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ROUTE 1] CHÂLONS-SUR-MARNE. — VITRY-LE-FRANÇOIS

Cheppes (41 1 hab.) ^Saint-Martin-aux- Champs (217 hab.) Songy (423 hab.), Pringy (382 hab.), et, enfin, Drouilly (180 hab.).

199 kil. Loisy, y. de 805 hab., situé, à g. , entre le chemin de fer et la Marne. On y remarque une église du commencement du xui* s. et de beaux jardins avec de magnifiques serres, soigneusement entretenues.

On laisse à dr. Blacy (574 hab.), sur l'Isson. Après avoir croisé la route de Vitry-le-Krançois à Sezanne, on franchit une dernière fois la Marne qui s'écarte définitivement du chemin de fer dans la direction du S. E., et de Saint-Dizier , la voie ferrée contourne ensuite Vitry-le-François, avant d'atteindre la gare. Dans cette partie du trajet, on aperçoit très-bien la ville à g., notamment la façade de l'église et la grande place plantée d'arbres qui la précède.

205 kil. Vitry-le-François (hôt. :

de la Cloche-d'Or; des Voyageurs), ch.-l. d'arrond. du départ, de la Marne et place de guerre de 3' cl. , est une V. de 7622 hab., située sur la Marne.

— Dans les murailles d'enceinte, s'ouvrent quatre portes correspondant aux routes de Chàlons, de Saint- Dizier, de Chaumont et de Sezanne.

Les rues de Yitry sont larges, bien alignées, propres et garnies de trottoirs en briques; les quatre rues principales se croisent sur une belle place où s'élève l'église et que décore une jolie fontaine jaillissante.

L'ancien Vitry s'élevait à 4 kil. de la ville actuelle, sur un emplacement où aurait campé, dit-on, une légion romaine, surnommée la Victorieuse, Victrix, et qui aurait ainsi laissé son nom à ce lieu. L'ancien Vitry s'appela successivement Vitry-en-Perthoi*, comme capitale du Perthois, Vxtryle-Chàteau, à cause de son château, qui était remarquable, Vitry le- Ponthoit, et enfin Vitry le-Brulé, à la suite des incendies qu'y allumèrent, à un siècle de distance, les Anglais et les Impériaux. Après avoir été longtemps sous la domination romaine, cette viùe passa sous celle des rois francs. Érigée en

comté, elle appartint ensuite aux comtes de Champagne. Louis VU, faisant la guerre au comte Thibault, en U42, la prit et donna ordre de massacrer toute la population; 1300 personnes, vieillards, femmes et enfants, se réfugièrent en vain dans l'église ; le roi y fit mettre le feu. La comtesse Blanche, femme de Thibault, releva la ville et lui donna une charte d'affranchissement. Le comté de Vitry fut réuni à la couronne en I2'i4. Sous Philippe le Long, les juifs, qui avaient une synagogue à Vitry, furent accusés d'avoir empoisonné les eaux du royaume : on en fit périr quarante dans cette ville. Saccagée par les Anglais en 1420, Vitry avait réparé toutes ses pertes lorsque, en 1544, Charles-Quint l'attaqua et la réduisit en un monceau de ruines.

Il ne reste de Vitry-le-Brûlé que l'église, où se voient encore des piliers buttants, débris de l'édifice qu'incendia Louis VII ; le petit mont où s'élevait la forteresse et où sont encore aujourd'hui les ouvertures des souterrains qui s'étendaient sous la ville; les ruines de Samte-Gen*vièwe, curieuses à visiter; les restes d'un murage romain, entouré de fossés et de retranchements; et une croix élevée à l'endroit où l'on brûla les juifs au xiv» s.

François I" releva Vitry en 1545; mais, au lieu de réparer les murs de l'ancienne ville, il les fit abattre, et de leurs débris construisit la ville nouvelle, qui porte son nom. Le plan en fut tracé par Jérôme Marin, célèbre architecte boulonnais.

Vitry-le-François, pris par Henri IV, en 1 S90 , repris le jour suivant par les Ligueurs, rouvrit ses portes au roi moyennant 20 ooo écus. Divers incendies désolèrent cette ville en 1631, 1681, 1783, 1784, 1791 et 1794. Les Alliés s'en emparèrent le 2 février 1814; Napoléon la leur reprit et faillit y faire prisonniers l'empereur de Russie, le roi de Prusse et le général Schwartzemberg. Assiégé une seconde fois, Vitry résista aux troupes de la coalition et ne se rendit qu'après la déchéance de l'empereur.

Nous citerons parmi les personnages remarquables nés à Vitry ou dans les environs : le jurisconsulte Durand, qui écrivit la Coutume de Vitry, en 1481; le mathématicien Abraham Moivre; Philippe, évéque de Meaux, né en 1333, qui traduisit, le premier, les Métamorphoies d'Ovide; le grammairien Claude-Pierre Richelet; enfin Pierre-Paul Royer-Collard.

L'église Notre-Dame, le monu-

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ment le plus important de Vitry, est un des premiers édifices de grandes dimensions , construits en France dans le style nouveau du xvne s.

Henri Clausse, évêque de Châlons, en posa la première pierre le 24 juin 1629. Les deux tours et le portail furent terminées en 1670. L'ensemble du monument est imposant et majestueux. On y remarque : la nef principale, des chapelles élégamment ornées, le chœur pavé en marbre et garni de belles stalles , quelques tableaux intéressants, et, à l'entrée latérale de dr., une pierre tombale, de 1590, appliquée contre le mur, et représentant un ancien gouverneur de la ville. — L'hôtel de ville, dans un ancien couvent, renferme la mairie, le palais de justice et une bibliothèque publique de 12000 vol.

Nous signalerons aussi : — là place d'armeSy plantée de tilleuls et décorée d'une fontaine; — la statue en bronze de Royer-Collard, par Marochetti (cette statue, érigée en 1846, et dont le piédestal est décoré de deux bas-reliefs en bronze, représente l'illustre philosophe debout à la tribune) ; — la porte du Pont ; — le collège, assez renommé ; — V hôpital général; — un vaste lavoir public; — une halle; — une caserne spacieuse ; — une salle de spectacle; — un temple protestant et une synagogue.

La vente des grains forme la principale branche du commerce de Vitry, qui possède un bon port sur la Marne.

Nous avons déjà dit que le canal latéral à la Marne commence à Vitry ; c'est éga'ement de cette ville que part le beau canal de la Marne au Rhin, dont le premier n'est, à proprement parler, que le complément.

Le canal de la Marne au Rhin, débouche, dans le Rhin, au delà de Strasbourg, à peu de distance et en aval du point où le chemin de fer lui-même aborde la frontière allemande par le pont de Kehl. Dans ce long trajet, la voie ferrée et la voie

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navigable, sauf deux sections où elles s'écartent sensiblement l'une de l'autre, se longent de très-près, se croisent à plusieurs reprises , et se rapprochent parfois presque à se toucher.

[Excursion à (10 kil.) Saint-Amand, v. de 1158 hab., situé au N. de Vitry, sur la petite rivière du Fion.Ce bourg possède une très-belle église, datant de trois époques : portail du xi9 s.; nef et collatéraux du xn# et xin« s. ; chœur et sanctuaire du xv* s. On y remarque : les voûtes, élevées de 20 mèt.,et ornées de culs- de-lampes aux intersections des compartiments ; le sanctuaire percé de fenêtres doubles, terminées chacune par une rosace quadrilatère; des fragments d'anciennes verrières, et, sur les murs des croisillons, deux jolies rosaces de grande dimension. — Près de Saint- Amand, se trouve une source dite :

fontaine du Thé, dont les eaux sout indiquées comme un digestif efficace.}

De Vitry-le-François à Coulommiers, par sézanne, R. il ; — à Troyes, R. 19; — à Bar-sur-Aube, R. 20; — à Chaumont, par Blesmes, R. 23; — à Sainte-Menehould, R. 114.

Le chemin de fer se dirige directement vers TE. Le canal de la Marne au Rhin, la Saulx et quelques affluents de cette petite rivière , coulent à g. à une certaine distance, et se laissent à peine deviner aux lignes d'arbres qui bordent leurs rives. Des villages sans importance, Marolles (155 hab.), Reims (159 hab.) , Favresse (249 hab.) , Haussignécourt (153 hab . ), se montrent à dr.

218 kil. Blesmes (buffet à la gare), v. de 322 hab. , est situé à dr. sur la Bruxenelle, dans une position assez triste, au milieu de terres cultivées en céréales. Néanmoins, grâce à l'embranchement qui s'y détache à dr. de la voie principale pour se diriger sur Chaumont, par Saint-Dizier et Joinville, Blesmes a pris depuis

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quelques années un certain développement. L'abside de l'église date du un" s.

De Blesmes à Chaumont, par Saint-Dizier et Joinville, R. *i3.

La voie ferrée traverse une longue plaine, entre la BruxenelleetlaSaulx, en se portant par une forte courbe vers le N. E. jusqu'à Revigny où elle reprend la direction du S. E.

226 kil. Pargny -sur-Saulx, v. de 401 hab., situé à g. de la voie, sur la Saulx, à 3 kil. environ du confluent de cette rivière et de l'Ornain, qui se réunissent à Étrepy. Pargny renferme de nombreuses tuileries, produisant annuellement 7 millions de tuiles, 3 millions de briques et de carreau, et 200000 tuyaux de drainage. Il s'y trouve aussi un moulin de commerce, un dépôt de bois de chauffage et un port sur la Saulx.

Véglise se recommande par un chœur assez beau. Près du village est un château autour duquel se reconnaissent encore les traces d'anciens fossés.

A Pargny, le chemin de fer se rapproche sensiblement, à g. , du canal de la Marne au Rhin, dont il est cependant encore séparé par la Saulx.

231 kil. Sermaize, V. de 1Ô81 hab., sur la Saulx, à dr. du chemin de fer, était autrefois une ville d'une certaine importance. Dévastée à diverses reprises pendant les guerres de religion, elle a eu beaucoup à souffrir de l'invasion de 1814. Actuellement, ce n'est qu'un bourg ; mais les développements d'une industrie florissante tendent chaque jour à lui rendre en partie son rang primitif. Une église ogivale de la tin du xn* s., bâtie sur pilotis; les murs ruinés d'une ancienne forteresse et les traces des remparts qui l'entouraient jadis sont les seuls restes que Sermaize conserve du passé. On y compte plusieurs établissements industriels considérables, parmi lesquels nous citerons :

une sucrerie-distillerie, une forge, deux tanneries, une pointerie, une

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tréfilerie et deux fabriques de ressorts démontre.

A 2 kil. environ au S. de Sermaize, dans une vallée arrosée par une petite r i vicre , la Lo u me , se t rouve une sou rce minérale, dite Source des Sarrazins , dont les propriétés ont de l'analogie avec celles des eaux de Contrexéville, et dont on fait usage en boisson, en bains et en douches pour les affections calculeuses et les chloroses.

Elle donne une eau froide, sulfatée, magnésienne, bicarbonatée calcaire, ferrugineuse , limpide , inodore et d'une saveur agréable, avec un arrière ^çoût ferrugineux. La Source des Sarrazins. qui parait avoir été connue dès l'époque romaine, est abritée par un pavillon octogonal qu'entoure une espèce de galerie en bois, disposée pour les buveurs. A quelques pas de la source s'élève 1 Établissement thermal, qui renferme 12 cabinets de bains (dont un avec un appareil de douche ascendante) s'ouvrant sur une galerie. Une salle de conversation et une salle de lecture sont mises à la disposition des baigneurs, dans un bâtiment séparé, situé en face de la maison des bains.

Les malades qui fréquentent cet établissement thermal résident à Sermaize ; et, pendant la saison des eaux, un omnibus fait plusieurs fois par jour le trajet du village à la source minérale. Le service médical des eaux de Sermaize est placé sous la surveillance d'un médecin inspecteur.

A Sermaize, le chemin de fer traverse la Saulx et le canal de la Marne au Rhin ; puis il longe ce dernier de très-près sur la dr. jusqu'à Fains, aux abords de Bar-le-Duc. A 1 kil. 1/2 à peu près de la station de Sermaize, on quitte le départ, de la Marne pour entrer dans celui de la Meuse et on passe de la vallée de la Saulx dans celle de l'Ornain.

239 kil. Revigny -aux- Vaches, ch. -L de c. , 1496 hab., est situé A g. et à 800 met. environ de la station, près de la rive dr. de l'Ornain.

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Revigny fut autrefois, comme Sermaize, une ville importante que les Suédois saccagèrent et brûlèrent, en 1640. Véglise est surmontée d'une flèche élancée. Le commerce de ce village consiste en quincaillerie, en faïence et en bestiaux ; il s'y trouve une fabrique de machines hydrauliques.

[Corresp. pour (35 kil.) Sainte- Menehould, par (18 kil.) Givry (R. 114).]

On se dirige en ligne droite vers Neuville-sur-Ornain, v. de 784 hab., bâti sur la rive dr. de l'Oraain, à g. de la voie, qui, arrivée à ce point, décrit, dans le sens du N. au S., une petite courbe parallèlement à celle que forme à dr. le canal de la Marne au Rhin. Au sommet de cette courbe se trouve *

245 kil." Mussey, v. de 356 hab., à dr. sur le canal de la Marne au Rhin.

Le chemin de fer passe entre le canal et l'Ornain, qui longent la voie de très-près, le premier à dr., le second à g. Les coteaux que l'on apercevait au loin , depuis Revigny, se rapprochent et s'élèvent de plus en plus.

Ceux de g., qui sont en général cultivés en vigne, produisent des vins estimés. On laisse à g. Bussy-sur- Ornain (193 hab.) et Famey(148hab.), dont les crûs sont particulièrement renommés. A environ 3 kil. plus loin, on aperçoit à dr. Fains , v. de 1476 hab., qui possède un asile d'aliénés pour le départ, de la Meuse.

Cet établissement important, construit parallèlement au chemin de fer, n'en est séparé que par le canal. — Sur une hauteur, au S.-O. de Fains, se trouvent les vestiges d'un camp romain, dont la terrasse s'élève encore de 4 met. 30 c. au-dessus du niveau du sol. Il y a été découxert des ar- . mures, des monnaies, des médailles en argent et en bronze et des pierres tumulaires. — A 1 kil. de Fains, on croise l'ancienne chaussée romaine de Reims à Bar-le-Duc, le canal que

l'on voit à sa g. , et , peu après , l'Ornain, qui reste dès lors à dr. de la voie. Bientôt on aperçoit de ce côté Bar-le-Duc, qui s'étend en partie dans la vallée jusqu'au bord du chemin de fer, et s'élève en partie en amphithéâtre au delà de là rivière.

2.S4 kil. Bar-le-Duc (buffet à la gare ; — hôt. : du Cygne et du Liond'Or réunis, de Metz, du Commerce, du Grand-Cerf; — café des Oiseaux* dont on cite la décoration formée de vitrines disposées des quatre côtés de la salle du café, et renfermant des spécimens d'histoire naturelle : oiseaux etquadrupèdes empaillés, échantillons minéralogiques, etc.).

Bar-le-Duc, ch.-l. du départ, de la Meuse, Y. de 14 9*22 hab., située sur la rive g. de l'Ornain, est en partie étagée sur les hauteurs qui dominent cette rivière et la séparent de la vallée de la Saulx. Elle présente un aspect pittoresque et riant.

« Des clochers , une vieille tour de défense, qui fait lire au loin son cadran d'horloge, un grand couvent flanqué d'une jolie chapelle, des bosquets et de la vigne, voilà le cadre de la haute ville. Au pied de l'amphithéâtre et s étendant vers l'O., des rues longues et larges, une rivière bordée de peupliers et rarement impétueuse, des ponts, l'énorme tour de Noire-Dame, et, par-dessus le centre de la cité, de grands tuyaux de briques qui fournissent l'agrément de leur épaisse fumée, teL est, de la gare, l'aspect de cette petite ville. » (Almnnach de Bar-le-Duc.)

Bar-le-Duc se divise en ville basse et ville haute. On arrive à la ville haute par plusieurs rues assez étroites et escarpées qui viennent aboutir à un plateau qu'occupe en partie la place Saint-Pierre, sur laquelle se trouve l'église principale. Ce plateau est coupé par de belles et larges rues, malheureusement trop solitaires, dans lesquelles, à côté de constructions modernes, on remarque plusieurs maisons du xvi* s., offrant

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