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CATHÉDRALE

Évreux a vu naître : Guillaume d’Êvreux, moine du xn° s., célèbre par sa vaste érudition; Mathieu d’Évreux(xiv* s.); Robert et Nicolas du Gast (xvi* s.), professeurs de l’Université de Paris; Simon Vigor, archevêque de Narbonne, mort en 1575; Forget, Germain et Jacques le Bathelier, illustres jurisconsultes; l'historien Simon Vigor, neveu de l’archevêque de Narbonne; l’avocat Buzot; et enfin le grammairien Siret, mort en 1798.

La cathédrale, monument historique, souvent ruinée, rebâtie, augmentée, restaurée, du xi* au xvii* s., offre, malgré les disparates de diflérents styles , un ensemble imposant. Le portail principal, du côté de l’évêché, est moderne, ce qui indique suffisamment qu’il est vulgaire, dit M. l’abbé Bourassé dans les Cathédrales de France; il est flanqué de deux tours inégales (xvic et xvii* s.), dont l’une a été restaurée en 1853. Le portail N., construit de 1511 à 1574, est un des plus riches de cette époque ; le tympan, en marbre blanc, dont les sculptures étaient attribuées à tort à Jean Goujon, a été brisé pendant la Révolution. Les contre-forts sont richement ornementés. Au centre de la croisée, une tour carrée, en pierre, supporte une flèche en charpente, recouverte de plomb, dénaturée par des restaurations successives et trop petite pour sa base. Cette flèche, — bâtie par le cardinal de La Balue,sous le règne de Louis XI, — est ajourée depuis la lanterne jusqu’au faite.

A l’intérieur, la cathédrale se compose d’une nef avec collatéraux, d’un transsept et d’un chœur entouré de déambulatoires. Les chapelles, au nombre de 23 , rayonnent autour du chœur ou s'alignent le long des collatéraux. La nef est divisée en sept travées par des piliers et des arcades qui appartiennent à l’époque romanobyzantine, tandis que les galeries et les fenêtres qui les surmontent ne datent que du xnc s. Le chœur est du xiv* s. et les transsepts sont du xv*s.; les chapelles collatérales du xvi* s. ; la chapelle absidale, consacrée à la

Vierge, passe pour un des chefs-d’œuvre les plus charmants de l’architecture flamboyante.

Parmi les richesses de l’ameublement nous signalerons : les charmantes boiseries sculptées (Renaissance) qui forment la clôture de plusieurs chapelles ; la serrurerie de la chapelle du trésor, magnifique spécimen de la serrurerie du xv* s.; les stalles du choeur (xv" s.) ornées de jolis bas-reliefs; la chaire, beau morceau de menuiserie du xvii"s.; des piscines d’autel (xvi' s.), très-finement ouvragées et surtout de splendides verrières qui méritent une mention spéciale. Les vitraux d’Êvreux sont de diverses époques (du xur s.

au xviii" s.). Les brillantes verrières de la chapelle de a Vierge représentent la Fie du Christ et celle de la Vitrge; dans le couronnement des fenêtres ont été peints les douze Pairs de France assistant au sacre de Louis XI, fondateur de cette chapelle.

La rosace du transsept septentrional (xvi* s ) contient une Revrésentation du jugement dernier; celle du midi est consacrée au Couronnement de la Vierge. Dans les compartiments qui l’entourent, des verres violets et couleurd’escarboucle figurent :les Légions des Esprits célestes, les Trônes, les Dominations et les Séraphins. La vitrerie de la chapelle des fonts, récemment restaurée avec beaucoup d’art, par M.Marette, peintre verrier à Ëvreux, consiste en cinq magnifiques panneaux du xm" s., enchâssés dans une élégante bordure à arabesques de la Renaissance. Le portrait de Charles le Mauvais orne une des verrières du chœur, et celui de Louis XL une verrière du transsept méridional.

A côté de la cathédrale s'élèvent quelques restes d’un c'oitre ogival qu’une galerie réunit à l’évêché. L'étage supérieur de ce cloître, bâti par le cardinal La Balue, a été rasé malgré les réclamations des archéologues.

L’église Saint-Taurin, monument historique, est celle de l'ancienne

abbaye de ce nom rebâtie vers 1026 par Richanl II, duc de Normandie.

L’église actuelle, qui date de la reconstruction de l’abbaye, a pris la place d’une humble chapelle élevée par saint Land ulphe. Récemment restaurée, elle a conservé plusieurs parties romanes ; on voit encore à l’exterieur, du côté du midi , des arcades à plein cintre, remplies de marqueterie en ciment rouge et bleu et d’un type rare. A l’intérieur, on remarque : les verrières du chœur (Légende de saint Taurin ); un bas-relief en marbre blanc, dans une chapelle latérale, à g.

du choeur, et un bénitier en pierre du xm* s. Une crypte, ménagée sou le chœur, renferme le tombeau galloromain de saint Taurin. La châsse de saint Taurin, précieux monument d’orfèvrerie du xm" s., est une petite chapelle gothique, couverte de lames de cuivre et d’argent doré ; les côtés sont revêtus de bas-reliefs et de statuettes d'évêques et de saints; les décorations archi tecturales sont riches et de bon goût.

Le palais épiscopal, construit au xv" s., sur les anciennes murailles de la ville, est un beau monument du style de la Renaissance, garni encore de mâchicoulis du côté des anciens fossés. Des festons, délicatement ciselés dans la pierre, des feuillages et des armoiries décorent les hautes lucarnes et les tourelles de ce vieux château pittoresque, le seul manoir épiscopal de Normandie, avec l’archevêché de Rouen, qui ait conservé sa destination première. Au sud de l'évêché, on voyait encore, il y a quelques années, un mur romain (iv*s.) qui a été badigeonné et reconstruit en partie.

La tour de l’horloge ou beffroi, carrée à sa base, et octogonale à partir d’une certaine hauteur , date de la fin du xv* s., ma s elle a été restaurée il y a quelques années. Une flèche en bois, recouverte de plomb, la surmonte. Du pavé à la galerie, cette tour a 26 mèt. ^0 cent.; de la plate-forme la l»oule qui termine le

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