CHATEAU-THIERRY
quelque sorte introuvable, tant sa base est cachée, dans une rue détournée, par un massif de maisons, au fond d'une cour obscure. Du reste, cette partie inférieure du beffroi n'a rien de curieux et, même de près, eïïfi se dérobe encore presque entièrement à la vue derrière les maisons.
A l'entrée de Château-Thierry, à dr., en avant de la promenade des Petits-Prés, s'élève la statue de la Fontaine, en marbre blanc, sur un piédestal également en marbre. Cette statue, plus que médiocre, représente la Fontaine debout, la figure tournée vers l'O., et ayant la ville à sa droite. Sur le devant du piédestal est simplement tracé, en lettres de bronze doré, ce nom : la Fontaine, préférable â toute autre inscription. Sur la façade opposée, on lit :
DONNÉE PAR L0D1S XVIII ; INAUGURÉE SOUS CHARLES X , LE 6 NOVEMBRE 1824.
L'ancien château, où le comte de Vermandois enferma Charles le Simple, occupe un mamelon isolé de toutes parts, au N. E. de Château-Thierry, entre la ville et le faubourg de la Barre. Ce vieil édifice, dont les murs noircis et les tours ébréchées par le temps circonscrivent un parc de l'aspect le plus pittoresque, reste , à la fois par ses souvenirs historiques et ses vastes proportions, l'un des plus curieux monuments de la ville qui lui doit et son existence et son nom.
D'après la disposition des murailles encore debout, ce château fort devait occuper une vaste étendue de terrain. Il présentait une double enceinte solidement garantie par de nombreuses tours, et au centre desquelles s'élevait un donjon, dont le sommet est vraisemblablement indiqué aujourd'hui par le plateau rectangulaire qui forme le point culminant de la promenade. Au S. , il dominait la ville d'une grande hauteur par une énorme muraille à pic, à peu près inaccessible. Moins protégé du
côté du où le coteau s'élève, il y était défendu par un fossé dont on reconnaît la trace, et par les fortes tours qui, de distance en distance , garnissaient la double enceinte. L'entrée principale s'ouvrait au N. K.
dans la seconde enceinte. On voit encore, sous la première voûte, à dr. et à g. , les espèces de retraits ou corps-de-garde d'où les approches de la forteresse étaient surveillées.
Cette entrée, dont l'appareil de construction, les pierres soigneusement taillées en pointes de diamant, et tout le système de défense attestent l'importance, était précédée d'une porte percée dans la première enceinte et défendue par deux grosses tours cylindriques. Cette porte, qui existe encore, forme actuellement une des entrées du faubourg de la Barre. — Une porte à deux ventaux en bois, à claire-voie, fermée d'un simple loquet, donne accès, sous la seconde entrée, dans l'intérieur du château. — Nous ne saurions conduire pas à pas les visiteurs dans toutes les parties de cette vaste construction :
à ces vieilles tours, à ces couloirs étroits percés sous le donjon, entre d'épaisses murailles, et aboutissant soit à un préau, soit à l'entrée des souterrains; à ces escaliers! s'ouvrant çà et là, au milieu de massifs de verdure, tantôt sous une voûte obscure, tantôt à l'étage supérieur d'une tour.
Grâce à la sollicitude municipale, ces ruines intéressantes sont partout d'un accès facile. Du reste le délicieux jardin, créé par la ville de Château- Thierry, dans la double enceinte du vieux château, n'est pas moins difine que ces restes d'un autre âge, d'y attirer le promeneur. Il se compose de massifs heureusement distribués parmi de nombreux carrés de verdure que coupent des chemins sinueux, les uns ombragés, les autres découverts, conduisant, soit à une ruine, soit à quelque terrasse élevée , du haut de laquelle se découvre une vue magnifique. Le vaste paysage
que le regard embrasse de ces différents points, et spécialement de la terrasse de verdure qui couronne en quelque sorte la promenade, forme un splendidepanorama.il comprend, au premier plan, la ville de Château- Thierry et ses boulevards, puis la vallée de la Marne, entre Charly et Dormans; au S., se montrent les hauteurs qui remontent vers le large plateau compris entre la Seine et la Marne ; enfin, à TE., au N. et à PO. , s'élèvent des collines sillonnées de routes se dirigeant vers la Fère-en-Tardenois, Soissons et Meaux. — On se rend au vieux château, de l'intérieur de la ville, par un grand escalier que coupent plusieurs paliers et qui, s 'ouvrant à g. du bâtiment des halles, sur la place du Marché, remonte jusqu'à une belle avenue tracée entre les deux enceintes, et se dirigeant, à dr., vers la porte fortifiée de l'Est et le faubourg de la Barre. On peut également, avec plus de temps, mais moins de fatigue, aller prendre l'avenue à son origine, à dr. et à l'extrémité de la rue du Collège ou de la Fontaine. — Près de cette entrée, sur le côté g. de l'avenue, se présente en outre un sentier aboutissant à une porte ouverte dans une tour de l'O., par laquelle on pénètre directement dans l'intérieur de la seconde enceinte.
Nous citerons encore, parmi les édifices de construction moderne que renferme Château-Thierry : la maison d'arrêt, sur la route de Soissons ; — l'hôpital, à TE. du faubourg ae la Barre, près de la route de la Fère-en- Tardenois : — le couvent des soeurs bleues, vaste bâtiment qui domine la ville au N. au-dessus du château.
Les environs de Château-Thierry offrent quelques jolies promenades ; nous indiquerons spécialement l'excursion à (3 kil.) Essommes {V. p. 16). On s'y rend par la route départementale qui se détache, à l'extrémité 0.
du cours de Metz, de la route impé-
riale d'Allemagne, un peu en deçà du coteau par lequel celle-ci se dirige sur la Ferté. La route départementale, tracée entre les hauteurs et la Marne, à travers de riantes prairies, est un véritable chemin de parc, parfaitement entretenu. Nous engagerons également les promeneurs à remonter la route d'Allemagne dans la direction de la Ferté-sous-Jouarre.
Après 20 min. de marche environ, on y rencontre à g. une fontaine rustique, derrière laquelle un frais sentier traversant un bouquet de bois, s'élève sur le haut du coteau, jusqu'aux abords d'une espèce de tourelle, reste d'une ancienne ferme détruite depuis une cinquantaine d'années. De ce petit plateau, Château-Thierry et les collines qui l'enveloppent se présentent sous l'aspect le plus pittoresque.
[Voitures pour : — (15 kil.) Charly (V. ci-dessus, p. 16); — (25 kil.) Fèreen-Tardenois (V. ci-dessous); — (45 kil.) Braisne (R. 135); — (42 kil.) Soissons, par (20 kil.) Oulchy-le-Chàteau (R. 133).]
De Château-Thierry à Soissons, R. 133.
La voie ferrée continue de suivre la rive g. de la Marne, dont la vallée s'élargit. Les vignobles commencent à occuper de plus en plus les coteaux, principalement la rive dr. On laisse successivement, à dr., vis-à-vis de Brasle* (rive dr.), Chterry (300 hab.), dont les belles pépinières forment un but de promenade intéressant et fréquenté volontiers par les habitants de Château-Thierry ; à g., Gland (394h.); à dr. Fossoy (299 h.).
104 kil. Méxy-Moulins ou Molins, v. de 385 hab., situé sur la rive g. de la Marne , vis-à-vis de Mont-St Père et de Char lèves, possède une jolie église (mon. hist.) du xn* s.
107 kil. Courtemont-Varennes ou V avenues - Co urtemont , v . de 286 hab. , vis-à-vis de Jaulgonne, au pied d'une colline, sur la rive g. de la Marne.
[Corresp. pour : — (16 kil.) Fère-