‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 335 sur 499 · TARIF · texte numérisé non relu

TARIF

1 cabane de luxe avec bain de

pied I fr. 50 c.

t cabane à flot » 80

1 cabane ordinaire » 50

1 costume de bains entier. .. . » 45

i peignoir » 25

1 caleçon » 20

1 serviette » 10

I serre-tête » 10

Chaussons » 10

1 guide il la mer » 50

Location d’une chaise » 10

Trouville possède deux églises paroissiales dont la plus importante , dédiée à Notre-Dame-des-Victoires, et récemment achevée, occupe une position pittoresque sur la colline; elle ne mérite pas une visite. Nous signalerons néanmoins le maître-autel, remarquable par sa richesse et la rareté des marbres qui le composent (il a coûté près de 40 000 fr.). Derrière le chevet, M. le comte d’Hautpoul a cru devoir faire constater en lettres d’or, sur une plaque de marbre blanc, que la rampe, dite Notre-Dame, a été commencée en 1854 et terminée en 1857.

Nous n’avoHS à signaler, du reste, parmi les édifices publics de Trouville, que V hôtel de ville (sur la place de la Caholle) , dont l’architecture rappelle le règne de Louis XIII; mais plusieurs de ses villas sont remarquables les plus belles sont ; le chalet de M. Cordier, élégante et sévère construction, occupant à mi-côte une situation ravissante (l’intérieur en a été décoré richement avec un goût exquis ; dans le jardin croît une plante très-rare : le vicia Bytliinica, découverte en 1850 par M. Durand - Duquesney) ; — les villas de M. Honoré et de Mme de Boigne, sans valeur architecturale, mais entourées de jardins et de parterres délicieux ; — la charmante villa de

Mme Jollois, qui occupe le point le plus élevé de la côte et domine Trouville et Deauville (elle est entourée d’un jardin dessiné à l’anglaise , “d’où l’on embrasse un splendide panorama) ; — la villa Bagatelle de M. Le Clercq ; — le château de Mme la comtesse de Mcmtebello (style Louis XIII); — la maison normande, couverte de sculptures en haut relief, qui rappelle la curieuse maison de la rue aux Fèvres de Lisieux (F. p. 298); — le pavillon (Renaissance) construit par M. de Gisors; — la maison (style mauresque) de M. de Formeville; — la maison gothique (style Louis XII) de Ch.

Mozin, etc.

On montre aux touristes, au fond d’une rue solitaire, une maison qui ne se distingue pas par sou architecture, mais à laquelle se rattache un épisode de l’histoire contemporaine.

Cette maison, en effet, servit, en 1848, de refuge à Louis-Philippe; elle .appartenait à Victor Barbey, qui se dévoua pour le salut du roi fugitif.

« Pendant trente heures, dit M. Eug.

Cbapus, le roi des Français attendit vainement une occasion favorable pour franchir le détroit. Pendant cette longue attente, il vécut sous le toit de cette maisonnette, où les soins les plus empressés, l'hospitalité la plus affectueuse lui furent prodigués; mais chaque heure de son séjour, pour ainsi dire, fut marquée parla menace d’un danger ou par un incident qui détruisit les espérances conçues un moment auparavant. Ainsi, en même temps que Tordre était donné au service de la douane de redoubler de surveillance, de multiplier les sentinelles et les vigies sur la cote et sur la route de Touques, on apprenait que le bateau du port sur lequel on avait compté pour l’embarquement incognito de Louis-Philippe ne pouvait être en état de prendre la mer que le surlendemain. Ce bateau s'appelait Eugène et Virginie, et son patron François Ilalley. Pierre Barbey, trouvant ce délai trop long dans l’intérêt du roi fugitif, rompit le marché sans même consulter celui qu’il voulait servir. Il alla trouver le maître d’une autre barque, l'IJortense, qui revenait de la pèche, et qui était restée au bout du chenal.

Dinitiz

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