ROUTE 15] FORÊT D’EU
domine Eu au nord, à 1800 mèt. de la ville, sur la rive droite de la Bresle et près de la route d'Abbeville, la chapelle Saint-Laurent , petit édifice sans intérêt, attire un grand nombre de pèlerins. Elle a été bâtie à l’endroit où s’arrêta, pour se reposer, saint Laurent, archevêque de Dublin, venu en France au xxi* siècle, afin de solliciteren faveur des Irlandais la protection d’Henri II, roi d’Angleterre et duc de Normandie. De cette chapelle , comme de la route d’Abbeville et de celle de Saint-Valéry, on découvre une belle vue sur la vallée de la Bresle et sur la mer.
On peut faire d’intéressantes excursions dans la forêt d'en, qui. s’étendant vers le S. E., au sommet des coteaux qui bordent de ce côté la vallée de la Bresle, compte 7.500 à 8000 hectares de superficie. Entrecoupée de clairières immenses, elle a 30 à 40 kil. dans sa plus grande longueur, et s'étend jusqu'aux environs de Neufchâtel ; mais sa plus grande largeur ne dépassé pas 8 ou 10 kil. Avant la Révolution, cette forêt rapportait annuellement 150000 livres de revenu au duc de Penthièvre. Le point de vue le plus recom mandé aux touristes est celui du (10 kil. env ) Mont-d'Orléans.
Sortant d’Eu par le faubourg de Mathotnesnil, on suit d’abord la route de Neufchâtel ; puis, à 1 kil., on prend sur la g. un chemin qui mène à la forêt par la ferme des Hayettes et (4 kil. d’Eu) Saint- Pierre-en-Val (618 hab.). Dans la forêt, à (6 kil.) la Madeleine, au point de rencontre du chemin d’Eu à Blangy par Beaumont-sur- Eu , commence la route Clémrntine, qu'il faut suivre. Cette route, construite par ordre du roi Louis-Philippe, presque uniquement pour ses promenades dans la forêt, est un chemin très-sinueux, très-montueux et très- malaisé, excepte peut être après plusieurs jours ou plutôt après plusieurs semaines d'une grande secheresse Elle contourne, en lacets et •ous forme de corniche, les gorges du versant occidental de la vallée de la Bresle. La partie de la forêt qu’elle traverse est remarquable par son caractère pittoresque et sauvage. Au fond des gorges, le hêtre, poussant avec une vigueur extraordinaire, atteint une grande hauteur. Du plateau appelé Mont-d'Orléans, auquel conduit la route Clémentine, on découvre une vue
- EXCURSIONS
fort étendue sur la forêt, les plateaux de la Picardie et la vallée de la Bresle, tapissée de verdure et couverte d’usines. Le bourg de Gamaches (1986 hab ), que l’on peut apercevoir dans cette vallée, au loin, vers l’E., et à l’embouchure de la Vismes ou Vimeuse, a conservé quelques mines d’un ancien château fort et une belle église du xii* et du xiii* s. (mon. hist.), renfermant une cuve baptismale de la Renaissance et de curieuses inscriptions tumulaires. Sur la place de ce bourg, chef-lieu de canton du départ, de la Somme. (R. 17) se voit un marronnier gigantesque planté, à ce que l’on croit, en 1598, à l'occasion de la paix de Vervins. Cet arbre serait ajnsi de 67 ans plus vieux que le premier marronnier planté à Paris.
Du Mont-d’Orléans, on descend, par un chemin en lacets, à (7 kil.d’Eu)/nche»if/e (540. hab.), où l’on a le choix, pour retourner à Eu, entre deux routes d’une longueur à peu près égale. La première, plus fraîche en été et un peu plus courte, mais moins bonne pour les voitures, suivant la rive normande (la rive g.
de la Bresle), longe la forêt et le Boisl'Abbé, actuellement en voie de défrichement (1865). Dans ce bois se trouvent les restes d’un établissement romain (mon.
hist.) que les anciens titres appellent Augusta. On passe ensuite à l’extrémité méridionale de (9 kil. d’Eu) Ponts (259 hab. ), et à Harancourt. hameau qui formait jadis une paroisse distincte. — La seconde route, par la rive picarde ou rive dr. de la Bresle, traverse, en sortant d’Incheville, de fraîches prairies et rejoint, à l’extrémité occidentale de (8 kil.) Beauchamp (421 hab. '. la route impériale de Paris au Tréport. De Beauchamp, on gagne !6 kil. d’Eu) Bo tir incourt (392 hab.). Une voie romaine, dite Chaussée Brunehaut.
venant d’Amiens, et dont il subsiste de remarquables vestiges, descendait à Beauchamp dans la vallée de la Bresle, qu’elle franchissait à Bouvaincourt, pour se diriger vers la mer, par Augnsta et par Eu. Elle pénétrait dans cette dernière ville par une porte dite porte de César et une rue appelée rue de l’Empire. Au delà de Bouvaincourt, on laisse sur la g. (4 kil. d’Eu) le village A'Oust-M /irais (35o hab.), ou mieuxAouale, qui parait devoir son nom à Augusta. On passe ensuite à l’extrémité septentrionale de Ponts (K. ci-dessus), qui occupe toute la largeur de la vallée.
D’Eu à Aumale, R. 17.
DE PARIS AU TRÉPORT
Au sortir d’Eu, la route du Tréport, gravissant d’abord une rampe assez roide, longe à droite le mur de clôture -du parc, appelé vulgairement la longue muraille, à gauche les glacis gazonnés qui servent de limite à la ferme et au bois du Parc.
A 1 kil. d’Eu, elle descend en décrivant une courbe jusque vis-à-vis de la chapelle de Sainte-Croix. Sur la gauche se montrent, au delà de beaux pâturages, les bâtiments de la ferme et une partie du bois. Après une nouvelle courbe assez légère et une petite côte, on gagne, par une pente douce, le fond de la vallée de la Bresle et l’on se dirige presque en ligne droite vers le Tréport. On remarque à dr. de la route, à 3 kil. environ d’Eu, la chapelle du prieuré de Sainte-Croix-de-Flamanville (xi* s.), fondée par le comte Robert II, et une croix indiquant l'emplacement de la maladrerie de Saint-Nicolas.
236 kil. Le Tréport.