‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 48 sur 499 · ROUTE 1] SAINT-PIERRE-DU- V AU VRAY. LOUVIERS · texte numérisé non relu

ROUTE 1] SAINT-PIERRE-DU- V AU VRAY. LOUVIERS

que Philippe Auguste inaugura le siège du Château-Gaillard.

Des Andelys à Gisors et à Rouen, R. 27.

La voie ferrée passe tout près d’un joli château moderne bâti à g. dans un nid de verdure. Le fleuve, décrivant à dr. une immense courbe, va baigner les Andelys et rejoint le chemin de fer à 4 kil. à peine de l’endroit ou il s’en est séparé, après avoir parcouru plus de 20 kil. On laisse à g. Villerssur-le-Roule (295 hab.), et de grands bois qui s’étendent depuis le chemin de fer jusqu’à la route de Gaillon à Louviers, puis on pénètre dans un tunnel, de 1720 mèt. de long, appelé tunnel du Roule; il est séparé par une courte tranchée d’un autre tunnel beaucoup moins long (399 mèt.) , dit tunnel des Ténables , à cause d’un village voisin (674 hab.) qui porte ce nom. A g. se montrent des coteaux boisés dont la voie ferrée côtoie la base; à dr. on longe la Seine ; on a à g. Heudebouville (560 hab.) et Vironvay (167 hab.).

106 kil. Sainl-Pierre-du- Vauvray (Ilôt, de la Station), v. de 542 hab., est agréablement situé sur la rive g.

de la Seine, au pied et sur le penchant de coteaux boisés. La petite église, bâtie sur un mamelon, n’offre rien de remarquable au point de vue architectural , mais elle domine le village et occupe une position pittoresque au milieu des arbres. Saint-Pierre-du- Vauvray communique avec Àndé (420 hab.) par un pont récemment construit sur la Seine.

[Corresp. pour (8 kil.) Louviers, 60 cent.]

Le chemin de fer de Saint-Pierredu-Vauvray à Louviers sera ouvert, en 1866; en attendant, des omnibus correspondant avec tous les trains, conduisent à Louviers. La route court d’abord entre le chemin de fer, àdr.,|et des coteaux boisés, à g. Sur le pen-

chant de ces coteaux se montrent de petits châteaux et quelques jolies maisons de campagne. Se rapprochant du chemin de fer, on remonte ensuite la rive dr. de l’Eure qui coule paisiblement dans de vastes prairies entrecoupées de longues allées de peupliers. On s’éloigne insensiblement de la ligne des coteaux contournés par la route, et l’on aperçoit bfentôt les hautes cheminées de Louviers se dressant sur les bords de l’Eure que l’on ne tarde pas à traverser , un peu avant d’entrer dans la ville.

Louviers (115 kil. de Paris; hôt. :

du Mouton, place de l’Église (recommandé, bonne table, prix modérés), du Grand-Cerf; — Libraire, Prévost, 17, rue du Neubourg ; — Bains publics , rue du Quai , 24 ; — Breton, loueur de voitures), V.

de 10841 hab., est admirablement située dans un vallon fertile, entouré de bois et arrosé par l’Eure que les bateaux peuvent remonter jusqu’à Jarry. Elle n’occupait autrefois que la rive g. de l’Eure , mais aujourd’hui , par suite d’accroissements successifs elle s’étend sur les divers bras de la rivière qui alimente un grand nombre d’usines très-importantes. La partie vieille, composée de 3 ou 4 larges rues, communiquant entre elles par un grand nombre de ruelles, est presque entièrement bâtie en bois. La partie neuve , bâtie en briques et en pierres de taille, a de beaucoup agrandi son enceinte ; les vieux quartiers eux-mêmes tendent à se transformer. Des boulevards, plantés pour la plupart de jeunes arbres, font tout le tour de la ville et forment de charmantes promenades. Les rives de l’Eure sont bordéesde jardins et de squares et l’on remarque, en outre, de fort belles places dont les principales sont la place du Neubourg, terminée par un riant jardin, et la place Royale, entourée d'arbres magnifiques et couverte d’un tapis de gazon. Plusieurs petits ponts sont jetés sur les divers bras de l’Eure. Quel-

ques-unes ries fabriques ou des fila- ! tures de Louviers offrent vraiment un aspect monumental, avec leurs hautes cheminées cylindriques, et leurs vastes façades en briques, formant un assemblage de divers genres d'architecture.

Louviers, qui ne. fut dans le principe qu’une villa des ducs de Normandie, avait acquis une importance secondaire dès 1197, époque à laquelle elle fut cédée par Richard Coeur de Lion à Gauthier de Coutances , archevêque de Rouen. Cette ville , pendant le temps de paix qui suivit l’expulsion des Anglais de la Normandie, par Philippe Auguste, profitant des avantages de sa position sur l’Eure, construisit des filatures et des usines, s’adonna à l’industrie et utilisa les eaux de la rivière pour le tissage de la laine et la fabrication des draps dont l’importance est aujourd’hui si considérable. Froissart dit, en parlant de Louviers au xive s. :

■ C’étoit une des villes de Normandie, où l’on faisoit la plus grande planté de draperies , et c’étoit une ville grosse et moult marchande. »

Mais cette prospérité commerciale fut subitement troublée par une invasion des Anglais en Normandie , sous le règne d’Henri III. La ville, privée de fortifications, fut prise sans difficulté et mise à feu et à sang.

Le roi Charles V la fit entourer de fortifications pour la rendre capable de résister à de nouvelles attaques; mais les Anglais , sous la conduite d’Henri V, s’en étant encore rendus maîtres, en 1418, la gardèrent douze ans, et, après l’avoir reperdue, ne tardèrent pas à la reprendre en 1431, malgré l’héroïque résistance qu’elle leur opposa. Les habitants de Louviers se signalèrent par de glorieux faits d’armes et contribuèrent pour une bonne part à l'affranchissement de la Normandie, car ils chassèrent à eux seuls les Anglais de Pont-de-l’Arche, de Verneuil et d’Harcourt ; Charles Vil leur accorda, pour les récompenser,

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des privilèges si considérables que leur ville fut appelée « Louviers-lc- Franc. ■>

La ligue du Bien Public suscita de graves désordres à Louviers au commencement du règne de Louis XI ; Louis de Bourbon la reprit aux alliés (1465) au nom du roi, et Louis XI y fit mettre à mort le sire d’Esternay, un des plus hardis perturbateurs de la Normandie.

Les huguenots ne réussirent pas d’abord à s'emparer de Louviers, mais le parlement qui s’y était établi en 1562, après la prise de Rouen par les protestants , se montra si cruel et si injuste envers les calvinistes, que le maréchal deBiron marcha contre cette ville et s’en empara en 1591.

Pendant les troubles de la Fronde, le duc d’Harcourt occupa Louviers au nom du roi. C’est à cette époque (1546) qu’il faut faire rapporter le scandaleux procès, connu sous le nom de possession des religieuses de Louviers, dans lequel intervinrent le parlement de Rouen et l’oflicialité de Paris (F. Michelet, la Sorcière).

Louviers est actuellement un cheflieu d’arrondissement du départ, de l’Eure, et le siège d’un tribunal de première instance , d’un tribunal de commerce , d’une chambre consultative des manufactures et d’un conseil de prud’hommes.

L’église Notre-Dame est un bel

édifice gothique presque aussi large que long. Elle est divisée en cinq nefs, et, malgré l’absence totale de proportions, elle excite l’admiration des visiteurs. La tour carrée (façade N.), qui ressemblé plutôt à celle d’une forteresse qu’à celle d’une église, était surmontée autrefois d’une flèche en bois et en plomb. Renversée par la foudre, il y a environ un siècle et demi, elle n’a pas été rebâtie. Du côté du midi s’élève une autre tour qui sert de clocher et qui n’offre rien de remarquable. Les nefs et le choeur sont du xjii's. ; le portail du midi, précédé d’un magnifique porche, est

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