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DE SA VERNE A LA PETITE -P 1ER HE, PAR LE CRAUFTHAL

On suit la route de Phalsbourg jusqu'au sommet de la côte de Saverne (6 kil.). Là, à côté de la colonne en grès rouge ( V. ci-dessus, p. 74), qui marque la limite des départ, de la Meurthe et du Bas -Rhin, s'ouvre un chemin qui conduit directement au Craufthal. — Il faut prendre ce chemin et le suivre, sans se laisser détourner par aucun des sentiers plus ou moins larges qui viennent y aboutir. Il reste constamment dans la forêt pendant 5 à 6 kil. (1 h. de marche depuis la colonne), jusqu'à la scierie de Haberhoff, où il entre dans la vallée de la Zinzel, petit affluent de la Zorn. — Les truites et les écrevisses de HaberhotT sont renommées.

— A 2 kil. environ au delà de la scierie, le chemin se bifurque au pied d'un grand coteau rocheux (334 met.

d'altit.) ; l'embranchement de dr. se continue jusqu'à lafetite-Pierre ; celui de g. conduit au Craufthal, en longeant le coteau à dr. et la Zinzel à g. On passe au-dessous du v. d'Eschbourg (794 hab.), et, à 1 kil. plus loin (10 à 15 min. de marche), on entre dans le curieux et pittoresque hameau du Craufthal, dépendant de la commune d'Esch bourg. Il est situé en partie au fond de la vallée, sur les bords de la Zinzel, en partie sur le versant de la montagne où les habitants pauvres se sont creusé des demeures dans le rocher (Grès vosgien).

«Figurez-vous, dit Évariste Thévenin, dans ses Souvenirs de voyage en Alsace et dans les Vosges, une centaine de baraques éparses ou groupées et dominées par un mur de granit (grès vosgien) haut de plus de 20') pieds (65 à 70 mèt.) , et dans les anfractuosités duquel la partie la plus pauvre de la population s'est créé des habitations.

Le creux du rocher forme trois côtés plus ou moins réguliers de leur chambre, dont le quatrième côté est formé par un mur de façade, dans lequel,

sont pratiquées une porte et une fenêtre. Ainsi trois parois sur quatre, le sol, le plafond, la cheminée, les placards, le siège circulaire et même quelquefois la table, tout est de granit. La fumée s'échappe par un trou percé dans le toit. Devant le seuil de la maison règne une corniche qui sert de rue et de balcon. »

Il existait autrefois au Craufthal une abbaye de filles' de l'ordre de Saint-Benoît, fondée au x# s. Elle fut supprimée et détruite au milieu du xvi« s. (1550), par un comte palatin partisan de la Réforme ; les biens et revenus en furent alors vendus aux princes de Phalsbourg. C'est du moins ce qui résulte d'une inscription tracée sur une vieille dalle que renferme l'église du hameau.

On peut gagner la Petite-Pierre par les hauteurs qui dominent le Craufthal au N. E., et ce chemin abrège un peu; mais il est plus sûr de revenir à la bifurcation prendre le chemin direct, tracé dans une gorge solitaire et profonde qu'arrose un ruisseau, affluent de la Zinz?l.

Du point de bifurcation à la Petite- Pierre, on compte 8 à 9 kil. environ (1 h. 1/2 de marche). Dans ce parcours, on n'aperçoit guère qu'une ou deux scieries ou moulins : le moulin d'Eschbourg, à 2 kil. 1/2 de la bifurcation, et le moulin de Lutzelstein, à 5 kil. Enfin, après avoir dépassé, à g., un vallon latéral, la hauteur de l'Altenberg (398 mèt. d ait.) que l'on contourne, et le fort de la Petite- Pierre, on atteint la Petite-Pierre (hôt. des Trois- R»se s), en allemand LutzeUtein* ou mieux Lichtenstcin, ch.-l. de c. de 1037 hab., traversé par la route de Sarreguemmes à Ha* guenau que commande le fort. Cette petite ville, située sur la crête des Vosges, dans une région de forêts magnifiques où dominent le hêtre et le chêne, formait autrefois, sous le titre de comté de Lutzelstein, une seigneurie possédée par des seigneurs particuliers dont le dernier mourut

en 1460. Après être passée dans les mains des comtes palatins, puis ensuite dans celles des princes de Birkenfeld et de Sultzbach, elle fut occupée par la France sous le règne de Louis XIV. Turenne y éleva alors, sur l'emplacement d'un ancien château, à ce que Ton présume, une redoute dont il reste encore des vestiges, et qui a été remplacée par le fort actuel. Ce dernier, bâti sur l'Altenberg, n'a de remarquable que sa position à demi-hauteur de l'immense escarpement de grès vosgien qui s'élève au S. de la ville ; les ouvrages avancés taillés dans le roc, sont soutenus çà et là par d'épaisses murailles. A l'intérieur du fort se trouve une citerne très-profonde et d'un travail curieux. Le fort communique avec la ville par un pont-levis qui s'abaisse sur une place d'armes où s'élève l'église paroissiale.

Du sommet de l'Altenberg, à 700 ou 800 mèt. au S. du fort, on découvre une fort belle vue sur le paysage environnant. — Nous signalerons particulièrement , parmi les grands rochers qui entourent la Petite- Pierre, celui que sa forme a fait désigner sous le nom de Froschenkopf {tête de grenouille). — Nous indiquerons, en outre , au point de vue archéologique , quelques constructions curieuses, notamment un bâtiment appelé Heidenthurm et que la tradition attribue aux Romains.

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