LOUVIERS
l’une des œuvres les plus riches et les plus gracieuses du xv' s. Notre-Dame de Louviers est en ce moment (1865) l’objet d’importantes restaurations ; on reprend même en sous -œuvre des parties entières du monument. Audessus de la porte principale du portail nord, se lit la date de 1607. Cette entrée , ornée d’une vieille statue de Notre-Dame de la Délivrande, a subi de nombreuses mutilations: On remarque à l’intérieur : l’élévation de la grande nef, et ses gros piliers, dont les chapiteaux, très-ornés, supportent les statues des 12 apôtres de grandeur naturelle ; la double rangée do 6 fenêtres décorées de vitraux , qui éclairent la nef principale; une charmante chaire en bois sculpté dont le couronnement est supporté par deux palmiers ; les belles verrières du chœur; le tombeau gothique du sire d’Esternay; un groupe en pierre représentant l’ensevelissement du Christ (7 personnages de grandeur naturelle ) ; plusieurs statues modernes et un magnifique autel orné de peintures et de sculptures, construit dernièrement sous la direction du père Arthur Martin, avec d’anciens bas-reliefs du moyen âge. Les différents groupes de petits personnages, sculptés sur cet autel, figurent des scènes de la Passion.
Unenuu'so», qui date du xn* s., passe pour avoir appartenu aux Templiers.
Vhôtel de ville, vaste bâtiment en briques, est situé près de la place Porte-de-Roueti ; la façade principale de cet édifice est décorée des armes de la ville avec cet exergue : « Louviers le Franc. » A côté se voit le théâtre qui ne mérite même pas une mention.
L’industrie de Louviers a droit à une notice spéciale. Avant la Révolution, il se fabriquait à Louviers, année commune, 3 à 4 mille pièces de draps; en 1837,1a fabrication s’élevait de 12 à 15 mille pièces; elle s’est encore accrue depuis cette époque ; ses produits sont recherchés en France et à l’étran- 1
ger. La ville de Louviers fabrique des draps à bas prix (4 fr. 75 le met.); elle s’est approprié la fabrication des étoffes dites nouveautés pour pantalons et celle des flanelles écossaises. L’arrondissement renferme un grand nombre d’usines hydrauliques et â vapeur, employées pour la plupart à la filature et au tissage de la laine, et utilisant une force de 1619 chevaux. Plusieurs fabricants ont obtenu des médailles aux diverses expositions de l’industrie nationale et internationale. La fabrique de MM. Chennevière et fils, et celle de MM. Daunet et Cie, ont reçu, à l’Exposition universelle de 1855, une médaille de première classe. Il ne faut pas oublier de signaler la construction des machines qui occupe une large place dans l’industrie de Louviers. L’établissement le plus considérable en ce genre est celui de M. Mercier qui a obtenu une council medal à l’Exposition universelle de Londres et une médaille d’honneur à celle de Paris.
Les produits de son établissement, expédiés jusque dans l’Amérique du Sud, s’élèvent à un chiffre annuel de 1 million de francs.
De Louviers à Elbeuf, R. 57.
On aperçoit, à dr. de la station de Saint- Pierre-dù-Vauvray, Portcjoie (211 hab.), sur la rive g. de la Seine, qui , s’éloignant du chemin de fer à Saint- Pierre-du-Vauvray , décrit un arc de cercle, baigne plusieurs villages, forme un certain nombre d'iles et rejoint le chemin de fer quelque temps après avoir reçu l’Andelle. A g. se montrent : Saint- Étienne -du- Vauvray, v. de 512 hab., sur la rive dr. de l’Eure, qui se divise en deux bras pour former l*f(e l’Homme; Saint - Cyr -du- Vaudreuil , v. de 1005 hab.); et Notre-Dame-du-Vaudreuil (911 hab.), dont Yéglise offre, dans son portail, un beau modèle du style roman orné, duxii» s. « Un jour de l’année 585, dit M. l’abbé Cochet,
la terrible Frédégonde sortit du palais mérovingien du Vaudreuil, où elle était exilée, pourfaire poignarder, sous ses yeux, et dans le sanctuaire même de sa cathédrale, Prétextât, évêque de Rouen. » On aperçoit à dr. le château de la Motte, à demi caché par les arbres du parc qui l’entoure. Depuis Notre- Dame-du-Vaudreuil jusqu’au hameau des Damps, la voie ferrée côtoie la rive dr. de l'Eure sur la rive g. de laquelle s’étend la forêt de Pont-de-l’ Arche (F. ci-dessous, p. 33) . Entre le chemin de fer et la rive g. de la Seine, se montre ensuite Tournedos (171 hab.) ; plus loin, la voie côtoie à g. Léry (994 hab.) où la reine Blanche, veuve de Philippe de Valois, possédait un château qu’un incendie détruisit en 1814. La petite église de Léry se recommande par son antiquité (xi* et xii* s.). On aperçoit aussi à dr. Poses, v. de 1211 hab., formant une longue rue sur la rive g. de la Seine, et Amfreville-sous-les-Monts (444 hab.), un peuauS. du confluent de la Seine et de l’Andelle. Près de là, dit la légende, sur le coteau au pied duquel s’étagent aujourd’hui les maisons d’Amfreville, s’élevait autrefois un château fort dont les ruines ont disparu complètement. Ce château était habité par un seigneur dont la fille, aussi vertueuse que belle, avait inspiré au fils d’un comte du voisinage un violent amour qu’elle partageait. Mais le père avait fait proclamer dans ses Etats qu’il n’accorderait la main de sa fille qu’à celui qui, sans se reposer, porterait la princesse sur le sommet de la montagne. Le jeune comte accepta les conditions imposées par le père de sa bien-aimée; au jour fixé, en présence d’un grand nombre de spectateurs, il prit la jeune fille dans ses bras, et gravit avec rapidité la moitié de la montagne. Déjà il était sur le point d’atteindre la plate-forme où les juges l’attendaient pour le couronner, quand, tout à coup, ses forces l’abandonnèrent, et, tombant épuisé de fatigue, il rendit le dernier sou-
pir. La jeune fille se précipita du haut de la roche. Ducis a composé sur ce sujet une pièce de vers restée célèbre, et la côte porte encore le nom de côte des Deux-Amants.
Un monastère de chanoines régulière, fondé au xii* s., sur le haut de cette côte, a subsisté jusqu’à la Révolution. La manse priorale avait été réunie au collège de Rouen dans la première moitié du xvii* s.
Au-dessous de la côte des Deux- Amants se trouve le village de Pitres qui possède un palais carlovingien dans lequel Charles le Chauve tint un concile, en 866, et rédigea le règlement monétaire connu sous le nom A’ Édit de Pitres. « Depuis quelques années le palais de Pitres nous a montré, dit M. l’abbé Cochet, ses débris si longtemps cachés sous l’herbe des prairies. *
Au Manoir (353 hab.), en face de l’emboucbure de l’Eure, le chemin de fer franchit la Seine sur un pont de 6 arches, puis laisse à dr. Ali- %ay (R. 27).*
119 kil., Pont-de-l’ Arche (omnibus, 15 c.; — hôt. de Rouen; — auberge ‘de la Tête-Noire ; — Vaillant, loueur de voitures, près de la station), V. de 1661 hab., est située à 2 kil. de la station, sur la rive g. de la Seine réunie à la rive dr.
par un beau pont en pierre de 10 arches, jeté sur les trois bras du fleuve. Inauguré le 17 janvier 1858, ce pont a remplacé un pont des xiv* et xv* s., qui, composé de 22 arches, avait succédé lui-même à un pont primitif datant du règne de Charles le Chauve.
Les trois premières arches, du côté du chemin de fer, donnent passage aux bateaux. Quoique le courant soit trèsrapide en cet endroit, la navigation y a été rendue sûre et facile par un canal creusé sous le règne de Napoléon I". On découvre du pont un beau point de vue en amont et en aval du fleuve.
Pont-de-l’Arche est une petite ville assez triste, malgré sa promenade ou-
ERIEURE
inée. La nef, remarquable | Bon-Port. Le retable du maftre-autt ’ FR. NORMANDIE. $