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GISORS

décoré de nombreuses statuettes. Le portail du N. est un magnifique spécimen du style fleuri de la Renaissance. Les sculptures y sont semées à profusion. « Chaque pierre, dit M. Gédéon Dubreuil, y est travaillée avec autant de soin qu’un ouvrage d’orfèvrerie, et fouillée si avant qu’à peine l'œil peut en sonder la profondeur et le ciseau y pénétrer. »> Entre deux tourelles, délicatement ornées, s’élève un double pignon aigu : celui de dessous couronné d’une statue de la Vierge, celui de dessus, d’une cr ix. Ces pignons sont décorés de feuillages, de nervures, de clochetons, t te. Ce portail est un des plus beaux spécimens du style de la Renaissance qui existent dans toute la Normandie. Les deux portes en chêne sont des chefsd’œuvre de sculpture.

L’église de Gisors est la seule de l’Kure qui possède de doubles collatéraux. Les piliers, qui séparent, à l’intérieur, la nef principale des petites nefs , sont pour la plupart curieux à étudier. Celui que l’on désigne à Gisors sous le nom de pilier des marchands (1526) est à six pans dont chacun offre des groupes de sculptures représentant les différents corps de métiers qui ont contribué à son érection. Le pilier des dauphins mérite aussi une attention particulière. Le chœur est beaucoup plus bas que la nef. On remarque, en outre, dans l’église de Gisors : la menuiserie des orgues restaurées en 1844; la chaire à prêcher; le banc d’œuvre; de beaux vitraux (ceux qui sont placés au-dessus du maître-autel offrentles portraits en pied de Blanche de Castille et de Louis VIII , son époux) et surtout quelques magnifiques restes de sculptures attribuées à Jean Goujon, entre autres un squelette, sculpté dans un seul bloc de pierre, et enclavé dans le mur d’une chapelle latérale. Ces bas-reliefs, mutilés à la Révolution, représentaient la Descente de croix et le Trépassement de la Vierge. La chapelle de

DE VERNON A GISORS

fonts baptismaux possède un arbre de Jessé gigantesque , sculpté eu ronde bosse, à pleine pierre, haut de 15 mèt. et large de 7 mèt.

Les restes de l'antique forteresse forment encore un ensemble imposant de tours et de murailles en ruine. Du haut de la butte artificielle, sur laquelle il est bâti, le donjon domine tous ces débris de constructions d’un autre, âge. L’énorme tour dite tour de Saint-Thomas-de-Cantorbéry se dresse au centre du donjon , dans la cour duquel a été découvert, il y a quelques années, un grand puits qui a été déblayé et où l’on a trouvé la margelle qui en garnissait l’orifice.

Plusieurs pavés émaillés ont été retirés aussi du milieu des décombres.

La tour dite du Prisonnier, à l’un des angles de la première enceinte .

renferme, dans un étage inférieur, des sculptures représentant diverses scènes de la Passion ; des épisodes de tournois ; une femmeen prière, entouréed’une levrette, d’un agneau etd’une colombe; Adam et Ève, de chaque côté de l’arbre de la vie; un tombeau environné de cinq personnages, etc.

Un prisonnier, sur le compte duquel les récits légendaires abondent, mais dont la destinée et l’origine sont restées un mystère, a gravé ces figures (avec la pointe d’un clou, dit-on) en suivant, dans son travail, le déplacement d’un mince rayon de soleil que laisse pénétrer une étroite meurtrière.

Une partie du château sert aujourd’hui de halle. Le reste a été l’objet, il y a quelques années, d’une habile restauration. Les ruines de la forteresse de Gisors, religieusement conservées et environnées de massifs de verdure, sont très-pittoresques et méritent la visite de tous les touristes.

Non loin de l'hôtel de ville, dans la rue des Tanneurs, on peut visiter une jolie maison de la Renaissance, en bois sculpté , sur la façade de laquelle on ht :

Maria, — 6 salutaris hostia, quæ — Cotli pandis ostium. — Maria.

La porte romane de l’ancienne maladrerie de Gisors est digne d’attention. — L’ancienne chapelle du couvent des Annonciades, dont on remarque le plafond azuré et fleurdelisé d’or, sert d’atelier à un charron. — La statue, en marbre, du général de Blanmonl, par Desbœufs, a été inaugurée le 13 juillet 1851, à l’entrée de la principale promenade, non loin des ruines du château.

Gisors a eu plusieurs couvents : les Ursulines, les Récollets, les Annonciades et les Carmélites, dont les bâtiments servent aujourd’hui de collège, d’hôtel de ville, de justice de paix, de caserne, de prison, etc. La chapelle a été transformée en théâtre.

Depuis quelques années la municipalité a organisé , dans deux salles de l’hôtel de ville, un musée et une bibliothèque. Bien que dans la première période de leur formation, ces deux établissements offrent déjà de curieuses collections, médailles, monnaies, minéraux, etc., livres, plans et cartes.

La ville possède aussi un hospicehôpital dont la construction remonte à 18G0.

Cet édifice, que M. Husson, directeur général de l’Assistance publique, dans son remarquable et savant ouvrage sur les établissements hospitaliers, qualifie d’hospice modèle, a été construit d'après les plans et sous la direction de M. Ch. Questel, architecte du palais de Versailles et inspecteur général des Bâtiments de la Couronne.

L’aspect en est monumental; la façade principale présente un grand rectangle au milieu duquel s’élève la chapelle qui fait avant-corps; de l'autre côté et aux extrémités du corps principal se trouvent deux ailes, également de formes rectangulaires et symétriques, reliées entre elles par une spacieuse galerie couverte qui sert de promenoir les jours pluvieux.

Les bâtiments contiennent cent lits, indépendamment des services géné-

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