‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 169 sur 499 · ROUTE 25] SAINT-GERMER. — DANGU · texte numérisé non relu

ROUTE 25] SAINT-GERMER. — DANGU

choux ou crochets, 48 fleurons, 10 aiguilles, 22 chapiteaux, 110 palettes, 150 mèt. de rinceaux et 200 pièces ou sujets en plomb. Le tout est couronné par la figure de l’ange gardien qui a plus de 2 mèt. Les grandes frises, au nombre de trois, représentent des végétaux et des animaux; les gargouilles chacune un spécimen d’un îles ordres de tous les animaux vertébrés, les poissons exceptés. La chapelle est décorée de nombreuses sculptures. La tour de l'horloge, qui domine toutes les autres, offre un panorama de 70 lieues de tour, on aperçoit, de son sommet, quatre départements : Eure, Oise, Seine-et- Oise, Seine-Inférieure ; le plus grand rayon dépasse 50 kil. Nous signalerons, à l'intérieur : le vestibule terminé sous François I" (belles portes, beau plafond, beaux bahuts de l’epoque, belles sculptures modernes de M. de Pulligoy); le grand salon de la fin du xv* s. (belle cheminée haute, plafond dessine et peint par M. de Puliigny, chenets et bahuts de l'époque) ; la serre, salle à manger d’hiver , salon d’été du temps d’Henri III (peintures à fresque de M. Beaugrand); la salle à manger d’été, finie sous Henri II (grande cheminee en pierre et chêne, nombreuses faïences dont un magnifique plat, peint par Palissy luimême, rapportées de ses voyages par M. de Puliigny, beau plafond de M. Guillaume); la cuisine, du temps d’Henri II (belle table d’un seul morceau) : le grand escalier, du temps de François 1" (coupe en marbre de Florence, frise de la Renaissance, peinte par M. Beaugrand , grand plafond peint par M. Guillaume, représentant l'architecture de la Renaissance^; la grande ch nnbre à coucher, de l’époque du château (décoration de M. de Puliigny, grand lit, meubles, étagères, curiosités rapportées des Indes par M. de Puliigny). Le second étage est complètement moderne. Au-dessus des combles sont des greniers pour

FH. .NÜUMANDIK.

les chouettes et autres oiseaux de nuit. La salle basse renferme une belle fontaine. — Écos, ch.-l. de canton de 538 hab., possède une église du xin" s.]

4 kil. plus loin, on croise un chemin conduisant, sur la g., à (1600 mèt.) Fontenay, et, sur la dr., à (l kil). Caha ignés (343 hab.). A Fontenay (302 hab.) se voit le petit château de Beauregard, où naquit, en 1639, l’abbé de Chaulieu, célèbre par ses poésies anacréontiques. Le parc, dont ce poète a chanté les agréments dans ses Louanges de la vie champêtre, existe encore à peu près tel qu’il était de son temps. On montre, sur le bord d'une pièce d'eau, un bouquet de sapins à l’ombrage desquels l’abbé aimait à rêver. Chaulieu mourut à Paris, mais ses restes furent transportés à Fontenay, conformément à ses dernières volontés.

On laisse à g. Cantiers (193 hab.), et à dr. le bois de Nemetz, près duquel a été bâti le château de ce nom.

19 kil. Les Thilliers-en-Vexin, v.

de 217 hab., où l’on croise la route de terre de Paris à Rouen par Pontoise.

22 kil. Vesly, v. de 628 hab., situé dans une contrée fertile, se compose de riches maisons de ferme et de nombreuses maisons bourgeoises. 11 est dominé à l’E. par un coteau d'où sortent de nombreuses sources , dont les eaux baignent le plateau.

On laisse à g. deux chemins conduisant, le premier à (4 kil.) C.hauvincourt, v. de 228 hab., sur la Bonde, et le second à (4 kil.) Bernouville (199 hab.) où l’on remarque les ruines d’un manoir fortifié. On descend dans la vallée de l’Epte à

26 kil. Dangu. v. de 586 hab. La forteresse de Dangu, bâtie à la fin du xi“ s., sur l’éminence qui domine la rive g. de l’Epte, était une place importante pour la défense des limites île la Normandie , aussi a-t-elle joué un grand rôle dans 1rs guerres du moyen âge. Elle se composait d’un donjon et de deux tours. Vers l'an 1400,

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Jacques de Bourbon , devenu possesseur de Dangu, abandonna cette for^teresse, dont il ne subsiste plus que trois mamelons de terre, et en fit élever une nouvelle, qui se rendit au roi d’Angleterre en 1411 et ne se soumit à Charles VII que trente ans après. Pillé et incendié, en 1 590, par ordre du duc de Mayenne, le château féodal de Dangu passa, vers le milieu du xvi* s., à la maison de Ferrières, puis, dans le xvu' s., à celle de Montmorency. Il servit de résidence au maréchal de Luxembourg. Il n'en reste aucun vestige.

« Le château actuel, dont la construction ne parait pas remonter plus loin que le xvu* s., avait été bâti, dit M. Gédéon Dubreuil, en immense fer à cheval, et en amphithéâtre, audessus des terrasses de cuisines et offices. Mais avant même, pensonsnous, qu’il ait appartenu au célèbre baron de Breteuil, qui fit construire à ses frais une route de la chaussée de Dangu jusqu’au haut du Mont-de- Magny, et que l’on nomme toujours le chemin du baron, les deux tiers en étaient déjà démolis. » Ce château, encore important, malgré les mutilations qu'il asubies. appartient actuellement à M. le comte F. de Lagrange.

Il renferme une charmante petite salle de spectacle, dans laquelle de grands personnages ont joué la comédie et l'opéra-comique. De la terrasse, qui surplombe une colline coupée presque à pic, on découvre un magnifique panorama. Le château de Dangu est entouré d’un vaste parc ( 100 hect.) planté de futaies séculaires et tapissé de belles pelouses.

M. le comte de Lagrange a récemment créé, à Dangu, un magnifique haras d’où sont sortis plusieurs chevaux célèbres, en tête desquels il faut placer Gladiateur. « La maison du régisseur, dit M. L.Demazy, rédacteur en chef du Jockey , et les boxes des poulinièr»ssont construites au milieu des herbages, où paissent juments et poulains. Les bâtiments du haras de

Dangu sont fort simples et assez semblables à ces fermes anglaises confortables et sans luxe. Seize boxes pour les juments, et deux autres précédées d’une cour spéciale entourée de murs pour les étalons, composent l’établissement principal. Les poulains d’un an, les « yearlings » autrement dits, ne quittent pas les « paddocks », et se retirent chaque soir dans d’excellents boxes-abris, bien clos et à toits de chaume, ce qui rend ces maisonnettes chaudes durant l’hiver et fraîches en été. »

Les enclos (10 à 15 hect.) sont séparés par deux talus et un fossé plein d’eau venant de l’Epte et dans lequel ont été ménagés des abreuvoirs. Le haras de Dangu, entouré d’immenses prairies dont la superficie est de 223 hect., renfermait, en 1865, cinq étalons, trente poulinières et trentesix poulains d’un an, sans compter les poulains nés dans l’année.

Dangu possède aussi une belle usine à cuivre et à zinc appartenant à M. de Lagrange, une ferme (également à M. de Lagrange) dont les terres ont été mises en prairies, les bâtiments restaurés, et qui forme un haras nouveau.

La route, après avoir franchi l’Epte, entre dans le départ de l’Oise et monte sur les coteaux de la rive dr.

de la rivière. Sur le plateau, on laisse (à 500 mèt.) à dr. le village de Cour celles- les- Gisors (706 hab.) où se voient les ruines pittoresques d’un château fort, près duquel fut livrée, en 1198, une bataille entre Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion.

A 1 kil. de la route, du côté opposé, la Levrière se jette dans l’Kpte, audessous de Néaufles-Saint-Martin (R.

27, p. 215). On rentre dans le départ, de l’Eure et l’on rejoint la route de Gisors à Pontoise (R. 14, p. 179), à 1 kil. de

34 kil. Gisors (hôt. : des Troù- Poissons; — de l’J?cu), V. de 3694 hab. , située dans une plaine fertile et I entourée de belles prairies qu’arrosent

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