M.CCC.XIV
L’église de l’abbaye de Poissy avait été vendue avec les bâtiments de l'abbaye pendant la Révolution. En 1802, le propriétaire offrit à la ville de la lui revendre. Le conseil municipal ayant refusé de l’acheter sur l’avis du curé, elle fut adjugée à des démolisseurs qui n’en ont presque rien laissé. On voit pourtant encore au fond de ce qu’on nomme l’endos de l'abbaye, une longue muraille à moitié ruinée, offrant çà et
là des débris de chapiteaux sculptés.
L'abbaye de Poissy, à laquelle appartenait l’église , fut fondée en 1304, par Philippe le Bel, « en place, dit un ancien manuscrit, d’un monastère de religieux ou religieuses de l’ordre de Saint-Augustin, qu’avait fondé la reine Constance, fille de Guillaume , duc de Normandie , femme du roi Robert. » Cette abbaye ( Dominicaines ) a compté parmi ses religieuses huit princesses de sang royal. Elle fut pillée et en partie détruite en 1441, par Talbot; mais elle répara promptement ces désastres, car le colloque de Poissy se tint dans son réfectoire, « le plus beau qui soit en aucun monastère, »
dit le manuscrit déjà cité. Près de l’église paroissiale, on lit, sur un ancien bâtiment flanqué de deux tours rondes : Enclos de l’abbaye.
Ces tours avaient servi à la défense d'une ancienne commanderie de Templiers.
Signalons encore à Poissy : l’hôpital civil et militaire, récemment construit; la maison de détention, qui renferme environ 1400 détenus ; une caserne d'infanterie; la vaste place du marché aux bestiaux, en partie plantée d'arbres et aux extrémités de laquelle s’élèvent des fontaines monumentales en fonte avec statues, vasques et bassins ; la place qui entoure l’église , la place du petit marché, ornée d’une fontaine publique, dont le couronnement représente un énorme crocodile avalant un poisson; la promenade située sur la rive g. de la Seine, près du pont; la jolie maison de campagne que M. Meissonnier, le peintre, a fait construire dans l’enclos de l’abbaye, et de nombreuses villas.
Le marché de Poissy, fondé par saint Louis, sera prochainement supprimé avec celui de Sceaux et remplacé par un marché unique, qui doit être établi à l’extrémité de la Villette, où s’exécutent déjà de grands travaux. La suppression de son mar-
ché portera un grand préjudice à Poissy.
[Corresp. pour : — (7 kil.) André sy, V. ci-dessous; — (3 kil.) Carrièressous-Poissy, V. ci-dessous.]
Excursion à Carrlères-sont-Poissy et A André «y.
Carrières-sous-Poissy (omnibus, 25 c.) est un village de 530 hab., bâti sur le penchant d’un coteau de la rive dr. de la Seine. Pour y aller, il faut suivre la route de Rouen et traverser la Seine sur le pont décrit ci-dessus (F. p. 6). On voit, au loin, Achères, Andrésy, Carrières-sous- Poissy, Chanteloup et de hauts coteaux couverts de vignes (on peut, quand le temps est parfaitemept clair, apercevoir Paris, du haut de la colline sur le penchant de laquelle s’étagent les maisons de Chanteloup dont le clocher attire de loin les regards). A 2 kil. de Poissy, on quitte la route de Rouen pour prendre celle de Chanteloup qu’on laisse ensuite à g., près d'un petit calvaire ombragé par de jeunes ormeaux, et l’on entre dans le village de Carrières. L’église ne mérite pas même une mention ; le château , situé à l’extrémité du village, ne se fait guère remarquer que par sa position pittoresque. Il se compose d’un pavillon et de deux corps de bâtiment en retour d’équerre. La terrasse, qui précède la façade principale, du côté de la Seine, est ombragée par un énorme sapin que l’on distingue très-bien du chemin de fer.
Andrésy (7 kil. de Poissy, 4 kil.
de Carrières; omnibus, 50 cent.), v. de 940 hab., est situé au confluent de la Seine et de l’Oise que traverse un beau pont suspendu, d’une seule arche de 75 mèt. d’ouverture, au pied d’un coteau percé de grottes artificielles et couvert de vignes. Ce village, appelé autrefois Andresiacum, est bâti, dit-on, sur l’emplacement de l’ancien Andere-