‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 245 sur 499 · ROUTE 50] ÉVREUX · texte numérisé non relu

ROUTE 50] ÉVREUX

poinçon, la flèche a 17 mèt., ce qui donne 43 mèt. 90 cent, de hauteur totale. Latour de l’horloge renfermeune belle cloche qui eut pour parrain un des fils de Charles VI, le dauphin Louis, duc de Guyenne, et qui offre deux inscriptions en vers.

Les murailles d’enceinte (ve s.) se reconnaissent en plusieurs endroits à leur épaisseur; des dérivations forcées de l’Iton permettent de suivre la direction des vieux fossés. Les fondations de ces murailles ont été faites en plusieurs endroits avec des fragments de colonnes et de bas-reliefs des premiers temps de l'occupation romaine. Un certain nombre de ces fragments sont déposés au Jardin des plantes d’Êvreux.

Le Musée renferme : une belle collection de médailles et de poteries antiques; plusieurs inscriptions; deux magnifiques statues de bronze; divers objets provenant des fouilles faites au Vieil-Évreux et le moule en plâtre d’un coquillage fossile gigantesque, trouvé près de Gisors. Les travaux du chemin de fer ont aussi fait découvrir, en 1837, des tombeaux galloromains, et un édifice carré de 9 mèt.

sur chaque face, avec fondations composées de grandes pierres sculptées.

Les Archives départementales, dont le bâtiment a été donné comme modèle aux autres départements, pssèdent plusieurs manuscrits' précieux du xin” s., entre autres le Cartulaire de l’abbaye de Préaux. Ce curieux manuscrit, écrit sur vélin au commencement du xme siècle , contient 474 pages et 640 chartes, dont la plupart concernent le département de l’Eure.

La bibliothèque compte environ 18 000 volumes et près de 150 manucrits anciens parmi lesquels nous citerons: le missel de Raoul de Fou, évêque d’Êvreux au xve s., un évangélistaire du xir's., dont la reliure en bois, autrefois garnie d’argent, est encore décorée de ligures byzantines en cuivre et on os, et sur lequel les

dignitaires de la cathédrale signaient une profession de foi aux xvii' et xvme s., lors de leur installation; ce volume contient, en outre, des cahiers interposés où se trouvent les formules de serment que prononçaient, à leur installation, les évêques , abbés et abbesses du diocèse.

L’abbaye de Saint-Sauveur, fondée .primitivement vers 1060, dans l’enceinte de la ville, puis transférée au dehors, vers 1 195, n’a conservé de son église que des débris appartenant à la construction primitive du xn* s.

et à une reconstruction du xvi*. Les bâtiments claustraux sont transformés én caserne ; il n’en reste plus qu’une tourelle d’escalier, en grande partie du xvie s.

L'hospice (223 lits) a hérité, en 1861 , de la succession île M. Sagan, ancien juge de paix d’Êvreux, qui l’a institué son légataire universel.

Nous signalerons encore : — le grand séminaire, situé derrière l’église Saint-Taurin et dont la bibliothèque renferme quelques manuscrits précieux; — l’ancien séminaire des Eudistes, occupé aujourd’hui par la prison et dont la chapelle sert de cour d’assises; — le lycée, nouvelle construction en briques, trop semblable à une fabrique, et l’asile des aliénés, immense bâtiment situé à 3 kil. de la ville et dont la construction est à peine achevée.

Évreux possède ; une Société libre d’agriculture, sciences, arts et belleslettres; une Chambre d’agriculture et une Chambre consultative des arts et manufactures.

Le Jardin des plantes, disposé en amphithéâtre au-dessous du lycée, est assez bien dessiné, orné de pavillons et planté de beaux bouquets de jeunes arbres. — Derrière les beaux jardins de l’évêché, un joli boulevard porte le nom d’ Allée-des- Soupirs. — La route de Caen est plantée de magnifiques arbres formant une splqndiile avenue bordée de prairies. — Le pré du Bel-Êbat , ou Champ de

Mars, de forme carrée , est entouré de beaux tilleuls.

Êvreux fait un commerce assez important de céréales et compte un certain nombre de moulins et d’usines. Ses cotons, ses fils et ses coutils jouissent d’une réputation méritée.

L’industrie d’Evreux comprend encore la teinturerie, la quincaillerie et plusieurs autres branches.

Excursion au (4 kil.) château de la reine de Salaire, admirablement situé sur le bord de l’Iton, entre le bois de la Faisanderie à l’O. et la forêt d’Évreux à l’E. Cette antique maison de plaisance de la reine de Navarre, aujourd’hui bien déchue de sa splendeur première , ne se compose plus que d’un pavillon insignifiant bâti en 1749. Le château de Navarre a été démoli, comme nous l’avons dit plus haut, en 1836; ses bassins ont été comblés, et ses délicieux jardins, dessinés par Le Nôtre, vers 1686, mis en culture utilitaire.

Excursion au Vieil-Évreux (7 kil.).

— On quitte, à 5 kil. environ d'Êvreux, la route de poste de Caen à Paris d’où se détache àdr. le chemin du Vieil-Évreux qui passe par (6 kil.) Saint-Aubin-du-Vieil-Evreux, ham.de 120 hab., dépendant du Vieil-Évreux, v. de 317 hab. Le Vieil-Évreux a été regardé pendant longtemps par les savants comme l’emplacement de l’ancienne cité de ilediolanum Aulercorum. D’importantes ruines romaines (vaste théâtre, bains antiques, palais, aqueduc, dont on retrouve encore les traces à 20 kil. de là), découvertes dans le village môme ou dans les environs, rendaient cette opinion trèsvraisemblable.

[Voiture de corresp. pour (19 kil.) Dumville (R. 63).]

D'Évreux à Gaillon, R. 50; — à Damville, R. 63.

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