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CONSEIL AU XVI« SIÈCLE

Mlle de Montpensier dit positivement dans ses Mémoires que, lorsqu’elle fit l’acquisition du domaine d’Eu, le château n’avait pas de jardin. Pour se promener, il lui fallait aller chez M. de Mathomesnil, au faubourg actuel

de ce nom. Les abords du château ont été, sous Louis-Philippe, transformés en une esplanade d’où l’on découvre une belle vue. Le parc et le château sont ouverts tous les jours aux étrangers.

L’église Saint-Laurent, une des

plus belles églises de Normandie, classée parmi les monuments historiques, s’élève sur la place qui précède celle du château. C’est un édifice ogival qui a remplacé, en 1186, une ancienne église collégiale où avait été célébré, en 1050, le mariage de Guillaume le Conquérant et de la princesse Mathilde. Il ne reste de l’église primitive que les deux tours romanes qui flanquent le chevet au N. et au S., et les piliers ronds du fond du chœur. Dès 1119, la collégiale était devenue l’église abbatiale d’un couvent adjacent. Le chœur actuel a été construit par les abbés Jean Wallier et Pierre d’Elbène (1580). Le portail principal est composé de trois portes : celle du milieu offre une splendide voussure supportée par six colonnes de marbre; les portes latérales sont soutenues chacune par trois colonnes à crosses. Ce portail est surmonté d’une belle fenêtre encadrant trois charmantes ogives ; audessus, quatre clochetons couronnent des contre-forts complètement nus.

La porte latérale du S. date de 1747.

Le transsept du N. offre une grande rose du xii' siècle, encadrant une ogive refaite au xvr; celui du S.

présente une forêt d’arceaux , de contre-forts, de clochetons et de pinacles. « Le pourtour du chœur, dit M. l’abbé Cochet (Les Églises de l'arrondissement de Dieppe), présente trois étages de contre-forts superposés et couronnés de pyramides à crochets. Des murs jaillissent une foule d’aiguilles squammées et reliées entre elles par des arcs-boutants surmontés de balustrades. » Les fenêtres appartiennent au style flamboyant des xv* et xvi' siècles. L’édifice a 80 mèt. de longueur dans œuvre,

DE PARIS Aü TRÉPORT.

17 mèt. de largeur dans la nef, et 21 mèt. d’élévation sous la clef de voûte. Les piliers de la nef, à chapiteaux ornementés, sont reliés les uns aux autres par des arcs de pierre surmontés d’une balustrade à jour et construits sous les archivoltes. Louis- Philippe, à qui est due aussi la belle verrière du portail, a fait reconstruire la voûte. Deux colonnes en marbre noir s’élèvent à l’entrée du sanctuaire : l’une supporte une urne en bronze contenant le cœur de Catherine de Clèves; l’autre est érigée â la mémoire du prince de Dombes, qui succomba le 1" octobre 1 765, dans une rencontre avec le marquis de Coigny. — Dans la chapelle de la Vierge, derrière le chœur, se voit une Vierge en bois, plusieurs fois peinte et repeinte. Suivant la tradition, cette statue serait l’œuvre et le don de l’un des frères Anguier ; ce serait ce que l’on appelait alors son chef-d’œuvre, c’est-à-dire le morceau de sculpture présenté par lui pour sa réception dans la corporation des maîtres sculpteurs. — La chapelle du Saint-Sépulcre (xvi* s.), dans laquelle on descend par un escalier de cinq marches, renferme un groupe représentant ['Ensevelissement du Christ. — Sous le chœur de l’église, s’ouvre une crypte , saccagée pendant la Révolution et restaurée par le roi Louis-Philippe. On y voit les tombeaux (statues en pierre ou en marbre) de plusieurs princes et princesses de la famille d’Artois. La châsse contenant les reliques de saint Laurent (Lawrence O’Toole) , est exposée au fond de l’arrière-chœur, au-dessus du maître-autel, sous un baldaquin du plus mauvais goût. Avant la Révolution, plusieurs des mausoléesdes princes de la maisond'Artois, dont Louis- Philippe fit rassembler et restaurer les débris, étaient placés dans le sanctuaire où l’on prête à M. Viollet-le-Duc l’intention de les replacer tels qu’ils étaient primitivement. Celui de Philippe d’Artois fait prisonnier à la ba-

taille de Nicopolis, et mort en captivité à Micalitza, en 1397, était particulièrement remarquable. La figure couchée sur le tombeau, était complètement entourée d’une grille de fer.

L’église Saint-Laurent est, depuis plusieurs années, l’objet d’importantes restaurations exécutées aux frais de la ville et de l’État, sous la direction de M. Viollet-le-Duc; les travaux sont très-avancés.

La chapelle du collège (mon.

hist.), ancienne église des Jésuites, fut fondée par Catherine de Clèves, en 1624, et terminée en 1626. C'est un édifice en briques et en pierre, construit dans le style rhénan, par une galanterie de l’architecte à l'adresse de la fondatrice. Elle renferme le cénotaphe de Henri de Guise le Balafré, assassiné à Blois, et dont les cendres furent jetées au vent, et les sépultures de Catherine de Clèves, sa femme, et de leur fille, la princesse de Conti. Ces tombeaux magnifiques, attribués à tort à Germain Pilon, ont été exécutés à Gênes par un artiste inconnu.

Le tribunal de commerce occupait autrefois l’ancien hôpital Sainte- Anne, fondé par Mlle de Montpensier et transformé maintenant en une caserne d’infanterie

Le canal d’Eu au Tréport , creusé sous le règne de Louis-Philippe , vers 1830, a rendu à Eu la qualité de ville maritime qu’elle possédait il y a plusieurs siècles, avant que des atterrissements successifs n’eussent encombré la vallée de la Bresle. Ce canal, long de 3375 mèt., se confond, sur tout son parcours, avec la rivière de la Bres e. Son tirant d'eau normal est de 4 mèt.

20 cent.

Les moulins Packam , établis sous Louis-Philippe, près du château, sont les seuls établissements industriels remarquables d'Eu. Ils renferment une scierie mécanique, une huilerie et une fabrique de biscuits de mer.

Au point culminant du plateau qui

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