'offrir d'admirables paysages, cachés momentanément par de grandes tranchées ouvertes dans le roc. On remarque, entre autres, de splendides masses de rochers taillés à pic, et qui resserrent la Meuse dans une étroite et sombre gorge de 1 kil. de longueur. Ce sont les Dames-de la- Meuse, illustrées par le crayon de G. Doré, et les rochers de Laifour (402 mèt. d'altit.), v. de 324 hab., situé sur la rive dr. de la rivière, au pied de ces escarpements énormes, à peine revêtus de quelques maigres taillis, que les habitants exploitent en se suspendant à des cordes. (Source minérale ferrugineuse.) — On franchit encore la Meuse à trois reprises et l'on traverse deux souterrains avant d'arriver à

293 kil. Revin, V. de 3208 hab. (ferronneries, forges, tanneries, commerce de bois), entre les deux rives de la

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