‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 69 sur 489 · NANCY. — ÉGLISES · texte numérisé non relu

NANCY. — ÉGLISES

dre composite. Il en est de même des tours, décorées de pilastres et de balustrades que surmontent des dômes terminés par une lanterne en pierre* ouverte de toutes parts et entourée d'un balcon en fer. L'intérieur se compose d'une nef principale et de deux# collatéraux d'une longueur de 50 mèt. La nef principale mesure 14 mèt. de largeur. A son extrémité s'ouvre un dôme dont la peinture à fresque, due à Jacquart, a pour sujet un Ciel ouvert. La nef est séparée par une grille à hauteur d'appui du sanctuaire, revêtu de boiseries avec encadrements et médaillons en relief. On remarque, au-dessus du siège épiscopal, une Vierge tenant V enfant Jésus , d'une belle exécution, et deux tableaux de Claude Charles, peintre nancéien, représentant : l'un, le Couronnement de saint Sigisbert, l'autre, les Pauvres servis à table par Sigisbert. Nous signalerons encore :

les belles grilles des chapelles de Saint-Jean-Baptiste et de Saint-Charles, exécutées parLamour; les statues en marbre blanc, par Nicolas Drouin, des quatre Docteurs de l'église, qui ornaient primitivement le tombeau du cardinal de Vaudemont aux Cordeliers, et qui ont été transportées dans les chapelles collatérales de la Vierge et du Sacré-Cœur, à Tavant-chœur de la cathédrale; trois tableaux de Girardet; deux beaux bénitiers en marbre et en porphyre, donnés en 1807 à l'église par le comte d'ûurches; une lampe d'argent, présent d'un prince espagnol, prisonnier en 1809; et enfin un remarquable jeu d'orgues placé en 1758. — La cathédrale possède les reliques de saint Sigisbert, et conserve dans son trésor le calice, la patène et l'évangéliaire de saint Gauzelin.

L'église des Cordeliers (Ville vieille), située à la suite de la façade du palais ducal, et du môme côté, dans la Grande-Rue, dépendait autrefois d'une communauté de Franciscains ou Cordeliers. Construite par René II,

VOSGES

afin de perpétuer le souvenir de la victoire de Nancy et aussi pour recevoir son tombeau et ceux des membres de sa famille, elle fut commencée vers 1482 et consacrée en 1487. Elle se compose d'une seule nef, large d'environ 9 mèt. Éclairée autrefois des deux côtés par de belles fenêtres dont les vitraux de couleur représentaient, soit des sujets tirés de l'histoire sainte, soit les armoiries des ducs de Lorraine; enrichie par les successeurs de René II ; décorée de monuments funèbres magnifiquement sculptés, et de nombreuses chapelles ornées de peintures, l'église des Cordeliers, était l'une des plus remarquables de Nancy.

Pendant la Révolution, toutes ces splendeurs disparurent, et l'église, convertie d'abord en lieu de détention, puis en magasin, demeura longtemps dans un état complet d'abandon. Du reste, au commencement du xviii6 s., le caractère architectural en avait été déjà profondement altéré par de regrettables remaniements. L'église des Cordeliers, réparée pendant les premières années de la Restauration, fut rendue au culte le 20 mars 1825. Au mois de novembre 1826, ce qui avait pu être recueilli des anciens tombeaux des ducs de Lorraine y fut transporté avec une certaine solennité. Néanmoins, l'édifice est loin d'avoir retrouvé son éclat primitif : les vitraux de couleur n'ont pas été rétablis, toutes les fenêtres du côté g. sont restées murées, les tableaux, entre autres, une belle copie des Noces de Cana, aujourd'hui déposée au Musée lorrain, n ont pas été replacés. Aussi cette église n'offre- t-elle, par ellemême, qu'un médiocre intérêt; ce qui mérite d'y être visité, ce sont les mausolées, les uns anciens, les autres d'exécution récente, qui en occupent les deux côtés. Ils sont placés dans l'ordre suivant, à commencer par la g.

en entrant.

Le tombeau de Jacques Gallot, reproduction amoindrie de celui qui existait autrefois dans le cloître et qui

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fut détruit, en 1751, par l'écroulement d'une partie des bâtiments. Le monument actuel est formé d'une pyramide portant le portrait, en demi relief, de l'illustre artiste soutenu par un génie et entouré d'une guirlande de chêne et de laurier. Au-dessous du poitrait sont des armoiries et une inscription rappelant le talent et les grandes qualités du maître;

Le tombeau d'Antoine, rival de René l*r pour la couronne de Lorraine, et de Marie d'Harcourt, son épouse. Le sarcophage, sur lequel sont placées les statues du prince et de la princesse, est décoré de charmantes statuettes assises dans des niches ogivales;

Le tombeau de Philippe de Gueldres, seconde femme de Kene li. il a pour principal ornement la statue de la princesse, due au ciseau de Ligier Richier, l'illustre statuaire lorrain.

Philippe de Gueldres est représentée en costume de religieuse, étendue sur un stylobate. Cette statue, enlevée pendant la Révolution, et retrouvée par hasard, en 1822, dans un grenier de village, est un chef-d'œuvfe de l'art. On ne saurait trop admirer, en même temps que la finesse de l'exécution, l'expression de la figure, éclairée dans sa sévérité ascétique par un grand sentiment religieux. Les mains, le voile, la robe et la cordelière ont subi, en 1817, des retouches médiocrement heureuses, mais qui, néanmoins, n'ont pas altéré sensiblement le mérite de cette sculpture remarquable. Aux pieds de Philippe de Gueldres, est placée une autre religieuse tenant la couronne souveraine.

A la suite de ces monuments et au delà de l'ancienne porte de communication du cloître avec l'église, se voient, du même côté, les stables commémoratives des ducs de Lorraine Charles V et Léopold i", inaugurées en 1840.

Au côté droit de l'église, à partir de l'entrée, sont placés :

Le tombeau d'Henri III, comte

de Vaudemont, et d'Isabelle de Lorraine, son épouse, dont les restes furent amenés à Nancy en 1762. Ce monument n'a rien de remarquable;

Un tombeau, qui paraît être celui de Thibault de NeufchâteU seigneur tué à la bataille de Nicopolis, en 1396.

A une certaine distance de ce* dernier monument, et plus rapproché du chœur, s'élève, sous une voûte ou large arcade, le mausolée de René II. Toute la partie architecturale et une portion de la décoration sculpturale appartiennent au xvi* s. ; mais la statue agenouillée du prince et celle de la Vierge, qui étaient, dit-on, très-remarquables, ont été perdues ou détruites pendant la Révolution, ainsi qu'un beau sarcophage en bronze. Les statues actuelles sont modernes et ont été placées vers 1825. Le prince est représenté priant devant une image de la Vierge et appuyé à un prie-Dieu , portant le sceptre, Tépée , la couronne ducale et un livre de prières. Au-dessus de l'arcade qui renferme le tombeau, la figure du Père éternel semble planer sur les statues coloriées de l'archange Gabriel et des saints Georges, Nicolas, Jérôme et François, posées au-dessus de la corniche, dans des niches élégantes. Les pilastres, les corniches et le reste du tombeau sont peinis en azur et en vermillon, avec des arabesques d'or en demi-relief. Sur une tablette en marbre noir se lit une inscription en vers, rappelant les titres et les grandes actions du vainqueur de Charles le Téméraire. Ce mausolée, consacré à René II par sa veuve et construit vers 1515, offre un curieux spécimen de la Renaissance des arts au commencement du xvi* s.

Enfin, en franchissant la balustrade qui sépare le sanctuaire de la nef, on aperçoit, toujours à dr., le beau monument funéraire du cardinal de Vaudemont (Charles de Lorraine), mort en 1587. Ce mausolée î-e compose d'un large socle carré sou- 1 tenant la statue du cardinal, agenouillé

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