ROUTE 69] NOTRE-DAME-DE-GRACE. — TOUQUES
(90 mèt. d’élévation), qui doit son nom à la chapelle, on découvre un des plus beaux points de vue de toute Ja Normandie. On aperçoit : la mer, la rade et la ville du Havre ; les coteaux d’Ingouville et de Graville ; la Seine, Harfleur; le château et les falaises d’Orcher ; la pointe de la Roque ; et, au loin, Quillebœuf et Tancarville ; la côte Vassal et le Mont-Joli.
Sur le point culminant de la côte d’Honfleur s’élève un petit pavillon isolé (belle vue sur le littoral de la Seine) dans lequel Louis- Philippe, après la révolution de Février, reçut l’hospitalité en venant de Trouville où la tempête ne lui avait pas permis de s’embarquer (K. page 393).
A Pont-Audemer et i Rouen, R. ; — au Havre, R. 70 ; — à Villerville, R. 69 -, — â Trouville, R. 69; — à Caen, R. 72-
DE PARIS A TROUVILLE
220 kil. — Chemin de fer. — Trajet en
6 h. par trains express; 6 h. et 6 h.
50 min. par trains omnibus. — lro cl.
24 fr. 60 c.; 2* cl. 18 fr. 50 c.; 3e cl.
13 fr. 55 c.
208 kil. Pont-l’Êvêque (R. 68).
Après avoir laissé à dr. le chemin d’Honfleur, on franchit la Calonne près de son confluent avec la Touques. Sur la dr., près de la voie, se montre Sainl-Melaine. Un peu plus loin, on passe à Coudray (196 hab.), dont l’église romane est dominée par un clocher du xu' ou du xjn* s. On aperçoit, sur la dr., la forêt de Touques, que traverse la route de terre de Pont-l’Êvêque à Honfleur et sur la lisière S. de laquelle s’élève le château de Tourville (236 hab.) . La voie ferrée côtoie ensuite à dr. Sainl-Martin-aux-Chartrains (298 hab.) où ont été découverts îles vestiges d’antiquités romaines. L’église est de plusieurs époques; sous le porche, se voit une statue équestre de saint Martin (xvir s.), en pierre calcaire,
peinte à l’huile et placée autrefois dans l’intérieur de l’église. Le chœur roman (xn* s)., renferme|un maîtreautel, décoré de colonnes corinthiennes et surmonté d’un fronton coupé, qui peut dater du temps de Louis XIV. — Le petit château de Saint-Martin, situé à environ 500 mèt. à l’E. de L’église, est un pavillon bâti en briques et en silex, remontant probablement au règne de Louis XIV. On traverse ensuite Canapville (247 hab.) dont le manoir seigneurial (xvi* s.), transformé en ferme, est bien conservé.
A g. s’étendent de vastes prairies à travers lesquelles la Touques décrit de nombreuses sinuosités. A dr., en face de Saint-Arnoult, se montre Bonneville-sur-Touques (V. ci-dessous).
217 kil. Touques (hôt. du Bras d’Or), b. de 1163 hab., dans la belle vallée de ce nom, possède un petit port de cabotage. Le bourg de Touques jouissait, au moyen âge, d’une grande importance qu’il dut sans doute à son voisinage du château de Bonneville, où Guillaume le Conquérant résidait fréquemment. Après la mort de Guillaume (le Conquérant, Guillaume le Roux vint en toute hâte s’embarquer à Touques pour aller se faire sacrer roi d’Angleterre, en 1086. Touques eut des gouverneurs jusqu’en 1789.
Depuis cette époque, ce n’est plus qu’un bourg bien tranquille traversé par une longue rue.
L’église Saint-Pierre (mon. hist.) , oiïre quelques parties du xi* s. La nef a été réparée ou raccourcie au xvix* s. ou au commencement du xvui*. La tour octogonale est à pans irréguliers et date du xne s.; elle est décorée d’arcatures et percée de fenêtres cintrées dont l'archivolte repose sur des colonneltes. U n seul transsept est resté debout. Des travaux de restauration ont été récemment ordonnés.
L’église Saint-Thomas appartient à deux époques ; la nef (jolie porte latérale du style roman, ornée de zigzags et moulures) remonte à la
deuxième moitié du xn* s., ainsi que la base du clocher carré, dont la partie supérieure, en bois, date du xyi* s. Le chœur est de la dernière époque du style ogival flamboyant.
Les anciennes halles, construites en bois avec un toit revêtu de tuiles, offrent onze travées dans leur longueur.
On remarque, à l'entrée de Touques, du côté de Pont-l’Êvêque, un manoir dont la porte est d’un style imposant et auquel est attenante une enceinte de murs assez considérable. Il se nomme le manoir de Méautrin, et il date des xvi* et xvn* s.
Il contient, à l’intérieur, une jolie salle dont le lambris offre une série de médaillons sculptés représentant des personnages de la deuxième moitié du xvi* s. La porte d’entrée de la cour (xvn* s.) a un aspect monumental.
[Excursion à (1500 mèt. environ) Bonneville-sur-Touques, v. de 456 hab. . dominé par les ruines pittoresques de son ancien château fort.
Pour s’y rendre directement il faut quitter, à 600 mèt. env. de Touques, la route de Pont-l’Évêque et prendre à g. un chemin qui gravit les flancs de la colline boisée, sur le versant de laquelle se dressent les débris de l’antique forteresse qui fut une des résidences favorites de Guillaume le Conquérant. De ce château, qui joua un rôle si important durant les guerres du moyen âge, il subsiste encore une enceinte de murailles flanquée de plusieurs tours et une belle porte ogivale que M. de Caumont regarde comme appartenant à la fin du xtie s.
ou au commencement du xme. Certains historiens ont prétendu que Guillaume réunit à Bonneville son conseil privé et que la descente en Angleterre y fut décidée.
Un pavillon, adossé contre le mur du N., a été récemment construit avec les pierres détachées des vieux remparts. Les fossés, assez bien conservés, sont dignes d’attention.
Sur la dr. se montre le château de FÉpinay (xvi* s.).
220 kil. Trouville.