ROUTE 1] CÔMMERCY. — SORCY. — PAGNY
Y hôtel de ville, construit sur une place au centre de laquelle s'élève une belle fontaine monumentale; — Yécole normale primaire, établie dans les bâtiments de l'ancien couvent des Bénédictins, au faubourg de Breuil; — le collège; — Y hôtel de la souspréfecture, à l'angle de la Grande-Rue et de la rue des Fontaines; — enfin, Yhôpital, situé à l'entrée de l'avenue.
La fabrication de la pâtisserie délicate désignée sous le nom de Madeleines est une des spécialités de Commercy. A cette industrie renommée, Commercy joint un commerce assez actif de couverts en fer, de quincaillerie, de bonneterie et de bestiaux.
Enfin, <a grande industrie y compte une filature de coton occupant 50 ouvriers et filant par jour 500 kilcgr. de coton, des forges dont la production est évaluée à un million de kilogr. de 1er par an, et une fabrique de couverts en fer.
Les forêts oui entourent Commercy offrent de belles promenades. — Des hauteurs de Frémereville (7 kil. de Commercy), situées au delà de la Meuse, à g. de la route de Commercy à Pont-à-Mousson, on découvre une vue magnifique sur la \allée de la Meuse et sur le vaste plateau situé entre cette rivière et la Moselle.
[Voit. publ. pour : (52 kil.) Neufchâteau, par (8 kil.) Void et (18 kil.) Vaucouleurs (R. 26). J
De Commercy à Nsufchâteau, par Void et Vaucouleurs, R. 26; — à Montmedy, par Saint-Mihiel et Verdun, R. 116; — à Sedan, parStenay, R. 117.
Le chemin de fer franchit successivement la route de Commercy à Pont-à- Mousson et la dérivation secondaire de la Meuse passant à Commercy; puis il longe, à dr., un coteau planté d'arbres, à g. les prairies qu'arrose la Meuse. De ce côté se trouve Ville-Issey (441 hab.), où s'exploitent des carrières de pierre de taille renfermant de nombreux fossiles. Le cardinal de Retz avait à
Ville-Issey une maison de plaisance où il se retirait souvent et où il composa une partie de ses Mémoires. — Au delà d'une tranchée, on traverse le bras principal de la Meuse.
303 kil. Sorcy (omnibus; 30 cent, par place), v. de 1299 liab., situé sur la rive dr. de la Me i e. à 3 kil. environ au S. 0. de la station. On remarque à Sorcy un beau moulin anglais à 12 meules. A 2 kil. à peu près au S. du village, s'élève une hauteur connue sous le nom de côte Saint- Jean (365 met. d alt.) , et dont le revers méridional, formant une presqu'île entourée par la Meuse, conserve les vestiges d'un ancien camp romain. Un grand nombre de médailles antiques y a été découvert.
[Corresp. pour (6 kil.) Void (R. 26).]
A 2 kil. de Sorcy, le canal de la Marne au Rhin se rapproche de nouveau de la voie ferrée. Laissant à dr.
des prairies comprises entre le chemin de fer et la Meuse, on traverse un souterrain long de 570 met.
308 kil. Pagny-sur-Meuse, ou Pagny- Vaucouleurs , v. de 987 hab., sur la rive dr. de la Meuse et à 1 kil. 1/2 environ à dr. de la station, possède un beau pont sur la Meuse.
[Corresp. pour (14 kil.) Vaucouleurs (R. 27).]
De Pagny à Vaucouleura, R. 27.
A 1 kil. de Pagny on passe du département de la Meuse dans celui de la Meurthe. Au delà d'un souterrain de 1120 met., dont le percement a présenté de grandes difficultés, on pénètre dans le bassin de la Moselle par la vallée de l'Ingressin. A 1500 mèt. à dr. de la voie, à Lay- Sainl-Remy (392 hab.), le canal de la Marne au Rhin s'engage également dans le bassin de la Moselle par un tunnel de 1100 à 1200 mèt. presque parallèle à celui du chemin de fer.
313 kil. Foug, v. de 1291 hab., bâti au revers d'une colline , sur la route
de terre de Paris à Strasbourg, à g.
et à 400 ou 500 mèt. de la station. Il est séparé de l'Ingressin par le chemin de fer et le canal. Foug était autrefois entouré d'une enceinte fortifiée. On y voit encore quelques restes du château que le comte de Bar, Henri II, y fit construire en 1218 et qui fut détruit par les ordres de Kichelieu en 1634.
A 4 kil. au S. de Foug, se trouvait une résidence des Carlovingiens sur le versant d'une colline de la vallée de l'Ingressin. Elle était désignée sous le nom de Saponaria, aujourd'hui Savonnières ; il s'y tint deux conciles : le premier en 859, et le second en 862. A l'époque des travaux exécutés pour le tunnel du canal de la Marne au Rhin, un grand nombre d'antiquités intéressantes ont «té recueillies sur le territoire de Savonnières. Actuellement,Savonnières, situé, du reste, dans une position pittoresque, n'est plus qu'un petit hameau dépendant de Foug.
Le chemin de fer, longeant le canal de la Marne au Rhin, à dr., et la route de Strasbourg, à g., passe devant Écroures (645 hab.) à g. — Ce village, autrefois très-renommé pour une fontaine dont les eaux ferrugineuses sont laxatives et rafraîchissantes, possède une église remarquable, autour de laquelle règne, extérieurement, une corniche qui présente des bas-reliefs assez bien conservés et des figures bizarres.
320 kil. Toul (omnibus à tous les trains, 25 cent, par place ; 1 0 cent, par colis; hôt. de l'Europe), ch.-l. d'arr.
du départ, de la Meurthe, V. de .'687 hab. , située sur la Moselle, auprès des côtes de Saint-Michel et de Barine, est une place de guerre de 2e classe.
Toul est l'une des plus anciennes villes de la France. Capitale des L$uci , elle avait déjà une grande importance avant la domination romaine, sous laquelle elle reçut le nom de Tulium. Saint Mansuy y introduisit le christianisme dans la se-
conde moitié du iv° s., époque où elle était déjà fortifiée; et Toul ne tarda pas a devenir le chef-lieu de l'un des plus vastes diocèses du N. E. de la Gaule. Saccagée au commencement du ve s. par les Goths, les Bourguignons, les Vandales et les Huns, la ville tomba au pouvoir des Francs vers 450. Saint Epvre y fonda, dans les premières années du vi* s., une abbaye qui porta son nom; Abaud, son succèsseur, en acheva l'église et y établit une communauté d'hommes. Un siècle plus tard, en 612, Théodoric II, roi de Bourgogne, livra dans le voisinage de Toul, au lieu dit le Champ des Allemands, une bataille sanglante à son frère Théodebert II , roi d'Austrasie, et le défit complètement.
Durant les siècles qui suivirent, Toul continua d'être un théâtre de désastres et de luttes. Cette malheureuse cité fut tour à tour brûlée, saccagée, déniée par la famine et les épidémies, dans le vu* s., pendant les guerres de Dagobert II et de Théodebert III; brû'ée deux fois dans le vin» s. ; brûlée et pillée par les Normands en 88» ; envahie et pillée par les Hongrois en 954; occupée trente ans plus tard et dévastée par les soldats de Lothaire, puis encore désolée par la famine ei par la peste. Vers 928. les évéques de Toul furent investis des droits régaliens, et dès la fin du x* s. l'évéché, constitué en souveraineté indépendante, ne releva plus que de l'empereur. La puissance temporelle des évéques de Toul , souvent contestée , fut l'occasion de nouvelles et longues agitations, soit au dedans, soit au dehors. Vers le milieu du xui" s., commença, entre les bourgeois et l'évéque, une lutte qui devait se perpétuer durant plus de aoo ans. En 1 545, les Toulois se mirent sous la protection du roi de France, mais la réunion de l'évéché de Toul au royaume ne fit déftnitivement reconnue que par le traité de Munster, en 1648. Après avoir appartenu tantôt aux Ligueurs, tantôt aux royalistes, la ville ouvrit ses portes à Heuri IV, en 1603, et lui fit une réception magnifique. Le Parlement de Metz y fut transféré en 1637. Le présidial y fut établi en 1685. C'est en 1700 que les anciens remparts furent remplacés par de nouvelles fortifications élevées sur les plans de Vauban. La constitution civile du clergé supprima l'évéché de Toul en 1790 ; le titre en est réuni à celui de Nancy.
Toul est la patrie de saint Loup, du littérateur Dusaulchoy, du maréchal Gou* vion Saint-Cyr, du baron Louis, ministre ' des finances, et de l'amiral de Rigny.
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La telle église Saint-Étienne
(mon. hist.), ancienne cathédrale, aujourd'hui simple église paroissiale, est très-remarquable par \x légèreté et l'élégance de sa construction.
Commencée vers 970, elle fut consacrée une première fois en 981, et, en 1149, le pape Eugène III en fit de nouveau la consécration solennelle.
De l'église du xn* s., il ne reste rien. Le chœur et les transsepts de l'édifice actuel datent du xiii* s. et sont du plus beau style. Le sol des transsepts a été malheureusement exhaussé de minière à gâter la proportion des façades N. et S. La nef et les bas côtés sont du commencement du xiv« s., à l'exception des deux premières travées près du portail principal. Ces deux travées, le portail et les tours (75 met. de hauteur) ont été cons ruits dans la première moitié du xv* s Ce portail est un chef-d'œuvre d'architecture. « Ses deux tours, si élégamment découpées, dit M. Henri Lepage, sa jolie tourelle de l'horloge, ses légères aiguilles, sa rosace resplendissante, ses trois portes creusées en ogive, la profusion de ses broderies et toute la richesse du style gothique qu'il étale avec un goût exquis, excitent l'admiration. » Malheureusement il a été dépouillé en 1793 de toutes les statues dont il était orné. Les bas côtés sont terminés extérieurement par quatre tourelles.
L'intérieur de l'église, en forme de croix, présente une belle nef haute de 36 mèt. et longue de 88 mèt., sur une largeur de 13 mèt. entre les piliers. La largeur totale du vaisseau est de 27 met., en y comprenant les deux collatéraux. Le transsept, présentant en hauteur les mêmes dimensions que la nef, mesure 48 mèt. de longueur entre ses deux extrémités.
Les ouvertures sont en ogive à divisions paires, surmontées de rosaces à quatre feuilles. Les chapiteaux des 18 colonnes de la nef sont à double et à triple rang de feuilles de chou, de vigne et d'acanthe. Chacune de ces
colonnes est cantonnée de quatre colonnettes. Le soubassement du chœur a reçu, de 1625 à 1725, un revêtement de marbre blanc et noir, derrière lequel subsiste mutilée l'arcature du xui* s.
L'intérieur de l'église Saint- Etienne a subi de regrettables dégradations à l'époque de la Révolution. Il a, entre autres pertes, été dépouillé d'un joli jubé qui s'élevait entre les 7* et 8* piliers à partir de l'entrée, et d'un monument consacré à Jeanne d'Arc.
Depuis 1840, d'importantes restaurations, dues à l'initiative du gouvernement et au zèle de MM. Delalle et George, curé de Saint-Êtienne , ont été exécutés à cette église, sous la direction de M. Bœswilwald. Le travail le plus considérable a été la reconstruction du transsept S. (1849), à l'aide de fonds alloués par l'Etat, la ville de Toul et le conseil général de la Meurthe; depuis les travaux n'ont pas été interrompus.
On remarque à l'intérieur de Saint- Etienne : — les vitraux, entre autres, un vitrail (le Baptême du Christ), datant de 1567, et le grand vitrail du transsept S., œuvre moderne exécutée avec le produit des dons recueillis par M. le curé George; — un buffet d'orgues, soutenu par une voûte plate qui passe pour une merveille d'architecture ; — le maître-autel, en marbre blanc et bleu turquin, complètement refait de 1836 à 1843, et décoré de colonnes de marbre d'un grand prix ; — la chapelle du Sacré-Cœur, fondée par Stanislas , Marie Leczinska, sa fille, et le grand Dauphin ; — les chapelles de Saint-Étienne et* des évéques; — enfin un siège épiscopal en pierre sculptée, dit fauteuil de saint Gérard, et qui date du xni* s.
On voit très-bien toute la partie supérieure du portail et des deux tours de Saint-Étienne, àdr., à l'entrée et surtout à la sortie de la gare de Toul. On aperçoit également, avant d'y pénétrer, la façade de l'église Saint-Gengoult, qui, par un caprice architec-