NANCY. — FAUBOURGS
dirige sur le village de Villers-lez- Nancy (642 hab.) , où se voient plusieurs jolies maisons de campagne.
Le faubourg Stanislas, dont la direction est presque parallèle à celle du faubourg Saint-Jean , forme le prolongement de la rue Stanislas, sur laquelle donne la sortie N. de la cour d accès de la gare. Le faubourg Stanislas, où se trouvent Yinstitut des sourds-muets et le principal cimetière de Nancy, conduit à la côte de Toul, par laquelle on gagne la route de Paris à Nancy par Toul.
Le faubourg Saint-Pierre, le plus considérable de Nancy, et qui rappelle un peu par sa largeur et ses plantations d'arbres les anciens boulevards extérieurs de Pans, est traversé par la route de Nancy à Strasbourg. Il renferme : le séminaire diocésain, où le P. Lacordaire prêcha pour la première fois; la petite église Saint-Pierre, servant à la fois d'église paroissiale et de chapelle au grand séminaire (on construit actuellement une église plus vaste pour le service de la paroisse) ; enfin l'église Bon- Secours (F. ci-dessus, p. 52), située à l'extrémité du faubourg, dont elle est l'édifice le plus remarquable.
En suivant le prolongement du faubourg Saint-Pierre, on atteindrait, à 3 kil. de Nancy et à 2 kil. environ de Bon-Secours, Jarville; v. de 760 hab., bâti entre le canal de la Marne au Rhin et la route de Paris, et célèbre dans l'histoire de la Lorraine comme ayant été le principal théâtre de la bataille livrée en 1477 au duc de Bourgogne, par René de Lorraine.
Un beau parc, auquel son propriétaire a donné le nom de Renémont, en souvenir du vainqueur de Charles le Téméraire, a été planté sur remplacement du bois de Jarville. On y remarque une charmante construction, dont la façade dans le goût de la Renaissance, (rez-de-chaussée et premier étage, avec grandes fenêtres cintrées et décorées de sculptures) , rappelle un peu le style de la maison dite
de François Ier, à Paris. — Cette façade, généralement considérée comme l'œuvre de Florent Drouin, à la fois sculpteur et architecte, faisait partie de l'ancien hôtel Lunati-Visconti ; elle avait été longtemps conservée à Nancy sous le nom de galerie Lunati-Visconti, lorsque, en 1842, un habitant de la ville ayant appris qu'on se disposait à la démonter pour l'envoyer à Paris, se hâta de Tacheter et la fit transporter dans une campagne qu'il possédait à Jarville.
Le faubourg des tr ois-maisons, auquel on se rend par la porte de la Craffe ou de Notre-Dame, le faubourg Saint-Georges et le faubourg Sainte- Catherine n'ont rien d'intéressant à visiter. Nous nous bornerons à dire que l'on traverse le premier pour se rendre à (8 kil. de Nancy) Lay- Saint- Christophe ou à (8 kil. de Nancy) Bouxitres-aux-Dames ( V, ci-dessus, p. 45); et que le second, où commence la route de Nancy à Château- Salins , conduit à Dommartemont , v. de 195 hab., situé (4 kil. de Nancy) dans une position extrêmement agréable, à g. de la route (2 kil. environ), sur le revers d'un coteau appelé la Côte Sainte - Geneviève.
M. Beaulieu, le savant antiquaire lorrain, a signalé l'existence d'un ancien camp romain à Dommartemont, dont le nom viendrait, selon lui, de Mons Martis (Mont de Mars).
Industrie et commerce.
L'industrie et le commerce, d'un intérêt autrefois très-secondaire à Nancy, y ont pris un grand développement depuis le comnif ncement de ce siècle et surtout depuis l'ouverture du chemin de fer de l'Est. Nancy, sous ce rapport, aussi bien qu'au point de vue moral et administratif, prend chaque jour plus d'importance. La teinture des cotons files et la fabrique des chapeaux de paille s'y développent sur. une très-grande échelle; huit à dix manufactures de drap y produisent des étoffes estimées; on y compte plusieurs fabriques d'amidon, de vermicelle, de pipes, de boutons, de cotons à inocler, d'ouate, de bonneterie, etc., et un certain
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nombre de filatures de laine et de coton. Les fleurs artificielles y constituent un commerce dont Paris seul dépasse l'importance. Nancy est. en outre, le marché central de nombreux produits, tels que bois de charpente, planches, traverses pour chemins de fer, chi irons pour les papeteries des Vosges, mercerie, houblons, céréales, etc. Enfin, au premier rang des branches d'industrie exploitées dans cette ville, il faut placer la broderie. Toutefois cette industrie a été fortem» nt atteinte, dans ces dernières années, par la guerre américaine qui a considérablement réduit le chiffre des nombreuses exportations qu'elle faisait aux États-Unis.
De Nancy à Bâle. R. 1 et 2; — à Chaumont, par Blesmes, R. 24; — à Vittel et à Contrexéville par Charmes et Mirecourt, R. 36; — à Mirecourt, par Vézelise, R. 37; — à Bourbonne-les-Bains, R. 38; — à Neufchâteau, R. 39; — à Vesoul, par Épinal, R. 43 ; — à Plombières, R. 47, B ; — à Luxeuil, R. 48, B; — à Bains, R. 50, B\ — à Baden-Baden, par Kehl, R. io4; — à Dieuze, R. 124.
150 kil. — Trajet en 2 h. 55 min. par trains express; en 3 h. io min. par trains poste; en 4 h. 30 min. par trains omniLus. — 1" cl. 16 fr. 80 c; 2« cl. 12 fr. 60 c; 3* cl. 9 fr. 25 c.
De Nancy à Sarrebourg, le paysage, sans être absolument monotone, offre néanmoins peu de variété d'aspects. Quelques belles forêts et quelques prairies viennent cependant rompre çà et là l'uniformité de la campagne lorraine.
Te chemin de fer, qui depuis Toul a décrit vers le N. K. une longue courbe, dont l'arc est rempli par la grande forêt de Hayes et dont le sommet est à Frouard , prend à cetie station, pour gagner Nancy, la direction du S. E. qu'il conserve jusqu'à Lunéville. 11 passe d'abord (3 kil. de Nancy) à Jarville {V. ci-dessus, p. 61), où Ton aperçoit à dr. , au milieu d'un beau parc qui l'encadre de sa verdure, la façade de la maison Lunato-Visconti. —C'est sur le territoire de la commune de Jarville que Stanislas avait fait construire le château de plaisance
de la Grande-Malgrange, aujourd'hui affecté à une maison de santé et à un établissement d'instruction secondaire. — On laisse ensuite à g. la Neuveville-devant-Nancy (821 hab.), qui possède une église du xir et du xnic s. Puis, pénétrant dans une plaine coupée de champs et de Lois, on croise la route de terre de Strasbourg et Ton franchit la Meurthe sur ,un pontde I9mèt.; àg. parallèlement à ce pont-viaduc, on remarque un pont-canal établi pour le service du canal de la Marne au Rhin.
366 kil. Varangeville- Saint- Nicolas, staiion qui doit sa double désignation aux deux villages qu'elle dessert et qui sont situés à dr. de la voie, en face l'un de l'autre : Varangeville sur la rive dr. de la Meurthe, Saint- Nicolas, sur la rive g.
Varangeville, est un v. de 921 hab.
Une partie des bâtiments et l'église d un ancien couvent de Capucins ont été appropriés en habitations particulières. Un ancien prieuré, affecté à une exploitation agricole, présente encore quelques restes d'une église du xie s. Véglise paroissiale de Varangeville, dont on aperçoit du chemin de fer (à dr., au delà de la station) le chevet et la tour, paraît dater du commencement du xve s.
Saint-Nicolas du Port, ch.-l. dec.
de 3904 hab., est situé à 1 kil. de la station (omnibus à tous les trains).
Au milieu du x:« s., il n'existait encore, sur remplace Tient actuel de Saint-Nicolas qu'une chapelle dédiée à la Vierge. Vers 1087, un gentilhomme ayant fait don à la chapelle d'une phalange d'un doigt de saint Nicolas, évéque de Myre, cette relique attira de nombreux pèlerins etdonn.i à cette localité une grande renommée. Le prieur des Bénédictins de Varangeville y établit alors quelques-uns de ses religieux. Au xii- s., la chapelle fut remplacée par une église autour de laquelle se groupèrent peu à peu de nombreuses habitations, plus tard, une légende miraculeuse ajouta encore à la sainte notoriété du lieu. Suivant cetie légende, un comte de Réchicourt, prisonnier en Pa-