ROUTE 15] EU.— LE CHÂTEAU.— L’ÉGLISE ST-LAURENT
en comble ; de vastes et nombreuses dépendances y furent ajoutées; le parc fut presque doublé par des acquisitions de terrains qui en reculèrent les limites jusqu'à la Bresle et jusqu’au canal.
Le château d Eu, une des résidences favorites de Louis-Philippe, qui y reçut deux fois (1843 et 1845) la visite de la reine Victoria, se compose aujourd’hui, outre les dépendances, d’un vaste bâtiment en briques, à pilastres de pierre, présentant une façade de 94 mèt. 49 cent, de longueur. Depuis l’expropriation de la famille d’Orléans, les appartements ont perdu leur ameublement. La magnifique collection de portraits historiques qui les décorait a également disparu ; les visiteurs sont réduits à admirer les beaux parquets dont Louis-Philippe s’était plu à orner sa demeure de prédilection. La chapelle seule a été respectée; elle renferme de riches vitraux, exécutés à la manufacture de Sèvres, d’après les dessins de Chenavard et de Paul Delaroche. Le parc, qui couvre une superficie de 46 hectares, renferme plusieurs bassins alimentés par les eaux de la Bresle ; malheureusement, il est aujourd’hui (surtout la parde basse) dans un triste état d’abandon, ce que l’on ne saurait trop regretter, car sa situation pittoresque et ses splendides ombrages en font, sans contredit, un des plus beaux parcs de France. A l’entrée, près de la chapelle, on remarque des hêtres magnifiques, au milieu desquels Louis-Philippe, s’appuyant sur une tradition qui paraît erronée, a fait placer une table de marbre avec cette inscription :
c’est ici que les guises tenaient