‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 195 sur 499 · ROUTE 34] SAINT-SAËNS.. — NEUFCHÂTEL · texte numérisé non relu

ROUTE 34] SAINT-SAËNS.. — NEUFCHÂTEL

quelques vieux chênes, aussi remarquables par leur âge que par leurs dimensions (le Napoléon, Marie- Jeanne, etc.).

Au vu' siècle, un couvent de femmes avait été fondé par Sidonius (saint Saëns), moine de Jumiéges, dans une enclave de la forêt d’Eawy, nommée aujourd’hui le Camp -Souverain. Au Xii* siècle, l’impératrice Mathilde, fille d’Henri Ier d’Angleterre, le transporta sur la rive dr. de la Varenne, à Saint-Saëns; il ne resta au Camp- Souverain qu’une chapelle qui , vendue à la Révolution, puis convertie en grange, n’a conservé que des vestiges de son ancienne destination.

De Saint-Saëns à Dieppe, R. 35.

La route gravit un coteau boisé et longe la lisière méridionale de la forêt d’Eawy jusqu’à sa rencontre avec la route de Gournay.

18 kil. Maucomble, v. de 436 hab.

A dr. , près du hameau des Essarls (227 mèt.), se détache la route d’Abbeville à Rouen. Après avoir croisé la route de Gournay à Dieppe , on descend, par une pente douce, vers la vallée de la Béthune. A. g., près de la route, se montre Esclavelles,v. de 536 hab. A dr., dans un petit vallon, se trouve Brémonlier. On franchit la Béthune, à 78 mèt., en entrant à

29 kil. Neufchâtel (hôt:du Grand- Cerf; la voiture de Gournay y arrive à 10 h. 1/2 et en part à 3 h. ; — du Grand-Turc; voitures pour St-Victorl’Abbaye, Rouen, Dieppe, Aumale, Blangy, etc.; — café Boni fand ; — librairie de M. Mathon, bibliothécaire, ch.-l. d’arrond. du département de la Seine-Inférieure, V. de 3564 hab., située, à mi-côte, sur la rive droite de la Béthune, au milieu de riches pâturages. Neufchâtel porta primitivement le nom de Driencourt (Driencuria ou Driencurtis) . L’un des seigneurs de Driencourt, chétif village composé seulement de quelques cabanes et d’un fort, accompagna Guillaume le Conquérant en Angle-

terre (1066). Henri I*', duc de Normandie, voulant fortifier ses frontières, fit construire à Driencourt une importante forteresse sous la protection de laquelle le village s’agrandit et forma en peu de temps une ville ceinte de murailles, qui fut appelée d'abord le Neuf-châtel-de-Driencourt , puis le Neuf-Châtel seulement, et enfin Neufchâtel. Depuis l’année 1143, jusqu’à la conquête de Philippe Auguste, la petite ville de Neufchâtel fut continuellement prise et ravagée par les guerres que se firent les rois, ducs, ou seigneurs qui aspiraient à se rendre maîtres de la Normandie.

Mais, à dater de cette époque jusqu’à l’invasion anglaise duxv's., elle jouit d’un repos prospère. Les Anglais s’en étant emparés, en 1419-, s’y maintinrent 30 ans; en 1449, ils durent se retirer devant les soldatsde Charles VII. Les troupes du duc de Bourgogne s’en emparèrent et la brûlèrent en 1472.

Les guerres de religion occasionnèrent peu de troubles à Neufchâtel qui , en revanche , fut rudement éprouvée par celles de la Ligue. Le duc de Mayenne, ayant expulsé de cette place Montmorency, du Hallot et Guitry qui en avaient pris possession au nom d’Henri IV (ce dernier s’y était réfugié un instant après sa blessure aux portes d’Aumale) , les Ligueurs y commandèrent en maîtres jusqu’à latin de l’année 1594. Henri IV fit démanteler les fortifications de Neufchâtel, et dès lors toute importance militaire fut enlevée à cette petite ville qui, de cette époque jusqu’à nos jours, n’a été le théâtre d’aucun événement digne d’être signalé.

L’archéologue le plus érudit peut à ' peine reconnaître actuellement la 1 trace de ses anciennes fortifications.

Mais, si de nos jours la ville de Neufchâtel n’est plus renommée pour la hauteur et la force de ses murailles, elle l’est du moins par ses excellents fromages.

Ces fromages « soqt d’un blanc un peu jaunâtre; leur pâte est molle,

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