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BAR- LE-DUC

vaste chapelle fermée p:tr une clôture en pierre, à jour, formée de losanges s'entre-croisant. Des nervures s'élèvent jusqu'à la voûte, en se terminant par d'élégants caissons. En résumé, malgré plusieurs détails intéressants, l'intérieur de l'église Saint-Pierre, sauf le transsept, qui offre une certaine grandeur, est d'un effet médiocre. Ce qui mérite, avant tout, d'attirer l'aitention dans cette église, c'est une statue magnifique du célèbre sculpteur lorrain Ligier Bichier (xvi*s ) . Cette statue, en marbre blanc et dont l'admirable eiécution fait oublier ce que le sujet a d'horrible, représente un homme plus grand que nature, dont les chairs, à demi décomposées et dévorées par les vers, laissent apercevoir uà et là des lambeaux de muscles desséchés et le squelette. Elle ornait autrefois le mausolée de René de Châlons, prince d'Orange, tué en 1544 au siège de Saint-Dizier. Elle fut commandée à l'artiste par Louise de Lorraine, épouse de ce prince et sœur du duc François Ier. Placée originairement dans l'église Saint- Maxe de Bar-le-Duc, elle fut transportée à Saint-Pierre, lors de li démolition de Saint-Maxe.

Elle se trouve à l'extrémité S. du transsept, au-dessus d'un tombeau en marbre noir, dans lequel ont été recueillis les restes de divers princes et princesses de Lorraine. La statue, placée entre deux colonnes de marbre noir, est encadrée dans une boiserie grossière et cachée par un rideau en serge. Pour la voir, il faut s'adresser au sacristain, qui demeure à g. du chevet de l'église.

Le Musée, fondé en 1841, est installé dans une charmante maison de la Renaissance, avec balcon en pierre, sur la place Saint-Pierre (n° 21), à dr. du portail de l'église. Les collections occupent plusieurs salles du rez-dechaussée et du premier étage. Celles du rez-de-chaussée, dans l'une desquelles se voit une cheminée de dimensions remarquables, contiennent

une suite de plâtres, d'après l'antique, dont le gouvernement a fait don à la ville. Un palier formant vestibule, orné d'armures disposées en trophées à chaque angle, d'armes indiennes et de quelques gravures, précède les salles du premier étage. La première de ces salles, dont l'entrée se trouve à g., renferme une collection d'objets d'histoire naturelle, une suite de médailles, et quelques œuvres d'art. Elle a pour décoration principale une magnifique cheminéi richement sculptée, portant les armoiries des ducs de Lorraine et de Bar. Une porte, s'ouvrant à g.

dans cette salle, conduit à une seconde pièce, où sont plus spécialement réunies les peintures et les sculptures.

Parmi les peintures, nous citerons:

un portrait de la marquise du Clultelet; — un autre de Louis XV; — une Vue de ruines à Nimes. par Hubert Robert; — une Fête flamande, attribuée à Breughel le Vieux ; — un Enlèvement de Proserpine, attribué à Lebrun ; — et plusieurs portraits des ducs de Lorraine,

La collection des sculptures, composée d'antiquités provenant de fouilles faites à Aorium en 1845, de fragments du moyen âge et de la Renaissance, compte comme pièces capitales deux bustes antiques en marbre, l'un de Trajan, l'autre d'Adrien, donnés au musée par le général Oudinot de Reggio, fils du maréchal. — Ou remarque encore dans la même salle :

une jolie statue équestre d'Antoine, fils de René II, par M. H. Viard de Nancy ; — le buste de Perronel et celui de la reine Marie-Amélie. — Enfin une nouvelle galerie, consacrée aux illustrations militaires de la Meuse, a été ouverte récemment. — L'ancien conservateur du musée, Ai. Oudet, déei-dé en 1865, avait réuni une riche collection de porcelaines, placée dans un cabinet particulier, qu'il montrait aux visiteurs avec une extrême obligeance. Nous ignorons si la ville a racheté cette collection.

DE PARIS A

Bar-le-Duc possède une école normale primaire et plusieurs institutions d'enseignement populaire.

Les vins constituent une des principales branches de commerce de Bar-le-Duc et des environs. On estime surtout, parmi les vins rouges, ceux de Bar-le-Duc (étendue du vignoble :

600 hect. ; produit très- variable, suivant les cépages). — L'Ornain met en mouvement, dans la ville, de belles filatures hydrauliques de coton , qui fournissent annuelle meut au commerce plus de 500000 kilog. Labouneterie, la quincaillerie , la corroierie, la tannerie , la cbamoiserie,la teinturerie, y occupent aussi beaucoup d'ouvriers.

Les confitures blanches et rouges de groseilles et de framboises ne sont pas une des moindres sources de richesse de Bar-le-Duc. Des faïenceries et des verreries y rivalisent avec celles du département de la Moselle. Le flottage des pianches, le chargement des fers de forge et le transport des vins donne une certaine animation à son petit port.

[Corresp. pour : — (78 kil.) Étain (R. 109) ; — (86 kil.) Damvitlers (R.

116) ; — (58 kil.) Verdun (R. 115).

Voit. publ. sans corresp. avec le chemin de fer pour : — (58 kil.) Verdun; — (37 kil.) Saint-Mihiel (R. 116); — (78 kil.) Bar-sur-Aube (H. 3), par (24 kil.) Saint-Dizier(R. 22) et (50 kil.) Montiérender (R. 21); — (44 kil.) Vassy (R. 21).]

De Bar-le-Duc à Saint-Dizier, R. 22;

— à Chaumont, par Blesmes, R. 24;

— à Verdun, par bouilly, K. 115.

Le chemin de fer, remontant la vallée de l'Ornain, à dr. franchit de nouveau, en face de Savonnière (427 hab.) , le canal de la Marne au Rhin qui, alors, coule aussi à dr. jusqu'au delà de Toul.

259 kil. Longeville, v. de 217 hab., situé entre le chemin de fer et la rive dr. de TOrnain , conserve quelques restes d'anciennes fortifications. »—

Entre les hauteurs qui forment l'horizon sur la dr. s'ouvrent quelques vallons pittoresques. On laisse à g.

Silmont (145 hab.), à dr. Guerpont (355 hab.) et Tronville (506 hab.).

265 kil. Nançois-le-Petit , v. de 479 hab., est bâti sur l'Ornain, dans une jolie situation, au milieu de belles prairies, entre des coteaux boisés et des collines plantées de vignes.

[Corresp. pour : (33 kil.) Gondrecourt, ch.-l. de c. de 1766 hab. , par (5 kil.) Ligny-en-Barrois (V. ci-dessous), (17 kil.) Tréveray (940 hab.; château, jolie église moderne, hauts fourneaux), (24 kil.) Demange-aux- Eaux (904 hab.; haut fourneau) et (29 kil.) Haudelaincourt (605 hab.).

Excursion à (5 kil.) Ligny-en-Barrois, ch.-l. de c. de 3267 nab., situé entre l'Ornain et le canal de la Marne au Rhin, près d'une belle forêt plantée sur les coteaux qui séparent l'Ornain de la Saulx. on voit encore à Ligny une partie de l'ancienne enceinte fortifiée, notamment là tour dite de Luxembourg (mon. hist.).

Celte tour, autrefois adossée à un ancien manoir féodal, ruiné par la foudre au xiv* s., est ronde, à deux étages qu'indique ex lérieu rement un simple cordon de pierre. Elle se termine par une corniche que surmontait autrefois une couronne de créneaux détruite, en 1836, à la suite d'un incendie. Quelques parties de bâtiment à demi ruinées s'appuyent à l'un des côtés de la tour. — Ùéglise • paroissiale de Ligny renferme le tombeau du maréchal de Luxembourg.

A 8 kil. au S.-E. de Ligny, sur la route de Bar-le-Duc à Gondrecourt, se trouve, dans un joli vallon arrosé par l'Ornain , Naix, v. de 391 hab.

Sur l'emplacement de ce modeste village et sur les coteaux qui le dominent, s'élevait, il y a quatorze siècles, l'importante cité romaine de Nasium détruite dans les invasions successives des Vandales et des Huns. Na- »tufn renfermait de nombreux monu-

[R. 1] NANÇOIS -LE- PETIT. — LOXft VILLE. — LÉROU VILLE. 37

ments : un cirque, des temples, des bains publics, dont il restait encore des traces il y a quelques années.

Des fouilles, faites à diverses époques sur l'emplacement de cette ville, ont amené la découverte de nombreux et précieux débris de colonnes, de basreliefs, de mosaïques. Des médailles d'or et d'argent, des bracelets, des colliers, des bagues, des figurines, des armes, etc., y ont aussi été trouvés. Les restes d'une ancienne voie romaine relient encore actuellement Naix au village de (12 kil.) Saint-Aubin (592 hab.), sur la route de terre de Paris à Strasbourg.]

Le chemin de fer qui, depuis Pargny-sur-Saulx, à côtoyé le canal de la Marne au Rhin, s'en écarte considérablement, en décrivant du S. au N.

E. une grande courbe pour gagner la vallée de la Meuse. Le canal, au contraire, s'éloigne vers le S. en continuant de remonter la vallée de FOrnain jusqu'à Démange (904 hab.), où il pénètre, par le tunnel de Mauvage, dans la vallée de la Meuse. Ce souterrain, l'un des ouvrages d'art les plus considérables du canal de la Marne au Rhin, a plus de 4 kil. de longueur. 11 est bordé dans son parcours par une banquette formant chemin de hallage et garnie d'un garde-fou du côté de la cuvette du canal Au delà du souterrain de Mauvage, le canal remonte vers le N. E. et se rapproche de la voie ferrée, un peu au delà de la station de Sorcy (V. ci-dessous). — Le chemin de "fer passe à dr. près de Vuillerancourt (437 hab.).

276 kil. Loxéville, v. de 261 hab., sur la rive v. et à 1100 met. environ de l'Aire, affluent de l'Aisne.

En quittant la station de Loxéville, le chemin de fer franchit FAire. C'est entre cette rivière et le village de Cousances-aux-Bois , situé à 4 kil. plus loin, qu'il passe du bassin de la Seine (vallée de FOrnain) , dans celui de la Meuse, en traversant la ligne sépara tive des deux bassins qui forme en se

relevant au N. les célèbres défilés de FArgonne. Toutefois, si les ingénieurs ont pu éviter d'ouvrir, pour le passage du chemin de fer, un souterrain à travers ces hauteurs, qui se présentent sur ce point dans leur partie la moins élevée, ils ont dû recourir à de profondes tranchées et à des pentes exceptionnelles, les plus fortes de la ligne. Ces pentes sont de 8 milliœ. par met. La trancïiée qui précède Loxéville a 22 mèt. de profondeur, et les talus en sont consolidés par plusieurs rangs superposés de piliers en moellons, appliqués dans le terrain dont ils suivent l'inclinaison , et terminés en ogive. Cette tranchée, Fun des ouvrages de ce genre les plus curieux de la ligne de Strasbourg, a donné 450000 mèt. cubes de déblais.

Celles qu'on trouve au delà de Loxéville son égarement très-considérables ; c'est par l'une d'elles que l'on franchit à Cousances-aux-Bois (137 hab.), le point culminant du col, d'où l'on descend dans la vallée de la Meuse. On traverse successivement les bois de Reveraux et de Haneconse.

A dr. se montre Grimaucourt (301 hab.), à g. Vadnnville (332 hab.), sur la route de Commercy à Saint-Mihiel (F. R. 116) et près d'une dérivation de la Meuse.

289 kil. Lérouville, v. de 605 hab., bâti àdr. sur le ruisseau de la Saulx, affluent direct de la Meuse. Dans les coteaux qui s'élèventàdr. s'exploitent des carrières dont la pierre est renommée. Il reste des traces de Fancienne voie romaine de Trêves à Nasium , dans la direction de Pont-sur-Meuse à Chonville.

ICorresp. pour (13 kil.) Saint-Mihiel par (4 kil.) Sampigny (R. 1 16). J

De Lérouville à Montmédy, par Saint- Mihiel et Verdun, R. 116 ; — à Sedan, par Stenay, R. 117.

Après avoir franchi le ruisseau de la Saulx, on aperçoit à g. Pont-sur- Meuse, v. de 219 hab. (beau pont en pierres). Laissant à g. l'usine dite du

Moulin-Neuf et le joli parc qui entoure la maison d'habitation voisine, on longe (à dr.),en tranchée, l'extrémité N. 0. de la forêt de Commercy.

La Meuse apparaît ensuite à g.

295 kil. Commercy (hôt. : de la Gare, de la Cloche, de la Ville-de- Parù , des Trois - Maures ) , ch . - 1 . d'arrond. de la Meuse, V. de 39 1 6 hah. , est située sur un l>ras de la Meuse , à peu de distance de la forêt à laquelle elle a donné son nom.

L'origine de Commercy ne remonte pas au delà du u- s., époque à laquelle un château, remplacé au xvn* s. par celui qui subsiste aujourd'hui, devint le noyau d'un village, si peu important d'abord qu'il formait une simple annexe de la paroisse de Lérouville. Il était alors possédé par des seigneurs portant le titre de damoiseaux. Commercy devint plus tard le siège d'une principauté; la cour souveraine appelée les Grands Jours y tint ses assises. Simon de Saarbrùck i'érigea en commune, en 13j4. Le comte de Campo- Dasso en reçut la propriété du duc René, après la bataille de Nancy, pour prix de sa trahison envers Charles le Téméraire; mais celui de ses fils qui en avait hérité, après en avoir été dépossédé de fait , y renonça définitivement par une transaction conclue en 15*20. Assiégée par les troupes <le Charles-Quint, en 1544, la ville de Commercy fut prise et en partie incendiée. Elle formait deux seigneuries, le château haut et le château bas. Un mariage fit entrer le premier dans les possessions de la maison de Gondy : le cardinal de Retz le vendit au duc de Lorraine, Charles IV, pour son fils Henri de Vaudémont, en s'en réservant toutefois l'usufruit.. Il avait, en effet, une prédilection particulière pour cette résidence où, sauf quelques séjours à l'abbaye de Saint- Mihiel et au prieuré de Breuil. il demeura presque constamment pendant la dernière partie de sa vie, et où il écrivit une partie de ses Mémoires. De la maison de Lorraine , le château de Commercy passa dans les mains du roi Stanislas, quand Stanislas devint duc de Lorraine, et arriva enfin à la maison de France, lors de la réunion de la Lorraine à la France.

Le château de Commercy , dont Henri de Vaudéinont tit démolir une partie dos anciens bâtiments, fut re-

construit, dans le style grandiose du xvii» s., par l'architecte bénédictin dom Léopold Durand. Stanislas à son tour l'embellit encore et en fit une véritable résidence principe.

Les jardins et le parc, qui s'étendaient du côté de la forêt et que l'on découvrait du .salon principal, étaient dessinés dans le goût des jardins de Versailles et décorés de kiosques et de salles de verdure au milieu desquelles des eaux abondantes formaient «les jets et des gerbes variées. En 1747, Voltaire, accompagné de la marquise du Chàtelet, vint y rendre visite à Stanislas, qui le garda près de lui quatre mois environ, pendant lesquels l'illustre écrivain composa Sémiramis et Nanme.

Le château de Commercy est aujourd'hui transformé en caserne de cavalerie.

Du chemin de fer, qu'un faible bras de la Meuse sépare seul du château, on voit de très-près, à dr., la façade septentrionale, avec son avantcorps surmonté d'un fronton et son magnifique balcon, en terrasse, à balustre en pierres. En sortant de la gare, on tourne à g. pour se rendre dans Commercy, et bientôt on rencontre à g., entre la gare et l'église, sur une petite place, la statue en bronze.

de dom Calmet, inaugurée au mois de janvier 1865. Le savant historien de la Lorraine est représenté dans une attitude méditative, un livre à la main. — On passe ensuite devant Yéglise, qui n'offre rien d'intéressant, sauf les colonnes, d'un assez bel effet, sur lesquelles s'appuie la voûte de la nef principale. Après avoir traversé un court passage voûté derrière l'église, on arrive sur la place du château, nommée le Fer à cheval, en raison de sa forme semi-circulaire. De cette position dominante, on embrasse du i égard la Grande-Rue ainsi que \n belle avenue qui y fait suite et qui conduit à la forêt de Commercy.

Nous citerons parmi les édifices les plus importants de Commercy . —

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