ROUTE 1] SAVERNE. — LE HAUT-BARR
dans l'année (52) et autant de créneaux qu'il y a de jours (365) ; les unes et les autres étaient disposés symétriquement de telle sorte qu'entre chaque tour s'ouvraient sept créneaux. Les fortifications de Saverne formaient ainsi, un immense et véritable calendrier; aussi disait-on : « Saverne est bâti d'après le calendrier (Zabern ist nach dem Kalender gebaut) .
Les autres édifices publics de Saverne sont l'hôtel de ville, un collège et un hôpital.
L'industrie de Saverne, longtemps sans activité, a pris un certain développement depuis l'ouverture du chemin de fer. Elle compte actuellement:
des amidonneries; des tanneries; une importante fabrique de bascules; une imprimerie, des scieries, et des tuileries, etc.
EXCURSIONS
Nous indiquerons brièvement les diverses excursions, toutes très-intéressantes d'ailleurs, que l'on peut faire aux environs de Saverne.
Châteaux du Haut-Barr, du Grand et du Petit Géroldseck. — (2 h. aller et retour.)
On redescend la Grande-Rue de Saverne et la route de Paris dans la direction de Phalsbnurg, jusqu'auprès du canal, que l'on ne franchit pas ; il faut prendre alors la route qui le longe, et, après l'avoir suivie pendant 10 min. environ, tourner à g.
dans un chemin qui , à travers des champs cultivés, conduit à l'entrée de la forêt du Haut-Barr. Une croix de pierre marque la bifurcation de la route : l'embranchement de g. va rejoindre la route de Strasbourg , dans la direction de Wasselonne ; celui de droite est un large et charmant sentier qui , remontant sous bois , aboutit au château du Haut- Barr (20 à 25 min. de marche depuis la croix) .
La construction du château de
Haut-Barr ou Hohbarr remonte au xii" s. Il fut élevé, en 1170, par l'évêque Rodolphe, de Strasbourg, sur la montagne qui domine Saverne au S. 0. , et qu'il avait acquise de l'abbaye de Marmoutiers. Le Haut-Barr, dont l'histoire est intimement liée à celle de Saverne et qui servit souvent de résidence aux évêques de Strasbourg, fut restauré en 1583, par l'éyèque Jean de Manderschied , puis entièrement démantelé, en 1650, à la suite et en conformité du traité de Munster. Sa position élevée, entre la vallée de la Zorn et la plaine de l'Alsace, lui avait valu le surnom d'ÛEiide-l Alsace.
11 ne reste aujourd'hui de ce château que quelques parties du mur d'enceinte, un donjon pentagonal, une chapelle romane (à dr. en entrant) , dans laquelle la messe se dit encore quelquefois, et un puits remarquable par sa profondeur. Au pied du donjon, s'élève, au milieu d'un jardin, une maisonnette moderne, d'où l'on a une vue magnifique sur la vallée de la Zorn. Pour visiter en détail le Haut- Barr , il faut s'adresser au garde forestier, qui demeure dans l'enceinte môme du château (à g. en entrant).
Une immense échelle, dressée près du donjon, permet de monter au sommet des rochers qui étaient autrefois compris dans l'enceinte fortifiée. On y découvre un admirable panorama des environs de Saverne; l'ascension n'offre nul péril si Ton n'est pas trop sujet au vertige. Du reste, sans risquer cette escalade, on a de tous les points de l'enceinte du Haut-Barr, une vue magnifique, dont les lointains vaporeux de la chaîne des Vosges et de la Forêt-Noire forment le cadre.
Selon une tradition tros-accréditée, un souterrain s'étendrait du château jusqu'à l'église paroissiale de Saverne A l'époque des troubles religieux, la statue du Christ, en or massif, et les statues des douze Apôtres , en argent massif, qui ornaient la chapelle du châieau épiscopal, à Saverne, y au-
raient été cachées et y seraient enfouies. Un prince de la maison de Rohan, tenté par ces richesses, fit pratiquer, en 1774, des fouilles auxquelles il consacra des sommes considérables, mais sans retrouver le mystérieux souterrain. Ces fouilles, renouvelées depuis, n'ont pas eu un meilleur résultat.
Les murailles et le donjon du Haut- Barr occupent un énorme massif de ( rochers (grès rouge) , avec lequel le temps a tellement lié et cimenté la construction qu'à peine peut-on distinguer où s'arrête l'assise naturelle et où commencent les fondations dues à la main de l'homme.
Pour aller au Grand et au Petit- Géroldseck, on prend, à dr., en sortant du Haut-Barr, le sentier que Ton a suivi pour se rendre aux ruines, et qu'ombragent de grands arbres. On a ainsi, à g., la plaine dé couverte de l'Alsace, et, à dr., les hauteurs boisées de la vallée de la Zorn. Au delà de l'ancienne tour du télégraphe aérien, on atteint (10 à 15 min. du Haut-Barr) les ruines du Grand-Géroldseck , composées des restes d'une double enceinte, encore indiquée çà et là par des débris de murailles, et d'un donjon carré, en partie ruiné (du côté de l'O.) par la foudre qui le frappa en 1718. Les murs ont environ 2 met. 60 cent, d'épaisseur. On remarque, à la base au donjon , une salle d'armes trèscurieuse, récemment déblayée.
Le Petit Géroldseck se trouve à 10 min. environ du Grand-Géroldseck et presque sur la même ligne. 11 n'en reste plus qu'une tour carrée et une échauguette, à l'un des angles de l'enceinte.
Les deux châteaux paraissent avoir été fondés , vers la fin du xi* s. , par des seigneurs qui avaient la qualité de voués ou défenseurs de l'abbaye de Marmoutiers. Quelques annalistes font même remonter ces demeures féodales jusqu'à Gérold , comte de Souabe et frère d'Hildegarde, femme
de Charlemagne. En tout cas : « c'étaient de hauts et puissants seigneurs que ces comtes de Géroldseck, disent MM. Erckmann-Chatrian, dans un de leurs récits sur l'Alsace. Leur empire s'étendait du comté de Barr jusqu'au Sundgau, et du Mundat inférieur jusqu'au Bassigny en Champagne; les plus riches joyaux, les plus belles armes, les plus magnifiques tenturesparaient leurs somptueux châteaux d'Alsace et de Lorraine. » La famille des Géroldseck s'éteignit à la fin du xiv* s., et le domaine, partagé, passa en différentes mains. Aujourd'hui ces ruines sont la propriété de l'État.
De nombreuses légendes se rattachent à l'histoire du Haut-Barr et des deux Géroldseck. Elles ne sauraient trouver place ici ; mais nous signalerons aux lecteurs, curieux de ces traditions: les Antiquités du Haut et du Bas-Rhin, par MM. de Golbery et Schweighaeuser; la Revue d'Alsace; l'ouvrage de M. Klein sur Saverne ; les Légendes alsaciennes de M. Auguste Stœber (en allemand : Die sagen des Elsasses, in-8, 1851) ; un Voyage pittoresque en Alsace, par M. de Rouvrois; enfin les nombreux contes légendaires de MM. Erckmann- Chatrian, etc.
do GreifexiBtein et Saint-Vit. - (2 h. 1/2 à 3 h. aller et retour.) "
On redescend la grande rue de Saverne et l'on suit d'abord pendant quelques instants le bord du canal, comme pour se rendre au Haut-Barr; puis, traversant le canal et tournant à g., on prend un chemin tracé entre le canal , à g., la Zorn et le chemin de fer à dr. Après 10 ou 15 min. de marche, on atteint, au delà de la Zorn et du chemin de fer, la scierie de Ramsthal, près de laquelle se présentent deux chemins avec un poteau indicateur portant ces mots : chemin de Greifenstein. Le chemin de dr.
conduit aux ruines du Greifenstein; celui de g., à la grotte de Saint-Vit.