‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 381 sur 499 · SÉES · texte numérisé non relu

SÉES

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une jolie construction de la fin du xvi* ou du commencement du xviï' s.

(corps de logis principal et deux ailes en saillie), entourée de larges douves remplies d’eau vive et flanquée d’une haute tour que couronne gracieusement une lanterne à jour recouverte en ardoise. Ce château, précédé d’une belle prairie et d’une large pièce d'eau, offre un aspect imposant.

L’église de Clerai date de la première moitié du xvn* s.

A 10 kil. au S. E. d’Almenèches se trouve le magnifique château de Sacy, fondé aux premiers âges de la conquête normande, et appartenant aujourd’hui à M. le duc d’Audiffret- Pasquier, qui s’y livre à d’intéressants essais agricoles.

Quand on a franchi l’Orne, on laisse, à la dr. du chemin de fer et sur la rive g. de la rivière, le clocher de Medary, dont on aperçoit le château sur la rive dr. de la vallée. La voie ferrée côtoie ensuite à g. le Château d’ Almcnèches , v. de 306 hab., où se voient les restes du vieux château de Martel, construit par Roger II de Montgommery, vers 911, et la motte, entourée de fossés très-profonds, d’une forteresse souvent prise et reprise durant les guerres entre les ducs de Bellème et ceux de Normandie. Au S.

du village s’étend un bois entouré en partie par le Don.

On laisse à g. la ligne de Paris par Dreux (R. 93), et un peu plus loin un autre raccordement de cette lignedestiné à desservir Alençon. A dr. se montre Macé (614); dans le lointain apparaissent déjà les tours de la cathédrale de Sées.

89 kil. Sées (omnibus, 30 c. le jour et 40 c. la nuit; hôt. du Cheval - Blanc) , V. de 5045 hab. , située à g.

«lu chemin de fer, à 6 kil. de la source de l’Orne, dans une vaste plaine, ch.-l. de c., siège d’un évêché, offre un aspect pittoresque, mais manque d’industrie et de commerce.

Les historiens ne sont pas d’accord sur les origines de Sées (on prononce ce mot comme s’il était écrit Sais)-, cependant, tout porte « croire que c;îtte ville .remonte à une haute antiquité. Les chroniqueurs mentionnent un évêque du nom de Litaréde, qui, dès 536, était à la tête du diocèse de Sées. La ville, fortifiée au ixe s., fut prise et brûlée par les Normands, au commencement du siècle suivant, et les pierres de ses remparts détruits servirent à l’évêque Azon pour bâtir la cathédrale (986), qui fut reconstruite plus tard (F. ci-dessous, p. 446). Vers 1 1 54, Sées fut enlevée au comte d’Alençon par le roi d’Angleterre, Henri I«r, mais Guillaume de Bellème en reprit possession l'année suivante. « La ville de Sées, dit M. Edmond de Manne ( Villes de France), se composait, en ce temps-là, de deux parties bien distinctes : l’ancienne ville ou Bourg l'Eréque ; le Bourg-neuf ou Bourg-le- Comte, quartier formé peu à peu dans l’enceinte d’un château que Guillaume Talvas avait bâti vers le midi, de l’autre côté de la rivière de l’Orne. » En 1136, les troupes du comte d’Anjou, qui voulait s’opposer à l’usurpation de son neveu Étienne, prirent Sées et la brûlèrent en partie. Vers l’an 1 174, Henri au Court- Mantel mit le siège devant Sées, mais il fut repoussé par les bourgeois. Quinze ans plus tard, Richard Cœur de Lion vint à Sées s’humilier devant les archevêques de Rouen et de Cantorbéry et se faire absoudre de la mort d’Henri II.

Après avoir fait, au commencement du xiii" s., sa soumission â Philippe Auguste, la ville de Sées jouit de quelques années de paix pendant lesquelles furent construits l’hôpital général (1208) et un couvent de Cordeliers (1223).

Sées, une des premières villes de la Normandie, tomba au pouvoir des Anglais (1417), qui s’y maintinrent jusqu'à leur expulsion définitive de la France.

Pendant les guerres de religion, la ville de Sées fut prise d'abord par Matignon (1563), qui pilla la cathédrale et l’abbaye de Saint Martin, et, cinq ans plus tard, par Montgommery, dont les troupes y commirent les plus graves excès.

Ligueurs en 1589, les Sagiens se rendirent spontanément à Henri IV l'année suivante. De cette époque jusqu’à nos jours, l’histoire de Sées n'offre qu’un intérêt secondaire.

La belle cathédrale gothique de Sées , qui a remplacé trois églises

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DE CAEN AU MANS

fondées en 440, 996 et 1053, date en grande partie du xm* et du xive s.

« La façade, qui offre des portes du xiil*- s. remarquables, mais trèsmutilées, a été, dit M. de Caumont, défigurée par l’application maladroite de contre-forts énormes qui produisent le plus déplorable effet. Je ne les crois pas antérieurs au xvi* s. La porte du latéral g. peut être du xve. La nef est du xm' s. Une partie du chœur est aussi de cette époque; mais les parties supérieures en sont moins anciennes (xive et xve s.). »

Le fronton du portail principal, légèrement triangulaire, orné de deux rangs d’arcades superposées, s’élève entre deux (lèches, découpées à jour, hautes de 70 mèt. et restaurées en 1819, 18‘2l, 1834, 1835. Deux petits portails accompagnent le portail principal; celui de dr. est orné de feuilles de vigne du travail le plus pur; celui de g. est une reconstruction du xve s. Les contre-forts sont simples et garnis de clochetons et d’aiguilles.

Une galerie, d’où l’on découvre une belle vue, règne autour du toit; la balustrade se compose d’un seul rang de quatre-feuilles.

«La nef, dit M. Viollet-le-Duc, bâtie au commencement du xnr s., fut remaniée dans sa partie supérieure cinquante ou soixante ans après sa construction ; le chœur, élevé vers 1230, et presque entièrement détruit par un incendie, dut être repris vers 1260, de fond en comble, sauf la chapelle de la Vierge que l’on jugea pouvoir être conservée. Le maître de l’œuvre du chœur, ne se fondant que sur des maçonneries très-insuffisantes, avait cherché, par l’extrême légèreté de sa construction, à diminuer le danger d’une pareille situation; et en ne considérant môme le chœur de la cathédrale de Sées qu’à ce point de vue, il mériterait d’être étudié. Les chapelles absidales, présentant des murs rayonnants étendus, se prêtaient d’ailleurs à une construction légère. En effet , les tra-

vées intérieures du sanctuaire sont d’une légèreté qui dépasse tout ce qui a été tenté en ce genre. »

Les bas côtés n’ont point de chapelles ; une seule a été ouverte dans le latéral g., à une époque récente. Lestranssepts sont éclairés par deux rosaces de vitraux de couleur. On remarque, dans le chœur, quatre bas-reliefs, chefs-d’œuvre de grâce et de délicatesse, représentant des scènes de la vie de la Vierge. L’un des contretables de l’autel est orné d’un admirable bas-relief dont le sujet est l’extraction des reliques de saint Gervais et saint Protais. La plupart des fenêtres sont garnies de belles verrières, qui représentent des saints, des saintes, des évêques, des légendes, etc.

Les figures sont belles et les détails traités avec soin.

Le cloitre des chanoines, qui s’élevait au N. de la cathédrale, conserve encore des murs en arête de poisson.

— L’église Notre-Dame-de-lanPlace renferme une galerie de petits basreliefs en bois remarquables par leur originalité. — -L 'église Saint-Pierre est moderne et sans intérêt. — Lepalais épiscopal, bâti, en 1778, par M. d'Argentré, se compose d’un corps de logis principal surmonté d’un fronton triangulaire et flanqué de deux ailes en saillie. 11 possède une galerie de portraits des évêques de Sées et une très-jolie chapelle. — Le grand séminaire est établi dans les bâtiments de l’ancienne abbaye de Saint-Martin, que l’on suppose avoir été un des quatorze ou quinze monastères construits par saint Évroult au vie s. — 11 ne subsiste plus que quelques pans de murs de l’ancienne église de cette abbaye.

Signalons encore Vhôtel de ville monumental, construit, il y a quelques années, sur la place de la cathédrale, et en face duquel s'élève la statue de Conté, un des savants distingués de l’armée d’Égypte, et l’inventeur des crayons Conté.

La ville de Sées possède une école del essaye qui date de 1850.

A 6 kil. à l’E. , entre Aunou-sur- Orne et Saint-Cenery se trouve la source de l’Orne.

[Voit, de corresp. pour : — (44 kil.) Laigle (R. 93); — (32 kil.) Mortagne (It. 101); — (27 kil.) Sainte-Gauburge (R. 93)].

A côté de l’église Saint-Pierre s’élève un tertre factice couvert de jardins. C’était, il y a peu d’années, la base d’un moulin à vent, et, il y a quelques siècles, un cavalier qui servait à défendre la ville et à soutenir le fort élevé par Guillaume de Ponthieu dans l’enceinte du bourg neuf. Beaucoup de tuiles et de briques romaines, des médailles du basempire, des cercueils en grès coquillier, des fragments d’armes ont été trouvés dans ce monticule.

De Sées à Mortagne, R. 101.

Après avoir croisé la route de terre, la voie ferrée passe entre la Chapelle, v. de 280 hab. , et Neauphie, v. de 299 hab. On aperçoit à dr., au delà d’un beau château procédé d’une avenue d'arbres verts, les coteaux boisés couverts par la forêt d’ Écoutes; un de ces coteaux atteint 417 mèt. d'élévation au-dessus du niveau de la mer. Sur la g. se montre un étang.

A 3 kil. se trouve, sur la commune de Bursard (377 hab.), un château qui fut la dernière retraite de Rœderer.

On laisse à dr., près d’un autre étang, Saint- l.aurent-de-Beaumesnil.

99 kil. Yingthanaps, v. de 484 hab., est situé presque au point de jonction des forêts d’Écouves et de Perseigne.

11 occupe une magnifique position, d’où l’on embrasse un vaste panorama. En 1842, des ouvriers, en construisant un chemin vicinal, trouvèrent, non loin de l’église, quelques monnaies de Philippe I" frappées à Orléans et à Etampes. Il n’est pas rare que, au sommet de la butte dite du Moulin- d - Vent, on déterre des tessons de poteries rouges et grises avec ou sans dessins.

L’église, dont le petit clocher se montre sur la cime du mamelon qui s’élève entre la route de Sées à Alençon et la forêt d’Ecouves, ne mériterait même pas une mention sans son baptistère, cuve en granit taillée à seize pans et portant en relief l’inscription suivante :

A Ces fons sont de Vihennas . . . III Z ET. M. M

(Peut-être 1487).

On aperçoit à g., près de la station , le château des Noyers précédé de jolies avenues, puis on laisse à dr. Forges (289 hab.; joli château) et (1500 mèt.) le château d’Avoise, dominé à l’O. par les coteaux de la forêt d’Écouves. La voie ferrée descend pendant quelque temps la rive dr. du Londeau, petit ruisseau qui baigne à g. Valframbert, v. de 586 hab.

(château de Serceaux).

110 kil. Alençon (omnibus, 40 c.

le jour et 60 c. la nuit; — hôt. ; du Grand -Cerf (bon), de la Gare, visà-vis de la gare; de la Poste; beaux et nombreux cafés; libraires ; Bodé, Desveaux) , ch.-l. du départ, de l’Orne, V. de 16 110 hab., située, à 136 mèt. d’altitude, sur l’extrême limite du départ, de l’Orne, dans une plaine vaste , fertile , entourée de forêts , au confluent de la Sarthe et de la Briante, qui l’enveloppent presque tout entière de leurs contours, est flanquée de cinq faubourgs bâtis sur les diverses routes qui la traversent, ou séparés d’elle par l’une ou l’autre de ces deux rivières. C’est une ville propre , généralement bien bâtie , mais inanimée et triste.

En allant de la belle gare d’Alençon à la ville par une route déjà bordée en partie de belles maisons neuves, on laisse à dr. le champ de foire, à la jonction des routes de Rouen et de Paris. On entre dans la ville par le faubourg de Saint-Biaise et la rue de ce nom, où se trouvent, au delà de la préfecture, les hôtels et les ca-

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