ROUTE 1] ROUEN. — LE PALAIS DE JUSTICE
par le sculpteur Lemoine, et des bustes de Pierreet Thomas Corneille; le grand et bel escalier, du côté de l’église Saint-Ouen, conduisant à la bibliothèque et au pied duquel se voit le tombeau du peintre Géricault, dû au ciseau d'Etex. Le grand corridor du 1er étage est orné de quelques statues en plâtre, entre autres de celles de Bonchamp, par David (d’Angers), et d’Achille, par Bougron.
Le palais de justice (monument historique), magnifique chef-d’œuvre de l’architecture gothique et de la Renaissance, se compose d’un bâtiment principal construit, en 1499, par Louis XII, pour l’Échiquier de Normandie, et de deux ailes en retour d’équerre. L’aile g., bâtie en 1493, était destinéedans le principe à servir de lieu de réunion aux marchands; l’aile dr., élevée au commencement du siècle dernier, dans un style qui contrastait avec celui du reste de ce beau monument, s’écroula en partie le 1" avril 1812; elle a été rebâtie dans le style des autres bâtiments. La façade a une étendue de 66 mèt.
L’architecture du xv* s. n’a rien produit de plus riche ni de plus délicat que l’ornementation de cette façade, dont le milieu est occupé par une charmante tourelle octogonale qui la divise en deux parties égales. Les piliers angulaires des trumeaux chargés de dais, de statues , de clochetons; les charmantes sculptures des fenêtres ; l’élégante balustrade de plomb qui termine le toit; la belle série d’arcades qui régnent, en forme de galerie, sur toute la longueur de l’entablement, excitent l’admiration des visiteurs. On remarque, en outre, sur cette façade, les statues (par M. Brun) de Louis XII, d’Anne de Bretagne, du cardinal d’Amboise, de François I", celles de la Justice , d’un laboureur, d’une villageoise, d’une dame, d’un seigneur, d’un moine, d’un artiste.
Toutes les différentes classes de la société de l’époque de la construction de l’édifice sont ainsi représentées
1 dans le costume du temps.— L’architecte de ce splendide édifice s’appelait, dit-on, Roger Ango.
La salle dite des Procureurs (aile gauche), (a partie la plus ancienne de l’édifice, à laquelle on monte par un escalier établi en 1607, a 48 mèt. 72 cent, de longueur et 16 mèt. 24 cent, de largeur. La voûte , que ne soutient aucun pilier, se fait remarquer par sa hardiesse. A l’intérieur, d’élégantes niches en re-lief, ornant les murs de distance en distance, et le modèle en plâtre de la statue de Pierre Corneille, par David (d’Angers), érigée en 1834, au centre du terre-plein du pont de Pierre (F. p. 67), attirent l’attention. Les tombeaux de ! Claude Groulart, président au Parlement de Normandie, de 1585 à 1607, et de Barbe Giffard, sa seconde femme, qui y restèrent pendant quelques années, ont été transférés dans une chapelle de la cathédrale. La conciergerie et les prisons sont établies sous la salle des Procureurs.
a A l’intérieur de cette salle, et formant encorbellement sur la rue aux Juifs, se trouvait, aditM. l’avocat général Ed. Couvet (Discours de rentrée, 1864), la chapelle où se célébraient chaque année les offices pour MM. du Parlement, et plus particulièrement la Messe-Rouge de la Saint- Martin et la messe du prisonnier qui levait la fierte de Saint-Romain. On peut apercevoir, maintenant encore, dans une embrasure de fenêtre, derrière la statue de Pierre Corneille, apportée il y a trente ans en cet endroit, la dorure effacée et ternie qui recouvrait quelques-unes des sculptures de la chapelle; et, sur les dalles, la trace imprimée (le la grille du sanctuaire. Cette chapelle a été démolie en 1794. Dans la partie voisine de la rue Saint-Lô, était la table de marbre oïl s’exercait la juridiction des eaux et forêts, dont l’écusson remonte au 26 avril 1555. Cette vaste table existe encore aujourd’hui ; on la peut voir appliquée contre le mur, à l’un des
)ogle
ed by
angles de la salle, du côté opposé à celui qu’elle occupait jadis. »
Une porte, qui s'ouvre au fond de la salle des Procureurs, à dr., communique avec la salle de la cour d’assises regardée comme l’une des plus belles du nord de la France. Le plafond en chêne, doré et sculpté, formé de caissons saillants, décoré de rosaces et d’ornements en bronze, date du règne de Louis XII. Il est à regretter, au point de vue historique, que, dans la restauration récente de cette salle, on ait remplacé les fleurs de lis par des abeilles et des aigles.
On remarque, au-dessus des sièges de la cour, un Christ et deux statuettes, la Justice et la Force.
La chambre du Conseil est ornée des poriraits de plusieurs présidents et conseillers du Parlement de Nor- j mandie etd’un beau tableau (le Christ en croix, au pied les saintes femmes ) donné par Louis XII. La cour impé- j riale tient ses séances dans l’aile dr., dont la reconstruction a été achevée en 1861 , sous l’habile direction de M. Grégoire.
La salle des appels de police correctionnelle contient un Christ de Philippe de Champaigne et un Jugement de Salomon par Mignard.
La tour de la Grosse-Horloge (dans la rue de ce nom), monument historique, a été construite en 1389 dans le style gothique. De forme carrée, elle est percée de grandes fenêtres en ogive et terminée par une pla teforme environnée d’une balustrade en fer. Une inscription en caractères gothiques, gravée sur une plaque de cuivre que l’on voit au-dessus de la porte du bas de l’escalier, par lequel on monte dans l’intérieur de la tour, indique la date de sa construction et le nom des architectes. L’escalier, composé de 200 marches, monte jusqu’au sommet de la tour où se trou-
1. Pour visiter l’intérieur du palais de justice , il faut s'adresser au concierge (pourboire).
vent une cloche (connue sous le nom de cloche d’argent ) servant de beffroi, et l’horloge principale de la ville.
La voûte de la Grosse-Horloge, qui relie à cette tour l'ancien hôtel de ville, à été construite en 1517. Cette voûte singulière, aux deux côtés de laquelle sont placés deux grands cadrans, porte à son tympan et à ses faces latérales des sculptures représentant un berger et des moulons.
L'ancien hôtel de ville, construit en 1680, était situé à l'angle des rues Thouret et de la Grosse-Horloge. Il subsiste encore, mais les sculptures de la façade qui donne sur la rue de la Grosse-Horloge ont été enlevées en partie; le bâtiment situé sur la rue Thouret a seul conservé son caractère.
L’hôtel de la Douane, situé sur le quai du Havre, près de son point de jonction avec celui de la Bourse, présente, du côté du quai, une façade monumentale remarquable par la sévérité de son architecture. La grande porte d’entrée et le couronnement de l’édifice sont ornés des attributs du Commerce. Au milieu de la façade se voient deux bas-reliefs, en pierre, de 2 met. 80 c. de hauteur, représentant les Génies du Commerce et de la Navigation, par David (d’Angers) . Le monument a trois entrées, celle dont nous venons de parler et une sur chaque face latérale. Par Celle qui donne sur le port, on pénètre dans une vaste cour octogonale couverte d’une coupole en fonte. On admire à l’intérieur un magnifique bas-relief de Coustou, provenant de l’ancienne douane.
Derrière la douane est Yentrepôt réel, dont la façade, qui borde la rue des Charrettes, date de 1826. Les marchandises provenant de l’étranger y sont mises en dépôt après l’acquittement des droits , jusqu’à ce qu’elles soient livrées à la circulation.
Presque en face de l’hôtel de la Douane, sur le quai de la grande chaussée qui borde la rive g. de la