POMPEIA ; ANCIENNE VILLE
La fondation de cette Ville est attribuée à Hercule , ainsi que celle d’ Herculanum \ dont elle est assez rapprochée. On ignore l’étymologie de sa dénomination -, mais on sait qu’elle fut habitée par les mêmes Peuples qu’Herculanum , c’est-à-dire , les Osques , les Etrusques , les Pélasgues , les Samni tes , et les Romains. Les habitans d’Herculanum et Pompeïa prirent les armes dans la guerre sociale pour obtenir la qualité de citoyens Romains. L’an 665 , P. Sylla y fonda une Colonie , à la quelle il assigna le tiers du territoire de Pompeïa.
La Ville de Pompeïa était située près dé la rivière Sarno , peu loin de la mer , sur laquelle elle avait un port magnifique, propre , au dire de Tite Live et de Florus , à recevoir l’armée navale de P. Cornélius.
La commodité de sa situation l’avait rendue le centre de tout le commerce de Nola ,
Nocéra et Acerra , Villes également célébrés de. ce tems-là. Ce grand trafic qui s’y était introduit et la fertilité de son sol , la rendirent , comme disent Tacite et Sénèque, une des Villes les plus peuplées delà Campanie. Plusieurs illustres personnages Romains y avoient des maisons de plaisance. Cicéron y posséda aussi la sienne, comme il l’annonce dans plusieurs de ses lettres à Atticus.
Sous le Consulat de Régulus et de Virginius , l’an 63 de l’ère Chrétienne » d’après Sénèque , la Ville de Pompeïa fut trèsendommagée par un fort tremblement de terre qui eut lieu le 5 Février : mais elleaurait été réparée r sans la terrible éruption du Vésuve de Pan 79 , que nous venons de rapporter et qui la couvrit à l’impourvu d’une prodigieuse pluie de cendres et de pierres menues. , •
Quoique tous les Historiens s’accordent d’assurer , que la Ville de Pompeïa fut ensévelie en cette occasion , cela . ne paraîtpas vrai , car Suétone nous apprend que Titus usa de tous les moyens possibles pour réparer les dégâts 5 et JJion nous dit, que ce même Empereur envoya deux Consuls dans la Campanie, qui établirent des Colonies à Pompeïa et à Herculanum pour les répeupler. On peut donc conjecturer qu’il n’y eut qu’une partie de ces malheureuses Villes d’ensévelie dès le tems de Titus , taudis que l’autre qui restait , fut re-
peuplée et habitée jusq'aux éruptions pestérieures qui obligèrent tout le monde à s’éloigner de ces lieux.
Les matières volcaniques qui couvrirent Herculanum , lors de l’éruption de 79 , ne»
taient composées que d’un déluge de cendres et de pierres embrasées et non de bitume liquéfié : autrement il eut été difficile de la déterrer. Ces matières s’étant ensuite mêlées avec les eaux bouillantes qui sortirent du Vésuve , elles se couver tirent en un mortier très-dur et très-épais. Il n’en fut pas de même à Pompeïa : cette Ville ne fut couverte que d’une pluie de cendres et de pierres , ce qui en rendit la découverte facile 5 d’autant plus qu’elle ne restait qu’à quelque pieds de la surface de la couche. Tous les édifices se trouvaient dans leur entier , les toits seulement en étaient affaisés , ce qui prouve que les matières de l’éruption ne tombèrent qu’en forme de pluie , et non comme des torrens sortant du Vésuve , qui auroient renversé les édifices , arraché les colonnes et brûlé les boiseries , le pain , les pois-chiches et autres matières combustibles , qui n’étaieut que grillées lorsqu’elles furent déterrés. Les matières tombées sur Pompeïa étant sèches et déliés , n’endommagèrent que très-peu et conservèrent même les édifices et leurs ornement; , tels que les pavés de mosaïque , les peintures , les utcusiles , et tout ce qui y existait.
Mais que devinrent les malheureux liaLitans ? Dion nous dit qu’ils se trouvaient au théâtre au moment de la catastrophe , et qu’ils y furent ensevelis r une foule d’auteurs ont adopté celte opinion , sans con^ sidérer quelle est absolument contraire à la nature et à l’action des volcans , et particulièrement du Vésuve, dont les éruptions sont toujours précédées d’indices qui don* nent le tcms de se sauver. A peine a-t-on trouvé une centaine de squelettes dans toute la Ville, et un seul dans le théâtre. Il ne faut pas supposer d’ailleurs que les liabitans de Pompeïa fussent assez stupéfaits , pour ne pas fuir aux approches d’uu danger aussi imminent , en emportant ce qu’ils avaient de plus précieux ; et il est probable que ceux-là seulement périrent, qui furent dans l'impossibilité réelle de fuir , ou retenus par l’amour de leurs richesses et l’espoir de voir cesser tantôt le fléau.
Vers le milieu du dernier Siècle, et dix-sept Siècles après que la Ville de Pompeïa avait disparu par l’effet de l’événement cidessus j on découvrit quelques traces de son existence , en faisant une plantation de vignes. Le Roi Charles III , grand amateur des sciences et des beaux arts , en fit commencer les fouilles qui furent continuées après , et que Ferdinand I , son Auguste Fils , a fait poursuivre avec empressement.
Cette découverte dissipa le nuage obscur qui couvrait cette vénérable antiquité } les
falens des Nationaux se réveillèrent, l’émulation de perfectionner les arts se fit sentir alors , et rappela l’attention des Voyageurs qui ne manquent jamais de voir la Ville de Pompeïa , la seule ancienne qui soit restée exposée ainsi à leurs regards.
Quelle satisfaction n’éprouve-t-on pas à la vue de cette cité , en se promenant dans ses rues , en visitant les Temples, les Théâtres , et en entrant dans les maisons oà habitaient r il y a dix-huit siècles , les hommes les plus illustres? Notre esprit s’élève, et nos idées s’agrandissent à ce spectacle curieux, qui deviendra bien plus merveilleux encore , lorsque la Ville sera entièrement découverte.
Les matières , qui couvraient Pompeïa n’avaient que quelques pieds de hauteur , et il n’y avait point de Village de bâti pardessus comme à Herculanum -, ce n’était que des vignes , que le Roi put acheter , pour y ordonner des fouilles.
En y procédant on a observé que les cendres volcaniques , dont les maisons de Pompeïa étaient couvertes , ne se trouvaient pas toutes également placées dans leur ordre naturel , c’est-à-dire , de la manière dont elles avaient été vomies par le Vésuve , et comme on les voyait dans les autres parties de la Ville ; mais les couches étaient en quelques endroits remuées et bouleversées , ce qui fait croire qu’après l'éruption» de l’année 79 , les malheureux habitans r
cherchèrent à découvrir leurs maisons pour recouvrer ce qu’ils y avaient laissé encore de précieux ; comme firent les hahitans de la î'orre del Greco , après- T éruption de 1794. Ceux-oi cependant n’eurent pas des cendres à fouiller , mais ils durent percer, à coups de marteau des masses énormes de lave plus dures que la pierre.
Pour satisfaire en quelque sorte à la curiosité des savans Voyageurs, nous rapporterons ici tout ce qu’on a observé jusqu’àprésent de plus important dans cette ancienne Ville.
Sur la colline qui est assez près de Pompeïa , vers le Vésuve , il y avait un Fauxbourg, outillage nommé Pagus Auguste - Félix , composé de plusieurs bâtimens , et, entrautres de la
MAISON DE L’AFFRANCHI M. ARRIUSr DIOMlDE.
Il est d’abord nécessaire d’observer , que les maisons de Pompeïa 11’ont tout-au-plus qu’un ou deux étages : elles ont aussi gé-
néralement au milieu une cour carrée , entourée de portiques , où aboutissent les portes des chambres : au centre de la cour se trouve une citerne, ou réservoir d’eau. Ces maisons ressemblent en petit aux cloîtres de nos couvens : les chambres du rez-decha ussée n’ont aucune communication entre elles j elles sont petites , mais hautes , et la
majeure partie est sans fenêtres , de manière qu’elles reçoivent le jour par les portes : les chambres sont presque toutes couvertes d’une voûte plate et pavées en mosaïque : les murs intérieurs sont garnis de figures et d’architectures peintes sur *un stuc très-dur , ou au moins teints avec une couleur rouge ou jaune.
La maison de M. Arrius Diomède fut la première découverte laite à Pompeja : les restes de cet édifice annoncent encore que cetait un des plus beaux et des plus commodes. Son intérieur présente une grande cour en carré long , environnée d’un portique avec des pilastres de stuc $ et il y avait dans le milieu, un petit jardin avec six colonnes qui servaient de soutien à 'un berceau. On voit ensuite un bassin ou réservoir en marbre blanc avec une citerne au centre. On passe de ce lieu aux chambres du rez-de-chaussée qui sont au nombre de huit , et peintes presque toutes en fond rouge , avec des pavés de mosaïque , et des voûtes dont l’une à gauche est plate , et l’autre à droite est aussi plate avec des caissons de stuc bien travaillés. Plusieurs de ces chambres sont ornées de figures et d’arabesques peintes d’une manière trèsagréables. On a trouvé dans ce rez-de-chaussée un squelette , qu’on croit être celui de M. Arrius Diomède , maître de la maison:
il tenait les clefs d’une main , et des monnaies et des ornemens d’or de l’autre ; der-
rière lui se trouvait le domestique portant' quelques vases d'argent et de bronze. Ces deux individus étaient au moment de prendre la fuite , lorsqu’ils furent surpris et couverts par la pluie volcanique.
Au-dessous du portique qui entoure le jardin , est un souterrain, ou une cave , où l’on a trouvé beaucoup de ces vases , dan* lesquels les anciens conservaient le vin.
Deux escaliers conduisent à l’étage supérieur , dont il ne reste que le côté droit, sans toit , comme toutes les maisons de Pompeïa. Au milieu de cette maison est une cour couverte , entourée de i4 colonnes de briques revêtues de stuc, qui fo enraie nrt un portique couvert ©t pavé en mosaïque. Ce rez-de-chaussée a plusieurs chambres qui servaient à prendre les bains r . à manger , à dormir et à d’autres usages;
En sortant de la maison d’Arrius , on voit à gauche le Tombeau de la Famille Arria , son inscription annonce qu’il fut érigé par M: Arrius Diomède, Affranchi de Caja , Magisler Pag. Aug. Felic. Suburbj On y voit aussi deux têtes de marbre blans à peine ébauchées.
On jouit au sommet de cette colline du coup d’oeil le plus étendu et le plus pittoresque des environs. C’est là que se trouvait aussi la délicieuse maison de plaisance de Cicéron , qui avec celle de Tusculanum.
étoit le séjour le plus favori de ce célèbre Orateur , comme il le dit lui-même dans
une des lettres à Atticus : Tusculanum et
Pompejanwn valde me delectant. Le grand édifice souterrain d’ouvrage réticulaire, avec uu portique soutenu, par de très-hauts pilastres, que l’on voit en cet endroit, appartenait à cette maison de plaisance.
En descendant ensuite de la colline , on arrive sur la voie Consulaire^, qui traverse la Ville de Pompeïa. Le long de cette route se trouvent plusieurs tombeaux parmi lesquels il y en a quelqu’un d’une beauté parfaite. Celui de INevoleja Tiche et de son •fils C. Munatius qui consiste dans un superbe piédestal avec des sculptures 5 l’autre de Calventius Quietus } le troisième de Scau- ■rus : en vous arrêtant ici , vous serez surpris par la simplicité et la magnificence de ces monumens.
Ce dernier , dont le savant Mazois nous a donné uu beau dessin dans son estimable ouvrage des Ruines de Pompci , était remarquable par ses bas-reliefs représentant des jeux de gladiateurs ; mais ils ont péri , car ils étaient de stuc. On y voit aussi des autres édifices ruinés , dont quelqu’un existe presque en entier , et il nous donne des explications importantes touchant le ménage et la vie privée des anciens. La route est pavée de gros morceaux de pierre volcanique bien réunis et bien plantés. Elle est aussi large que la voie Appienne et la Latine, c’est-à-dire de 12 pieds: elle est cependant très-étroite daus la Ville. Les
deux côtés de celte route sont garnis de trattoirs pour les piétons : la partie du milieu servait au passage des voitures et des charrettes , dont les ornières sont encore empreintes dans la pierre.
‘En suivant la voie Consulaire , on arrive 4 la porte de Pompeïa , qui est bâtie de briques enduites , sans aucun ornement.
Elle est composée de trois portes , savoir -de celle au milieu pour les voitures et bêtes de somme , et de deux petites portes latérales pour les piétons. Des qu’on entre dans la Ville , on voit les maisons placées en ligne droite des deux côtés de la rue.
Ch;* une de ces maisons se distinguait, non t par son numéro , comme chez nous , mais par une inscription peinte en rouge , laquelle exprime des acclamations , et faisait discerner le nom du propriétaire. Les murs des rues étaient, comme on voit toujours, quoique les caractères soient effacés , destines à annoncer les décrets du Magistrat de Pompeïa , portant l’indiction des fêtes et des jeux qui devaient avoir lieu , ec. Depuis la grande rue on rencontre une place , où existe une fontaine ; c’est ici qu’on trouva , écrit sur le mur , une affiche de loyer d’un grand édifice appartenant à Julie Félix , fille de Spurius , par laquelle on offrait le loyer, pour cinq ans, de tous ses biens , consistant en un bain , un vénérien , et neuf cens boutiques. Ce nombre de boutiques a fait soupçonner que cela eût
été une caricature , non pas une chose réelle; mais ce jugement peut-être lui-même aussi faux , car nous n’avons pas une connaissance précise du fait. Il est certain que les richesses de cette ville nous donnent une grande idée de son commerce. Dans le volume des Antiquités d Herculanum qui a pour titre Dissertatio Isagogica on a conservé le dessin de cette Alficlm.
Un grand nombre d’édifices n’offrent que des ruines , causées sans doute par le tremblement de terre, qui eut lieu 1 6 ans avant la catastrophe de l’an yg. Les maisons , comme nous l’avons déjà dit plus haut , n'étaient Composées que d’un seul étage avec de petites chambres pavées en mosaïque , ou en marbre , comme par ex. les boutiques.
Les murailles des chambres étaient tapissées de figures ou d’arabesques sur un enduit très-dur. Les meilleures peintures ont été sciées et transportées dans le Musée Royal de Portici. Indépendamment des maisons particulières, il y a aussi à Pompeïa un grand nombre dçdifices publics bâtis avec beaucoup plus de luxe , et qui présentent encore la magnificence avec laquelle les Anciens avaient la coutume de construire ces derniers.
En entrant dans la Ville , on voit à droite une maison avec une porte cocbère. Les utensiles qu’on y a trouvés , ont fait penser que c’était un atelier de châron.
Vis-à-vis de ce local , est une maison dans
la plus grande ruine , ou l’on voit les décris de quelques chambres , dont l’une servait pour les repas : il y a encore un triclinium , sur lequel les anciens s’étendaient à table.
Ensuite vient une boutique où l’on vendait des boissons chaudes , sembable à un de nos petits cafés.
En revenant à droite , on trouve la maison d’Albinus , que l’on reconnaît à son inscription. Cette maison, presqu’entièrement jruinée, présente encore une enseigne priapéenne , sculptée sur une brique , indiquant que c était une boutique où l’on travaillait à ce genre de bijoux: on y a trouvé en effet beaucoup de petits priapes en or , en argent , de corail , ou de bronze que les Anciens , même les femmes , portaient au cou , comme un conlrecbarme.
Après un autre café , vient la maison de Popidius Rufus , qui devait être une des plus considérables de Pompeïa , car le Temple d’Isis fut rebâti par un membre de -cette Famille , à ses propres fraix.
Un peu plus loin est une maison avec -une chambre pavée et ornée d’un beau marbre , et un vestibule contenant un mosaïque trcs-élégant , avec la figure d’un lion.
Cette même partie de la Ville contient plusieurs souterrains magnifiques , que les Anciens appeloient crypto-poriici \ dans un de ces souterrains il y a un bel ordre de colonnes , en d’autres des bains et des ré-
servoirs. Tout ce côté de la Ville est bâti sur le penchant de la colline , de manière qu'on fut obligé d’établir des soubasscmens, pour porter les maisons au niveau des autres sur la hauteur.
De la susdite maison du Lion nous reviendrons sur nos pas , pour observer le côté gauche. Après les deux boutiques ou cafés, que nous venons d’indiquer, on trouve une grande maison composée d’ un seul étage divisé en trois appartenions , deux desquels furent achetés et postérieurement ajoutés par le maître de la maison ; de manière qu’elle se trouve avoir trois cours entourées de portiques soutenus par des colonnes. Plusieurs des chambres de cette maison sont ornées de peintures et pavées en mosaïque. La chambre de la toilette contenait beaucoup d’ornemens de femme; en or.
La maison suivante porte le nom de cabinet chirurgical , parce qu’on y trouva plus de 4° instrumens de chirurgie , dont plusieurs semblables aux nôtres et d’autres différens ; on les conserve à l’Académie Royale. Les chambres sont aussi ornées de peintures et de pavés de mosaïque.
Après plusieurs maisons en ruine , vient Remplacement de la balance publique , qui équivalait alors à la douane des poids et mesures d’aujourd’hui. Cet endroit contenait une grande quantité de poids de marbre et de plomb ; ainsi que quelques ba--
lances tant â deux plats , que des romaines , exactement semblables aux nôtres.
On trouve ensuite uue fabrique de savon , suivie de deux autres boutiques à boissons chaudes , que les anciens paroissent avoir beaucoup fréquentées.
Cette rangée de maisons est terminée par un réservoir d’eau et une fontaine consistant en un bassin carré , fait de pierre du Vésuve.
En suivant toujours cette même direction du rang de maisons à gauche , après la fontaine , on trouve le four public , construit comme les nôtres. Il y a trois moulins à bled , composés chacun d’une bâse circulaire de tuf, du centre de laquelle s’élève une pierre en forme de cône , couverte d’une autre pierre excavée , avec deux ouvertures et avec une espèce d’entonnoir au-dessus pour y verser le bled.
À côté de la boutique d’un marchand de vin , ou d’huile , se trouve une des plus belles maisons de Pompeïa , portant une inscription qui annonce qu’elle étoit à Cajus Salluste : la magnificence de cet édifice et les beaux ornemens de mosaïque qui s’y trouvent , méritent d’être observés avec attention.
On trouve , après cela , la maison de Jules Cécilius Capella , qui s’est presque entièrement écroulée.
Après une autre boutique de marchand de vin , ou d’huile , vient celle d’un for-
geion , où l'on a trouvé Beaucoup de cercles , des essieux , des tenailles , des marteaux et autres outils du métier.
En suivant le côté droit de la rue , après plusieurs bâtimens ruinés , on voit la maison de Svettius Hérennius , dont le nom se trouve indiqué dans l’inscription placée sur la porte.
La maison contiguë à cette dernière, est celle de Jules Polibius , comme on le voit également par l’inscription : cet édifice était très-joli , bien disposé et placé en un beau point de vue.
On voit ensuite l’habitation de Jules Equanus , dont la grande cour contient encore quelques colonnes de stuc peintes en guise de mosaïque.
Après cela vient un grand nombre de boutiques qui se prolongent jusqu’à la petite rue au bout de la Ville.
En reprenant l’autre côté , on trouve l’Académie de musique. C’est une belle maison ainsi nommée à cause des chambres du côté gauche , qui sont toutes ornées de peintures représentant des instrumens de musique.
On voit ensuite la maison de Svettius , et successivement celle de Cajus Julius Priscus , jusqu’à ce que l’on parvienne à une boutique , où la rue principale se divise en deux. Sur le mur de cette boutique est dépeint un gros serpent mordant une pomme.
Cet animal est l'emblème de la santé j on y
a d’ailleurs trouve' plusieurs vases avec des ai’ticles de pharmacie desséchés , des pillules et tablettes en quantité ; ce qui prouve évidemment que c’était une apothicairerie -, mais , puisqu’on y trouve la même figure du serpent peinte dans la partie intérieure de plusieurs maisons , on a douté de donner généralement à toutes la première interprétation , et l’on a cru que c’était probablement pour marquer quelque signe de bon augure.
Parmi les maisons existantes à gauche , le long de cette même rue , se trouve celle de Cajus Jules Duum-vir , l’autre de Cnejus Hilarius Sabinus , et enfin celle de Fortunée.
De l’autre côté de la rue , après plusieurs boutiques tombées , on trouve la maison de Marcellus , et celle de Sveltius Popidius , édile.
•On avait commencé à déterrer d’autres maisons, que l’on abandonna ensuite, parce -qu’on s’apperçut que les matières volcaniques étaient dérangées et même bouleversées , signe certain que les habitans de Pompeïa revinrent après l’éruption du Vésuve , pour découvrir leurs maisons , et en retirer les objets précieux que la nécessité de fuir leur avait fait abandonner: c’est aussi la raison pour laquelle la plupart des édifices de Poinpeïa est sans couverture et en ruines.
En se rendant sur le penchant de la col-
line , on découvre les débris d’une grande maison , composée d’un premier étage et d’un rez-de-chaussée. Ce premier étage n’offre à la vue que les murailles de chambres ornées de peintures et de pavés de mosaïque , dont il existe encore quelques traces.
Revenant à la rue principale de la Ville 1 , on y voit des deux côtés un grand nombre de maisons presque renversées , excepté plusieurs de celles du côté gauche , dont l’une contient la cour ordinaire aux maisons de Pompeïa , avec une citerne au milieu , et des chambres ornées de superbes pavés de marbres précieux et de quelques restes de peintures et d’arabesques.
En suivant œttè même rue et remontant sur la colline , on voit à droite plusieurs
g rands édifices qui se distinguent par leur elle architecture et de riches ornemens.
Ce sont des bâlimens publics que les Anciens étaient dans l’usage de construire avec toute la magnificence possible.
Les habitans de Pompeïa avaient- réuni , en ce lieu , tous les établissemens relatifs à la religion , la magistrature , la gymnastique et l’économie publique , ainsi qu’aux sciences et beaux arts. «*
Le premier édifice public que l’on trouve à droite , est le
grand portique de pompeia.
En passant par une petite cour , ornée de six colonnes , on parvient dans une longue et belle colonnade, placée sur la colline , d’où l’on jouit de la vue de la mer et des Villes voisines. A droite , dans l’entrée , se trouve une cour en forme de carré long , environnée d’un portique couvert et soutenu par des colonnes de tuf. Au milieu de cette cour est un bassin avec une
fontaine , et , vis-à-vis , le piédestal d’une statue qu’on n’a pu trouver , mais qui , d’après l’inscription qu’on y voit , devait représenter M. Claudius Marcellus , fils de Cajus , Patron de la Colonie de Pompeia.
En s’avançant , on voit en détail le dit
portique , qui est soutenu d’un côté par 56 colonnes de tuf, rangées en ligne droite, et de l’autre par le mur latéral du Théâtre tragique. Un établissement aussi utile et aussi commode pour le public , distinguait toutes les Villes de l’antiquité. Rome avait les Portiques de Pompée , d’Octavie, de Neptune et plusieurs autres , qui servaient de point de réunion , de promenade , d’abri en teins de pluie , et aux autres usages des citoyens.
A droite , après la dernière colonne du
Portique de Pompeia , se présentent les restes d’un Temple d’architecture Grecque.
C’était le plus ancien et le plus majestueux de la Ville ; mais il est entièrement détruit
aujourd’hui , et on en reconnaît à-peine le plan qui est un parallélogramme de 91 pieds de long , sur 63 de large.
À droite de ce Temple se trouvent le»
murailles qui entouraient Pompeïa. On voit aussi en ce lieu une maison composée ue trois étages 5 le dernier qui se trouvait au niveau des autres maisons , est entièrement détrait , et les deux autres sont près de s’écrouler , sur le penchant de la colline, où ils avaient la sortie au bord de la mer.
Un escalier assez étroit conduit aux chambres du premier et du second étage ■, où l’on voit encore les restes de quelques peintures et de plusieurs stucs. Au bas de cet escalier est un chemin qui séparait la maison d’avec la colline , et qui conduit à une mine ou carrière de pierre-ponce ou lave volcanique de Pompeïa ( des tems les plus immémorials ) sur laquelle la Ville est bâtie*
En revenant sur ses pas , on trouve à droite le