L.OI
DE PARIS A TROU VILLE
Mazurier-David, son patron, se montra bien disposé à seconder les vues de Pierre Barbey. Il prit l’initiative d'une transaction qui fait honneur à son désintéressement : il proposa, sur la somme de trois mille francs qui lui était offerte, d’en abandonner le tiers à François Ilalley, celui dont le bateau exigeait des réparations; mais François Halley, mécontent de la rupture de son marché, s'en plaignit avec emportement dans sa famille, et bientôt il s'ébruita qu'un étranger, caché chez Victor Barbey, avait passé un engagement pour se faire transporter secrètement en Angleterre. L’autorite eut aussitôt l’éveil; ceux qui soupçonnaient la présence de Louis-Philippe à Trouville, et ceux qui, sans y croire précisément, pensaient qu’il s’agissait d’un proscrit royaliste, s’unirent pour favoriser sa fuite, tandis que quelques autres habitants étaient d’accord pour s'y opposer. Dans la soirée du 1er mars, le capitaine Barbey vint avertir le roi qu’ils étaient trahis : le maire, M. Conyere, et le commissaire de police devaient faire une perquisition dans la maison; on n'avait que le temps de fuir. Le capitaine Barbey, entraînant en quelque sorte Louis-Philippe, le remit entre les mains d’une personne qui était inconnue au roi : c’était M. Guettier, qui avait été maire de Trouville. « Sire, dit-il tout bas au roi et dans l’obscurité, un serviteur fidèle et dévoue va vous conduire en lieu de sûreté. » Le roi répondit : « Appelezmoi M. Lebrun. » Us traversèrent plusieurs cours et ruelles, et gagnèrent, par une porte de derrière, la maison de M. Billard, médecin et gendre de M. Guettier. Dans cette marche, entreprise au milieu des plus profondes ténèbres, M. de Rumigny, ignorant complètement à quelles mains on avait confié le roi, suivait par derrière; d’une main, il tenait la redingote de M. Guettier, et de l’autre un pistolet armé, prêt à faire feu à la moindre apparence de trahison.
Peu après, le roi ayant été rejoint par sa suite, qui s’était prudemment dispersée à la première alarme, il fut reconnu que l’embarquement était impraticable, et que le seul parti à prendre consistait à gagner Touques à pied , afin de ne pas éveiller l'attention des sentinelles. Cette tentative s'accomplit avec succès. A Touques, M. Guettier, en cabriolet, et un de ses amis, en char à bancs, vinrent prendre le roi et sa suite pour les conduire à la Croix- Rouge, près de la chapelle de Notre- Dame-de-Grôce qui domine Honfleur. »
Le roi et sa famille séjournèrent quelques jours à la Croix-Rouge, dans un pavillon appartenant au colonel Perthuis.
« Enfin, dit M. le comte Adolphe d’Houdetot, grâce à d’heureuses combinaisons, le roi sortait de ce pavillon accompagné de son valet de chambre; M. de Perthuis conduisait la reine par une autre route, et tous s'embarquaient la nuit sur le vapeur le Courrier, qui débarquait au port du Havre à neuf heures moins un quart.
Reçu par le consul anglais, le roi fut conduit à bord du steamer britannique Ei frets, où la Reine ne tarda pas à le rejoindre. Le lendemain, ils touchaient la terre de l’exil.
Un décret du 25 juin 1860 a affecté un crédit de 2 400 000 fr. pour le creusement d’un bassin à Ilot à Trouville- Deauville. Ce bassin à flot, aujourd’hui terminé, a 300 mèt. de longueur sur 80mèt. delargeéur. En 1866, les portes en ont été placées. La largeur de l’écluse, la plus vaste de tous nos ports maritimes, après l’écluse du bassin neuf tu Havre , est de 16 mèt.
50 cent. La hauteur d’eau, au-dessus du radier, est de 7 mèt. 20 cent, dans les marées de vive eau, et de 5 mèt. 10 cent, en morte eau. Même en morte eau, les navires de fort tonnage pourront entrer en toute sécurité dans le port de Trouville. Le mouvement de la navigation donne approximativement pour résultat annuel : à l’entrée, 30 navires et 2400 tonnes; à la sortie, 25 navires et 2400 tonnes; cabotage : à l'entrée, 160 navires et 5537 tonnes; à la sortie, 106 navires, 3500 tonnes et 47 navires sur lest. Plus de 80 barques, montées par 550 hommes d’équipage environ se livrent à la pèche, dont Trouville fait un grand commerce.
En face de Trouville, sur la rive g.
de la Touques1, se trouve Deauville (hôt. : du Casino; — Grand- Hôtel; — de l'Europe) , v. qui , tout récemment encore, ne comptait que 1 1 3 hab. , et qui a pris, dans ces derniers temps, un accroissement considérable.
t. 10 c. pour passer d’une rive à l'autre, si l'on ne veut pas aller jusqu’au pont.
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