‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 64 sur 499 · ROUTE 1] ROUEN. — SAINT-MAGLOU. — SAINT-PATRICE · texte numérisé non relu

ROUTE 1] ROUEN. — SAINT-MAGLOU. — SAINT-PATRICE

pénètre par une grande porte qui s’ouvre à dr. dans la rue Martainville, au delà de la rue des Arpents, est une espèce de cloître qui servait autrefois de cimetière. Les colonnes, en bois sculpté, des bâtiments qui le circonscrivent et qu’occupe actuellement une école , sont décorées de sculptures représentant une Danse macabre.

L’église Saint -Patrice fut bâtie, en 1535, sur l’emplacement d'un autre édifice religieux assez modeste.

La façade principale, nue, lourde et inachevée, n’ofl're aucun intérêt architectural. L’intérieur, qui comprend une nef et deux bas côtés, n’a pas non plus de valeur architecturale, mais les chapelles sont décorées d’admirables vitraux du xvx° s., bien conservés, qui méritent la visite de tous les amateurs.

Collateral droit.

La Femme adultère (15Î9), provenant de l’église Saint-Godard ; F Adoration, des Mages et V Histoire de saint Jean-Baptiste ( quelques tableaux ajoutés en 1839); quatre grisailles (dans le haut du collatéral): Jésus Enfant , la sainte Vierge et Saint Jacques (1624), saint Jean (1625).

.Collatéral gauche.

L'Histoire de Job (1570), provenant de l’église Saint-Godard ; l’Histoire de saint Patrice , patron de l'église, et de sainte Barbe (t 540) ; l’Annonciation (1580); la Vie de saint Eustache (1543), celles de saint Louis (1583), de Faron. évêque de Meaux et de saint Fiacre (1540). Au fond près, du chœur, on remarque un sujet gravé par M. Langlois, connu sous le nom de Triomphe de la Loi de Grâce, et qui représente, en effet, un triomphe religieux exécuté dans le genre de ceux en usage au moyen âge et dont on voit des analogies dans l’église Saint-Vincent, à l’hôtel de Bourgthéroulde et dans une maison de la Renaissance de la rue de l'École.

Chœur.

Passion , Mort et Résurrection de Jésus- Christ, se continuant jusqu’aux disciples d’Emmaüs.

Parmi les tableaux, un, qui est attribue au Poussin, a pour sujet les

Apôtres sortant du Temple et saint Pierre guérissant le boiteux qui demandait l’aumône.

La chaire à prêcher, qui était autrefois dans l’église de Saint-Lô, ap- * partient au style de la Renaissance.

L’église Saint-Godard, qui date en partie du xvi* s., n’offre rien do remarquable à l’extérieur, mais l’intérieur renferme des verrières et des peintures murales dignes d’intérêt. Nous examinerons successivement ces œuvres d’art en faisant le tour de l’église et en commençant par le bas côté de g.

Signalons d’abord la grande verrière placée au bas de la nef, au-dessus du por- / tail principal, et représentant, dans le bas, la Prise de Damiette par saint Louis, et, dans le haut, saint Louis présidant l’assemblée des baron s du royaume, convoqués avant la deuxième croisade de son règne.

Bas côté gauche. — Vitraux.

t° Verrière de sainte Cécile et de saint Grégoire.

2° Saint Louis, saint Thomas d’Aquin et Guillaume d’Auvergne , évéque de Paris (saint Louis et l’évêque sont anciens).

3” Moïse sauvé des eaux ; Leçori de lecture donnée à la Vierge par sa mère ; sainte Ursule; Blanche de Castille instruisant saint Louis enfant (don des dames de la Société de Charité maternelle).

4" Meurtre de Prétextât, archevêque de Rouen, tué par ordre de Krédégonde.

5“ Procession de la jierte de saint Romain, au château, en présence de Charles VUI ; Institution de l’Échiquier perpétuel (donné par la ville).

6° Procession du Corps saint, de la cathédrale à Saint-Godard (don du Conseil de fabrique).

7" Apparitions évangéliques (panneaux très-anciens ; quelques-uns neufs).

8" Traits de la vie de saint Romain, audessus de la chapelle Saint-Pierre.

Chœur. — Peintures murales.

Les peintures murales du chœur, dues à M. le Hénaff, qui est l’auteur des peintures de la chapelle Saint-Eustache , dans l’église de ce nom, â Paris, représentent « le Sacerdoce chrétien prédit, exercé et transmis.» On voit: le grand prêtre Melchisédech offrant le pain et le vin, l'Insti-

tution de la Cène, et Jésus donnant aux Apôtres le pouvoir d'enseigner et de baptiser.

Chœur.— Vitraux.

Les principales verrières représentent :

le Triomphe de la Croix et de l'Évangile, au fond-, l’Histoire de saint Godard, à g.; l’Histoire de saint Laurent.àdr. Ces vitraux remarquables ont été exécutés, d’après les cartons de M. Jollivet, dans les ateliers de M. Marquis, à Paris (don de Mme Worrell).

Bas côté droit. — Vitraux.

1® Très-belle verrière (généalogie de la Vierge), exécutée en 1506, par Arnoult Delapointe et donnée à l’église Saint-Godard par Robert Delamare et ses enfants.

2“ Épisodes de la vie de la Vierge (quelques sujets neufs ont été intercalles parmi les anciens en partie détruits).

3° Magnifique vitrail représentant la Conversion de saint Paul et celle de saint Augustin.

4“ Baptêmes de Clovis et de Rollon (don de la ville).

5*Conversions de sainte Marie-Madeleine et de sainte Marie Égyptienne (don de M. le Carbonnier).

6° Prédication de Jésus sur le lac de Génézareth, d’après des cartons de M. le Hénaff (don de M. Floquet père).

7" Histoire de saint François d’Assise.

8° Histoire de saint Vincent de Paul.

La chapelle de la Vierge renferme le tombeau de Charles de Becdeiièvre et de son fils ; le premier était mestre de camp dans les armées de Louis XIII et le second premier président de la cour des Aides de Normandie.

La crypte actuelle de Saint-Godard n’est pas ‘antérieure au xvi* s. La crypte primitive reçut, en 530, la dépouille mortelle de saint Godard (quelques écrivains prétendent qu’il fut inhumé dans l’église), et, en 646, celle de saint Romain, qu’elle garda jusqu’à sa translation à la cathédrale, en 1079. Le tombeau restait au moins; mais cet intéressant monument, que la Révolution avait épargné, « ce sépulchre, dit Farin, que le diable n’a jamais sceu altérer par les années, ébranler par les guerres, et qui restera jusqu’à la consomma-

tion des siècles, » fut transporté en 1804 dans la chapelle des Carmes déchaussés, devenue l’église Saint-Romain, et placé sous le maltre-autel.

Derrière un mauvais autel qui occupe le N. de la crypte se voient encore les débris d’un banc de pierre sur lequel s’asseyaient les pèlerins qui venaient implorer la protection de saint Romain. La crypte en ellemême offre peu d’intérêt.

L'Église Saint-Vincent (rue de la Vicomté), monument historique, date de la Renaissance ; quelques parties sont du xvi* et du xvit' s. On doit la dégager des constructions qui l’entourent. Le portail principal est précédé d’un porche du style gothique et le dessus de la porte offre quelques vestiges d’un bas-relief (le Jugement dernier) d’après Michel- Ange. La nef est petite et laisse ; le chœur est spacieux et haut, mais trop surchargé d’ornements. Cette église possède plusieurs verrières bien conservées dont les plus intéressantes représentent : la Vierge à genoux, au milieu des Apôtres (collatéral droit) , d’après un carton d’Albert Dürer (F.

l’Essai sur la peinture sur bois par M. E. H. Langlois) ; la Décollation de saint Jean-Baptiste (collatéral gauche , en face de la lr* travée du chœur) ; un ,Miracle opéré par saint Antoine de Padoue (chapelle à g. du chœur).

L’église Saint - Romain , bâtie vers 1660 dans un style vulgaire par la famille Becdeiièvre, pour un couvent de Carmes déchaussés , a la forme d’une croix grecque. Un affreux clocher recouvert d’ardoise la surmonte. Le dessus du maltre-autel recouvre le tombeau de saint Romain complètement caché. (F. cidessus). La 2* chapelle, à gauche en entrant, possède une petite statue en marbre de saint Louis et un basrelief représentant Tobie ensevelissant les morts. Les vitraux les plus remarquables ont pour sujet i’histoirn d’Adam , sainte Geneviève , saint

Page 1