ATELIER STATUAIRE
C’est une des plus belles et des plus curieuses découvertes faites à Pompeïa ; il contenait plusieurs statues de marbre , les unes à-peine commencées , et d’autres ébauchées , ou presque finies ; indépendamment d’une grande quantité de marbres destinés à d’autres ouvrages , et beaucoup d’instrumens et d’outils de sculpture , que l’on conserve à l’Académie des études à Naples.
La maison est grande : elle a une cour avec un portique soutenu par dix colonnes de bi'iques enduites de stuc.
Dans l’autre rang des maisons , en face', il y a , entr’autres , une boutique de marchand de vin , ou d’huile , dans laquelle
se trouvent quatre grands vases de terre cuite , et au fond de la boutique le petit fourneau ordinaire.
Vis-à-vis de cette même boutique se trouve la porte du
THÉÂTRE COMIQUE DE POMPElA.
Au lieu d’un seul Théâtre, on est assez étonné , en entrant , d’en trouver deux contigus et séparés seulement par un portique.
Le premier de ces Théâtres, qui était couvert , plus petit et moins élégant que l’autre , servait aux représentations comiques et satyriques : l’autre plus grand et d’une belle architecture , était découvert et destiné aux représentations tragiques. Sur la porte du Théâtre Comique se trouve une inscription , rappelant : qu’il fut bâti des deniers que les Duumvirs Cajus Quintius fils de Cajus, de la Tribu Valéria , et Marcus Porcius stipulèrent pour édifier le Théâtre couvert, ensuite d’un décret rendu par les Décurions.
Ce qu’ il y a d'extraordinaire dans ce Théâtre , c’est qu’il soit couvert ; car 1 rs Anciens 11’étaient pas dans l’usage d’illuminer leurs Théâtres pendant les représentations , qui étoient de jour. Il est vrai que Philostrate parle d’un Théâtre couvert existant à Corinthe : Pline rapporte que l’architecte Valérius fut le premier a couvrir un théâtre à Rome } mais c elait une chose
rare , et on en comptait très-peu. L’extrémité de la muraille demi-circulaire du Théâtre marque encore la place des colonnestombées qui soutenaient le toit. Le jour qui pénétrait entre ces colonnes , suffisait pour éclairer tout l’intérieur de ledifice.
Ces Théâtres couverts s’appelaient Odeon chez les Grecs , et ils venaient après les Théâtres Tragiques. Pausanias et Yitruve parlent de YOdcum d’Athènes près du Théâtre et du Temple de Bacchus : et Plutarque rapporte les combats musicaux que Périclès y donnoil. C’étoit un Théâtre plus petit que les autres , où se donnaient les représentations comiques et satyriques , et souvent aussi les disputes philosophiques.
Ce local servait encore aux répétitions des tragédies , et Vitruve dit qu’il servait aussi pour s’y retirer en tems de pluie. Nous passerons maintenant à l’autre.