DK PARIS A SAINT-LÔ
l’an «89, les Normands s'en emparèrent et la mirent à feu et à sang. Pendant la denxiéme moitié du ix* s., d'importants travaux y furent entrepris par Gefiroy, evêque de Coutances. En 1141, Geffroy Plantagenet s’en empara, bien que les fortifications de Charlemagne eussent été relevées en 1 141.
En 130 J, le château de Saint-Lô ouvrit, sans sommation, ses portes à Philippe Auguste. Ut ville, réunie à la France, s’agrandit et prospéra par l'industrie qui y fut introduite (tissage des étoffes).
Vers le milieu du xiv* s., Édouard III, roi d’Angleterre, pilla la ville de Saint-Lô. « Nul homme vivant, dit Froissard,ne peut penser ne croire le grand avoir qui fut là gaigné, et la grande foison de draps qu'ils y trouvèrent. » Saint-Lô, reprise par les Anglais en 1417, ne rentra sous la domination française qu'après la glorieuse victoire de Formigny (1449).
Les habitait tsde Saint-Lô embrassèrent, de bonne heure et avec enthousiasme, la religion réformée ; malgré les rigueurs de l’évèque de Coutances, le prêche s y faisait en public dès 1 560. Deux ans après, les calvinistes prirent la ville, les armes à la main, pillèrent et brûlèrent les églises, ainsi que les maisons des catholiques les plus influents, et essayèrent, en relevant les fortifications, d'en faire un des boulevards du protestantisme dans ces contrées. Matignon les enchâssa l'année suivante; mais ils revinrent à la charge avec succès et, jusqu'en 1574, la ville appartint un jour aux protestants et le lendemain aux catholiques. La rivalité des protestants et des catholiques survécut à la guerre civile.
Les calvinistes se virent exposés, pendant longtemps, à une persécution systématique et cruelle, aussi, en 1687, après la révocation de l'édit de Nantes, les routes se couvraient-elles d’émigrants protestants.
« On eut à déplorer surtout, dit M. Augustin Chevalier, l’indigne traitement infligé aux deux sœurs Louise et Madeleine Pesé, qui, arrêtées en chemin et menées aux juges de Saint-Lô, s'y virent condamnées à « faire amende honorable, en che- « mise, à genoux, la torche au poing, « conduites par le bourreau; à demander « pardon à Dieu, au roi, à la justice, disant « que, par opiniâtreté, elles avaient voulu « professer une prétendue religion défendue « par les déclarations de S. M. » Après quoi, «ellesfurent rasées et enfermées pour « toujours, chacune dans une prison sépa- * rée, sans esperance de se jamais revoir. » Pendant les premières années du règne de Louis XV, sous le ministère du duc de la
Vrillière, on enlevait encore à Saint-Lô les enfants des religionnaires; on incarcérait les pères et mères coupables de résistance à des ordres iniques. »
Les guerres de la Fronde n’eurent qu’un faible retentissement à Saint-Lô qui se borna à fournir à Matignon des troupes et des armes pour le siège de Valognes.
Sous la république, Saint-Lô prit le nom de rocher de la Liberté , mais la Dévolution n'y commit point d'excès. En 1800, la ville fut élevée au rang de chef-lieu du département de la Manche.
En 1811, Napoléon, dans un voyage à Saint-Lô, ordonna la démolition des fortifications; une tour seule est restée debout.
Saint-Lô est la patrie du cardinal du Perron, ambassadeur d’Henri IV à la cour de Rome, de l’astronome Leverrier et de M. Octave Feuillet.
L’église Notre-Dame (mon. hist.), ancienne cathédrale, est un édifice gothique, bâti au xiv* s., restauré au xvn* s. , et couronné alors de deux hautes flèches percées à jour.
On remarque, à l’extérieur, qui devrait être débarrassé de maisons parasites récemment restaurées, une chaire en pierre sculptée, remontant à la fin du xv* s. Certains auteurs ont prétendu que cette chaire servait à instruire, au dehors, les* fidèles qui n’avaient pu trouver place dans l’église; mais l’abbé Delaunay pense, avec plus de vraisemblance, qu’elle servait à publier tous les actes de la juridiction épiscopale au double point de vue du spirituel et du temporel, publication qui se faisait auparavant du haut du perron.
L’intérieur se compose d’une nef, de deux bas côtés et de chapelles (à g.). On y remarque quelques débris de magnifiques verrières, et la Vierije du pilier (à g., près de l’orgue), objet d’une grande vénération.
— La longueur intérieure de l’église, y compris le liosaire, est de 73 mèt.
80 c.; sa largeur moyenne est de 40 mèt.; la hauteur de la voûte principale est de 18 mèt.
L’église Sainte-Croix , qui a été rebâtie en 1860, dans le syle roman, sur un plan bizarrement irrégulier.