ROUTE 1] LES GÉROLDSECK
On peut suivre l'un en allant et l'autre en revenant, indifféremment. Toutefois l'excursion offre plus d'agrément en la commençant par le Greifenstein et en revenant par Saint- Vit: c'est l'itinéraire que nous indiquerons. — Le sentier de dr., large, rapide, sablonneux, s'engage bientôt dans la forêt où l'enferment deux rideaux de sapins, au milieu desquels se montrent quelques masses de rochers. En une 1/2 heure de marche, on atteint, sur un ressaut de la montagne, les ruines du Greifenstein {Roche des Faucons), à demi cachées par les arbres. Deux tours, dont l'une presque entièrement ruinée et quelques vestiges de constructions indiquant le tracé d'une double enceinte, sont les seuls restes de cet antique manoir, dont les maîtres appartenaient à Tune des familles les plus anciennes de l'Alsace. — Les ruines, qui auraient, croit-on, formé deux châteaux distincts, séparés par un fossé profond, mais entourés d'une enceinte commune, sont situées à 2 kil.
environ de la grotte de Saint-Vit, à laquelle on peut se rendre sans revenir à la bifurcation que nous avons indiquée au fond de la vallée. 11 faut pour cela remonter, par un sentier contournant les ruines, sur le plateau qui les domine. On traverse alors une clairière assez vaste, en appuyant vers la g., au S. 0., dans la direction de la vallée de la Zorn. On ne tarde pas à rencontrer (25 à 30 min.) au delà d'une belle prairie , au sommet du plateau , une métairie ruinée. En la contournant, on trouve un sentier qui conduit directement à la grotte de Saint Vit, vaste cavité creusée dans un immense rocher qui surplombe la vallée à une hauteur de 150 à 200 mèt. (399 mèt. d'altit.). L'entrée de la grotte, fermée par une grille en bois, présente une sorte de plein cintre naturel, au delà duquel on aperçoit, sous une haute voûte rocheuse, un modeste autel en bois, orné de vases, de statuettes en plâtre
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enluminées, et constellé sur le devant de figures grossières en fer représentant des crapauds, offrande singulière des pèlerins qui viennent, encore aujourd'hui, invoquer la protection du saint. Ce lieu est, en effet, célèbre en Alsace, a Cette chapelle, dit le Dictionnaire du Haut et du Bas-Rhin, eut longtemps la réputation de guérir les malades attaqués de la chorée épidémique qui s'y rendaient en pèlerinage. Les femmes sujettes à des maladies hystériques y venaient aussi invoquer le saint et déposaient sur l'autel des crapauds en fer, dans l'espoir d'être guéries au moyen de cette bizarre cérémonie, qui semble avoir survécu au paganisme. Le cardinal Louis-Constantin de Rohan, lors de sa visite épiscopale en 1758, fit défense d'exposer désormais sur l'autel de Saint-Vit des crapauds de fer ou autres signes superstitieux ; mais cette coutume s'est continuée jusqu'à nos jours. »
Un office religieux, qui attire un certain nombre de fidèles, est célébré dans la grotte de Saint-Vit, le premier dimanche du mois de mai.
Un sentier, contournant les rochers, conduit à un chemin charmant qui redescend, d'abord à travers bois sur le plateau, puis, en dominant la vallée de la Zorn et le chemin de fer, jusqu'au point d'embranchement où nous avons signalé le pot. au indicateur du chemin de Greifenstein.
Rocher du Saut do Prlnee-Gharlea. — Côte de Baverae. — La SchUttenbaeh.
Le Rocher du Prince-Charles, à
2 kil. environ de Saverne, est une des curiosités les plus populaires des environs. C'est un énorme escarpement rocheux (grès rouge), surplombant d'une vingtaine de mètres une gorge profonde, appelée le vallon de la Schliltenbach, et arrosée par un ruisseau, affluent de la Zorn. On rapporte qu'un prince Lorrain du nom de Charles, emporté par son cheval, aurait
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franchi Pabtme qui sépare le sommet du rocher du bord supérieur de la gorge ouverte au-dessous ; et, après ce saut hardi, le cheval et le cavalier auraient heureusement continué leur course. L'empreinte de quatre fers de cheval que l'on montre à la base du rocher, et que l'on a soin de rajeunir de temps en temps, est, du reste, le seul "témoignage qui garantisse l'authenticité de la tradition.
On se rend au rocher du Prince- Charles, en remontant la route de Phalsbourg, sur la g. de laquelle on trouve (35 ou 40 min. de Saverne) deux sentiers , commençant à peu de distance l'un de l'autre. Tous deux sont ombragés et conduisent au Saut du Prince-Charles, le premier par le vallon, le second parla hauteur ; mais il est préférable, si l'on veut éviter une montée assez pénible, de suivre celui qui aboutit au plateau supérieur formé par le rocher. Ce sentier se présente à l'un des tournants de la route, en deçà de la fontaine monumentale élevée aux anciennes limites de la Lorraine et de l'Alsace. 10 min. de marche sous bois suffisent pour atteindre le Saut du Prince- Charles, dont on doit aborder avec précaution l'escarpement, qui se prolonge comme une voûte naturelle sur la vallée. On rapporte à ce sujet qu'un jeune Alsacien de retour à Saverne, voulut, au mois de décembre, vers six heures du soir, aller revoir le Saut du Prince- Charles. Aucun avis ne put le retenir, il persista quand même dans son dessein : mais, arrivé sur le plateau et trompé par les premières ombres du crépuscule, il approcha trop de la limite de l'escarpement et roula dans le précipice où il perdit la vie. — Un sentier, contournant le rocher, conduit à sa base et au rebord du versant rapide du vallon de la Schlittenbach.
Au pied du Saut du Prince-Charles, passe un chemin qui formait anciennement la principale communication entre Saverne et Phalsbourg. Une pierre scellée dans le grès rouge
porte une inscription allemande qui se traduit ainsi : « Cette route a été ouverte pour la première fois Van du Seigneur 1616. » Il paraît toutefois que la route aurait été ouverte dès 1427, et seulement réparée en 1616.
— La magnifique route actuelle, dont le premier tracé remonte au règne de Louis XIV, fut définitivement entreprise en 1728 et terminée en 1737.
Elle a 10 met. de largeur, une pente moyenne de 58 millim. par mètre, et compte 14 ponts ou viaducs, dont le plus important a 30 mèt. de longueur.
Nous ne saurions trop engager les touristes, qui ne sont pas venus à Saverne par Phalsbourg, à remonter cette route jusqu'à la fontaine de l'obélisque (V. ci-dessus, p. 74), pour jouir du magnifique panorama que l'on découvre de ce point. — Presque en face de la fontaine, s'ouvre un sentier par lequel, en appuyant à g., on revient au rocher du Prince-Charles.
Du rocher du Prince-Charles, on revient à Saverne, soit en suivant le vieux chemin à la base de l'escarpement, soit en redescendant immédiatement au fond du vallon, par le versant assez roide et difficile qui le domine. On arrive alors sur le bord du ruisseau que longe un agréable sentier. Au débouché du vallon dans la vallée de la Zorn, on aperçoit une jolie maison de campagne enveloppée dans la verdure d'un charmant jardin.
C'est la Schlittenbach, comme on l'appelle habituellement, la demeure de M. Edmond About, le spirituel écrivain à qui l'on doit : la Grèce contemporaine, le Roi des montagnes, les Mariages de Paris, Germaine, Madelon, Rome contemporaine et tant d'autres œuvres remarquables.
Saint-Jean-des Choux et la chapelle Saint-Michel. — (5 kil.j 3 h. aller et retour.)
Deux chemins, à peu près d'égale longueur, conduisent à Saint-Jeandes-Choux, l'nn par Eckartswiller, l'autre par Monswiller. On pourra