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LA CATHÉDRALE

avant du portail. Une façade, construite en 1494, par Jacques de Landshut, masque l'ancien portail du N.

A l'intérieur, la grande nef, percée de vastes fenêtres ogivales, est soutenue, de chaque côté, par sept faisceaux de colonnes. Elle mesure 115 mèt. 30 de longueur, 43 met. environ de largeur et 23 mèt. 60 de hauteur.

On y remarque : les magnifiques vitraux (xiv* s.), récemment restaurés, de Jean de Kirchheim, de Jean Markgraf, de Jacques Vischer, des frères Link; la chaire, chef-d'œuvre du sculpteur Jean Hammerer (1486), et les orgues d'André Silbermann (17 14).

A l'extrémité de l'aile méridionale, sur le côté dr. du chœur, en face d'une statue de l'évèque Wernher, par . M. Friederich, se trouve l'horloge astronomique, construite de 1838 à 1842 par M. Schwilgué. Elle renferme un comput ecclésiastique avec toutes ses indications, un calendrier perpétuel avec le? fêtes mobiles, un planétaire d'après le système de Copernic, présentant les révolutions moyennes tropiques de chacune des planètes visibles à l'œil nu, les phases de la lune, les éclipses, le temps apparent et le temps sidéral, une sphère céleste avec la précession des équinoxes, les équations solaires et lunaires pour la réduction des mouvements moyens du soleil et de la lune en temps et lieux vrais, etc. Une série de statuettes mécaniques forment, à chaque heure de la journée, et principalement à midi, diverses évolutions, sur le devant du petit édifice qui renferme l'horloge. A la première galerie de l'horloge, un ange sonne les quarts d'heure, au moyen d'une cloche qu'il tient à la main; à côté, on voit un génie retourner un sablier après chaque heure. Plus haut un enfant, un adolescent, un homme dans l'âge mûr et un vieillard, représentant les différentes époques de la vie, tournent autour d'une figure du Temps qui frappe également l'heure.

Au-dessous de la première galerie, se

présente chaque jour une figure symbolique de ce jour; enfin, à la galerie la plus élevée , et à l'heure de midi seulement, les douze apôtres viennent tourner autour du Christ, Une petite tourelle placée à g. du corps principal du mécanisme, et renfermant les poids, est surmontée d'un coq qui signale l'heure par un jeu mobile de la tête. — Ce spectacle mécanique attire habituellement un grand nombre de curieux, à midi, heure à laquelle se développe le plus complètement le mouvement des statuettes.

L'horloge de M. Schwilgué a coûté à cet habile mécanicien quatre années de travail. Elle remplace une horloge du même genre érigée au xvie s.

(1570), sur les phns de Conrad Dasypodius, savant professeur de mathématiques. Celle-ci avait également remplacé une très -curieuse horloge astronomique, construite au xiv* s.

(1352) et adossée à la muraille qui fait face à l'horloge actuelle.

Le chœur de la cathédrale, surmonté d'une coupole octogonale, précède une abside peu profonda. — La chapelle Saint-André, d'un style ancien, renferme les sépultures de plusieurs évêques. — Dans la chapelle Saint -Jean- Baptiste est le beau monument gothique élevé à Conrad de Lichtenberg, mort en 1229, et, à l'entrée, un baptistère en pierre, chefd'œuvre de Josse Dotzinger, mort en 1449. — Une chapelle de l'aile dr.

[chapelle de la Croix), dédiée à sainte Catherine, contient aussi un tombeau, remarquable par le nombre de figures qui le décorent et la manière dont elles sont groupées. — Parmi les tableaux de peintres strasbourgeois qui ornent l'église, on remarque :

V Adoration des bergers, par Guérin; VE/uevelissement de Jésus-Christ , par Klein; l'Ascension, par Heim.— A l'entrée de la crypte, on voit un très-ancien groupe représentant Jésus-Christ pris par les soldats sur la montagne des Oliviers.

On descend à la crypte par un

DE PARIS A

douhle escalier, s'ouvrant de chaque côté du chœur. Cette cryte, s'étendant sous toute la longueur du chœur, a été restaurée il y a une quinzaine d'années et mérite d'être visitée. « Elle est, dit M. Schmidt, dans son intéressante Notice sur la cathédrale de Strasbourg, d'un style plus ancien que les constructions exécutées par Erwin de Steinbach; peut-être est-elle un reste de l'édifice élevé par l'évêque Vernher, au commencement du xi* s.:

la forme des piliers, les chapiteaux cubiques, les arcs exclusivement en plein cintre nous ramènent à cette époque. Cette crypte, qui s'est conservée à travers toutes les vicissitudes qu'à dû subir la cathédrale dans le cours des siècles, forme une nef avec deux absides et un chœur arrondi. Le long des murs de la nef, se trouvent des bancs en pierre. A quatre piliers du fond on voit encore des gonds qui prouvent que cette partie pouvait être fermée par une double porte. »

Nous n'avons pu qu'indiquer sommairement ici les dispositions générales d'architecture et d'ornementation de ce magnifique édifice; il faudrait un volume pour signaler en détail toutes les richesses sculpturales de la cathédrale de Strasbourg; mais ce que nous pouvons ajouter, c'est qu'elle éveille, chaque fois qu'on la visite, un sentiment plus vif d'admiration. Rien ne saurait rendre l'impression de recueillement que l'on éprouve quand on entre dans ce vaste et beau vaisseau où les vitraux de couleur ne laissent pénétrer qu'une lumière adoucie, et nuancée des teintes les plus riches lorsque le soleil vient frapper les grandes fenêtres ogivales de la nef. Au dehors, la façade, divisée en trois parties par ses immenses contre-forts montant jusqu'à la plate -forme, surmontée de sa flèche qui dépasse en hauteur tous les édifices de l'Europe, percée de sa triple entrée splendidement sculptée, ornée de sa rose si hardie, si légère , a une grandeur qui frappe fortement

l'imagination. La teinte rouge-brun du grès vosgien employé à la construction de l'édifice, donne encore à sa physionomie architecturale un caractère plus spécial d'originalité.

L'ascension de la plate-forme qui s'étend entre les deux tours forme le complément indispensable d'une visite à la cathédrale de Strasbourg. C'est de là seulement, que l'on peut bien apprécier le développement de l'immense monument. On y jouit en outre d'un vaste panorama sur la ville étalée à ses pieds, la vallée du Rhin, les Vosges et la Forêt-Noire. L'entrée de l'escalier de la plate-forme (330 marches) se trouve sur la place du Château, à la base S. de la tour du S.

Après avoir gravi quelques marches, on rencontre la loge du gardien, qui, . moyennant la légère redevance de 15 c. , donne accès dans la tour. La plate-forme, très-vaste, est entourée d'une élégante balustrade en pierre.

— Du côté du S. on a établi une maisonnette, où se tiennent les gardiens chargés de sonner les heures et de donner l'alarme en cas d'incendie.

Nous signalerons, parmi les noms gravés en grand nombre, soit sur les pans extérieurs, soit sur les murs intérieurs du vestibule où commence l'escalier de la flèche proprement dite, ceux de Goethe, de Herder, de Lavater, d'Oehlenschlàger, celui de Voltaire, et ceux plus modernes du duc d'Angoulêmejde la duchesse de Wurtemberg, de Ziégler, de M. de Montalembert, de M. de Persigny. Sur le côté g. extérieur de la tourelle, on voit une signature d'un inconnu que l'on fait remonter à l'année 1370.

La vue dont on jouit de cette terrasse est magnifique; de ce point on se fait une idée précise de la direction générale des Vosges et de la Forêt-Noire. On aperçoit la chaîne des Vosges en se tournant vers l'O., immédiatement en face du parvis et de la place Gutenberg. A l'E. , où l'on domine toute la toiture de l'édifice, se développe au delà du Rhin

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