LE CHÊNE D’ALLOU VILLE
ne! est surmontée d’une voûte en berceau, récemment repeinte. Les fenêtres offrent des meneaux flamboyants bien dessinés. Le chœur st éclairé par huit fenêtres dont deux garnies de vitraux. L’autel est entouré des statues de saint Quentin et de saint Eutrope, posées sur de jolis socles du xvi* s.
Dans le cimetière, à l’O. de l’église, s’élève le chêne célèbre (s’adresser, pour en visiter l’intérieur, au pharmacien qui est à côté de l’église et qui ne reçoit aucun pourboire) conpu sous le nom de chêne d’Allouville. Un peu penché vers le N. et creux de sa base à son sommet , il est de forme conique et ne mesure que 16 mèt. d’élévation, depuis qu’un coup de vent en a abattu la cime, tandis qu’il offre environ 10 mèt. de circonférence à 4 mèt. au-dessus du sol et 15 mèt. è sa base. Deux ouvertures d’inégale grandeur, et dont l’inférieure est la plus grande, donnent accès dans sa cavité d’autant plus vaste qu’il ne se soutient guère que par son écorce.
On ne sait à quelle époque il fut planté; M. Marquis, professeur de botanique, à Rouen, lui donnait, en 1821, 8 à 900 ahs; 12 ans plus tard, M. Dubreuil, professeur au jardin des plantes de la même ville, lui attribuait 870 ans. Cet arbre vénérable , quel que soit son Sge, jouit d’une célébrité européenne et reçoit de nombreuses visites. En 1854, "le Conseil général de la Seine-Inférieure, sur la proposition du préfet, alloua une somme assez forte pour sa restauration et son entretien. Cette restauration, exécutée en 1854, a consisté dans la reconstruction de la chapelle et de la cellule qu’il renferme et en travaux extérieurs. Les branches principales, creuses comme l’arbre, ont été reliées entre elles et fixées au tronc par des fils de fer qui leur permettent de résister à la violence du vent et au poids de la neige. Depuis 1696, ce chêne a été converti en un monument religieux. La chapelle intérieure, établie au pied de l’ar-*
bre, et dédiée à Notre-Dame de la Paix, offre un autel, des lambris et une voûte en bois de chêne travaillés avec goût. Ce petit sanctuaire, de forme octogone, mesure environ 3 mèt. de hauteur et 6 mèt. de circonférence. L’autel est surmonté d’une statuette donnée par l’Impératrice.
La chapelle supérieure, dite chapelle du Calvaire ou l’ancienne cellule de l’Ermite, à laquelle on monte par un escalier, est du style ogival et d’une circonférence à peu près égale à ceile de la chapelle inférieure ; elle n'a pour tout ornement qu’un christ placé dans un enfoncement. Le sommet de l’arbre est couronné par une petite tourelle terminée en pointe et surmontée d’une croix.
Le chêne d’Allouville est entouré d’une jolie balustrade en bois composée de petites colonnes semblables à celles qui forment le dessus de la porte de la chapelle. On a calculé que, l’espace qu’il couvre étant de 236 mèt. carrés, il pouvait ombrager 2134 personnes (9 par mèt.).
D’Allouville partent deux routes:
l'une rejoint, près de (4 kil. 500 mèt.) Louvetot, celle d’Yvetot à (10 kil.
800 mèt.) Caudebec (R 37) , et l’autre dessert (16 kil.) Lillebonne (R 38).
Au delà d’Yvetot, la voie ferrée laisse à dr. le château d'Oisel et Écretteville-les-Haotu (716 hab.) qui posséda jadis un puissant manoir, dont il reste encore une enceinte carrée, entourée de douves à demi comblées et protégées par des tourelles. La herse et les contre-forts ont gardé leur caractère primitif. Ces constructions datent en grande partie du xvf s. Au S. O., s’élève une tour flanquant une ancienne maison monastique, dans laquelle un magnifique escalier conduit à une jolie salle dite de l'Audience Cette salle et plusieurs autres offrent de belles et larges cheminées dont deux, dans l’opinion de M. l’abbé Cochet, paraissent remonter au xm* s.
DE PARIS AU HAVRE
On remarque, dans le chœur de l'église paroissiale, des arcades du xvi* s.
Au chevet est une grande fenêtre décorée d’une belle verrière (la Purification de la Vierge ) sortie des ateliers de M. Lusson.
Un peu plus loin, les regards sont attirés, sur la g., par le joli clocher de Valliquerville (1 66ü hah.) dont la pyramide festonnée est enrichie de belles sculptures du xvie s. La tour, large et nue à sa base , carrée jusqu’au premier étage, octogonale dans le haut, offre une élégante balustrade dont les angles sont décorés de charmants clochetons rattachés à la construction principale par des arcsboutants découpés à jour. On remarque aussi la tourelle de l’escalier, les gargouilles mutilées des angles et, dans la galerie, six écussons surmontés d’un écu. L’église, sans intérêt architectural, a remplacé une église du xin" s. qui dépendait de l’abbaye du Bec. On distingue à peine l'emplacement de l’ancien château fort, bâti par les comtes de Valliquerville.
189 kil. Alvimare, v. de 734 hab., situé sur la g., à 1 kil. environ de 1 station. L’église a été récemment reconslruile dans le style roman simple.
A peu de distance d’Alvimare, dans une ferme qui a remplacé un vieux manoir seigneurial, se voit une petite chapelle dite chapelle des Planques, fondée au commencement du xvi* s.
par une des châtelaines du lieu. Une table de pierre, sculptée et enrichie des hrmes d’Hélène Poulain, héritière de la terre des Blanques, offre une longue inscription gravée en 1642.
Dans le même hameau, à l’angle d’un carrefour bordant une tranchée du chemin de fer, se trouvent deux croix en pierre; l’une est moderne, mais l’autre est supportée par un piédestal triangulaire du xive ou du xv* s. On prétend, dans le pays, que ces croix rappellent la mort de deux seigneurs du voisinage qui s’entre-tuèrent, â cette place, après un long combat.
[Voit, de corresp. pour : (5 kil.) Famille (R. 41);— (9 kil.) Normanville (K. 41); — (22 kil.) Valmont (R. 8, fl).]
D’Alvimare à Valmont, par Fauville et Ourville, R. 41.
Au delà d’Alvimare, on remarque sur la g. le petit clocher carré (xvme s.) de Bolleville (690 hab.).
Le chœur de l’église actuelle date du règne de saint Louis; ses voûtes offrent des ogives primitives. La nef appartient à la dernière période du style ogival. Bolleville possède une charmante villa moderne appartenant à un fabricant de Bolbec. Le P. Richard-Simon, dont, au dire de Voltaire, les ouvrages « étaient lus de tout le monde, » l’helléniste le plus .savant et le controversiste le plus redoutable de la fin du xvne s., fut pendant 10 ans curé de Bolleville.
La voie ferrée traverse ensuite quelques tranchées basses, au sortir desquelles on aperçoit sur la dr. Ra/felot (605 hab.), situé dans l’une des plus belles plaines du pays de Caux. L'église est intéressante; le chœur, inachevé, est une œuvre remarquable du xvie s. La fenêtre qui le termine, une élégante piscine, une pierre tombale (Renaissance), quelques vitraux, malheureusement un peu effacés pour la plupart, la jolie cuve en pierre (1607) des fonts baptismaux, sur laquelle sont sculptés plusieurs mystères de la vie de Jésus-Christ, méritent aussi d’attirer l’attention. Plus loin, à g., se montre le modeste clocher (xm* s.) de fxinquetot (960 hab. ; belles maisons de campagne) , dont les fenêtres cintrées sont ornées de jolies colonnettes et que surmonte une flèche octogone recouverte en ardoise.
197 kil. Bolbec-Nointot. Cette station doit son nom au village de Nointot (884 hab.), près duquel est établie la gare, et à la ville de Bolbec, située sur la g., à 3 kil. du chemin de fer (U. ci-dessous). Sur les murs de