‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 65 sur 499 · ROUEN. — LES ÉGLISES · texte numérisé non relu

ROUEN. — LES ÉGLISES

Etienne devant ses juges, le martyres de saint Etienne, Tobie ensevelissant les morts, Job sur son fumier, la Cène, Jésus chassant les vendeurs du Temple. Différents traits de la vie de saint Romain sont peints, en cinq fresques, sous le dôme, au haut de la nef.

L'église Saint-Gervais , monument historique, bâtie sur l’emplacement d’une chapelle construite par saint Victrice, en 386, n'offre par ellemême rien de remarquable, mais la crypte, placée immédiatement sous le chreur, méfite la visite de tous les archéologues. On y descend par un escalier de 28 marches en pierre.

L’origine de cette crypte remonte à une époque antérieure à l’architecture normande. Les rangées de briques et de tuiles légères que l’on observe, entre les rangs de pierres, dénotent une construction romaine.

Les murailles de la crypte sont bien conservées et n’ont subi aucune modification, mais la voûte a été restaurée et l’abside polygonale reconstruite. On croit généralement que le corps de saint Mellon fut inhumé dans cette crypte au ivc' siècle. Elle mesure 11 met. 36 c. de long sur 5 mèt. 19 c. de large et 4 mèt 87 c.

de haut. Non loin do l’église Saint- Gervais, passait autrefois la voie romaine de Rouen à Lillcbonne. Le prieuré, fondé près de cette église et qui dépendait lui-même de l’abbaye de Fécamp , n’existe plus aujourd'hui. Guilîaurae le Conquérant, blessé à mort par le pommeau de sa selle, expira dans ce prieuré, en 1087. En 1846 , l’Académie des sciences, arts et belles -lettres de Rouen a fait placer au portail de l’église Saint- Gervais une inscription destinée à rappeler ce fait.

L'église de la Madeleine est une

construction moderne (style corinthien) de le Brument , architecte rouennais. Les sculptures sont l’œuvre de Jadoulle. Fa dédicace de cette église eut lieu le 7 avril 1781. La façade S. se compose d’un péristyle

soutenu par 4 colonnes corinthiennes.

Le dessus de l’entablement est orné d’un bas-relief représentant la Charité symbolisée. L’édifice se compose à l’intérieur d’une nef et de 2 collatéraux ; à l’extrémité supérieure de la nef, s’élève un dôme en plein cintre, surmonté à l’extérieur par un obélisque d’un goût douteux. On remarque, au fond des collatéraux, deui tableaux estimés de Vincent, la Guérison de l'aveugle à droite et la Guérison du paralytique à gauche. Derrière le maître-autel est la chapelle des religieuses de PHÔtel-Dieu.

L’église Saint-Nicaise, bâtie sur l’emplacement d’une chapelle primitive construite par Saint-Ouen. vers le milieu du vn* s. , possède un chœur assez élégant et un orgue de 1634.

Saint -Vivien n’était autrefois qu’une chapelle. Agrandie en 1636, elle est surmontée d’un clocher sans style et sans caractère et possède un orgue sculpté, dit-on, par l’un des frères Anguier, célèbres sculpteurs du xvir s.

L’église Saint-Sever, commencée en 1856, consacrée au culte le 26 mai 1860, a été construite dans le style de la Renaissance par M. Vachot, architecte. La façade principale, divisée en trois étages, est décorée de statues. Saint-Sever, en costume épiscopal et bénissant des groupes de pèlerins, figure au-dessus de la porte d’entrée.

La hauteur totale du clocher, depuis le sol jusqu’au sommet du coq qui surmonte la croix, est de 57 mèt La nef mesure, entre les piliers, 7 mèt. 90 cent, de largeur, et 17 mèt. de hauteur, sous clef de voûte. Les dimensions de cet édifice ne sont pas en rapport avec l’incessant accroissement île la population d’un faubourg aussi commerçant.

L’église Saint -Hilaire ne mérite qu’une mention.

L’ancienne église Saint-Paul, à

côté de laquelle s’est récemment élevée une église neuve, en forrûe de ha-

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silique, était, suivant la tradition, un temple d’Adonis ; mais rien ne le prouve. Elle offrait les trois absides circulaires que l’on rencontre dans la plupart des édifices du xi* s., et dont ou a fait la sacristie de l’église nouvelle. Ces trois absides présentent extérieurement un rang de figures grotesques dont quelques-unes portent d'épaisses moustaches. L’église neuve n’offre rien d’intéressant.

L’ancienne église Saint-Éloi , dont les belles verrières ornent actuellement le musée d’antiquités ( F . ci-dessotfs, p. 62), sert depuis 1803 au culte protestant.

L’église Saint- Laurent, supprimée en 1797, avait été bâtie en 1444.

En 1512 fut commencée la construction d’un magnifique jubé en pierre qui , d’après M. l’abbé Cochet, ne coûta pas moins de 3350 livres. Ce jubé, qui passait pour un chef-d’œuvre, fut démoli en 1681; mais l’église reste encore en partie, seulement elle a été transformée en magasin de carrosserie. Dégagée de toutes les constructions qui en masquaient la vue, elle s’élève au S. de l’église Saint-Godard, sur le bord de la rue de l’Hôtel-de-Ville, entre le square Solferino à g. et la place de l’Hôtel-de-Ville à dr. On visite surtout la tour de cette église, qui date de 1501 et se fait remarquer par son architecture.

Une autre tour, également isolée, se montre à g. dans la rue de l’Impératrice, à l’angle de la rue aux Ours : c’est la tour de l’église Saint-André , construite de 1526 à 1557. Aujourd’hui qu’elle est complètement dégagée, on peut en apprécier la beauté.

Espérons qu’elle sera conservée.

L’église Saint-Pierre du Chdtel (entre la rue Fontanelle et La rue des Béguines, assez près do la rue de l’Hôtel-de-Ville), bâtie au xv* s., et ainsi nommée à cause d’un château que Rollon avait construit en cet endroit, ne présentait de remarquable que sa tour qui subsiste encore en entier.

Édifices civils.

Le palais archiépiscopal, contigu à la cathédrale (la porte extérieure, en pierre , a été élevée sur les dessins de Mansart), est dû en grande partie au cardinal d’Estouleville (1461), qui mourut avant d’avoir pu achever son œuvre. L’édifice fut terminé , si l’on en croit Faim,, par le cardinal Georges d’Amlwise Ier, ministre de Louis XII. La galerie des États est ornée de 4 grands tableaux peints par Robert et représentant les Fucs de Rouen, de Dieppe, du Havre et de Gaillon. Dans le bâtiment moderne qui règne sur le jardin et qui date du commencement du siècle dernier, a été rétablie, au 1er étage, une bibliothèque à l’usage du chapitre de la cathédrale.

L’hôtel de ville , vaste monument moderne, attenant au transsept septentrional de l’église Saint-Ouen, était le dortoir des religieux de l’abbaye.

Les bureaux de la mairie sont installés au rez-de-chaussée et au premier étage ; le 2° étage est occupé par la bibliothèque publique et les salles du musée (F. p. 60). La façade principale se compose de deux pavillons parallèles à chacune des extrémités, et d’un péristyle au milieu. Le fronton, que supportent des colonnes corinthiennes, est décoré des armes do la ville soutenues, d’un côté, par Mercure avec les attributs du Commerce, de l’autre, par l’Industrie sous les traits de Minerve (par Dantan), et d’autres sculptures du môme artiste. A l’intérieur, on remarque : la vaste salle des cérémonies publiques ornée des portraits de plusieurs personnages célèbres , nés à Rouen ; les statues en marbre de P. Corneille, par Cortot, et de Jeanne d’Arc sur le bûcher, par M. Jean Feuchère, dans le vestibule, à l’entrée de la salle précédente; un escalier en pierre , remarquable par son élégance et sa légèreté et dont le premier palier est décoré d’une statue de Louis XV dans sa jeunesse,

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