THÉÂTRE TRAGIQUE DE POMPEU
Ce Théâtre , qui tombait en ruine , fut rebâti d’après l’ancien dessin. Le mur en a aussi été refait suivant l’ancien modèle , en imitant exactement l’ouvrage à réseaux de tuf, et les architraves de briques sur les portes , à surface plane , au lieu des voïites. Ce lieu a un long et vaste escalier , dont le côté droit conduisait à la place pu.-
blique de Pompeïa , et le côté gauche , an proscenium du Théâtre. Plus loin se trouve la porte supérieure qui mène au corridor couvert , par lequel on montait au dernier rang des loges. L’inscription en marbre qui a été remise sur la dite porte , annonce que les deux M. Holconii c’est-à-dire, Rufus et Celer , firent bâtir une voûte , le Tribunal et le Théâtre à leurs frais , et pour l’embellissement de la Colonie.
M. M. Holconi Riifus et Celer Cryptam Tribunal Theatrum S. P.
Ad Decus Coloniae.
A côté de cette porte, on voit un grand bassin , ou réservoir d’eau nommé anciennement Crypta , duquel partaient des canaux particuliers , qui coulaient dans la partie basse de Pompeïa , et particulièrement au Forum. Ce réservoir est sans doute la voûte bâtie par les Holconî. Les eaux du fleuve Sarno passaient dans des conduits plus élevés que le niveau de la Ville, d’où elles se répandaient dans les citernes que nous avons observées dans chaque maison ; et elles se réunissaient ensuite dans ce réservoir , qui les versoit dans d’autres lieux de la partie basse de Pompeïa.
On voit ensuite une halle en forme de carré long, environnée d’un portique soutenu par huit colonnes cannelées de piperno
•>irr les deux côte's longs , et de trois dans les deux autres. Le plus beau monument qui distingue cet édifice , est une Chaire de la même pierre, placée d’un côté, avec un escalier pour y monter •, ce qui prouve que c’était le Tribunal érigé par les IIolconî , comme l’annonce l’inscription ci-dessus rapportée.
En sortant de-là , on trouve sur la voie publique , le
TEMPLE d’iSIS.
Le culte de eette Divinité Ægyptienne fut adopté par les Romains sous la tyrannie de Silîa , et il prit toujours du crédit sous le premiers Empereurs. C’est pour cela que les habitans de Pompeïa lui dressèrent aussi ce Temple , et dont ils immortalisèrent la mémoire par toutes les peintures qui y fesaient allusion. Ce Temple s’étant écroulé en suite du tremblement de terre , qui eut lieu îG ans avant la grande éruption de l’an 79 , il fut rebâti par Numerius Popidius Celsiuus , comme le dit l’inscription qui était placée sur le frontispice de l’entrée du Temple, et que l’on conserve aujourd’hui au Musée de Naples.
Cet édifice avait 84 pieds de loDg , sur 74 pieds de large. Le Temple est environné d’un portique soutenu par 8 colonnes de chaque côté , et de six à la façade, d ordre .Dorique. Tout ce bâtiment est coin-
posé de briques revêtues d’un enduit trèsdur , et d’une belle architecture.
Au fond du Temple , se trouve le Sanctuaire isolé , auquel on monte par sept marches. Ce Sanctuaire forme lui-même un petit Temple carré 5 il est orné de stucs des quatre côtés , avec deux niches sur la façade , et une autre dans la partie opposée. La façade est terminée par deux Autels, où étaient suspendues les deux fameuses tables Isiaques qui se conservent au Musée de Naples.
Un petit mais élégant vestibule , soutenu par six colonnes et orné d’un beau mosaïque , conduisait à l’Autel , sur lequel furent trouvés les fragmens de la statue d’I sis. Sous l’Autel il y a une petite chambre où se cachaient , à ce qu’on suppose, les Prêtres , pour rendre leurs Oracles au nom de la Déesse. Le derrière du Temple présente encore le petit» escalier secret qui conduisait à cette chambre. Des deux côtés du Temple sont deux Autels , dont l’un à gauche pour brûler les victimes , et l’autre à droite destiné au dépôt des cendres sacrées qu’on y a trouvées en grande quantité.
Cet édifice était un des principaux Temples de Pompeïa : il renfermait une infinité d’objets curieux et importans , tels que les susdites tables Isiaques ; et un grand nombre de peintures, qui furent sciées de la muraille et transportées à Portlci. Ces peintures représentent de beaux dessins
2 ffl
d architecture •, Isis avec le sistre - , Anubis à la tète de chien -, plusieurs Pi’ètres avec des palmes ou des épis , et un autre tenant une lampe suspendue 5 T Hyppopotame , l’Ihis , le Lotier , plusieurs arabesques , des oiseaux et des dauphins. On y a trouvé aussi une statue en marbre représentant Vénus , avec les bras , la gorge et le nombril dorés : une statue de Bacchus et une autre de Pryape. Le Temple d’Isis , renfermait aussi une grande quantité d’utensiles et d’inslrumens sacrés de bronze , qui certainement ne se trouvent dans ancune autre partie du monde , et deux Vases lustrales de marbre blanc qui se voient dans le Muséum.
Dans l’enceinte de ce Temple sont plusieurs chambres qui devaient servir d’habitation aux Ministres du culte d’Isis. Une de ces chambres renfermait le squelette d’un Prêtre, qu’on a trouvé tenant en main un fer , avec lequel il y avait percé deux murailles pour se sauver , mais il n’en eut pas le tems. On y a trouvé aussi beaucoup de squelettes d’autres Prêtres , qui ne purent pas se soustraire à la ruine générale , ou qui peut-être ne voulaient pas abandonner leur Déesse,
En allant au-de-là de ce Temple , on trouve encore la voie Consulaire traversée par une autre rue } ce qui divise la Ville en quatre parties égales. Suit le
TEMPLE d’eSCULÀPE.
Au milieu de ce petit Temple se trouve un grand Autel de tuf. Un escalier de 9 degrés conduit au Sanctuaire , qui devait être couvert , à en juger par les traces des colonnes tombées, que l’on y voit encore.
Ce Temple n’était remarquable , ni pour son architecture , ni pour ses ornemens.
Trois statues de terre cuite formaient tout l'embellissement de son Autel : Esculape , Hygée et Priape , c’est-à-dire : les emblèmes de la santé , et de l’agriculture.
En reprenant le chemin , après plusieui’s maisons et plusieurs boutiques , on trouve un