‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 59 sur 489 · ROUTE 1] CHÂTEAU-THIERRY. — DORMANS · texte numérisé non relu

ROUTE 1] CHÂTEAU-THIERRY. — DORMANS

m- Tardmois, ch. -1. de c. de 2494 hab., dans une large vallée. — Ruines d'un château fort (mon. hist.) du xm* s.

Ce château est flanqué de 8 tours et précédé d'une belle galerie (55 mèt.

de long, sur 60 m. de haut.) à portail ionique (belles sculptures) et supportée par 5 arches (20 mèt. de haut.) qui ont remplacé au xvi« s. l'ancien pont-levis.]

Après avoir laissé, à g., Barsy, àdr., Reuilly (326 hab.), à g. Pa*sy-sur- Marne (205 hab.) , à dr. Courthiesy et Soilly, à g. Treloup, on passe du départ, de l'Aisne dans celui de la Marne.

117 kil. Dormans, ch.-l. de c. de 2244 hab., situé à mi-côte sur la rive g. de la Marne, à dr. de la voie; c'est une ancienne place forte, près de laquelle Henri de Guise reçut, le 10 octobre 1575, le coup d'arquebuse qui lui valut le surnom de Balafré. Cette petite ville possède une église du style ogival (mon. hist.) dont le clocher, percé sur ses quatre côtés de grandes fenêtres richement ornées, est du plus charmant aspect. On l'aperçoit parfaitement du chemin de 1er. On remarque encore à Dormans un beau château, bâti en grès et entouré d'un parc . un élégant pont suspendu (65 mèt. de portée) et quelques restes de remparts. — L'industrie de cette localité consiste en tuileries, poteries et filatures de coton.

La courbe que décrit le chemin de fer en s'éloignant de Dormans est citée comme l'un des points les plus curieux de la ligne de l aris à Strasbourg. Après avoir, au delà de Vinceltes (556 hab.) dépassé Vemeuil (1206 hab.), à g. et au delà de la Marne, on aperçoit Troissy (1065 hab.; belle église du xvi# s., renfermant des fonts baptismaux, un bénitier et une chaire du xv#). Sur le coteau de la rive g. se dresse la tour en ruine du bourg de Chdtillon, v. de 893 hab., patrie du pape Urbain 11, qui prêcha la première croisade en 1095.

126 kil. Port-à-Binson, ham. de 500 hab., dépend de Mareuii-le-Port

(963 hab.), que le chemin de fer longe à dr. avant d'atteindre la station. V église de Mareuil, reconstruite à l'époque de la Renaissance, et précédée d'un porche, renferme une belle grille et un retable représentant la Passion. Elle a conservé un clocher de 58 mèt. de hauteur. Un joli château de la Renaissance se voit aussi dans ce village.

Le chemin de fer court entre la Marne, à g., et la route de terre de Strasbourg, a dr., en laissant à quelque distance sur la g. Binson (502 hab), Heuil (408 hab.), Venteuil (981 hab.) où l'on voit, à 100 mèt. du bourg, des caves creusées da*hs un banc de craie; à dr., OEuilly (360 hab ). — Plus loin, à dr. un peu en deçà de la station de Damery, s'élève, sur une colline plantée de vignes et boisée à son sommet, le chdteau de Boursault, construit, dans le style de la Renaissance, par la veuve d'un négociant en vins de Champagne, Mme Cllquot, qui, avant de mourir, l'a donné à son gendre, M. de Mortemart. — Ce château et son magnifique parc, qui étend sur le penchant du coteau ses vastes pelouses ombragées de beaux arbres, dominent le chemin de fer. Vers le bas de la colline, près de JÎOMriauif, v. de 552 hab., se trouve dans un bois une source d'eau minérale ferrugineuse, froide.

135 kil. Damery , v. de 1747 hab..

bâti sur une colline de la rive dr. de la Marne, communique avec la rive g. et avec la grande route de Pari?

à Strasbourg par un pont et une belle levée plantée d'arbres. — Des subst motions gallo-romaines, que les savants supposent avoir servi à des thermes et à un atelier monétaire, un cimetière gallo-romain et d'autres antiquités, telles que des moules et des vases en terre cuite qui contenaient plus de 2000 médailles d'argent, dont 1500 environ à l'effigie de Posthume, etc., ont été découvertes à Damery et attestent l'ancienne origine de cette localité. — L'église est

DE PARIS A STRASBOURG. [ROUTE Ij

de diverses époques (nef, bas côtés et clocher du style de transition, croisée et sanctuaire de la fin du xin* s., flèche pyramidale du xvi- s.). — C'est à Damery, comme le constatent les registres de l'église, qu'est née la célèbre actrice Adrienne Lecouvreur, que, par suite d'une ressemblance de nom sur les registres de baptême, on a cru longtemps originaire de Pismes.

Le territoire de Damery produit des vins rouges, qui sont assez estimés comme vins ordinaires.

Le pays change de physionomie; les prairies et les veigers ont fait partout place aux vignes: on est en pleine Champagne. On longe à dr. la route de Paris à Strasbourg, et l'on passe à dr., à 1 kil. environ de Vauriennes (279 hab., église gothique; restes du château de Camois). A g. se montrent, au delà de la Marne, sur le versant ou au pied des coteaux, Cumières (1165 hab.; vins estimés, fontaine pétrifiante) ; Ilautvillen (886 hab. ; église abbatiale du xu* s., renfermant quelques tableaux ; restes d'une abbaye bénédictine, reconstruite après les guerres du xvr's.), et Dtsy (577 hab.; vins blancs estimes; pont en pierre de 7 arches).

142 kil. Épernay (buffet médiocre, à la gare; — hôt. : de V Europe, de la Sirène), ch.-l. d'arr. du départ. de la Marne, V. de 10598 hab., située sur la rive g. de la Marne, au pied et en face de coteaux chargés de vignobles justement célèbres.

Épernay, dont l'importance s'accroît chaque jour, est une ville d'origine ancienne. Les documents historiques nous apprennent, en effet, sa cession à l'église de Reims par Clovis, dès le v* s., et la construction d'une chapelle, par saint Remi, à la même époque; ce qui annonce une existence antérieure, assez éloignée déjà. Cette ville a longtemps été défendue par des remparts qui n'existent plus aujourd'hui, et, comme la plupart des places fortes du moyen âge, elle fut sou- . vent assiégée et pillée. Le 3 septembre 1544, le Dauphin, tils de François Ier, la |it incendier, afin qu'elle ne tombât point

au pouvoir de Charles-Quint, ou que du moins elle fût sans utilité entre ses mains. Henri IV s'en empara en 1592, après un siège long et cruel, l'un des plus célèbres qu^pernay ait eu à soutenir. Le maréchal de Biron, père de celui qui fut décapite quelques années plus tard, y eut la têle emportée par un boulet, à côté du roi. qui, en ce moment même, avait la main* appuyée sur son épaule. Enfin, en 1814, Épernay a été occupée, à plusieurs reprises, par les Alliés.

Épernay a vu naître : le chroniqueur Flodoard, mort en 966, et. vers la fin du xvnr s., le Jésuite Loriquet, dont les ouvrages historiques ont fait tant de bruit sous la Restauration.

Épernay, entourée de boulevards, présente dans les anciens quartiers des maisons mal bâties, des rues étroites et mal pavées ; mais chaque jour la ville s'embellit, et, sans parler de quelques demeures d'un luxe exceptionnel que nous indiquerons plus loin , on y trouve , soit aux abords de la gare, soit aux environs, de la promenade du Jars, des rues larges, bordées de belles maisons modernes. Elle renferme plusieurs places irrégulifres, mais en général vastes, et parmi lesquelles on peut citer la place de V Église décorée d'une jolie fontaine avec une statue en bronze. En résumé, Épernay s'agrandit et sa population s'accroît d'année en année. Cette prospérité est due à l'extension qu'a prise, surtout depuis une trentaine d'années, le commerce des vins de Champagne dont Epernay est le centre; à l'établissement de grands ateliers de réparations de machines pour le chemin de fer de l'Est, qui y attirent une nombreuse population d'ouvriers ; et enfin à Pemj branchement qui relie la ligne de ] Strasbourg au chemin de fer du Nord , par Reims , embranchement dont Épernay est le point de départ et qui y amène un mouvement considérable de marchandises et de voyageurs (V. R. 1*29).

Ce développement d'Épernay est de date récente; aussi cette ville ne ren-

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