‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 70 sur 489 · ROUTE 1] NANCY. — CHAPELLE DUCALE · texte numérisé non relu

ROUTE 1] NANCY. — CHAPELLE DUCALE

et revêtu de son costume de prince de l'Église. Cette œuvre, due au sculpteur lorrain Nicolas Drouin, bien que d'un caractère moins austère que la statue de Philippe de Gueldres, se recommande par de hautes qualités de style et de composition. La tête du cardinal, le mouvement général sont d'une très-belle inspiration ; les détails d'exécution, les étoffes, les fourrures d'hermine du manteau attestent une rare habileté de main.

Kn face de ce mausolée , au côté g.

du sanctuaire, s'ouvre l'entrée» de la chapelle ronde ou chapelle ducale, dépendance de l'église des Cordelière.

L'église des Cordeliers, bien que renfermant quelques mausolées dédiés à la mémoire des ducs de Lorraine, restait néanmoins l'église conventuelle de la communauté. Aussi le duc Charles III, voulant affecter une sépulture spéciale aux princes de sa maison, se décida à faire construire un asile où seraient réunis les restes dispersés de ses ancêtres et où luimême et ses successeurs viendraient reposer du dernier sommeil. Telle fut l'origine de la chapelle Ducale, commencée en 1608 et terminée en 1611 par le duc Henri III. Aussitôt que le caveau fut achevé, on donna des ordres pour y descendre les cercueils des princes et des princesses, déposés dans des caveaux particuliers de l'église des Cordeliers.

La chapelle ronde fut entièrement restaurée vers le milieu du xvme s., par l'empereur François I,r, lorsqu'il eut échangé la couronne ducale contre le trône impérial, par son mariage avec Marie-Thérèse. Livrée, depuis la Révolution, à un état de dégradation qui laissa douter un moment de la possibilité de sa conservation, elle a été entièrement restaurée, de 1822 à 1825, aux frais de la France et de l'Autriche, et rendue à sa destination primitive.

On entre dans la chapelle ronde par un portique formé de deux colonnes de marbre noir et de deqx pl-

lastres d'ordre ionique, surmontés d'un fronton aux armes de Lorraine, que supportent deux aigles. Une inscription latine, tracée en lettres d'or, indique, en termes un peu fastueux, la destination de l'édifice ; en voici la traduction : o Passant, arrête-toi et admire, ensevelis ici, dans ces ducs de Lorraine, autant de héros; dans les duchesses, autantde femmes fortes ; dans leurs enfants, autant de princes nés pour le trône, encore plus dignes du ciel. » Sur l'un des côtés de l'étroit vestibule qui sépare l'église de la chapelle, a été placé le tombeau de Gérard /#r d'Alsace, comte de Vaudemont, et de Hadwige de Hapsbourg, son épouse. Ce monument funéraire, apporté en 1822, de l'abbaye de Belval que Gérard 1er fonda en 1120, porte les statues du duc et de la duchesse adossées au mur. o Le groupe, dit M. Grille de Beuzelin, malgré une certaine barbarie dans l'exécution, est d'un beau caractère : il y a dans le style quelque chose d'élevé que je défierais de trouver à un plus haut degré dans l'antique; ceci est le point de départ d'un art , dont la dernière expression a été la statue de Philippe de Gueldres. » Après avoir franchi une large porte que ferme une belle grille en fer doré, rehaussée de trophées et des armes d'Autriche et de Lorraine, on pénètre enfin dans la chapelle ducale.

Cette chapelle forme un ociogone régulier d'environ 90 mot. de diamètre, percé de cinq fenêtres décorées de vitraux violets. Dans les vides que laissent entre elles seize colonnes d'ordre composite, dont les fûts de marbre noir sont surmontés de chap teaux blancs, on voit rangés, au nombre de sept, les mausolées en marbre noir, érigés à la mémoire des ducs de Lorraine et de leur famille. Au-dessus de la corniche, sont seize médaillons des ducs de Lorraine, séparés par des trophées militaires. Des rosaces en vitraux de couleur décorent la coupole, que domine une lanterne percée

DE PARIS A

à jour. Au milieu de la chapelle s'élève un autel en marbre blanc, surmonté d'une statue de la Vierge entre deux anges adorateurs. Le devant d'autel est orné d'un bas-relief représentant le Christ dans son linceul.

Le caveau sépulcral, dont la voûte, revêtue en briques, est soutenue au centre par un gros pilier creux dans le milieu, est également de forme octogonale. On y arrive par un escalier qui s'ouvre derrière l'autel et que ferme, à un premier palier, une grille en fer. Les dépouilles mortelles que ce caveau renfermait, en partie dispersées durant la Révolution, ont été rendues à leur première retraite, dans une cérémonie solennelle, qui eut lieu le 9 novembre 1826.

L'église Saint-Sébastien (place du Marché, vdle neuve), est un édifice du xvnr s., qui a remplacé une église de la fin du xvi« siècle devenue insuffisante. La première pierre en fut posée en 1720 ; et l'église, achevée en 1731, fut consacrée au mois de septembre de la même année. Des sculptures et des bas-reliefs de Meny décorent le portail, encadré entre deux lours. Saint-Sébastien offre à l'intérieur une belle nef soutenue par des colonnes ioniques. Outre des peintures dues à Jean Leclerc et à Claude -Charles et des sculptures de Bagard, on y remarque un beau mausolée élevé à la mémoire du peintre Girardet(1709-1778) par lesariistes lorrains. Ce monument, en marbre blanc et noir, est adossé à la muraille, à g., près du chœur. 11 représente une femme, s'appuyant d une main sur un médaillon qui renferme le portrait de Girardet, et de l'autre, repoussant un voile dont le temps essaie de couvrir l'image du peintre.

L'église Bon-Secours (à l'extrémité du faubourg Saint-Pierre) a été élevée par Stanislas, en 1738, sur remplacement d'une ancienne chapelle érigée par René II. i,a façade, formée d'une ordonnance de colonnes corinthiennes, entre lesquelles ont

été ménagées des niches où se trouvent placées des statues de saints, se termine par un clocher renfermant l'horloge, qui surmonte un écusson aux armes de Pologne. A l'intérieur, que décore un ordre d'achitecture en pilastres, les murs sont recouverts de stuc. La frise de l'entablement est rehaussée d'ornements dorés reproduisant, autour du sanctuaire, le sujet connu dans l'église grecque sous le nom de sainte liturgie et qui symbolise toutes les qualités que l'Eglise donne à la Vierge dans les litanies. Ces ornements remplacent une magnifique balustrade de Laraour, détruite pendant la Révolution. La voûte, peinte par Joseph Gilles, dit Provençal, représente V Annonciation et V Assomption. Enfin huit statues 6e saints, posées sur des socles, complètent la décoration générale. Le chœur, séparé de la nei par une tenture roug à franges et à glands d'or peinte sur tôle, contient les mausolées de Slanislvs, mort en 1766, et de Catherine Oporinska, sa femme, morte en 1747. C'est Stanislas qui fit élever ce dernier, dont les belles sculptures ont été eiécutées par Sébastien Adam. Ce monument, qui se trouve à g. du chœur (en regardant l'autel), représente la reine agenouillée à laquelle un ange vient annoncer le terme de ses épreuves; l'aigle polonaise sortant du tombeau semble soutenir le groupe sur ses ailes éployées. — Le mausolée consacré à Stanislas fait face, à dr., au mausolée de la reine ; mais il est loin de l'égaler, soit pour la composition, soit pour le fini et l'élégance de l'exécution. Il se compose d une pyramide, au devant de laquelle on voit, sur un socle, la statue de Stanislas, entre les figures de la Lorraine, douloureusement affaissée, et de la Charité, étendue sans force à côté du monarque. — Également à dr. et dans l'angle du sanctuaire, est placé, sous une console, un petit tombeau en marbre, renfermant Je

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