ROUTE 1] ASNIÈRES. — BEJ50NS. — SARTROUVILLE
sainte Geneviève , a été rebâtie au commencement du xviu' s.
Depuis quelques années, on a construit à Asnières, et sur les coteaux voisins, un grand nombre de maisons, qualifiées de villas, affectant toutes les formes d’architecture. Ici un jardin de quelques mètres carrés, possédant un tout petit jet d’eau dans une cuvette, des statues, un kiosque et une serre, s’appelle un jardin anglais. Là les façades des maisons sont élevées, les unes sur le modèle de l’Alhambra, les autres sur celui d’une villa d’Herculanum et de Pompe! , sur le plan en miniature d’un château féodal, d’un palais de la Renaissance ou d’un chalet alpestre.
[Corresp. pour Gennevilliers , v. de 1630 hab.]
Au sortir de la station d’Asnières, on laisse, à g-, la ligne de Versailles (rivedr.), et, 200 met. plus loin, celle d’Argenteuil, à dr. Le Mont-Valérien attire l’attention sur la g. Bientôt on entre dans une longue tranchée dont les talus ne laissent voir que les sommets des arbres voisins. A la sortie de cette tranchée, une longue chaîne de collines boisées, et surmontées de quelques moulins à vent , bornent l’horizon à dr. ; ce sont les collines d’Argenteuil et de Sannois. Des villas, de toutes les grandeurs et de tous les styles, envahissent la plaine.
On passe sous la route de Courbevoie à Argenteuil, puis sous celle de Neuilly à Pontoise, avant de laisser à g. la ligne qui dessert le Pecq et Saint-Germain (R. 46). Cette séparation des deux lignes a lieu à la station de Colombes, où quelques trains s’arrêtent pour déposer des voyageurs, mais jamais pour en prendre. Les cinq hautes cheminées, qui se dressent derrière la petite gare, sont celles d’une usine importante de schiste minéral.
On découvre ensuite à g., le Mont- Valérien et son fort, le clocher de Nanterre, Rueil, les coteaux de Rougirai et de la Jonchère, l’aqueduc de
Marly, les bois du Vésinet , la terrasse et la forêt de Saint-Germain (R. 46), et plus près, Croissy, Chaton et la Seine. Les cotéaux d’Argenteuil, de Sannois et de Franconville continuent d’attirer les regards sur la dr. On franchit la Seine sur un pont de neuf arches de 30 mèt. d’ouverture , qui' forme les limites des départements de la Seine et de Seine-et-Oise. Une lie divise le pont en deux parties. Du pont, o'n découvre, en aval et en amont, de jolis points de vue. A 2000 met., sur la g., est le village de Carrières-Saint-Denis.
A 1800 mèt. environ, sur la dr., on aperçoit le pont de Bezons, pont de sept arches , reconstruit il y a quelques années.
Bezons (hôt. de VÉtoile du point du jour), v. de 834 hab., est situé sur la rive dr. de la Seine. En face du pont, s’élevait un château, construit par le maréchal de Bezons, qui prit Landau en 1713, et fut conseiller de régence sous Louis XV. Le parc, dessiné par le Nôtre, a été coupé et le château démoli.
Dès que l’on a franchi la Seine audessous de Bezons, on aperçoit, sur la dr., la tour carrée de l 'église de Houilles, v. de 1275 hab. Cette tour, commencée en 1648, ne fut terminée qu'en 1651. L’église, du reste, n’a rien de remarquable. A g. se montrent plusieurs grandes roues servant à extraire du moellon.
Quand on sort de la tranchée dans laquelle le chemin de fer traverse la plaine de Houilles (il en a été extrait 200000 mèt. cubes de terre), l’attention est attirée à dr. par le clocher de Sartrouville,\. de 1632 hab., situé sur la rive dr. de la Seine, presque en face de Maisons. l)e sa partie la plus élevée, surtout des terrasses du presbytère, on découvre de beaux points de vue ; mais son église, dont la restauration est commencée depuis plusieurs années, est sa seule curiosité. La porte en était autrefois ornée de curieuses sculptures dont il ne reste quedesdébris. L’intérieur se com-
pose d’une nef et de deux bas côtés très-larges. A l'entrée du chœur, on remarque deux chapiteaux sculptés ; celui de dr. représente des guerriers combattant, celui de g., des chimères. Les parties les plus anciennes de cette église doivent être du xi* ou du xii* s. ;• mais la jolie flèche octogonale en pierre , qui surmonte le clocher, est plus moderne.
A g. du chemin de fer, on aperçoit la forêt de Saint-Germain , le bois du Vésinet, le coteau du Pecq, le château et la terrasse de Saint-Germain; à dr. , la Seine traversée par un beau pont de pierre, le château de Maisons, avec son moulin pittoresque, et un grand nombre de villas étagées en amphithéâtre sur la colline, dans laquelle on pénètre au fond d’une tranchée,après avoir franchi les deux bras de la Seine et l’île de la Commune.
17 kil. Maisons-Laffitte (hôt. : de la Chasse impériale , du Soleil d'or; — café-restaurant de la Station, à côté de la gare), v. de 1500 hab.,est trèsagréablement situé sur la rive g. de la Seine, près de la lisière de la forêt de Saint-Germain. Quand on a traversé le pont sous lequel passe le chemin de fer, on suit la route de Paris, plantée de deux belles rangées d’arbres. De chaque côté s’élèvent des maisons blanches, nouvellement construites, parmi lesquelles on remarque une jolie petite salle d’asile.
Cette avenue aboutit à l’entrée du parc, où l’on pénètre par deux portes s’ouvrant sur des avenues que sépare une belle et large pelouse et que bordent de jolies habitations. Bientôt on atteint un petit jardin orné d’un bassin d’où jaillit un jet d’eau, et de là on découvre un beau paysage. On aperçoit, à dr. , le château précédé d’une vaste pelouse, et de magnifiques avenues décorées çà et là de statues en marbre blanc; à g., une autre avenue qui va se perdre au loin dans la forêt; en face, une avenue semblable aux précédentes et ombragée comme elles d’arbres séculaires.
Le village de Maisons, en partie assez ancien, ne prit un peu d’importance que lorsque le surintendant des finances, René de Longueil, y eut fait bâtir, par François Mansart, le magnifique château dont nous venons de parler. Laffitte, le célèbre banquier, est le créateur du village moderne , car Maisons forme deux villages qui, quoique fondus en un seul, se distinguent facilement par l’aspect et l’architecture de leurs maisons. Laffitte vendit une partie du parc et des dépendances du château pour y établir la petite colonie qui forme aujourd'hui un village portant le nom de son fondateur. De nos jours, Maisons-Laffitte est devenu l’un des séjours favoris de la finance et de la bourgeoisie parisiennes.
En 1811, un pont en charpente avait été jeté sur la Seine à Maisons.
Ce pont a été remplacé, en décembre 1855, par un beau pont en pierre de cinq arches, dont la construction fait honneur à M. Tarbé de Vauxclairs, ingénieur en chef, et à M. Billaudel, ingénieur des ponts et chaussées. Les arches du nouveau pont ont 28 met.
d’ouverture. Sur la rive dr. se trouve le château de la Vaudoire.
Le château de Maisons, un des chefs-d’œuvre de Mansart, appartint pendant plus d’un siècle à la famille de son fondateur. En 1658, la terre dont il faisait partie fut érigée en marquisat. Le 18 avril 1671, le jour du décès de Philippe, duc d’Anjou, le roi et toute la cour vinrent l’habiter. Louis XV eut un moment, en 1747, le désir de l’acheter pour Mme de Pompadour, mais il changea d’avis. Du marquis de Soyecourt, qui en était devenu possesseur , cette belle résidence passa au président de Maisons. Voltaire y séjourna souvent, et faillit y mourir de la petite vérole. Voici un fragment d’une des lettres qu’il écrivit à M. de Breteuil sur sa maladie et sur le château de Maisons : « On m’annonça que le curé du village , qui