‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 435 sur 499 · HOUDAN · texte numérisé non relu

HOUDAN

jour et 35 c. la nuit, sans bagages; 40 c. le jour et 50 c. la nuit, avec bagages ; — Cadot, aubergiste, rue de Paris, 94; — Philippe, loueur de voitures, rue de Paris. 45), V. de 2051 hab. , reliée à la station par une large avenue récemment ouverte, est située sur le sommet et le penchant d’une colline peu élevée, baignée au N. par la Vesgre et au S. par l'Opton. Les bords de la Vesgre offrent d’assez riantes promenades.

Houdan passe généralement pour une ville d’origine celtique ; les médailles, les poteries romaines, les armes franques découvertes dans la ville ou dans les environs , prouvent au moins qu'elle existait déjà à l’époque gallo-romaine.

L’emplacement du château des anciens comtes de Montfort, seigneurs d’Houdan, « occupait , dit Armand Cassan, l’espace qui s’étend depuis la rue des Fossés, du côté de la place de l’Église, jusqu’à l’endroit où elle se réunit à la halle, et du N. au S., depuis la rue des Fossés, jusqu’au jeu de paume. » Les fortifications et les portes de la ville ont été détruites; mais le vieux donjon, bâti par Amaury III, seigneur de Montfort et comte d’Êvreux 11105-1137), se dresse encore au milieu de la ville que domine sa masse imposante. Ce donjon, bâti en meulière avec quelques chaînes en grès, se compose d’une tour ronde (15 mèt. de diamètre) flanquée de quatre tourelles (4 mèt. de diamètre).

Le sommet de la tour, que recouvrait autrefois un toit conique, porte aujourd’hui une balustrade en bois. Les tourelles étaient surmontées de toits pointus. L’entrée primitive était dans la tourelle N., à environ 4 mèt. du sol; la porte ogivale, qui s’ouvre dans la tourelle E. , n’est qu’une brèche pratiquée dans le mur. L’intérieur (la plus grande partie des voûtes a été démolie) , se compose d’un rez-de-chaussée , et de deux étages auxquels on accède par des escaliers en pierre, de construction romane pour la plupart.

Presque toutes les fenêtres ont été murées. Les murs conservent encore au deuxième étage une épaisseur considérable. Près de la tour se voit une petite place bordée d’arbres et tenant lieu de champ de foire.

L’église (mon. hist.) est un bel édifice gothique, malheureusement inachevé, et dont quelques parties auraient besoin de restaurations. La tour est surmontée, à partir de la hauteur du toit, d’un laid appepdice recouvert en ardoise. Les sculptures du portail sont dans un état de délabrement complet ; celles du tympan ont presque entièrement disparu. Les panneaux de la porte sont ornés de sculptures assez curieuses. — On remarque , à l’intérieur (1 nef et 2 bas côtés) , les sculptures des chapiteaux de la nef; les stalles du chœur; des autels sculptés et quelques débris de vitraux.

Signalons encore une jolie maison en bois (rue de Paris, 39) dont la façade principale est ornée de têtes d’hommes et d’animaux, de fleurs, de branches de palmier, etc.

[Voit, de corresp. pour: (Il kil.) Orvilliers et (16 kil.) Septeuil (R. 54); — et (13 kil.) Adainvüle (520 hab. ; restes d’un ancien château au ham.

du Coudray), par (6 kil.) Gambais (1004 hab.; ruines d’une ancienne forteresse; château et parc de Neuville) et (11 kil.) Condé-sur-Vesgre (421 hab.; vitraux du xv' s. dans l’abside de l’église).}

De Houdan à Mantes, R. 54.

La voie ferrée franchit la vallée de la Vesgre sur un remblai haut de 15 met., puis s’engage dans une longue tranchée (2 kil.) vers le milieu de laquelle elle sort du départ, de Seine-et-Oise pour entrer dans celui d’Eure-et-Loir. On laisse à g. Goussainmlle (602 hab.) dont le château, du xvi* s., a été restauré.

70 kil. Marchetais, v. de 95 hab. , bâti sur la dr., à 500 mèt.

A 2 kil. 1/2 de la station, sur la g., se trouve le v. de Broué (578 hab.).

DE PARIS A GRANVILLE

Les parties les plus anciennes de l’église de Broué, bâtie à plusieurs reprises, ne sont pas antérieures à la fin du xi* s. Cette église fut pillée en 1567 par les protestants qui brûlèrent les images, renversèrent les autels et jetèrent les reliques au vent.

On laisse à dr. Serville (183 hab.), traversé autrefois par une voie romaine allant de Paris à Ëvreux.

L’église, située au centre du village, offre un mélange des styles roman et ogival. La tour quadrangulaire du clocher a 4 mèt. 60 cent, de largeur.

— La voie ferrée descend ensuite dans la charmante vallée de l’Eure qu'elle franchit près de Cherity (à g.) sur un viaduc de 5 arches de 4 mèt. A g.

se montre un petit château. Après avoir dépassé, au delà d’un long remblai, une succession presque non interrompue de tranchées, on atteint la station de la ville de Dreux que l’on aperçoit sur la dr.

82 kil. Dreux (omnibus, 30 c. le jour et 40 c. la nuit, sans bagages ; avec bagages, 50 c. et 60 c. ; — liôt.: du Paradis; de VÊcritoire); — Lepellelier, loueur de voitures; — libraires, Lacroix- Job , Audiger ). V. de 6940h.,ch.-l.d’arrond.,est située dans la vallée de la Biaise qui s’y divise en plusieurs bras et se jette dans l’Eure au N. E. Dominée au N. par un coteau que couronnent la Chapelle royale et les ruines entourées de verdure de l’ancienne forteresse des comtes de Dreux, elle offre, vue delà station, un aspect pittoresque.

On ne connaît pas la date de la fondation de Dreux, mais la plupart des historiens attribuent à cette ville une origine fort ancienne et prétendent qu’elle dut être sous les Romains un poste militaire très-remarquable. « Sous le règne d’Agrippa, dit M. Lefèvre, la capitale des Durocasees et son territoire étaient le centre de plusieurs voies romaines qui correspondaient aux quatre grandes chaussées que cet empereur « lança » du milieu de la ville de Lyon, aux bords de l’Atlantique, du détroit gallique et du Rhin. » Les chroniqueurs du xi* s. parlent du

château de Dreux qu’ils traitent de fameux et d’illustre « famosum et n obile caetrum de Drocis. » Il est constant que, dès l’année 1031, il existait un comté de Dreux, et il parait même que l’on y battait monnaie avant cette époque. Nous n’entreprendrons pas de retracer ici l’histoire des comtes de Dreux, histoire qui d’ailleurs ne présenterait qu’un intérêt local; nous devons nous borner à signaler, le plus brièvement possible, les principaux événements historiques dont cette ville a été le théâtre.

En 1188, Philippe Auguste vint mettre le siège devant Dreux et en expulsa Henri II, roi d’Angleterre, qui avait livré la ville au pillage et à l'incendie.

Dreux soutint encore deux nouveaux sièges, le premier en 1413, le deuxième en 1421, mais le plus grand événement qu’elle ait vu s’accomplir sous ses murs durant le xv* s. est la bataille qui porte son nom. Cette sanglante bataille se livra le 19 décembre 1562, sur le territoire de la commune de MarciUe-Moutiere-Brùlé, entre les protestants, commandés par le prince de Condé et l’amiral Coligny, et les catholiques, à la tète desquels marchaient le connétable de Montmorency et le duc de Guise. Les principaux chefs des deux partis se trouvaient en présence et tout le monde connaît la haine dont ils étaient animés les uns contre les autres; aussi, les deux armées se battirent-elles avec un incroyable acharnement depuis dix heures du matin jusqu’à cinq heures du soir.

Huit mille morts restèrent sur le champ de bataille, et, au dire des historiens, la perte fut à peu près égale dans les deux camps; mais la victoire resta aux catholiques. Le connétable de Montmorency fut tué; Brantôme prétend que le duc de Guise soupa dans une grange à Auisemenl et coucha dans le même lit que le prince de Condé, son prisonnier.

Pendant longtemps on fit tous les ans à Dreux (19 décembre) une procession commémorative à laquelle assistaient les magistrats, le corps de ville, les corps de métiers et la plus grande partie des habitants.

Henri IV assiégea Dreux une première fois en 1590 et une deuxième fois en 1 593. Les assiégés lui opposèrent pendant dixhuit jours la plus opiniâtre résistance. Une grande partie des fortifications de 1a ville et du château fut détruite par l'artillerie du roi de Navarre. La misère des habitants de Dreux était extrême ; Henri IV en eut pitié et leur donna à chacun un ecu

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