ROUTE 50] CONCHES. — BEAUMONT-LE-ROGER
xiv" s.; l’hôpital, jolie construction moderne en briques, dont la chapelle est surmontée d’un élégant clocheton ; une importante fonderie de fer , près de la gare , et une curieuse cave ogivale (celle du café de Foy, situé près de l’église) communiquant avec des souterrains aujourd’hui murés.
La bibliothèque communale, formée en majeure partie des débris de celle de l’ancienne abbaye, renferme un grand nombred’ouvragesde théologie.
[Corresp. pour : — (26 kil.) Verneuil, par (14 kil.) Breteuil (R. 64), et (36 kil.) Laigle, par (16 kil.) Neuvc-Lyre et (28 kil.) Rugles (R. 65).]
De Conches à Breteuil et à Verneuil, R. 64; — à Laigle, R. 65.
C’est entre la station de Conches et celle de Romilly que s’embranche, sur la ligne de Paris à Cherbourg, le chemin de fer qui relie Conches à Laigle.
La voie, encaissée dans une profonde tranchée, laisse à g. la forêt de Conches, et, à dr., un vaste parc contenant le château de Calais. Plus loin, à dr-, se trouve le château du Bois, sur le territoire de la commune de Louversey (323 hab.).
133 kil. Itomilly, v. de 478 hab., situé sur la g. de la voie ferrée, à 1 kil. de la station, d’où l'on aperçoit la flèche élancée qui surmonte l’église du village et le château de la Charbonnière (il appartient à M. Boitelle, ex-préfet de police) derrière lequel s’étendent de grands bois.
[Voit, de corresp. pour: — (5 kil.) La Houssaye, v. de 203 hab., sur la Rille, et (7 kil.) La Ferrière (504 hab.; dans l’église, contre -table de la Renaissance, richement sculptée; tour du xm* s. ; vestiges d’une forteresse).
A 4 kil. environ de La Ferrière s’élève la tour de Thevray, un des derniers donjons que le moyen âge ait élevés et en même temps l’une des premières constructions où l’emploi de la brique , abandonné depuis l’époque romaine, ait reparu dans ces
contrées. Elle est surmontée d’un toit d’ardoises très-élevé, chargé de lucarnes et de panonceaux en plomb, dans le style à la mode sous Louis XIII. L’intérieur renferme plusieurs étages voûtes. I es grilles saillantes qui hérissent les fenêtres de cette tour, le3 mâchicoulis qui couronnent ses hautes murailles, les broussailles et les plantes aquatiques qui tapissent les bords de ses fossés, offrent un aspect pittoresque.]
L’attention est attirée à g. par le clocher pointu de Bougy (120 hab.), et à dr. par celui de la Puthenaie (75 hab.); puis on franchit la Rille dont on descend la jolie vallée jusqu’à Beaumont-le-Roger, eu laissant à g. la forêt de ce nom et à dr. Grosley (550 hab.).
On remarque, sur la dr. , le petit château du Homme, gracieuse construction du xviii* s., dont la chapelle était placée sous l'invocation de sainte Marie-Madeleine et qui, a dit Auguste le Prévost, justifie complètement, par son entourage de fossés pleins d'eau, la dénomination Scandinave de îlulmus.
Pendant l'été, les eaux de la Rille se perdent sous terre près de Grosley , puis reparaissent tout à coup au lieu dit la Fontaine-Roger.
144 kil. Beaumont-le-Roger (hôt.:
de Paris, tenu par Clologe (recommandé) ; de Bellencontre ; de l'Étoile. — Voitures pour Argentan , Rouen, Elbeuf, Pdht-Audemer, le Neubourg, Gacé ; bureau de poste ; bureâu télégraphique), ch.-l. de c. , V. de 2099 hab., tiès-agréablement située àladr.
du chemindefer, dans la vallée delà Rille , entre de belles prairies et une chaîne de collines boisées. La station est reliée à la ville par une belle route qui coupe, à 200 met. de la gare, une jolie avenue de pins conduisant à une belle maison de campagne.
On entre dans la ville par le faubourg de Vieilles où l’on remarque
une belle église aujourd'hui abandonnée, puis on franchit la Rille sur un petit pont aboutissant à une place bordée de maisons modernes parmi lesquelles on distingue une école de garçons et de filles et le café de l'Agriculture. — Du milieu de cette place, on voit l’église qui mérite la visite de tous les archéologues.
La terre seigneuriale de Beaumont appartenait, dans le x' s., aux ducs de Normandie. Judith, femme du duc Richard II, la donna à l’abbaye de Bernay. La ville parait avoir été la résidence des seigneurs de Beaumont, jusqu'à ce que, vers 1040, un des fils d’Omfroi, Roger, construisit, sur la colline voisine, un château flanqué de plusieurs grosses tours et environné de fossés. Beaumont tomba, en 1124, au pouvoir d’Henri Ier, roi d’Angleterre. Prise, en 1192, par Philippe Auguste ; reprise, en 1194, par Richard Cœur de Lion ; emportée d’assaut et livrée aux flammes par Philippe Auguste, en 1199; puis cédée par un traité à Jean sans Terre, elle fit retour à la couronne en 1202. En 1328, la terre de Beaumont fut érigée, pour la première fois, en comté-pairie, en faveur de Robert d’Artois, puis confisquée sur lui, dès 1331- En 1344, Philippe de Valois l'érigea de nouveau en comté-pairie en faveur de Philippe, duc d’Orléans, son fils puîné, et de Blanche de France. En 1333, le roi Jean la reprit à son frère, et, après l’avoir érigée pour la troisième fois en pairie, la donna, en 1334, au roi de Navarre, Charles le Mauvais. En 1378, après la prise de Bernay, Duguesclin vint assiéger Beaumont qui se rendit : c’est à cette époque que l'on rapporte la démolition du château.
En 1404, Charles III, roi de Navarre, échangea cette partie de ses domaines pour le duché de Nemours, et le comté de Beaumont le Roger revint à la couronne, d’où il sortit de nouveau le 20 mars 1631 pour faire partie de l’échange du comté d'Évreuv avec la principauté de Sédan. La maison de Bouillon l'a conservé jusqu’à la Révolution. Beaumont avait été prise et saccagée, en 1417, par Henri V, roi d’Angleterre, puis attaquée et reprise tour à tour, de 1437 à 1449, par les Français et les Anglais qui l'avaient ravagée. C’est aujourd’hui une ville industrielle.
L’église Saint-Nicolas, bâtie à l’extrémité delà ville, sur le penchant d’une colline ( on y arrive pir une
ruelle mal pavée et par un escalier) , date des xiv* et xv* s. Le portail principal, précédé d’une petite terrasse au milieu de laquelle s’élève une croix de pierre très-ancienne, est flanqué d’une tour carrée percée de grandes ouvertures du style flamboyant que trois élégants meneaux de pierre divisent en 3 baies géminées superposées.
Au-dessous se voit l’horloge, restaurée en 1826, par un menuisier du nom de Martin, comme l’indique une inscription en gros caractères. Martin est l’auteur de la statue placée dans une niche, à la naissance du toit de la tour ; cette statue en bois, coiffée d’un casque et représentant un guerrier auquel on donne le nom de Regulus, sonne les heures en frappant sur un timbre placé derrière elle. Au bas de la tour est scellée une magnifique pierre tombale sur laquelle sont gravées les images des deux époux fondateurs du prieuré de Beaumont, décédés en 1300. Brisée en trois morceaux rajustés avec du ciment, cette dalle tumulaire, qui a près de 3 mèt. de hauteur, a été apportée (1840) de l’abbaye avec les ossements qu’elle recouvrait. Le portail S., gracieux spécimen du style flamboyant, offre une jolie porte sculptée. La nef n’a pas de voûte; ses piliers sont du xv° siècle ; l’étage supérieur et les collatéraux sont du xvi' s. La chaire et les boiseries de l’orgue sont dignes d’attention. Le chœur, plus haut que la nef, renferme un bel autel en marbre rouge et deux vitraux remarquables représentant l’Annonctafi’on et la Nativité. Les collatéraux sont voûtés ; on remarque, dans celui de dr. :
des chapiteaux sculptés; de belles clefs de voûte ornées de gracieux pendentifs; des vitraux ; une statue de Notre- Dame de la Délivrance reposant sur une espèce de tronc d’arbre sculpté ; et six autres statues de saints conservant encore leurs anciennes couleurs.
Le collatéral g. ofTre des verrières intéressantes, notamment celles de la chapelle dcl’Aee Maria (1550) et celles
[Route 50] beaumontel. — beaumesnil.
qui représentent des scènes de la Passion, l’Entrée triomphante de J.-C. à Jérusalem et le Baptême dn Saut eur.
On y voit aussi, comme dans l’autre collatéral, six vieilles statues de saints, une belle boiserie, et un curieux tableau représentant l'Entrevue de Jésus et de la Samaritaine; ( la Samaritaine ressemble à une grosse paysanne normande).
Derrière l'église, dans la colline, s’ouvre une cave creusée dans le rocher et servant de buanderie.
De l'ancien château féodal de Beaumont-le-Roger, il ne subsiste plus que quelques rares vestiges couverts de broussailles, mais de la colline qu’il couronnait, on découvre une vue magnifique sur la ville et sur la vallée de laRille.
Au-d essousde l'emplacement duchâteau, dans le bas de la colline, se trouvent les ruines du prieuré de la Sainte-Trinité fondé au xn" s. La porte principale de l’abbaye s’ouvrait sur la route de Beaumontel que borde encore une haute et longue muraille flanquée d’épais contreforts.
Elle donnaitaccès à une galerie voûtée, éclairée par de belles ouvertures en ogive qui ont beaucoup soulîert. Cinq arcades, dont trois existent encore, soutenaient la voûte de cette galerie.
Les débris de cette porte sont à moitié cachés sousle lierre. La galerie aboutit à une terrasse qui domine la ville et au S. de laquelle se voient les restes imposants de l’église abbatiale bâtie dans le style du xm* s., sur un plan semblable à celui de la Sainte-Chapelle, c’est-à-dire, sans bas-côtés ni transsepts. Après avoir été défigurée par des refends et des planchers, elle fut transformée en manufacture de draps, puis, cette manufacture ayant été abandonnée, la démolition continua ; la tour fut abattue avec les voûtes, et, tout fût tombé sous la pioche des démolisseurs, si l’État n’eût acheté ce qui restait encore. Au pied de la colline, derrière les ruines, s’ouvrent de nombreuses caves creusées dans
le roc et dans lesquelles se voient des débris de statues. L'une de ces caves renferme un puits très-profond.
L’église du faubourg de Vieilles (xvi° s.), quoique bien dévastée, mérite encore la visite de l’archéologue. La tour ogivale subsiste en grande partie. L’extérieur est orné de curieuses gargouilles et d’anciennes statues en pierre, bien mutilées; l’intérieur'sert de grange.
A côté de l’église paroissiale se voit un élégant petit hôtel de ville tout récemment construit.
Excursion à (1500 mèt.) Beaumontel, v. de 609 hab., bâti sur la route de terre de Beaumont à Bernay, qui descend la rive dr. de la Rille bordée de charmantes prairies, de moulins et d’usines. Les regards sont attirés de loin par l’élégante tour de 1 église de Beaumontel (mon. hist. restauré aux frais de l’État) , surmontée de la statue de saint Pierre, en bois doré.
L’église (belles fenêtres ogivales) occupe une situation pittoresque sur le versant d’un coteau planté de sapins et à l’extrémité d’un cimetière en amphithéâtre, couvert de pelouses et d’arbres verts. On remarque, à l’intérieur, le magnifique tabernacle du maître-autel et deux autres petits autels en bois sculpté. Beaumontel possède deux vastes filatures et une usine importante.
Excursion à (12 kil.) Beaumesnil (I départ par jour. Prix unique, 1 fr.
10 c.). — La route traverse, du N. au S., la forêt de Beaumont et laisse à g. Gouttières, v. de 378 hab., avant d’atteindre Beaumesnil, ch.-l. de c. de 603 hab., dont le château est une des plus magnifiques résidences aristocratiques de la Normandie. Bâti vers la lin du règne d’Henri IV, par Jacques Leconte, seigneur de Nonant et de Beaumesnil, ce château se distingue par ses hautes toitures et ses grandes façades en briques rou .
ges avec losanges et moulures en pierre ; de jolis jardins , fermés par une grille en 1er, le précèdent. Il
FR. NOR MANIUE.
appartenait naguère à M. Rodolphe de Maistre.
[Voit, de corresp. pour : — (13 kil.) Le Neubourg par (7 kil.) Uray (R. 58); — (21 kil.) /a Marre, par (12 kil.) Beaumesnil (F. ci-dessus) , et (17 kil.) Brionne (R. 59).]
De Beaumont-le-Roger à Elbeuf (R. 58).
De Beaumont à Serquigny la voie ferrée descend la rive g. de la Rille en laissant à dr. Beaumontél (F. cidessus), Launay (306 hab.) et un grand nombre d’usines.
150 kil. Serquigny, (buffet à la gare), v. de 1010 hab., agréablement situé près du confluent de la Rille et de la Charentonne. — C’est de Serquigny que part l’embranchement qui, se reliant à Oissel avec la ligne de Paris au Havre, met en communication Rouen et Caen (R. 59).
L'église de Serquigny, surmontée d’un clocher du xvi“ s. , a un beau portail (mon. hist. du xi* s.), orné de riches sculptures. A l’intérieur, on remarque une chapelle seigneuriale de la Renaissance et des vitraux de la même époque.
En l'ace du village de Serquigny, se voit un camp, de forme quadrangulaire, connu dans le pays sous le nom de fort Saint- Marc : c’était sans doute un poste militaire romain, comme l’indiquent les débris trouvés près de là dans la forêt de Beaumont.
Près de la gare, on aperçoit le château de M. le marquis de Croix, flanqué de tourelles, et entouré d’un joli parc. De nombreuses usines couvrent les bords de la Charentonne que la voie ferrée franchit un peu au delà de Serquigny. La Charentonne est une jolie rivière qui naît près de la chapelle de Saint-Êvroult, dans la forêt du même nom (Orne) , baigne Saint-Évroult, entre dans le départ, de l’Eure, au-dessus de Notre- Dame-du-Hamel, reçoit la Guiet, arrose Broglie et Bernay et se jette dans la Rille (4 kil. de Serquigny).
" De Serquigny à Rouen, R. 59.
La voie ferrée, remontant la jolie vallée de la Charentonne, laisse à g.
laforêtde Beaumont, Fontaine-V Abbé , v. de 591 hab., dont l’église vient d’être reconstruite, le bois du Chouquet, etàdr. le château de Courcelles, Camfleur v. de 220 hab., le château de Menneval, entouré d’un beau parc et l’église du v. de ce nom ( 790 hab.) dans laquelle on remarque un tombeau assez digne d’attention. De nombreuses villas se montrent sur le flanc des coteaux boisés qui dominent à dr. la vallée de la Charentonne; les principales sont celles de la Folie- Fossé et des Trois-Vals, délicieux édifice du style arabe renfermant une curieuse collection d’antiquités et d’objets d’art (bas-reliefs, armures, etc.) rapportés de l’Orient par M. Lottin de Laval. Un pont et une tranchée précèdent la station de
159 kil. Bernay (buffet à la gare; — omnibus, 25 c. le jour et 30 c. la nuit ; — hôtels : — du Cheval-Blanc, rue d’Alençon et du Lion d'Or, rue du Commerce; — Gentilhomme, libraire, rue d’Alençon, 51; — Michel, loueur de voitures, rue Moisan, 30) ; V. de 7566 hab., ch.-l. d’arrond. du départ, de l’Eure, située à 105 mèt., dans une charmante vallée arrosée par la Charentonne et le Cosnier. Sur le coteau qui domine Bernay au N, s’élève un calvaire construit en 1844, et d'où l’on découvre une belle vue.
Le nom de Bernay se trouve cité pour la première fois dans la charte par laquelle Richard II, duc de Normandie, constitue une dot à sa femme, U duchesse Judith de Bretagne, qui y fonda un monastère de Bénédictins, autour duquel une ville ne tarda pas à se former. Au commencement du xiil* s., Bernay, déjà célèbre par son commerce de draps et de ble, était le siège d’une vicomté. C’était un des fiefs des comtes d’Alençon. Au xii* s., une forteresse y fut bâtie. Charles le Mauvais s’en empara, en 1357, et livra aux flammes l’église de Sainte-Croix. II n’est nullement prouvé que Duguesclin l'ait enlevée à Charles le Mauvais, comme le prétendent certains auteurs ; mais elle fut plusieurs fois prise et reprise, de 1417
[Route 50J serquigny.
à 4449, par les Anglais qui la convoitaient ardemment. Lorsque Charles VII eut pacifié la Normandie, elle put réparer en partie les désastres de la guerre. Toutefois, cette ère de prospérité fut de courte durée, car les protestants s’en emparèrent en 1563, la livrèrent au pillage et saccagèrent l’abbaye. Le clergé fut impitoyablement massacré pour avoir excité les catholiques à se defendre. En 1618, l'abbaye se releva de ses ruines, et des moines de la congrégation de Saint-Maur s'établirent dans les bâtiments restaures.
Quelques années plus tard, la ville de Bernay, devenue le centre des opérations d’une armée de Ligueurs, fut assiégée et prise par François de Bourbon, duc de Montpensier, gouverneur de la Normandie pour Henri III. — La guerre terminée, la peste exerça dans la ville les plus cruels ravages en 1 596.
Bernay a vu naître : le trouvère Alexandre, auquel on attribue à tort l’invention du vers alexandrin; le cordelier Bonaventure Brochard; le curé Gabriel Dumoulin; Huchet, général de division sous la République; et A. Leprevost, membre de l'Institut, mort en 1 86t.
L’église Sainte-Croix, située dans la Grande-Rue, détruite en 1357, rebâtie en 1372, fut considérablement agrandie en 1497 ; l’extérieur n’offre rien de remarquable, à l’exception d’une tour (xv* s.) ornée de riches sculptures malheureusement endommagées. Les maisons qui l’entourent ne laissent à découvert que la façade principale, précédée d’une petite place. Les deux nefs latérales sont seules voûtées en pierre. Les voûtes en bois de la nef principale et des transsepts ont été probablement reconstruites après l’incendie de cette église par les calvinistes (1555). Le chœur, dont le pavage est échiqueté de blanc et de noir, est orné de statues modernes, dont quelques-unes proviennent de l’abbaye du Bec (c’est, dit avec raison M. de Gaumont, leur plus grand mérite) et d’un maître-autel en marbre rouge, exécuté en 1 684 d’après les dessins d‘un moine de la même abbaye. Cet autel est formé de huit grandes colonnes dessinant un hémicycle autour de la table. Le ta-