BAR-LE-DUC
d'intéressants détails d'architecture.
La ville basse, centre du mouvement commercial et industriel, est trèsanimée. Les rues en sont généralement régulières, et quelques-unes, plantées d'arbres, forment de véritatables boulevards ; elles ont comme point central une vaste place entourée d'arbres, la place Reggio, aux abords de laquelle se trouvent le palais de justice, Vhôlel de la préfecture, et enfin l'hôtel de ville, dont la façade se développe sur l'un des côtés de (a place. La ville basse est traversée par l'Ornain et par un canal de dérivation servant à l'exploitation de diverses usitfes. On franchit ces deux bras de la rivière sur cinq ponts, dont l'un, désigné sous le nom de pont de Notre-Dame, porte une petite chapelle dédiée à la Vierge.
L'origine de Bar-Ie-Duc n'est pas connue; on la croit antérieure à rétablissement des Francs dans les Gaules. Frédéric, beau lrère de Hugues Capet, y flt construire, en »64, un château flanqué de quatre grosses tours. La ville, qui reçut alors un grand accroissement, doit, dit-on, , le nom ue Bar à un poisson, le barbeau, très-commun dans l'Ornain; et ses armoiries, qui portent en effet deux bars ou barbeaux adossés l'un à l'autre, semblent confirmer cette étymologie. Elle fut, en 14iy, réunie avec le Barrois au duché de Lorraine. Son ctiàteau, restauré par le duc Charles III, au commencement du xvn« s., fut incendié en 1649. Assiégée, prise et reprise par Charles IV et par Louis XIV, elle resta enfin au pouvoir de ce dernier, qui U Ut démanteler.
On compte parmi les hommes illustres nés à Bar-le-Duc : le capucin voyageur f<orbert, Reuiy Cellier, le peintre Dubois, les maréchaux de France oudinot, duc de Reggio, et Excelmans.
En sortant de la gare, après avoir traverse un faubourg et un pont eu pierre sur le bras principal de l'Ornain, on arrive à la rue de la Rochelle, conduisant : d'une part, aux promenades des Saules, où se trouvent la caserne et le monument du l** Champion ; de l'autre, en passant devant le marché couvert, à la rue
VOSGES
Entre- deux-Ponts, qui mène, à dr., au pont Notre-Dame et, à g., à la place Reggio. £n prenant celte seconde direction, on passe devant le théâtre, où se trouve l'entrée du café des Oiseaux, et bientôt on trouve à dr. la place Reggio, au cenire de laquelle s'élève la statue en bronze du maréchal Oudinot, sur un piédestal dont les quatre faces sont ornées de bas- reliefs en bronze. C'est aussi dans la basse viile que se trouve la statue du maréchal Excelmans.
Outre les édifices que nous avons précédemment indiqués, la ville basse renferme encore : Veylise Notre-Dame, couronnée d'un lourd clocher carre, décoré de pilastres corinthiens; — le Lycée, vaste bâtiment construit en 1857 : l'entrée principale, surmontée des armes de la ville, porte cette inscription : Plus penser que dire; — Yhospice; — l'Institution des RR. PP.
Maristes; — Je ten.ple protestant, inauguré en 1864, joli édifice du style roman mélangé, situé sur ui.e petite place voisine de la rue de la Rochelle; — et enfin, l'église Saint -Antoine, qui mérite une mention spéciale.
L'église Saint- An loi ne, qui date du xiv- s., appartenait avant la Révolution à un couvent de Dominicains.
Fermée pendant plusieurs années, elle fut rendue au culte, au commence, i.eut de ce siècle, sur la demande du maréchal Oudinot. Construite dans le style ogival, elle possède un chœur éclairé par d'élégantes fenêtres ornées de vitraux coloriés. De l'entrée principale, beaucoup plus élevée que le sol de l'église, on descend intérieurement dans la nef par plusieurs larges degrés qui forment comme une sorte de vestibule au-dessus duquel se trouve le bufl'et d'orgues. Le canal de dérivation de l'Ornain, qui longe la ville haute à sa base, passe sous l'église.
On remarque encore, dans la ville basse, deux jolies maisons du xvie s.
l'une, rue du Bourg, n" 51 , l'autre, à l'entrée de la rue Gilles-dc- Trêves; et
DE PARIS A STRASBOURG. [ROUTE lj
enfin (rue Véel) les restes d'une ancienne porte, qui semble dater de la fin du xvne s. et par laquelle on gagne la route de Saint- Dizier. Nous mentionnerons aussi, à un titre différent, la tnaison n° 18, rue Oudinot. C'est là qu'est né Nicolas-Charles Oudinot, duc de Reggio, le 2ô avril 1767, ainsi que le constate une inscription gravée sur une table de marbre noir.
Plusieurs rues montent, comme nous l'avons dit, à la ville haute : les deux principales sont la rue de la Côte-de-V Horloge et la rue Gilles-de- Trèxes. Cette dernière, d'où Ton découvre, à dr. , dans un fond, la route de Saint-Di/.ier, aboutit à une vieille porte ogivale formant autrefois l'une des entrées du château de Bar-le-Duc qui, déjà ruiné par le temps, fut presque entièrement dévasté en 1649 par un incendie. Quelques anciens bâtiments que l'on voit, à dr. à mi-côte, après avoir dépassé la porte dont nous venons de parler, sont à peu près les seuls restes du château. Un peu plus haut, à g., se trouve une belle terrasse gazonnéc, dont le milieu renferme une glacière. De cette terrasse, qui domine la ville basse d une grande hauteur, on a une vue très-pittoresque sur la vallée de l'Ornain, sur les coteaux, les uns boisés, les autres chargés de vignes qui entourent la ville, et, en face de soi, au N.-K., sur le vallon de la Naives. Les vignobles que l'on aperçoit dans cette direction, de l'autre côté del'Ornain, sur une forte colline qui s'abaisse en penies abruptes vers la gare, produisent les meilleurs vins des environs de Bar. — En remontant la large rue de la Côte-du-Château,qm fait suite à la rue Gilles-de-Trèves, on remarque à g. le couvent des sœurs dominicaines, vaste construction en avant de laquelle s'élève une jolie chapelle toute moderne, du style ogival. Au delà de ce bâtiment qui, de la station, attire principalement les regards, se trouve une vieille lour, ancien reste, probablement, du château de Bar, et dans
laquelle est placée l'horloge de la ville. Un escalier, contournant la base de cette tour, permet de redescendre directement de ce point dans la ville basse par la rue de la Côte-de-l'Horloge. En continuant de suivre la rue de la Côte-du-Châteuu, on ne tarde pas à atteindre la belle rue des Ducs, dans laquelle on remarque plusieurs maisons des xv*«et xvnc s. (n°* 38, 47, 5ô, 67) et notamment la maison n" 41 décorée défrises élégantes au premier et au deuxième étages. Quand on redescend la rue des Ducs, en tournant à dr. pour se rendre à l'église Saint- Pierre, on voit également, dans la rue transversale qui conduit à k rue Saint- Pierre, à l'entrée de la caserne, une façade charmanté, dans le style de la Renaissance. Enfin, n »us signalerons encore, dans la rue Saint-Pierre et sur la place de l'église, plusieurs autres maisons, les unes du xvic s. (n- 4, 8, 14), les autres qui semblent d'une époque antérieure (n°» 7 et 9).
L'église Saint-Pierre est une c instruction du xiv« s., terminée probablement au commencement du xve.
Le portail, formant façade à l'E. de la place Saint-Pierre, présente une porte inscrite dans une large arcade cintrée, percée d'une rose et surmontée d'une galerie, en arrière de laquelle s'élève un pignon correspondant à la voûte de la nef. Ce portail, que fit bâtir Louis XI, s'appuie à g. à une tour arrêtée à la hauteur du pignui et que termine une sorte de campanile.
L'intérieur de l'église comprend :
une nef et deux collatéraux, séparés en 5 t avées et d'un aspect assez, lourd; un transsept, dont les colonnes accouplées et à chapiteaux fleuris cont- astent heureusement avec les pdiers pesants de la partie inférieure de la nef; enfin un chœur éclairé par des fenêtres eu ogive ornées de vitraux de couleur. Dans le collatéral de dr. se trouve le baptis tère dont l'entrée est décorée d'une guirlande de fleurs; un peu plus haut, et du même côté, se présente une