ROUTE 37] VILLEQU1ER. — SAINTE-GERTRUDE
portait, et aussi toutes les espérances. On arrive, on embrasse les amis de l’autre rive. Ne partez pas, disaient ces bonnes gens aux jeunes gens; restez avec nous , ou bien revenez par le chemin de terre, on vous rendra votre barque demain. Rien n'y fit, la route était trop belle pour en
prendre une autre Un coup de
vent a englouti tout ce bonheur, tué cette enfant; et avec elle son mari a voulu mourir, et le vieillard qui tenait le gouvernail est mort avec eux, et aussi le tout jeune homme , et l’onde s'est refermée. Ils sont tous restés dans le même abîme. » Les restes de ces quatre victimes reposent, au cimetière de Villequier, sous des saules pleureurs, dans des tombes couvertes de verdure. — L'église, bâtie au pied d'une colline, sur le bord du fleuve, fut reconstruite au xvi* s., sur l’emplacement d’une église plus ancienne dont il subsiste encore une partie du chœur (xn* s.). La nef, beaucoup trop large pour sa hauteur, est bâtie avec de la pierre blanche des bords de la Seine. La tour carrée (33 mèt.) est terminée par une balustrade. à jour et percée de fenêtres flamboyantes. Le pignon de l'O. est très-ornementé. Le portail, surmonté d’une large fenêtre flamboyante et composé d’une belle ogive, est orné de feuilles de vigne délicatement sculptées. L’intérieur de l'édifice est éclairé par de magnifiques verrières. La première à dr., en entrant, représente saint Hubert, saint Nicolas, sainte Catherine et saint Martin; le style de ce vitrail indique la fin du xvie s. Le second vitrail représente l'Entrée triomphante de Jésus a Jérusalem et la Cène. Le vitrail de la troisième fenêtre (xvi“ s.) figure six des principaux événements de la vie de saint Jean-Baptiste. Sur la quatrième fenêtre (xvi* s.) est représenté l 'Arbre généalogique de Jésus-Christ.
Troisverrièreséclairentlecôté N. de l’église. La première, audelàde l’autel de la Vierge, est consacrée à la rie de
FR. NORMANDIE
la Mère du Christ (le bas a été brisé). La deuxième figure un Combat naval qui dut avoir lieu, suivant M. l’abbé Cochet, sous le règne de Charles- Quint. Les sujets traités sur La troisième, voisine du clocher, sont relatifs à la ne de saint Pierre.
Le château moderne de Villequier s’élève au milieu de beaux massifs de verdure, sur une éminence qui commande le village et d'où l’on découvre un délicieux panorama '. C’est un charmant pavillon qui a remplacé un vieux château incendié en 1750 et fondé, dit-on, par un gentilhomme anglais du nom de Guillaume l'Ecuyer. La terrasse du château de Vil— iequier offre un des plus beaux paysages des bords de la Seine.
Excursion A Sainte-Gertrude.
A 2 kil. de Caudebec on quitte la route d’Yvetot ( V. ci-dessus) pour suivre à g. la route de Saint-Gilles-de- Cretot, qui remonte, entre les forêts de Saint-Arnoult et de Maulevrier, un petit vallon étroit et pittoresque. C’est au fond de ce vallon, autrefois désert et insalubre, mais assaini aujourd’hui et animé par l’industrie, que se trouve (4 kil. de Caudebec) le village de Sainte-Gertrude (182 hab.), dont le nom apparaît pour la première fois dans l'histoire, en 1074, dans une charte donnée par Guillaume le Conquérant au château de Lillebonne. La beauté de son église donne à penser que ce village, aujourd’hui si chétif, dut jouir autrefois d'une certaine importance. D’après une tradition répandue dans le pays il comptait aux xiv“ et xv° s. de 7000 à 8000 habitants. Léglise de Sainte-Gertrude, bâtie dans une gorge sauvage, entourée de- bois, de moulins et de chaumières, est surtout remarquable par l’unité de son style. Ce joli monument du xvi* s., fut un moment, en 1838,
I. On peut monter du village au château par le parc, dont l’entrée est complaisamment permise aux étrangers.